Le Manoir du Café de Baie-Comeau innove encore

Jérôme Caron (à droite), l’un des trois associés du Manoir du Café de Baie-Comeau, est très heureux de la toute fraîche certification B Corp décrochée par l’entreprise. Un des employés, William Leblanc-Leduc, l’accompagne.

Pour les associés du Manoir du Café, un micro-torréfacteur de Baie-Comeau, il ne suffisait pas d’avoir une belle expansion et d’accaparer de plus en plus de parts de marché. Il fallait quelque chose de plus. Voilà l’une des motivations qui les a conduit vers la certification B Corp. L’entreprise est ainsi devenue le premier micro-torréfacteur québécois à décrocher cette certification internationale.


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Pour expliquer rapidement le concept, la certification B Corp désigne une entreprise qui répond aux normes les plus élevées en matière de performance environnementale et sociale, de transparence publique et de responsabilité juridique, et ce, dans toutes ses opérations. « C’est comme une certification d’entrepreneuriat responsable », fait valoir l’un des associés, Jérôme Caron.

« On a une bonne croissance, autant au chapitre des points de vente (plus de 55) et au café, ajoute l’homme d’affaires. On s’est demandé quelles sont les prochaines étapes pour l’entreprise, comment bien les faire et aussi, pourquoi les consommateurs et les revendeurs choisiraient le Manoir du Café plutôt qu’une autre entreprise. Il y a une multitude de produits maintenant et le calibre est rendu très élevé chez les torréfacteurs québécois. »

Se tourner vers B Corp devenait donc un geste naturel pour le Manoir du Café, en affaires depuis plus de 30 ans. « La certification B Corp m’intéressait beaucoup. On y retrouve des entreprises influentes dans le milieu alimentaire, comme Prana, des précurseurs dans le domaine. Avec B Corp, tu apprends à travers la certification. Ce n’est pas seulement ton produit ou la plantation qui est analysé, c’est l’ensemble du processus. Pour nous, ça part du moment où le producteur récolte le grain jusqu’au moment où on redonne dans la société. »

Pour décrocher cette certification, le Manoir du Café a dû démontrer tout son sérieux en matière d’utilisation de sources d’énergies renouvelables, de réduction de gaz à effet de serre, de gestion des déchets, mais aussi sur le code d’éthique du personnel ou la manière de redonner à la société. Le Manoir du Café soutient activement le projet MAVIE, qui vise l’accomplissement, la valorisation, l’intégration et l’émancipation des personnes handicapées de la région de Baie-Comeau.

Réactions positives

Ce long processus aura duré 16 mois. Une personne, la responsable du développement durable, a passé la majorité de son temps sur l’obtention de la certification. « On s’est dit qu’on misait vraiment là-dessus et il a fallu que tous nos processus à l’interne soient conformes. Nos collaborateurs et les clients ont réagi de façon très positive face à notre démarche », d’ajouter Jérôme Caron.

Ce dernier, déjà fortement concerné par les bonnes pratiques environnementales et sociales, avoue que l’obtention de la certification aura nécessité « de petits ajustements, pour être honnête », et non de grands bouleversements. « Ce fut surtout de tout mettre ça par écrit qui a été long. »

L’entreprise a décroché un score de 82. il faut un minimum de 80 pour se qualifier à la certification. Selon le Mouvement B Corp., le score moyen des entreprises qui traversent l’évaluation est de 50,9. « Dans trois ans, on va devoir s’assurer d’améliorer notre score », confie M. Caron. Les forces et faiblesses de chacune des entreprises détenant la certification sont disponibles au www.bcorporation.net/en-us/certification/.

Le Manoir du Café fait office de précurseur en devenant le premier micro-torréfacteur du Québec à être certifié. Jérôme Caron voit toutefois beaucoup plus loin que ce titre.

« Plusieurs autres torréfacteurs sont en train d’entrer dans le bain de la B Corp, ce qui va entraîner tout le monde vers de meilleures pratiques. »

—  Jérôme Caron

Pour ce qui est de l’impact de l’obtention de la certification sur le comportement d’achat des clients, Jérôme Caron estime qu’il faudra « au moins cinq ans avant que les gens connaissent ça, B Corp. Les consommateurs regardent aujourd’hui si les produits qu’ils achètent sont bio, locaux et équitables. Ils se demanderont ensuite si c’est certifié B Corp. Les comportements d’achat vont évoluer grâce à ça ».

Quant aux affaires, elles sont florissantes pour le Manoir du Café. Le micro-torréfacteur couvre la totalité de la Côte-Nord avec ses points de vente, qu’on retrouve également à La Malbaie et à Québec. Et à plus ou moins long terme, la majorité du Québec aura un point de vente des produits de l’entreprise, dont la renommée est établie. « Dans les commandes web, on va vraiment partout au Québec. En fait, 50 % de nos commandes actuellement sortent de la région », conclut Jérôme Caron.

Steeve Paradis

Steeve Paradis, Collaboration spéciale

Observateur de ce qui se passe sur la Côte-Nord depuis 30 ans, dont plus de 25 ans avec Le Soleil. Couvre tous les secteurs d'activité.