Affaires

Humanitæ accueille ses premiers locataires [VIDÉO] [PHOTOS]

Inspirée de tendances novatrices dans l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, la nouvelle résidence Humanitæ a ouvert ses portes aux médias mardi, en marge de l’aménagement des premiers résidents.

Ce «mini-village» a été construit au coût de 44 millions $ à l’intersection du boulevard Lebourgneuf et de l’autoroute Robert-Bourassa.

Le premier de deux édifices de six étages comprend 12 maisonnées thématiques pouvant accueillir 12 à 15 résidents chacune. Et tout le concept repose sur une offre permettant aux locataires de poursuivre leur vie «normalement».

«Pour nous, ce ne sont pas des gens malades avec une maladie aiguë qui doivent vivre à l’hôpital. Dans le fond, on doit leur offrir un milieu de vie dans lequel ils vont continuer leur vie», explique le Philippe Voyer, professeur titulaire à la Faculté des sciences infirmières à l’Université Laval et chercheur au Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec.

Affaires

Dix ans après la crise, les PDG de Wall Street touchent des salaires record

NEW YORK — Dix ans après la crise la plus grave depuis la Grande dépression, provoquée par les errements de financiers, les salaires des grands banquiers de Wall Street battent de nouveaux records, mais la répartition des bénéfices reste inégale entre les dirigeants et la base.

Les rémunérations (salaires de base et bonus) des patrons des six grandes banques américaines devraient atteindre pour 2018 des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis 2008, même si les marchés connaissent depuis plusieurs mois des secousses qui réveillent les peurs d’il y a dix ans.

Les tensions commerciales, le ralentissement de l’économie mondiale, la montée des populismes, les désordres politiques et l’inconnue autour du divorce du Royaume-Uni d’avec l’Union européenne (Brexit) ont fait endurer en 2018 à la Bourse de New York sa plus mauvaise année depuis la crise. Les prix du pétrole ont chuté pour retomber à leurs niveaux de 2014.

D’après des documents boursiers, Jamie Dimon, PDG de JP Morgan Chase, la première banque américaine en termes d’actifs, va toucher 31 millions de dollars au titre de 2018, en hausse de 5,1%, soit sa meilleure rémunération depuis la crise de 2008.

James Gorman, le patron de Morgan Stanley, va empocher lui 29 millions de dollars, en hausse de 7%. Goldman Sachs, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo doivent publier dans les prochains jours la rémunération de leurs dirigeants.

Salaire record de 1,19 milliard 

Pour expliquer ces salaires colossaux, les deux banques évoquent des bénéfices record dégagés l’an dernier: 32,5 milliards pour JP Morgan et 8,2 milliards pour Morgan Stanley. Les six fleurons de Wall Street ont gagné en tout une somme record de 117,6 milliards de dollars en 2018.

Dans le même temps, la rémunération des 256 000 employés de JP Morgan n’a augmenté, elle, que de 4,4%, tandis que celle des 60 300 salariés de Morgan Stanley a diminué de 2%, selon une étude du Financial Times.

Chez Goldman Sachs, empêtrée dans le scandale politico-financier malaisien 1MDB, les salariés devraient voir leur paie baisser de 3%, tandis que ceux de Bank of America et de Citigroup ne gagneraient que 2,2% de plus comparé à 2017. Enfin, les employés de Wells Fargo vont toucher 4,1% de plus.

Les écarts demeurent importants entre patrons et employés: M. Dimon a par exemple gagné plus de 364 fois en 2017 qu’un salarié médian de sa banque, selon le syndicat AFL-CIO, tandis que le PDG de Morgan Stanley, dont la plupart des salariés sont pourtant des cadres, a touché plus de 192 fois ce qu’un salarié médian a perçu.

Ils sont encore plus conséquents chez les fonds d’investissement qui sont peu règlementés et ont récupéré les activités risquées des banques. Stephen Schwarzman, le PDG de BlackStone, a perçu 786 millions de dollars pour 2017, troisième plus grosse rémunération jamais versée à Wall Street après le 1,19 milliard de dollars empoché par Daniel Och de Och-Ziff Capital en 2008 et les 918,9 millions du même Daniel Och en 2007.

Courtiers sanctionnés 

«Le grand public ne semble pas s’offusquer de ces écarts», estime Tharindra Ranasinghe, enseignant à l’école de commerce de l’université du Maryland.

Cette indifférence est due, selon l’universitaire, au fait que la plupart des voyants économiques soient actuellement au vert aux États-Unis. Le marché du travail est dans une situation de quasi-plein emploi, la croissance reste solide, la confiance des ménages reste élevée et de plus en d’États et de sociétés ont décidé d’augmenter le salaire horaire minimum.

Les banques ont en outre savamment mis en avant le fait qu’une partie des bonus accordés à leurs patrons puisse ne pas leur être versée en cas de retournement de la tendance (clawback), ce qui est de nature à tempérer les critiques.

Le président républicain Donald Trump, qui ne rate pas souvent les occasions pour critiquer M. Dimon, un démocrate déclaré, n’a pas commenté le gros salaire de celui qui s’était dit «plus intelligent» que lui en septembre dernier.

Ce silence du locataire de la Maison-Blanche pourrait s’expliquer par le fait que les profits des banques proviennent des activités classiques de prêts aux ménages et aux entreprises et des conseils prodigués aux sociétés cherchant à fusionner, à entrer en Bourse ou à financer leurs investissements en s’endettant auprès des marchés.

«Ça ne vient pas d’activités spéculatives contre les intérêts des Américains», souligne Gregory Volokhine, gérant de portefeuille chez Meeschaert.

Des courtiers spécialisés dans le courtage des obligations et de devises, activité en pleine déconfiture, ne devraient en revanche pas percevoir de bonus, a indiqué à l’AFP une source bancaire.

Affaires

Le congédiement de Thomas Harding annulé, mais il ne sera pas réintégré

MONTRÉAL — Le congédiement survenu l’été dernier de Thomas Harding, le chef de train impliqué dans la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, vient d’être annulé par un arbitre qui n’a toutefois pas ordonné qu’il soit réintégré dans son emploi.

M. Harding a été acquitté en janvier 2018 de l’accusation de négligence criminelle causant la mort qui avait été portée contre lui. Deux autres ex-employés de l’entreprise ferroviaire Montreal Maine and Atlantic (MMA) avaient d’ailleurs été déclarés non coupables en même temps que lui.

Thomas Harding avait laissé le convoi de pétrole brut pour la nuit en haut de la pente menant à la petite ville de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013. Or, le train a dévalé la pente, déraillé et explosé, tuant 47 personnes et détruisant une partie du centre-ville.

Après tous ces événements, M. Harding est retourné travailler pour la Central Main and Quebec Railway, qui a racheté les actifs de la Montreal Maine and Atlantic (MMA), propriétaire du chemin de fer sur lequel s’est produit le terrible accident. Il était en arrêt de travail pour des raisons médicales, mais devait retourner progressivement au travail le 5 juillet 2018. Sauf que le 27 juin, il a reçu sa lettre de congédiement. L’entreprise invoque dans cette lettre son rôle dans la tragédie ferroviaire et soutient que le «lien de confiance a été brisé».

Le syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, a alors déposé un grief pour M. Harding, dénonçant que l’employeur n’ait effectué aucune enquête sur la situation, une obligation prévue dans la convention collective.

L’employeur a fait valoir que le rapport du Bureau de la sécurité des transports (BST) sur l’accident est une enquête bien plus approfondie que celle qu’il aurait pu réaliser. Le syndicat réplique à cela que justement, le BST a identifié plusieurs facteurs ayant mené à cet accident, dont «la faible culture de sécurité chez MMA et le manque de formation des employés».

L’arbitre écarte cet argument de l’employeur: l’enquête du BST n’est pas ce qui est envisagé par la convention collective.

Dans sa décision datée du 17 janvier, l’arbitre Graham Clarke conclut donc que la décision de l’employeur de congédier M. Harding, sans enquête de quelque nature que ce soit, a rendu le congédiement nul.

Le syndicat demandait que le chef de train soit réintégré dans ses fonctions, mais vu «les circonstances de l’affaire», l’arbitre a préféré accorder une compensation financière - à être déterminée - à M. Harding.

Les parties devront maintenant négocier un montant pour le dédommager et, à défaut d’une entente, un arbitre pourra se pencher sur le dossier pour le déterminer, a expliqué le syndicat des Métallos dans un communiqué diffusé mardi. Il ne souhaite toutefois pas commenter le dossier, vu que les négociations doivent se poursuivre avec l’employeur.

Affaires

Fat Truck: une bête née à Bromont

Au-delà de son allure unique, le flamboyant véhicule aux pneus surdimensionnés, dévoilé en primeur à La Voix de l’Est, promet des performances inégalées en terrain difficile. Après des mois à peaufiner ses caractéristiques, l’équipe de Zeal Motor est enfin prête à ce que la bête se lance à l’assaut de contrées hostiles aux quatre coins du globe.

En démarrant son projet à Bromont, la jeune entreprise Zeal Motor voulait frapper un grand coup. Pas question de se contenter d’améliorer ce qui existe sur le marché. « Avec notre Fat Truck, on révolutionne le monde des véhicules industriels hors route. On boucle un véritable marathon pour en arriver au produit final. Le fil d’arrivée est là et on est très fébriles de voir l’étincelle dans les yeux des clients », a lancé en entrevue Maxim O’Shaughnessy, président de la compagnie cofondée avec Benoit Marleau et Amine Khimjee.

Monde

Affaire Huawei: Washington demandera au Canada d’extrader Meng Wanzhou

PÉKIN — Le département américain de la Justice demandera officiellement au Canada d’extrader Meng Wanzhou, directrice financière de la société technologique Huawei.

Le porte-parole du département, Marc Raimondi, en a fait l’annonce, mardi, disant que «toutes les échéances fixées par le traité sur l’extradition entre les États-Unis et le Canada seraient respectées».

M. Raimondi a indiqué que Washington est «grandement reconnaissant du soutien persistant du Canada dans les efforts mutuels visant à faire respecter la règle de droit».

Plus tôt mardi, Pékin avait tourné ses revendications vers Washington dans l’affaire Huawei, en souhaitant que les États-Unis renoncent à une demande d’extradition visant la directrice financière de Huawei, arrêtée au Canada le mois dernier.

En vertu de la loi canadienne sur l’extradition, les États-Unis disposaient de 60 jours, à compter de la date de l’arrestation de Mme Meng, pour déposer une demande officielle d’extradition.

Le Canada dispose à son tour de 30 jours, après réception des documents officiels des États-Unis, pour prendre une décision concernant l’extradition de la tête dirigeante de Huawei — à moins que des appels ou des contestations ne retardent les choses. Meng Wanzhou fait face à des allégations américaines selon lesquelles sa société aurait violé les sanctions de ce pays contre l’Iran, et plus particulièrement, qu’elle aurait elle-même commis une fraude en mentant aux banques américaines à ce sujet.

Des répercussions majeures

Cette confirmation de la demande d’extradition par les États-Unis garantit un conflit prolongé qui devrait avoir des répercussions durables et dangereuses pour les trois pays, selon un ancien diplomate américain.

Peu importe ce qui se passera ensuite, le mal est déjà fait, a dit croire Brett Bruen, ayant agi comme directeur des relations internationales à la Maison-Blanche sous l’administration de Barack Obama.

Bien que de remettre Mme Meng aux autorités américaines relâcherait un peu la tension directe sur le Canada, la politique étrangère du gouvernement Trump «d’intimidation et de fanfaronnade» ne fera qu’éroder les relations sur le long terme, a affirmé M. Bruen, aujourd’hui président de Global Situation Room, une firme de conseils en matière de sécurité établie à Washington.

Ces répercussions, qui semblent jusqu’à présent inclure la détention en Chine de deux Canadiens et la condamnation à mort d’un troisième pour trafic de drogue, ne feront que se poursuivre, a-t-il ajouté.

«Il y a un effet boomerang — il y a des responsables américains, des dirigeants d’entreprises américains et, à l’évidence, des Canadiens qui deviennent les dommages collatéraux, les conséquences de cette politique», a fait valoir M. Bruen.

Une «question de justice criminelle»

À Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a laissé entendre qu’il s’agissait uniquement d’une «question de justice criminelle» et a écarté l’idée que la liberté de Mme Meng puisse être utilisée comme monnaie d’échange.

«Nous nous opposerions très fortement à l’idée que cela est politisé ou utilisé de quelque manière que ce soit comme levier politique», a déclaré Mme Freeland dans un entretien avec Bloomberg.

«Je tiens à rappeler aux gens qu’elle est actuellement en liberté sous caution, qu’elle possède de belles maisons à Vancouver et qu’elle y est. Elle a eu et continuera d’avoir pleinement accès au système judiciaire canadien, qui est impartial et objectif», a-t-elle ajouté.

David MacNaughton, ambassadeur du Canada aux États-Unis, n’accordait pas d’entrevue mardi. Mais dans un article paru dans le Globe and Mail, M. MacNaughton a dit avoir informé l’administration Trump que le Canada se sentait pris entre deux feux et craignait que le président utilise Mme Meng comme levier du différend commercial entre son pays et la Chine.

Par ailleurs, quelque 140 experts internationaux de la Chine — y compris cinq anciens ambassadeurs canadiens — ont exhorté le président Xi Jinping à libérer les deux Canadiens détenus en Chine depuis l’arrestation de Mme Meng. Ces ex-diplomates et ces universitaires qualifient l’ex-diplomate Michael Kovrig et l’entrepreneur Michael Spavor de «bâtisseurs de ponts» entre la Chine et le reste du monde, et soutiennent que leur détention rend plus périlleux les voyages en Chine.

«Les détentions de MM. Kovrig et de Spavor envoient le message que ce type de travail constructif est importun et même risqué en Chine», indique la lettre. «Cela conduira à moins de dialogue et à une plus grande méfiance, et à saper les efforts déployés pour gérer les différends et trouver un terrain d’entente. La Chine et le reste du monde en pâtiront.»

Mme Meng est la directrice financière de Huawei et la fille de son fondateur, Ren Zhengfei. Huawei entretient des liens étroits avec l’armée chinoise et est considérée comme l’une des entreprises internationales les plus prospères du pays. Elle mène ses activités dans le secteur de la haute technologie, où la Chine espère établir sa domination.

Ces détentions et la détérioration des relations diplomatiques entre Ottawa et Pékin ont quelque peu miné les efforts de Huawei pour participer à la construction des réseaux sans fil de la prochaine génération au Canada, le «5G».

L’ambassadeur de Chine au Canada a prévenu la semaine dernière de «répercussions» si le gouvernement fédéral interdisait à Huawei de participer à ce vaste déploiement. Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a rappelé lundi qu’il existait d’autres fournisseurs que Huawei capables de mettre en place les réseaux 5G au Canada.

Affaires

Frais d’avocats chez Hydro: 11 M$ à l’interne... 7,8 M$ à l’externe

Malgré le fait qu’Hydro-Québec ait son propre département de services juridiques — une division qui lui a coûté 11 millions $ en masse salariale en 2018 —, la société d’État a tout de même déboursé 7,8 millions $ pour faire appel à des cabinets externes l’an dernier.

Selon des données obtenues par Le Soleil par la Loi sur l’accès à l’information, Hydro-Québec a octroyé des contrats à 26 différentes firmes d’avocats, dont Norton Rose Fulbright, Baker Botts, Davies Ward Phillips & Vineberg, McCarthy Tétrault et Langlois avocats, pour ne nommer qu’eux.

Pour les années 2016 et 2017, à titre de comparaison, la facture des frais externes s’était élevée à 6,9 millions $ et à 7,1 millions $.

Cette augmentation au cours des trois dernières années s’inscrit alors que la masse salariale du service Affaires juridiques chez Hydro-Québec a aussi enregistré une progression. En 2016, elle était de 9,3 millions $ et 70 personnes travaillaient dans cette division, dont 49 avocats.

Aujourd’hui, 68 cerveaux y collaborent, dont 45 avocats. Et l’impact sur la masse salariale de la société d’État est de 11 millions $. Le reste des effectifs est composé de stagiaires, de recherchistes, de commis et de secrétaires, précise dans sa réponse la société d’État.

Cette dernière ajoute également que ce montant inclut «le salaire de base, le temps supplémentaire, la rémunération incitative, les primes et revenus divers, ainsi que la charge de retraite et les autres avantages sociaux». Comme exemple de bataille juridique qui s’est avérée très coûteuse pour les contribuables au cours des dernières années, il y avait depuis 2009 le litige de la centrale Churchill Falls opposant le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et Hydro-Québec.

En novembre dernier, la Cour suprême a toutefois mis un terme à ce long bras de fer en statuant que la société d’État n’avait pas à partager ses gains générés par l’exportation d’électricité avec Terre-Neuve-et-Labrador. Cette dernière souhaitait renégocier un contrat signé en 1969.

Pas de diminution prévue

Malgré la fin de cette saga qui a coûté plus de 50 millions $, la direction du distributeur d’électricité n’est pas en mesure de dire si les frais d’avocats diminueront au cours des prochaines années. 

«Nous tentons toujours de maintenir les frais juridiques au minimum et de recourir à l’externe seulement lorsque cela est absolument requis», indique Louis-Olivier Batty, attaché de presse chez Hydro-Québec. «Ceci dit, il est difficile de prédire l’évolution des frais juridiques puisque ceux-ci sont notamment tributaires du nombre de poursuites intentées contre Hydro-Québec et du nombre de dossiers à traiter chaque année», poursuit-il.

Hydro-Québec explique qu’elle fait, entre autres, appel à des services externes lorsqu’elle a «besoin d’une expertise indisponible à l’interne» ou encore si «l’ampleur d’un dossier et le nombre de ressources qui seraient mobilisées ne permettait pas à la vice-présidence Affaires juridiques de s’acquitter adéquatement de ses nombreux autres mandats».

«Dans le cadre du litige sur la question du prix avec Churchill Falls (Labrador) Corporation, Hydro-Québec a dû déployer plusieurs ressources pour se défendre au fil des années. Nous aurions préféré ne pas avoir eu à consacrer autant d’énergie et de ressources à préserver nos intérêts dans ce dossier», dit M. Batty. «Nous avons le devoir de défendre les intérêts d’Hydro-Québec surtout lorsque des centaines de millions de dollars sont en jeu. C’est dans l’intérêt d’Hydro-Québec et de nos clients», conclut-il.

Lundi, le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Mont­réal a conclu dans une analyse qu’Hydro-Québec peine depuis 10 ans à engranger des gains de productivité.

Affaires

Emplois émergents: l'intelligence artificielle à l’honneur

Les chercheurs d’emploi canadiens dans le domaine des technologies et de l’intelligence artificielle auront davantage de chances de trouver leur niche en 2019, selon une étude de la firme de placement de personnel Randstad.

Pour la première fois, l’initiative annuelle présente, avec sa liste des emplois les plus en demande, 10 emplois émergents de la nouvelle année. Une majorité d’entre eux sont étroitement liés au milieu technologique.

Mais attention : émergent «ne veut pas dire qu’il y a 500 postes par jour qui s’ouvrent là-dedans», précise la directrice des communications de Randstad, Marie-Noëlle Morency. Il s’agit principalement d’une expertise qui est de plus en plus recherchée chez les entreprises sans pour autant tenir compte du volume de la demande.

«La plupart des entreprises s’en vont vers la transformation numérique. C’est sûr que tout le monde essaie d’utiliser au mieux les nouvelles technologies pour faciliter la productivité, pour offrir des meilleurs produits, pour offrir une meilleure efficacité, pour aller plus loin dans les outils qu’ils offrent… Donc ça, ce n’est pas non plus une surprise», explique Mme Morency.

On retrouve notamment dans cette liste des emplois dans le développement de la Blockchain, cette technologie servant de registre numérique vantée par certains comme une des plus sécuritaires dans la conservation et la protection de données. Elle est utilisée entre autres dans les transactions de la monnaie virtuelle (bitcoin).

Les secteurs de l’intelligence artificielle et de l’automatisation d’opération ne sont pas non plus en reste, alors que «toutes les industries confondues» ont des besoins dans ces domaines. Marie-Noëlle Morency donne en exemple les ressources humaines où des robots sont en mesure de créer des descriptions de poste à l’aide d’algorithmes.

Elle croit d’ailleurs que la demande des employeurs pourrait «certainement» s’accroître au cours des prochaines années.

Affaires

Tests pour remplacer Phénix: les fonctionnaires fédéraux appelés à participer

Les fonctionnaires fédéraux sont appelés, ces jours-ci, à tester des logiciels qui pourraient remplacer le fameux système de paie Phénix.

Phénix est ce système de paie dans la fonction publique fédérale, lancé en 2016, qui a connu maints ratés depuis — quelque 156 000 travailleurs trop payés, sous-payés ou pas payés du tout. Le système a aussi entraîné des problèmes avec le prélèvement des cotisations syndicales et dans l’application des conventions collectives qui avaient été signées avec les syndicats.

À la fin de 2018, les coûts du système de paie Phénix avaient été estimés à 1,1 milliard $ en tenant compte du démarrage et des mesures adoptées depuis pour tenter de résoudre les problèmes.

Ces jours-ci, une équipe des ressources humaines et de «paie de la prochaine génération» du gouvernement, baptisée ProGen RH, organise des séances dans plusieurs villes au pays pour permettre aux travailleurs de tester des logiciels de paie qui pourraient remplacer Phénix.

Les séances ont débuté mercredi dernier à Gatineau, puis jeudi et vendredi à Ottawa. Cette semaine, elles reprendront mercredi à Montréal et jeudi à Dartmouth en Nouvelle-Écosse. La semaine suivante, elles auront lieu à Victoria, puis Edmonton, Winnipeg, Gatineau les 4 et 6 février, puis Ottawa les 8 et 11 février.

«On demande ça depuis des décennies. Ce n’est pas simplement avec Phénix, mais avec n’importe quel outil. Pourquoi ne pas consulter les gens qui travaillent avec cet outil-là?» a demandé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Magali Picard, vice-présidente nationale exécutive de l’Alliance de la fonction publique du Canada.

«Le gouvernement conservateur de Stephen Harper [qui avait pris la décision d’implanter Phénix] n’avait consulté personne. Il avait été de l’avant avec l’achat de cet outil-là. Il n’y avait pas eu de tests faits au préalable par les spécialistes en rémunération ou encore les gens de l’informatique au niveau de la fonction publique fédérale. Et même lorsque ça avait été le temps de transférer les informations, nos membres disaient ‘‘cet outil-là ne fonctionne pas; il y a des rapports de milliers de codes d’erreurs’’. Et personne n’a écouté les travailleurs», a déploré Mme Picard.

L’AFPC, qui au Québec est affiliée à la FTQ, représente 180 000 travailleurs au Canada, dont 80 % des membres sont touchés par des problèmes de paie ou l’ont été.

Dans son budget du 27 février 2018, le ministre des Finances, Bill Morneau, avait prévu une somme de 16 millions $ sur deux ans pour remplacer Phénix et lui trouver une solution de rechange. Phénix a été conçu par l’entreprise privée IBM.

Mme Picard «aimerait dire oui», qu’elle voit la lumière au bout du tunnel, grâce à cette période de tests qui commence. Mais elle prône la prudence.

D’abord corriger Phénix

«La journée qu’un nouvel outil sera prêt à recevoir les 82 000 actions de paie que demande un système pour répondre à la commande, il devra puiser ses informations quelque part. Et la seule banque de données qui existe actuellement, c’est Phénix. Alors oui, on veut bien voir la nouvelle génération, le nouvel outil, comme étant la lumière au bout du tunnel. Mais pour vraiment s’assurer que c’est la lumière au bout du tunnel, ils doivent quand même corriger la banque de données actuelles», donc Phénix, a souligné Mme Picard.

Elle espère que le Conseil du trésor embauchera suffisamment de travailleurs pour mener à bien cette tâche.

Elle réitère d’ailleurs sa volonté de voir les victimes de Phénix indemnisées. «On négocie actuellement au niveau des dommages moraux avec le gouvernement. Ce n’est pas une négociation qui est facile. Il est extrêmement important que chacun des travailleurs de l’État soit dédommagé pour tout ce qu’ils vivent et ont vécu. Les gens peuvent se mettre dans la situation d’un travailleur qui ne sait jamais si oui ou non il aura sa paie, est-ce qu’il aura un trop-payé, est-ce qu’il aura un montant ridicule, 32 $ qui seront déposés, au lieu d’une paie complète? C’est un stress immense pour les familles, les travailleurs», a plaidé Mme Picard.

Affaires

2,7 millions$ pour Les Cuisines gaspésiennes

MATANE — L'entreprise Les Cuisines gaspésiennes de Matane reçoit une aide financière de 2,7 millions$ du gouvernement provincial et d'Investissement Québec pour la réalisation de deux projets visant l'acquisition d'équipements de production de pointe et l'automatisation des chaînes d'emballage de produits.

C'est la ministre déléguée au Développement économique régional et ministre responsable de la région, Marie-Ève Proulx, qui en a fait l'annonce lundi. Ce coup de pouce permettra à l'usine de jambon, de cretons et de charcuterie, commercialisés sous la marque Gaspésien, de doubler sa capacité de production et de réduire ses délais d'approvisionnement. 

«Nous serons en mesure de faire face aux défis que représentent la pénurie de main-d'œuvre et la concurrence internationale», se réjouit le président-directeur général des Cuisines gaspésiennes, Enrico Carpinteri.

Affaires

La députée de Gaspé dit non à Cuda Pétrole

La députée de Gaspé à l’Assemblée nationale, la péquiste Méganne Perry Mélançon, s’oppose au projet d’exploitation d’hydrocarbures de la firme Cuba Pétrole et gaz au gisement Galt, à 20 kilomètres de Gaspé. La députée réclame même la suspension de la consultation amorcée le 2 janvier par l’État québécois et l’arrêt pur et simple du projet.

Méganne Perry Mélançon croit que les risques associés à l’initiative de Cuda sont trop élevés comparativement aux bénéfices que pourraient en tirer Gaspé. Ces risques touchent le secteur touristique, notamment la pêche au saumon sur la rivière York, située tout près, et la faune en général dans les parages de l’emplacement Galt. Mais il y a plus.

«On est rendus ailleurs au Québec et surtout en Gaspésie, où l’industrie touristique génère d’importantes retombées (…) La conscience environnementale a changé et on connaît le faible potentiel économique du pétrole en Gaspésie», signale la députée de Gaspé.

Elle a rencontré la direction de Cuda pour réaliser que même si la firme s’est engagée à ne pas faire de fracturation hydraulique à Galt lors de la phase initiale du projet, des forages horizontaux suivraient des forages verticaux, et de la fracturation n’est pas exclue dans la seconde phase de l’initiative.

Danger pour la York

«Avec un forage horizontal, on toucherait une zone située sous la rivière York. Il y a du danger avec les forages horizontaux. Considérant que la York est l’une des rivières les plus saines, et considérant l’impact économique de la pêche au saumon (…) c’est clair qu’il faut s’opposer au projet», dit-elle.

Dans son énoncé de projet d’exploitation, Cuda prévoit forer 30 puits à Galt et exploiter une zone de 20 kilomètres carrés entre 2020 et 2060 pour en tirer un total de 15 millions de barils de pétrole.

Mme Perry Mélançon se demande pourquoi Junex, l’entreprise ayant mené la phase d’exploration à Galt avant d’être acquise par Cuda, a essentiellement parlé d’un potentiel exploitable de 8 millions de barils.

«Est-ce parce qu’on a tenté de gonfler (les chiffres) pour obtenir un permis d’exploitation?» glisse-t-elle, à propos des 15 millions de barils de Cuda.

La députée opine que la Gaspésie gagnera bien davantage en développant «sa belle filière éolienne, incluant le Techno-centre éolien, la biomasse forestière et l’énergie solaire».

Ouvrir la porte à d’autres

Méganne Perry Mélançon craint en outre que si on ouvre la porte à l’exploitation à Cuda pour Galt, on accueille d’autres projets pétroliers, «qui, eux, n’excluront pas la fracturation».

Elle croit que l’acceptabilité sociale n’est plus au rendez-vous «particulièrement (pour) les générations qui auront à vivre avec ces dangers». C’est pourquoi elle demande notamment l’arrêt de l’évaluation entreprise par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Elle dit que le gouvernement actuel doit sortir le pétrole de la Gaspésie, comme le gouvernement précédent l’a fait pour l’île d’Anticosti. «Pourquoi le territoire de Gaspé devrait être le premier à accepter un développement pétrolier? Ce sont des situations comparables».

La députée assure qu’il faut songer à l’instauration d’un moratoire pétrolier en Gaspésie. «Le gouvernement a le pouvoir de le faire. S’il faut indemniser (les compagnies qui y ont engagé des fonds), on le fera».

Méganne Perry Mélançon invite les gens à signer un formulaire de sa page Facebook afin d’exprimer leur opposition au projet Galt.