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Les Canadiens veulent un étiquetage clair des OGM

MONTRÉAL - Près de 89 pour cent des Canadiens estiment que les emballages de tous les aliments qui ont été génétiquement modifiés devraient être clairement étiquetés.

La proportion est la même au Québec, avec 90 pour cent, et dans l’Atlantique, avec 89 pour cent, selon un sondage sur la perception des Canadiens face au génie génétique dans l’alimentation, mené dans le cadre d’une étude de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

Le professeur en distribution et politiques agroalimentaires à la Faculté de management de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, voit une certaine confusion chez le consommateur, qui souvent consomme des aliments issus du génie génétique sans le savoir.

Les Canadiens sont ainsi 37,7 pour cent à être en accord avec l’énoncé voulant que ces aliments ne représentent aucun danger pour la santé des consommateurs et 34,7 pour cent en désaccord avec le même énoncé. Et 27,6 pour cent se disent neutres.

C’est d’ailleurs au Québec que les personnes y voient le plus de danger, dans une proportion de 48 pour cent, et dans les Prairies qu’elles en perçoivent le moins, avec 26 pour cent.

«Au niveau socioéconomique ou financier, souvent la production d’OGM coûte moins cher, il y a moins de gaspillage, la performance est meilleure, il y a une résistance aux insectes mais, en bout de ligne, le consommateur n’y voit pas les avantages pour lui», argue le professeur Charlebois.

«La valeur marchande du génie génétique est inconnue (du consommateur). Si le saumon génétiquement modifié était à moitié prix, peut-être que le consommateur choisirait le saumon génétiquement modifié, parce qu’il serait motivé à épargner un petit peu. Dans le fond, on ne permet pas au consommateur de percevoir les bénéfices du génie génétique. Tout ce qu’on fait, c’est qu’on offre des bénéfices en amont de la chaîne, au niveau de la production, mais pour le consommateur, le cas est flou», a opiné le professeur Charlebois.

Il relève le cas de la pomme Arctic, cette pomme qui ne brunit pas, donc qui a une caractéristique qui peut plaire au consommateur. Le gouvernement du Canada a déjà déterminé que cette pomme génétiquement modifiée était «aussi sûre pour les humains, le bétail et l’environnement que les pommes traditionnelles».

«Ce que nos répondants envoient comme message, dans ce sondage, c’est qu’avec un message plus clair, avec une étiquette plus claire, peut-être qu’on pourrait éclaircir les règles du jeu quand on parle de génie génétique», a résumé le professeur Charlebois.

Étiquetage volontaire

Seuls 23 pour cent des gens ayant répondu au sondage jugent que l’étiquetage volontaire des aliments génétiquement modifiés est suffisant et 61,1 pour cent se sont dits en désaccord avec l’énoncé voulant que «l’étiquetage volontaire des aliments génétiquement modifiés est suffisant».

Pourtant, «actuellement, au Canada, on a un système volontaire», rappelle le professeur Charlebois.

Le sondage a été réalisé auprès de 1046 Canadiens adultes, durant trois jours au mois de mai. Il comporte une marge d’erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.

Restaurants

Le Café Krieghoff sur Maguire ferme ses portes

La succursale du Café Krieghoff située sur l’avenue Maguire fermera ses portes à 16h dimanche, la propriétaire Kathy Rioux étant déçue de l’achalandage huit mois après son ouverture.

«C’est une décision d’affaires. L’achalandage n’était pas au rendez-vous et quand on est dans les affaires, on ne veut pas s’embourber. J’ai décidé de me concentrer sur ce qui fonctionne, c’est-à-dire le Café Krieghoff de la rue Cartier qui est en place depuis 40 ans», a expliqué Mme Rioux, indiquant que le Krieghoff de Cartier n’était aucunement en danger.

Mme Rioux insiste également pour dire que, contrairement à d’autres établissements, ce n’est pas la pénurie de main-d’oeuvre dans la restauration qui a eu raison du Krieghoff sur Maguire.

Personne sans emploi

«Nous avons tout ce qu’il faut en matière d’employés. D’ailleurs, certains seront relocalisés sur Cartier alors que tous les autres ont déjà trouvé du travail ailleurs. D’autres restaurants ont été très heureux de les accueillir», précise-t-elle, fière de ne laisser personne sans emploi. 

Alors que plusieurs commerçants de l’avenue Maguire déplorent la présence de parcomètres qui nuiraient à l’achalandage, Mme Rioux a refusé de mettre cette fermeture uniquement sur le dos de ces gobe-sous.

«Ça va bien au-delà des parcomètres... Je ne veux pas dénigrer Maguire, c’est une super belle rue avec de beaux commerces, mais il faut que ça lève. J’ai tout essayé : des soirées jazz, des déjeuners et des brunchs durant le Carnaval, j’ai fait venir le Père Noël, mais une fois les activités terminées, l’endroit se vidait. Contrairement à Cartier où ça bouge beaucoup, ici, c’est davantage un quartier résidentiel», analyse la propriétaire.

Pas généralisé

Même s’il a qualifié l’annonce de «triste nouvelle», Patrick Lemaire, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de l’avenue Maguire, a tenu à préciser que la fermeture de Krieghoff n’était pas le portrait généralisé de la restauration dans le secteur.

«À l’heure actuelle, j’ai parlé à plusieurs propriétaires de restaurants et la dernière année a été très bonne, notamment pour Pizzeria NO.900, le Montego, Tapas & Liège et Bagel Maguire. Il y a même un nouveau restaurant portugais, Lio Festa, qui s’en vient et qui croit beaucoup à Maguire», indique-t-il.

Le projet immobilier et commercial d’Immostar inspire aussi beaucoup la SDC. «On parle d’un «mix» avec des condos haut de gamme et des commerces en bas. Maguire a vraiment repris sa vitesse de croisière. Je sais aussi que le local du Café Krieghoff pourrait être très prisé puisque le propriétaire discute déjà avec un commerce qui pourrait être intéressé», poursuit M. Lemaire.

Par ailleurs, la propriétaire du Café Castelo, qui possède aussi des établissements sur Maguire et Cartier, estime elle aussi que les affaires sont bonnes sur l’avenue Maguire. «Ça fait 21 ans qu’on est sur Maguire et 16 ans sur Cartier et on ne voit aucune différence entre la clientèle des deux commerces. Ce sont des gens qui recherchent la qualité. On a aussi de plus en plus de jeunes familles et d’étudiants, donc non, on ne sent pas que la clientèle de l’avenue Maguire est vieillissante», a déclaré Mme Anya Okuka.

«C’est dommage pour le Krieghoff, mais nous, au contraire, on adore Maguire et Cartier et les affaires vont bien dans les deux établissements», conclut-elle.

Techno

Facebook: la vie privée des Canadiens bientôt mieux protégée

TORONTO - Les utilisateurs de Facebook au Canada et ailleurs recevront bientôt une nouvelle alerte concernant la protection de leur vie privée, à la veille de l’entrée en vigueur de règles beaucoup plus strictes à ce sujet sur le territoire de l’Union européenne.

Le responsable de la protection de la vie privée du géant des médias sociaux a déclaré jeudi sur un blogue que le nouveau type d’alerte de Facebook invitera les utilisateurs à revoir les détails de ce qu’ils ont choisi de partager.

Les alertes personnalisées indiqueront notamment quelles informations politiques, religieuses et relationnelles les utilisateurs ont choisi d’inclure dans leurs profils.

Facebook affichera également un résumé des fonctionnalités activées, telles que la reconnaissance faciale ou les annonces basées sur les données des partenaires, mais pas les fonctionnalités qui ont déjà été désactivées ou qui n’ont jamais été activées.

L’annonce intervient un jour avant que l’Union européenne n’active son Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui prévoit des amendes pour toute entreprise qui viole le droit à la vie privée d’un résident de l’UE.

L’adoption de la norme RGPD par Facebook à travers le monde survient au moment où la compagnie doit encore composer avec les retombées du scandale Cambridge Analytica.

Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, s’est excusé à plusieurs reprises, notamment auprès des législateurs européens mardi à Bruxelles, pour la façon dont le réseau social a été utilisé pour produire de fausses nouvelles et interférer avec les élections.

Affaires

Les redresseurs de la basse ville!

Entre 2013 et 2019, l’entreprise Construction St-Pierre Roseberry aura investi près de 30 millions $ dans la basse ville de Québec avec comme objectif d’«embellir» le paysage du quartier.

Jointe par Le Soleil, la copropriétaire, Karine St-Pierre, décrit sa compagnie «comme une entreprise à dimension humaine» avec des projets qui s’harmonise au secteur. Elle achète des terrains ou démolit des bâtiments en fin de vie pour en faire de nouvelles habitations.

L’avocate de formation donne comme exemple leur développement immobilier de 20 unités locatives avec deux espaces commerciaux qui verra le jour au cours des prochains mois au coin du boulevard Charest et de la rue Bayard. Il s’agit du plus gros projet réalisé par l’entreprise à ce jour. Un mur végétal de concept thaïlandais sera entre autres aménagé sur l’édifice pour combler «le manque de végétation dans Saint-Sauveur», précise la patronne. 

Depuis 2013, à ce jour, Construction St-Pierre Roseberry a réalisé 14 développements en basse ville — pour un total de 82 unités —, des condominiums et des logements locatifs. La compagnie a aussi collaboré avec différentes organisations, comme Nature Québec, afin d’agrémenter le quartier. Elle travaille notamment sur un chantier qui vise à revigorer le parvis de l’Église Sainte-Angèle de Saint-Malo.

«Nous avons choisi la basse ville, car nous croyons beaucoup à la revitalisation des quartiers centraux», explique Mme St-Pierre, qui brasse des affaires avec son conjoint, Sébastien Roseberry. Ce dernier veille principalement au grain sur les chantiers. «Nous achetons des bâtiments délabrés où c’est presque impossible de faire des rénovations. Nous voulons surtout le terrain. Il doit nous permettre de faire une construction à un prix abordable afin que le projet soit intéressant pour la revente; pour avoir un coût intéressant pour les acheteurs», poursuit-elle.

D’ailleurs, afin de diminuer les coûts de leurs développements immobiliers, les propriétaires réalisent eux-mêmes la vente des unités. «Cela nous permet de diminuer les coûts, mais également de créer un climat de confiance avec les clients», note la femme d’affaires.

Huit projets d’ici 2019

Dans ses cartons, Construction St-Pierre Roseberry prévoit compléter ou réaliser huit projets d’ici 2019. Entre autres, trois chantiers seront complétés au cours des prochaines semaines, soit Perché 2.0 (huit unités), Tierce (trois unités) et Combles d’Oblats (trois unités).

Outre le développement de 20 unités sur trois étages sur Charest, le promoteur prévoit également construire à partir du mois de septembre un duplex au coin des rues Saint-Germain et Christophe-Colomb. Un projet baptisé Les Germaines.

«Notre objectif est d’être différent par rapport à ce qui se fait en terme de construction dans la ville de Québec. [...] Nous sommes proches des gens. Chaque client va rencontrer notre architecte pour ses besoins», avance Mme St-Pierre. «On croit beaucoup au fait qu’il est possible de vivre en ville dans des unités d’habitation agréable tout en maximisant les espaces. [...] La tendance actuellement en basse ville, ce sont les maisons de ville. Les gens aiment bien avoir leur petit coin de verdure», conclut-elle.

Comme autres chantiers sur la table à dessin pour ce quartier, Construction St-Pierre Roseberry prévoit construire trois maisons de ville qui vont totaliser 13 unités. La livraison est prévue pour 2019.

Affaires

La huitième propriété la plus chère sur le marché canadien à... Château-Richer

La huitième propriété la plus chère sur le marché à travers le Canada est située à... Château-Richer, près de Québec.

Selon le rapport annuel du site sur l’immobilier Point 2 Homes, deux maisons du Québec figurent dans le top 10 des demeures les plus dispendieuses au pays. 

En septième place, on retrouve une propriété située à Westmount, à Montréal. Son prix : 26,5 millions $. Elle compte cinq salles de bain et sept chambres à coucher. Pour les amateurs de chiffres, le compte de taxes municipales s’élève à 56 000 $.

Du côté de la Capitale-Nationale, la demeure de Château-Richer est classée monument historique. Elle a été construite en 1640. C’est principalement le terrain de 11 millions de mètres2, soit 1100 hectares, qui fait bondir la valeur de l’endroit à 26 millions $. Le domaine compte aussi trois lacs.

Selon le site du courtier immobilier Martin Dostie, de la bannière Sotheby’s International Realty, il est possible d’acheter seulement la maison pour la somme de 429 000 $. 

Un penthouse de 38 M$ à Vancouver

Affaires

Ottawa bloque le rachat du Groupe Aecon

OTTAWA — Le gouvernement fédéral a bloqué la prise de contrôle du Groupe Aecon par une société d'État chinoise pour des raisons de sécurité nationale.

Un porte-parole du ministre du Développement économique Navdeep Bains a confirmé après la fermeture des marchés, mercredi, la décision du gouvernement d'empêcher CCCC International Holding (CCCI) d'acquérir l'entreprise de construction Aecon, une transaction estimée à 1,5 milliard $.

Le gouvernement Trudeau avait été averti par des experts de procéder prudemment en évaluant les offres d'investissement des entreprises d'État chinoises et d'être aussi transparent que possible dans son examen de la transaction proposée.

Ottawa a également été soumis à de fortes pressions à travers le pays pour rejeter l'offre d'achat.

En février, le gouvernement avait annoncé un examen complet sous l'angle de la sécurité nationale de la prise de contrôle d'Aecon. À l'époque, le bureau du ministre Bains avait déclaré que, selon les conseils des agences de sécurité, le gouvernement croyait qu'il y avait «un risque de préjudice à la sécurité nationale».

«Comme toujours, nous avons écouté les conseils de nos agences de sécurité nationale à travers les multiples étapes du processus d'examen de la sécurité nationale prévu par la Loi sur Investissement Canada», a affirmé Navdeep Bains dans une déclaration.

«En nous basant sur leurs découvertes et pour protéger la sécurité nationale, nous avons ordonné à CCCI de ne pas aller de l'avant avec l'investissement proposé.»

M. Bains a ajouté que le gouvernement Trudeau était ouvert aux investissements étrangers qui créent des emplois et accroît la prospérité, mais pas aux dépens de la sécurité nationale.

Aecon participe depuis longtemps à des projets de construction et d'ingénierie au Canada, comme la tour du CN, le SkyTrain de Vancouver, la Voie maritime du Saint-Laurent et le chantier naval de Halifax. L'entreprise fait aussi partie du consortium qui construit le Réseau express métropolitain dans la région de Montréal.

Il n'a pas été possible de parler à un représentant de la firme établie à Toronto mercredi.

Appui du gouvernement chinois

Le gouvernement chinois avait appuyé fortement la prise de contrôle. On ne sait pas encore comment cette décision pourrait affecter les relations entre le Canada et la Chine.

Le mois dernier, l'ambassadeur chinois au Canada avait défendu l'entente proposée. Lu Shaye avait déclaré qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter, puisque la décision de l'entreprise était strictement liée aux affaires.

«Ma première impression, pour être franc, c'est que je crois que les médias canadiens ou le public canadien est trop sensible par rapport à l'affaire Aecon, car Aecon est juste une entreprise de construction», avait-il dit en conférence de presse à l'ambassade chinoise à Ottawa.

«De votre côté, vous avez des règles et des règlements sur les entreprises étrangères qui cherchent à prendre le contrôle d'entreprises canadiennes. Je crois que pour l'enjeu de la sécurité nationale, ce sont vos affaires internes. Les Chinois ne veulent pas s'ingérer là-dedans.»

M. Lu, qui s'exprimait par l'entremise d'un interprète, a ajouté que la Chine voulait s'assurer que le Canada traite les entreprises chinoises de la même manière que toutes les autres sociétés étrangères qui cherchent à prendre le contrôle de firmes canadiennes.

CCCI est la division du financement et des investissements à l'étranger de China Communications Construction Company (CCCC), un des plus grands groupes d'ingénierie et de construction au monde.

Un représentant de CCCI a dit mercredi ne pas avoir de commentaire sur la décision d'Ottawa de bloquer la prise de contrôle.

Selon un document d'Infrastructures Canada rédigé l'automne dernier, CCCC avait généré des revenus de 62 milliards $US en 2016. Parmi ses secteurs d'activité, on retrouve les ports, les routes, les terminaux, les ponts, les chemins de fer, ainsi que les tunnels.

Aecon avait quant à elle enregistré des revenus de 3,2 milliards $ en 2016.

La note interne avait été obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Affaires

Le plaidoyer en faveur d'un partage des pourboires suscite une certaine grogne

MONTRÉAL — Le plaidoyer en faveur d'un partage des pourboires servi la semaine dernière par une brochette de personnalités du monde de la restauration a été très mal digéré par certains serveurs.

Colombe St-Pierre, couronnée «cheffe de l'année» au Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise en avril dernier, avoue avoir essuyé des réactions assez virulentes de serveurs mécontents à la suite de la publication de la lettre ouverte à cet effet dont elle est cosignataire.

«J'ai dû gérer des : "Bitch, t'as juste à payer tes cuisiniers convenablement au lieu d'aller voler tes serveurs"», s'exclame-t-elle en riant lors d'une entrevue avec La Presse canadienne avant d'ajouter : «Quand tu commences une discussion comme ça, c'est sûr que c'est difficile de trouver un terrain d'entente.»

La restauratrice du Bic et une soixantaine de collègues de renommée dans le milieu, dont Normand Laprise, Jérôme Ferrer et Daniel Vézina, avaient lancé un appel au gouvernement pour que celui-ci modifie la Loi sur les normes du travail qui interdit une redistribution des pourboires, auxquels seuls les serveurs ont droit.

«On veut pas obliger le partage des pourboires; on veut simplement que ce soit permis», a pour sa part fait valoir Normand Laprise. «Et après il y aura une discussion à avoir là-dessus. À un moment donné, ce sont des vieilles lois et il faut réfléchir là-dessus.»

Rencontrés à l'issue d'une conférence organisée par C2 Montréal mercredi, les deux restaurateurs ont fait valoir que la marge de profit en restauration gastronomique se situe autour de de 2 ou 3 % : «quand tu fais 4 %, tu fais des high five», a imagé Normand Laprise, expliquant qu'avec des marges aussi restreintes, il n'est pas possible d'augmenter les salaires des cuisiniers, sous-chefs et autres employés des cuisines à moins d'augmenter les prix au point de faire fuir la clientèle.

«Arrêter de se fermer les yeux»

«Les inégalités sont là depuis le début, il faut arrêter de se fermer les yeux», fait valoir Colombe St-Pierre.

«Si j'ai des serveurs dans mon équipe qui sont rémunérés deux fois plus que des chefs de tête, je ne comprends pas l'écart. Il y a un illogisme», dit-elle, faisant valoir que «le pourboire, c'est une reconnaissance du service et de la cuisine» dont les piliers de la cuisine — chefs et sous-chefs — ne bénéficient aucunement.

Colombe St-Pierre affirme qu'elle ne demanderait pas mieux que de laisser tout le pourboire aux serveurs et payer davantage le personnel en cuisine, si les entrées de fonds le permettaient. Mais elle illustre ainsi le problème de redistribution des entrées de fonds : «Tu as une salle de 60 personnes qui va faire le salaire de 4 personnes, alors que je suis toute seule, comme employeur, à donner les salaires à 15 personnes... Il faut essayer de voir ce qu'on peut faire pour rééquilibrer ça.»

Car la conséquence, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, est facilement identifiable : «On a toujours plus de misère à trouver des cuisiniers que des gens au service», laisse-t-elle tomber.

Normand Laprise milite dans le même sens, même s'il reconnaît qu'il faut réfléchir à la manière de faire pour éviter un retour du balancier dans la mauvaise direction.

«Ce qui est dangereux, c'est qu'il y a de vrais restaurateurs et d'autres qui sont davantage des commerçants, qui vont juste en profiter pour enlever l'argent aux serveurs et ne le redistribueront peut-être pas au bon endroit. Ça fait peur, ça fait très peur», admet-il.

Il insiste — tout comme sa collègue — sur le fait qu'il ne veut pas un sou de plus pour lui-même : «Je veux simplement que toute mon équipe soit heureuse et que tout le monde gagne bien sa vie autant que possible».

Affaires

Nouveau concept dans le Vieux-Port pour l’Académie Culinaire

L’Académie Culinaire inaugure jeudi un tout nouveau concept dans le Vieux-Port : en plus des cours de cuisine, le local de 3000 pieds carrés comprendra un espace café et boutique et pourra accueillir davantage d’événements corporatifs.

L’espace lumineux, situé au 300, rue Saint-Paul, à deux pas de la gare du Palais, compte une vingtaine de postes de travail dans la cuisine commerciale où seront prodigués divers ateliers : techniques de base, cuisine du monde, barbecue, tapas, etc. Avant le début des cours en juillet, ce sont les jeunes qui auront le bonheur d’être des chefs apprentis lors des camps d’été, qui commencent dès la fin juin.

«Ça fait 14 ans qu’on offre des camps d’été aux jeunes de 8 à 17 ans. Pendant une semaine, on leur apprend à être autonomes en cuisine. Ils mangent le midi ce qu’ils cuisinent le matin, et ramènent à la maison ce qu’ils ont cuisiné l’après-midi, ce qui fait le bonheur des parents!» indique le chef François Martel, président et fondateur de l’Académie Culinaire, implantée dans la capitale depuis 2004. 

Affaires

La réputation de Tim Hortons malmenée

TORONTO - Tim Hortons perd des plumes dans une autre étude qui examine les entreprises les plus réputées au Canada.

Selon le cabinet de recherche Reputation Institute, la société est tombée de la 13e à la 67e place, soit l’une des plus grandes dégringolades parmi les 250 entreprises analysées cette année, même si la marque est toujours considérée comme ayant une «forte réputation».

L’étude est fondée sur les évaluations de 27 000 Canadiens, qui sont invités à noter les entreprises sur leurs produits, l’innovation, la gouvernance en milieu de travail, la citoyenneté, le leadership et le rendement financier.

Google, Lego et Rolex sont en tête de liste, tandis que les marques canadiennes MEC, Jean Coutu et Canadian Tire se classent parmi les 20 premières. Shoppers Drug Mart/Pharmaprix, Home Hardware, Cineplex, Roots et Sleep Country Canada figurent parmi les 50 premières.

Cette étude est publiée après qu’un classement similaire dévoilé en avril par la firme Léger eut délogé Tim Hortons de la quatrième place pour le reléguer en 50e position.

Les changements font suite à une dispute publique entre la société mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International, et la Great White North Franchisee Association, qui prétend représenter plus de la moitié des franchisés de la bannière.

Ces derniers mois, ils se sont querellés concernant les mesures de réduction des coûts prises par certains franchisés à la suite de la hausse du salaire minimum en Ontario, de l’utilisation abusive d’un fonds publicitaire national et d’un plan de rénovation de 700 millions $.

Affaires

Et si les épiceries vendaient du gin

Devant l’engouement pour les spiritueux québécois à la société des alcools du Québec (SAQ), les grands joueurs de l’alimentation et les dépanneurs aimeraient aussi pouvoir mousser sur leurs tablettes ces produits du terroir. Ce que la loi interdit.

Samedi, Le Soleil avançait que depuis l’exercice financier 2013-2014, les ventes des produits du Québec à la SAQ ont bondi de 36,3 millions $ à 61,8 millions $, une augmentation de 70 %. Pour les spiritueux, comme le gin, la vodka ou le whisky, elles sont passées de 19,2 millions $ à 37,9 millions $.

«Aujourd’hui, nous pouvons vendre des bières artisanales, des cidres et du vin, mais pas de spiritueux», déplore Yves Servais, directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec, un regroupement qui compte 1000 membres.

«Au cours des dernières années, nous avons mis l’emphase sur les bières québécoises. Ce sont les dépanneurs qui ont donné une poussée à l’industrie. [...] Pour le vin, c’est plus problématique, car plusieurs vignobles n’ont pas une capacité de production assez importante. Par contre, pour les spiritueux, nous aimerions pouvoir contribuer à la croissance du marché. Ce sont des produits de qualité. Il faudrait apporter des modifications à la réglementation», poursuit-il

Ce dernier concède que cette bataille contre le gouvernement et la société d’État pour obtenir une modification à la loi ne sera pas une mince affaire. «La SAQ, c’est un monstre, c’est un État dans un État. Cela ne sera pas facile à gagner!»

Ouverts à l’idée

Actuellement, la réglementation ne permet pas aux dépanneurs ou aux épiciers de vendre les spiritueux québécois. Il n’existe encore aucun permis du genre. Cette mesure est réservée à la SAQ.

Chez Loblaw, Metro et Sobeys, les responsables n’ont pas voulu se mouiller directement sur le sujet. Ils ont préféré donner la parole au Conseil Canadien du Commerce de détail (CCCD), qui se fait la voix des détaillants au pays.

«Les détaillants ont un vaste éventail de produits locaux qu’ils offrent aux consommateurs et ils encouragent les producteurs d’ici depuis de nombreuses années. Par exemple, les vins québécois sont arrivés en magasin dès décembre 2016 suite à un changement législatif», rappelle Marc Fortin, président, CCCD-Québec. «Ils sont donc ouverts à bonifier leur offre de produits d’ici, notamment les produits alcoolisés et les spiritueux ne font pas exception. On les retrouve déjà dans plusieurs épiceries aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe. Si la loi le permettait et qu’une modification à la législation en vigueur était faite, les détaillants offriraient aussi les spiritueux aux consommateurs québécois», poursuit-il.