Affaires

Les syndiqués de l'ABI marchent à Trois-Rivières et à Québec: «Le rapport de force est brisé»

Trois-Rivières — Après plus de 14 mois de conflit et un silence radio du côté de l’employeur depuis le dépôt de la contre-proposition syndicale, quelque 200 lockoutés de l’ABI ont marché mardi jusqu’au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap pour peut-être espérer un miracle. Mais en attendant de répéter mercredi cette marche de l’énergie à Québec, de Place Laurier jusqu’à l’Assemblée nationale, leur prière de rencontrer le premier ministre pourrait être exaucée la semaine prochaine.

«Il y a des discussions avec le bureau du premier ministre et ça se pourrait que la semaine prochaine, on ait une rencontre avec lui. Le message qu’on livre doit se rendre au bureau du premier ministre. On lui avait demandé une rencontre le plus tôt possible, donc, là, il semblerait qu’on va réussir à le rencontrer pour le sensibiliser», a fait savoir le président de la section locale 9700, Clément Masse.

En l’absence du ministre Jean Boulet, le dirigeant syndical venait de rencontrer son personnel politique pour dénoncer à nouveau cette clause de force majeure ou Act of God dans le contrat d’approvisionnement en électricité qui permet à Alcoa de ne pas payer pour tout le bloc d’électricité qui lui est réservé. 

«Le conflit se prolonge à cause de ça. Le rapport de force est brisé. Ça ne tient pas debout, c’est 165 M $ que l’employeur a économisé en ne respectant pas son contrat à cause de cette clause-là et c’est ça qu’on veut dénoncer», a-t-il expliqué. 

«Nous, on interpelle le premier ministre qui avait dit, pendant la campagne électorale, qu’il s’impliquerait. Pour l’instant, on n’a pas vu d’implication du premier ministre. Il est temps que M. Legault agisse dans ça. Il a parlé pendant la campagne qu’il ferait quelque chose, là, on veut qu’il agisse. Ça va faire bientôt 15 mois qu’on est en conflit, il est temps que M. Legault fasse des actes. Il a pris la parole pendant la campagne, mais là, qu’il agisse maintenant», martèle M. Masse. 

Du même souffle, il rappelle que cette fameuse clause de force majeure a été négociée par le gouvernement «et c’est au gouvernement à nous aider à nous sortir de cette impasse, de ce conflit».

Par ailleurs, le Syndicat attend toujours la réponse de l’employeur à sa contre-proposition. «Mais il n’a pas de pression présentement parce qu’il économise de l’argent. C’est ça qui fait que le rapport de force est déséquilibré. M. Legault peut en mettre de la pression, c’est le premier ministre d’une province qui est le quatrième producteur mondial de l’aluminium, ce n’est pas vrai qui ne peut pas rien faire dans notre conflit», a fait valoir M. Masse.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, dit-il, «on apprenait récemment que le salaire du pdg d’Alcoa, Roy Harvey, a triplé de 2016 à 2018, passant de 4 à 13 millions US». 

C’est la deuxième fois en moins de 10 ans que des métallos lockoutés d’une aluminerie au Québec se voient obligés de marcher pour dénoncer de tels contrats d’électricité qui génèrent des inégalités dans les rapports de force en négociation. En mai 2012, les travailleurs de l’usine Alma de Rio Tinto avaient fait une marche de l’énergie entre Alma et Québec.

«Il y a quelque chose d’irrationnel dans votre conflit qui a été prémédité pour casser le syndicat», a conclu l’adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux.

Affaires

Caroline Néron obtient un prêt de dernière minute

L’entreprise de Caroline Néron a obtenu un financement de dernière minute de 400 000 $ qui va lui permettre de poursuivre ses activités en attendant de déposer sa proposition à ses créanciers.

En janvier, l’entreprise de bijoux et d’accessoires s’était placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, dernière étape avant de faire faillite s’il n’y a pas d’entente avec ceux à qui elle doit de l’argent.

Affaires

RV2 Technologies met du verre du Québec dans les pneus

Du verre dans un pneu? En général, c’est synonyme de «crevaison» et de «mauvaise nouvelle». Mais pour le verre qui sera traité par RV2 Technologies, ce sera très différent.

L’entreprise de Québec a annoncé lundi qu’elle avait conclu un contrat d’approvisionnement de 100 millions $ sur 20 ans avec l’entreprise de recyclage Tricentris, qui lui fournira 30 000 tonnes de poudre de verre par année. Ce qui intéresse RV2, c’est la principale composante du verre, qui est la silice. À sa nouvelle (et première) usine de Lachute, à côté des installations de Tricentris, RV2 transformera ce verre recyclé en «silice précipitée», une substance que l’on ajoute dans de nombreux produits de consommation courante (surtout des pneus, mais aussi des peintures, revêtements, etc.) afin d’améliorer leur durabilité.

Selon le directeur général et cofondateur de RV2 Technologies, Claude Pouliot, le fait que le verre récupéré au Québec n’a pas bonne réputation (il est souvent mélangé à beaucoup d’«impuretés») ne sera pas un obstacle. «Au Québec, notre verre n’est pas démêlé. Contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, le verre blanc est mis avec le verre coloré. Et ça, c’est une problème pour ceux qui veulent refaire du verre avec ça. Mais pour nous, ça ne change rien», dit-il.

L’intérêt de l’entente avec Tricentris est non seulement économique, mais aussi écologique, puisque l’utilisation du verre des «bacs de récu» est beaucoup moins dommageable pour l’environnement que l’extraction minière.

À l’origine, explique M. Pouliot, c’est une technologie «qui était sur les tablettes du CRIQ [Centre de recherche industrielle du Québec, situé dans le Parc techno de Québec]». Avec d’autres partenaires, M. Pouliot a mis sur pied RV2 Technologie en profitant notamment de l’expertise de Silicycle, une entreprise de Québec spécialisée dans la fabrication de produits de silice de haute qualité — et dont RV2 est une filiale.

Affaires

Freeland a discuté des tarifs lors d'une rencontre sur l'ALENA à Washington

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a maintenu la pression sur l'administration Trump, lundi, en avertissant que le soutien du Canada au nouveau pacte commercial nord-américain pourrait dépendre de la levée des tarifs américains sur l'acier et l'aluminium canadiens.

Mme Freeland, qui a rencontré lundi à Washington le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a affirmé que de nombreux Canadiens se posaient de sérieuses questions sur la ratification de la nouvelle entente de libre-échange nord-américain alors que ces tarifs sont toujours en vigueur.

Techno

Apple veut rivaliser avec Netflix et lance un service d’abonnement de presse

CUPERTINO, Californie — Apple a annoncé lundi un nouveau service de diffusion en continu, Apple TV+, qui hébergera ses émissions et films originaux et pourrait rivaliser avec Netflix, Amazon et les câblodistributeurs. Apple a également exposé les détails d'un nouveau service d'actualités par abonnement, Apple News+.

Le géant des technologies a fait cette annonce à son siège de Cupertino, en Californie, lors d'un événement qui rassemblait lundi des célébrités comme Steven Spielberg, Jennifer Anniston, Reese Witherspoon et Steve Carell.

Le téléphone intelligent iPhone est depuis longtemps le produit phare d'Apple et sa principale source de revenus, mais les ventes commencent à baisser. La société se tourne ainsi vers les abonnements numériques, à la recherche d'une nouvelle croissance.
Apple a également exposé les détails d'un nouveau service d'actualités par abonnement, Apple News+, ainsi que ceux d'une nouvelle carte de crédit.

Le service d'actualités coûte 10 $ US par mois et comprend environ 300 magazines et quelques grands journaux.

Ce service disponible lundi aux États-Unis et au Canada permet l’accès - via une application unique - à des titres comme Marie-Claire ou National Geographic, mais aussi aux quotidiens américains Los Angeles Times et le Wall Street Journal ou canadien The Star.

Affaires

Jean-François Bergeron nommé PDG de la SQDC

La Société québécoise du cannabis (SQDC) a annoncé la nomination officielle de Jean-François Bergeron à titre de président et directeur général.

M. Bergeron occupait ce poste par intérim depuis novembre 2018. 

Durant sa carrière de vingt ans en gestion, il a occupé plusieurs postes à la direction d'entreprises comme Kruger, Astral média, WSP et la SAQ.

Affaires

Le nombre de postes vacants a augmenté au pays au quatrième trimestre

OTTAWA — Le nombre de postes vacants et le taux de postes vacants ont tous deux augmenté au quatrième trimestre, ce qui marque une neuvième hausse consécutive d'une année à l'autre, rapporte Statistique Canada, lundi.

Du quatrième trimestre de 2017 au quatrième trimestre de 2018, le nombre et le taux de postes vacants ont augmenté dans toutes les provinces, sauf en Saskatchewan.

Le nombre de postes vacants a augmenté dans la majorité des régions économiques et s'est accru dans les 10 principaux secteurs d'activité.

Les hausses les plus marquées du nombre de postes vacants ont été observées en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique.

En santé

Le nombre de postes vacants au Québec a inscrit une hausse de 25 000 (27,5 pour cent) d'une année à l'autre au quatrième trimestre. La province a ainsi enregistré le troisième plus important taux de croissance des postes vacants parmi les provinces, derrière l'Île-du-Prince-Édouard (hausse de 58,1 pour cent) et le Nouveau-Brunswick (hausse de 29,9 pour cent).

La hausse du nombre de postes vacants au Québec s'est principalement concentrée dans les secteurs de la santé et de l'assistance sociale, du commerce de détail et de la fabrication. Le taux de croissance d'une année à l'autre le plus élevé, soit de 59,3 pour cent, a été observé dans le secteur de la construction.

En Ontario, le nombre de postes vacants a augmenté de 27 000 (14,1 pour cent) comparativement au quatrième trimestre de 2017. Cette hausse a été répartie entre plusieurs secteurs. Les soins de santé et l'assistance sociale, les services administratifs et de soutien et la construction ont été à l'origine de plus de la moitié de la croissance du nombre de postes vacants dans la province.

Du côté des provinces de l'Atlantique, les employeurs ont déclaré avoir plus de postes vacants comparativement au quatrième trimestre de 2017.

La hausse la plus marquée a été observée au Nouveau-Brunswick, où les employeurs ont dit avoir 2100 (29,9 pour cent) postes vacants de plus par rapport quatrième trimestre de 2017. De plus, le nombre de postes vacants a augmenté en Nouvelle-Écosse (1000 de plus ou 10,3 pour cent), à Terre-Neuve-et-Labrador (900 de plus ou 25,6 pour cent) et à l'Île-du-Prince-Édouard (800 de plus ou 58,1 pour cent).

Ces hausses ont coïncidé avec les baisses du taux de chômage enregistrées du quatrième trimestre de 2017 au quatrième trimestre de 2018 dans trois de ces quatre provinces (le taux de chômage a peu varié au Nouveau-Brunswick), selon les données de Statistique Canada.

Affaires

Haute saison des projets: attention aux acomptes

CHRONIQUE / Pour plusieurs, l’arrivée du printemps sonne le signal de départ de projets en tous genres en vue de la belle saison qu’il annonce. C’est ainsi qu’au cours des prochaines semaines, il se peut fort bien que vous joigniez les rangs des consommateurs qui s’activeront autour de projets de nature variée qui ont mijoté tout l’hiver dans leur esprit.

Dans bien des cas, ces élans donneront lieu à la conclusion de contrats d’envergure impliquant des sommes importantes: nouvelles fenêtres, piscine, aménagement paysager, spa, ameublement de jardin, etc. Au moment de conclure le contrat, la plupart des commerçants exigent le versement d’un acompte et les consommateurs doivent jouer de prudence afin d’éviter une mésaventure.

Affaires

Des mesures budgétaires insuffisantes pour les régimes de pension privés

TORONTO — Des groupes de pression ont déploré que le dernier budget fédéral n’aille pas assez loin pour protéger les membres de régime de retraite privé. Ils exhortent tous les partis fédéraux à proposer davantage de mesures de protection lorsqu’ils présenteront leur programme électoral en vue du scrutin général d’octobre.

Certains demandent un nouveau programme national d’assurance - qui serait financé par les employeurs - dont l’objectif sera de combler les déficits de tout régime de retraite non capitalisé au cas où ses membres ne puissent plus être payés intégralement ou si l’entreprise cesse d’exister.

Selon le président de la Fédération canadienne des retraités, Michael Powell, l’idéal serait de voir Ottawa et les gouvernements des dix provinces se tenir la main pour créer un programme unique au Canada.

D’un même souffle, il déplore que les fonctionnaires fédéraux «n’aiment pas vraiment l’idée», car ils pensent qu’il n’existe pas un assez grand bassin de capitaux pour soutenir un tel programme à l’échelle nationale.

Certains régimes de pension privés sont réglementés par les provinces. Ainsi, une plus grande partie des régimes à prestations définies au Canada relèvent de la juridiction ontarienne.

M. Powell reconnaît que peu de régimes privés ont failli à leurs obligations envers les retraités canadiens. Parmi eux les cas les plus connus : Sears Canada et Nortel Networks.

«Je suis d’accord : c’est un très petit nombre d’entreprises. Pourquoi ne pouvons-nous pas alors régler ce problème? a-t-il demandé. Pourquoi ne pouvons-nous pas nous asseoir et trouver une solution à ce problème afin que les retraités ne soient pas désavantagés lorsque leur entreprise traverse une période d’insolvabilité?»

Le ministre des Finances Bill Morneau a inclus certaines mesures dans son budget, mais la Fédération canadienne des retraités, la Fédération nationale des retraités et leurs alliés affirment que celui-ci n’attaque pas suffisamment à la question des régimes non capitalisés.

«Nous avons été ravis qu’un certain nombre de nos demandes fondamentales aient été retenues, a déclaré la directrice des politiques publiques à l’Association canadienne des personnes retraitées (CARP), Laura Tamblyn Watts. Cependant, nous espérons vraiment avoir un régime d’assurance-pension couvrant 100 % des engagements de retraite. Et ce financement devrait être entièrement être du ressort des promoteurs.»

La présidente de la Fédération nationale des retraités, Trish McAuliffe, craint que le fonds de garantie des prestations de retraite mis en place par l’Ontario, soit insuffisant pour l’ensemble du pays.

D’une part, les petites provinces n’ont pas les ressources nécessaires pour garantir un tel fonds; d’autre part, même le régime ontarien prévoit un plafond sur les montants versés mensuellement aux retraités d’une entreprise insolvable.

«C’est un système très complexe, reconnaît Mme McAuliffe. Nous aimerions voir le gouvernement fédéral ouvrir la route et dépasser les limites des compétences afin de s’assurer que la législation soit mieux harmonisée.»