Affaires

Les ventes des détaillants canadiens ont diminué de 0,1 % en mai

OTTAWA — Les ventes au détail au Canada ont diminué en mai pour la première fois en quatre mois, les consommateurs ayant moins dépensé dans les supermarchés et les magasins d'alcools.

La valeur des ventes des détaillants a reculé de 0,1 % en mai pour s'établir à 51,5 milliards $, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Les économistes s'attendaient à une augmentation de 0,3 % des ventes, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Royce Mendes, économiste principal pour la Banque CIBC, a souligné que la faiblesse reposait sur une base relativement étroite, puisque seulement quatre des onze secteurs ont retraité sur le mois.

«Les magasins d'aliments et de boissons ont curieusement représenté la plus forte baisse, ce qui est étrange pour une séquence qui devrait normalement être relativement cohérente», a écrit M. Mendes dans un rapport.

«En conséquence, une partie de cette faiblesse pourrait s'avérer transitoire, mais dans une perspective à plus long terme, les ventes réelles ont toujours affiché une faible croissance depuis le début de 2017.»

Les recettes des magasins d'alimentation ont diminué de 2,0 % en mai, après trois mois consécutifs de hausse, alors que celles des supermarchés et autres épiceries ont diminué de 2,0 % et que celles des magasins de bière, de vin et de spiritueux ont reculé de 2,7 %.

Les magasins de vêtements et d'accessoires vestimentaires ont enregistré une baisse de 2,7 % de leurs ventes, tandis que celles des magasins de marchandises diverses ont perdu 1,1 %.

Dans le même temps, les ventes des concessionnaires de véhicules automobiles et de leurs pièces ont augmenté de 0,5 %, et celles des magasins de cannabis, de 14,8 pour cent.

En excluant les ventes chez les concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles et les stations-service, les ventes au détail ont diminué de 1,0 %.

Exprimées en volume, les ventes au détail ont diminué de 0,5 % en mai.

Benjamin Reitzes, spécialisé dans les taux canadiens et la macroéconomie chez BMO Marchés des capitaux, a estimé que plusieurs facteurs avaient probablement pesé sur les ventes au détail.

«Premièrement, les prix de l'essence ont fortement augmenté ce mois-ci, faisant grimper les ventes des stations-service de 3,5 %. Ces dépenses ont tendance à être détournées des autres secteurs», a-t-il expliqué.

«Et le climat de mai était simplement horrible, un facteur généralement négatif pour le commerce de détail. Les secteurs les plus durement touchés, tels que les vêtements, les articles de sport, l'alcool et les magasins de marchandises diverses, sont compatibles avec le mauvais temps.»

M. Reitzes a toutefois souligné que les Canadiens demeurent lourdement endettés, ce qui limitera probablement la croissance des dépenses pour les années à venir.

Le rapport sur les ventes au détail, plus faible que prévu, a été publié alors que l'économie canadienne montre des signes de vigueur, ayant rebondi après une période difficile à la fin 2018 et au début 2019.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé la semaine dernière, en publiant également une mise à jour de son Rapport sur la politique monétaire.

Dans ses prévisions, la banque centrale a relevé ses perspectives de croissance pour le deuxième trimestre à un rythme annuel de 2,3 % par rapport à sa prévision d'avril de 1,3 %. Elle a aussi prédit une croissance annuelle de 1,5 % pour le troisième trimestre.

La position de la Banque du Canada diffère de celle de la Réserve fédérale des États-Unis, qui devrait abaisser son taux d'intérêt directeur plus tard cet été.

Affaires

INNO-3B: du Kamouraska à la NASA

MATANE — Faire pousser des végétaux nutritifs pour fournir des aliments frais aux futurs voyageurs interplanétaires ou lors de missions plus longues d’astronautes dans l’espace sans ravitaillement, voilà une technologie que développe INNO-3B de Saint-Pacôme. Le projet est si singulier que l’entreprise du Kamouraska est invitée par la NASA à venir parler de son projet.

Le vice-président de l’ingénierie d’INNO-3B, David Brault, fera partie des trente spécialistes triés sur le volet en Amérique afin de participer à un atelier organisé par la NASA au Centre spatial Kennedy, les 6 et 7 août en Floride. Il s’agira d’un atelier de travail sur les concepts touchant la production en environnement fermé, particulièrement en vue d’une installation dans l’espace ou sur la Lune.

«Il y a quinze ans, on parlait plus d’une mission pour aller sur Mars et il y avait des projets qui se tramaient un peu partout dans les universités, rappelle le cofondateur d’INNO-3B. Le programme est tombé à la faveur d’un retour sur la Lune. […] La technologie évolue sur le plan de l’éclairage, des connaissances et de la biologie, ce qui fait en sorte que la production de nourriture de base pour les gens qui vivent dans l’espace est toujours un sujet en développement.» 

Trouver des solutions

Selon David Brault, il n’y a pas de production de nourriture dans l’espace, à part quelques petites expériences qui ont été réalisées. C’est pour cette raison que la NASA semble fort intéressée par la technologie développée par INNO-3B. «[…] On est invités à venir participer à l’atelier pour échanger sur les défis et les solutions possibles, sur des approches technologiques visant à produire dans l’espace», mentionne David Brault, qui détient une maîtrise en génie agricole de l’Université Laval. Celui-ci s’attend notamment à discuter du contrôle du climat, de la main-d’œuvre requise, de la gestion de l’automatisation et de la façon de traiter les résidus de culture.

La technologie d’INNO-3B, fondée il y a cinq ans, consiste en une tour entièrement close pouvant atteindre dix mètres de hauteur, à l’intérieur de laquelle des plantes sont cultivées sur des tablettes. Sur chacune d’elles, la lumière, la température, l’humidité et le mouvement d’air sont maintenus à des conditions optimales. Un système robotique place et retire les plantes dans la tour. «Ce ne sont pas des serres», précise M. Brault.

Affaires

Toujours pas de date pour les compensations d'Ottawa pour les producteurs laitiers

Les producteurs laitiers, de volailles et d’œufs devront encore patienter un peu avant de se faire compenser par Ottawa pour les pertes encourues par la conclusion d’accords commerciaux. Pendant ce temps, Québec commence à s’impatienter.

La ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, admet que le mécanisme de compensations pour les producteurs sous la gestion de l’offre est plus complexe qu’anticipé pour s’adapter aux besoins des différents groupes.

Certains groupes demandent des compensations directes, alors que d’autres souhaitent des programmes d’investissements, illustre-t-elle.

Le plus récent budget fédéral prévoyait 3,9 milliards de dollars pour les producteurs agricoles. Mme Bibeau dit qu’elle est encore dans la «mécanique», mais que l’argent sera bel et bien versé. «On parle de quelques milliards de dollars à des milliers de producteurs. Distribuer ça, ce n’est pas simple», assure-t-elle.

Il est toujours prévu d’annoncer les sommes promises d’ici la fin du mandat du gouvernement Trudeau, mais avant la campagne électorale.

Le ministre québécois de l’Agriculture, André Lamontagne, assure avoir soulevé l’enjeu lors de la réunion annuelle des ministres fédérale, provinciale et territoriale qui s’est tenue à Québec.

Par voie de communiqué, M. Lamontagne a tenu à rappeler que «les producteurs laitiers, entre autres, ont fait preuve de patience» et a réaffirmé «l’importance de faire connaître, sans plus attendre, les modalités et les conditions du versement des compensations financières aux producteurs».

Dans un communiqué, les Producteurs laitiers du Canada (PLC) ont exhorté le gouvernement fédéral à respecter sa promesse «d’indemniser entièrement et équitablement les producteurs laitiers pour les impacts négatifs» de ces accords.

«Lorsqu’elle a pris la parole à l’assemblée générale annuelle des PLC à Saskatoon, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, s’est engagée à fournir les détails des mesures d’indemnisation avant la fin du mandat actuel du gouvernement fédéral. À cet égard, les PLC s’attendent à ce que la ministre respecte son engagement», a déclaré le président Pierre Lampron.

Le conflit en Chine inquiète

Le ministre Lamontagne appelle également Ottawa à prendre des «mesures de soutien significatives» pour les producteurs et les transformateurs de porc et de bœuf si le conflit commercial avec la Chine venait à perdurer.

Rappelons que la Chine a bloqué les exportations canadiennes de viande vers son territoire, fin juin, après la découverte de dizaines de fausses certifications d’exportation de porc.

La ministre Bibeau a défendu l’approche de ses fonctionnaires, qui consiste à démontrer la qualité des produits d’ici et la rigueur du système d’inspection canadien.

Elle assure que le Canada et la Chine ont des «discussions très régulières» à ce sujet, mais il n’est pas question d’encourir à des «interventions plus musclées» même si le conflit perdure depuis près d’un mois.

La situation serait «plus difficile pour le canola» canadien, lui aussi bloqué par la Chine pour des motifs jugés injustifiés.

Les relations entre Ottawa et Pékin se sont gravement détériorées depuis décembre, lorsque Meng Wanzhou, la dirigeante de Huawei, a été arrêtée en sol canadien. Cette arrestation a été faite à la demande des États-Unis, qui veulent la traduire en justice pour fraude.

Peu de temps après, la Chine a arrêté deux Canadiens soupçonnés d’espionnage. Le Canada tente depuis plusieurs mois de faire pression sur la Chine pour les faire libérer.

Affaires

Fin des services au comptoir à la Laurentienne

MONTRÉAL — Le visage de la Banque Laurentienne s’apprête à changer, puisque dès lundi, les clients de l’institution financière n’auront plus accès à des services transactionnels au comptoir dans la quasi-totalité de ses succursales.

Toutefois, jusqu’à la fin septembre, six établissements considérés en milieu rural continueront d’offrir ces services, comme les retraits et des dépôts, a indiqué vendredi une porte-parole de la banque, Hélène Soulard, au cours d’un entretien téléphonique.

Ces changements font partie du virage amorcé en 2016 et dans lequel la Laurentienne souhaite n’offrir que des conseils dans ses succursales d’ici la fin de 2019. Jusqu’à présent, des conversions avaient eu lieu dans 31 des 91 établissements de son réseau, selon les dernières données fournies.

Interrogée, Mme Soulard a affirmé que la septième banque en importance au pays avait commencé à prévenir ses clients il y a plus de «quatre mois» que la journée du 19 juillet était la dernière des services au comptoir.

«Il y a un processus qui a été mis de l’avant dans les succursales et des lettres ont été envoyées», a-t-elle expliqué.

Environ 90 employés en étaient à leur dernière journée de travail, vendredi. Ceux-ci font partie de la restructuration annoncée en février et prévoyant l’abolition de quelque 350 postes, a fait savoir Mme Soulard, affirmant qu’il n’y avait pas d’autres mises à pied annoncées.

Ironiquement, la banque souhaite voir ses clients se tourner vers les services au guichet et en ligne alors qu’elle n’offre toujours pas d’application mobile à ses clients, contrairement aux autres grandes institutions financières canadiennes.

«Les habitudes des clients changent et se traduisent par une réduction des visites en succursale pour les services transactionnels de base, a indiqué la porte-parole de la Laurentienne, dans un courriel. C’est maintenant 96 pour cent des transactions de nos clients qui sont effectuées de façon électronique.»

Mme Soulard a également indiqué qu’il y avait une version «mobile» de son site web.

Le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ), qui représentait de nombreux employés derrière les comptoirs et qui a critiqué à maintes reprises le virage entrepris par l’institution financière, y est allé d’une autre sortie, par voie de communiqué.

«Nous savons que plusieurs clients, qu’ils soient des personnes âgées ou des plus jeunes, n’aiment pas aller aux guichets et ils détestent encore plus les services en ligne», a indiqué le responsable politique du Comité d’action sociale et politique du syndicat, Marc Glogowski.

Certaines des principales institutions financières ont indiqué à La Presse canadienne ne pas avoir constaté une arrivée massive de clients en provenance de la Laurentienne au cours de la dernière année.

Des personnes plus âgées ainsi que des petites et moyennes entreprises ont toutefois décidé d’aller voir ailleurs, a-t-on indiqué, dans certaines succursales qui n’ont pas voulu être identifiées.

En mars, dernier, les quelque 1200 syndiqués de la Laurentienne dont la convention collective était échue depuis plus d’un an avaient accepté, dans une proportion d’environ 81 pour cent, l’offre patronale finale visant à renouveler leur contrat de travail.

Les négociations avaient été acrimonieuses entre les deux parties et s’étaient notamment retrouvées devant un médiateur ainsi qu’un conciliateur.

***

Les six succursales de la Laurentienne où l’on continue à offrir des services au comptoir:

  • Chibougamau
  • New Richmond
  • Maniwaki
  • Paspébiac
  • Saint-Raymond
  • Baie-Comeau

Affaires

Protéines végétales: Vegeat, l’option québécoise

Vegeat vient de réaliser une percée majeure sur le marché. La jeune pousse montréalaise lance une première alternative québécoise aux boulettes végétariennes, et américaines, Beyond Meat et Lightlife. Ses deux produits de protéines végétales seront offerts en exclusivité sur les tablettes du groupe Sobeys.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie, se désolait que Beyond Meat ne soit pas Canadien. Le pays est pourtant l’un des plus grands producteurs de pois au monde, dont la protéine est l’un des ingrédients phares des produits de protéines végétales. Mais Beyond Meat est devenu l’éclaireur, croit-il. 

IGA et Rachelle-Béry seront les tout premiers points de vente. L’entreprise en démarrage de cinq employés vise les mêmes marchés que ses concurrentes américaines, en ajoutant les industriels à sa liste de futurs clients. Son haché végétal pourrait ainsi être utilisé pour la fabrication d’une sauce à spaghetti commerciale, par exemple. Plus d’une entreprise aurait approché la compagnie, indique son président, François Cardinal. 

Le prix pour deux boulettes Beyond Meat : 8 $. Les produits Vegeat, eux, seront offerts à 5,99 $, pour deux galettes, et 9,99 $, pour le haché végétal. L’idée, selon M. Cardinal, est de démocratiser la protéine végétale. «Il faut la rendre accessible partout, à moindre coût, dans une efficacité et une qualité de production.»

Vegeat fait d’ailleurs partie des innovations lauréates des Grands Prix Dux, qui récompense les initiatives en matière de saine alimentation, tenus à Montréal, en janvier 2019.

Pois jaunes, huile de noix de coco, betteraves, fibres d’agrumes, carottes, tapioca : les produits Vegeat sont sans OGM, ni soya, ni allergène, selon l’entreprise. Contrairement aux noix, la protéine de pois n’est pas étiquetée comme allergène alimentaire sur les produits canadiens. Elle peut cependant aussi provoquer des allergies.

Ouvrir le marché

En se retrouvant sur les tablettes de tout le groupe Sobeys, avec «un effort marketing plus soutenu dans les IGA et Rachelle-Béry du Québec et du Nouveau-Brunswick», Vegeat ouvre une porte sur un réseau pancanadien. Et déjà, l’entreprise est sollicitée par les États-Unis, le Brésil et le Japon. 

La compagnie est présentement en discussion avec «certaines chaines de restauration rapide d’envergure présentes au Québec», qui n’offrent toujours pas de boulettes à base de protéines végétales, évoque M. Cardinal. Ces ententes devraient se conclure en septembre. 

Les produits Vegeat afficheront le logo «Aliment fabriqué au Québec», n’ont obtenu aucune subvention ou d’aide financière par la voie d’un programme.

L’entreprise travaille déjà sur de nouveaux produits, toujours 100 % végétaux et sans allergène. Des saucisses seront entre autres commercialisées.

La protéine végétale, une tendance lourde

«Le marché de la protéine végétale n’est pas passager, comme le sans gluten, estime François Cardinal. Il s’agit d’une tendance lourde qui va s’imbriquer dans les habitudes alimentaires des consommateurs.»

Maple Leaf concluait l’acquisition de Lightlife, en 2017. Tyson Foods, premier exportateur de bœuf américain, avait investi dans Beyond Meat, en 2016. Elle s’était débarrassée de ses parts pour 79 millions de dollars américains, une semaine avant l’introduction en bourse de Beyond Meat, en mai dernier. Puis, en juin, Tyson Foods annonçait se lancer dans l’industrie de la «fausse viande», en commercialisant des croquettes de poulet à base de pois. 

«Les entreprises de viande se lanceront très certainement dans la protéine végétale», selon M. Cardinal. Elles devront combler les parts de marché gagnées par cette nouvelle industrie.

Affaires

Sociétés du TSX 60: encore du chemin à faire pour la diversité

TORONTO — La Presse canadienne a demandé à toutes les sociétés qui étaient inscrites à l’indice TSX 60 en date du 1er janvier de partager leurs données sur le nombre de femmes et d’employés membres des minorités visibles, telles que définies dans la Loi sur l’équité en matière d’emploi, qui travaillaient pour elles en 2017.

Parmi les entreprises qui ont répondu à l’agence, certaines ont indiqué que la proportion de femmes à leur emploi n’était que de huit pour cent, tandis que plusieurs autres ont refusé de dévoiler leurs chiffres.

En outre, plusieurs des entreprises du TSX 60 n’ont pas voulu indiquer combien de leurs employés faisaient partie d’une minorité visible — ou ne compilent tout simplement pas de statistique à ce sujet.

Ces entreprises inscrites à la Bourse ne sont pas tenues par la loi de divulguer de telles informations. Cependant, certains groupes militants réclament depuis longtemps que les entreprises soient transparentes, au moins pour que les données puissent permettre de mesurer les progrès, dans l’espoir que cela facilite le changement.

Le quart des sociétés membres de l’indice, soit 15 entreprises, n’ont pas fourni ou dévoilé publiquement de données en ce qui a trait à la représentation des genres dans leurs rangs.

Près de 60 % des sociétés, soit 35 entreprises, n’ont pas fourni ou dévoilé publiquement de données concernant les minorités visibles, tandis que 14 d’entre elles, soit plus de 23 %, ont indiqué qu’elles ne tenaient tout simplement pas de statistique à ce sujet.

Parmi les 42 entreprises de l’indice qui ont partagé des données précises ou des pourcentages sur le genre de leur main-d’œuvre, 34 ont indiqué que moins de 50 % de leur effectif était féminin — soit moins que la moyenne nationale.

Dans deux cas, le pourcentage d’employées féminines était inférieur à 10 %.

La présidente de la Fondation canadienne des femmes, Paulette Senior, a qualifié de «surprenant et décevant» le nombre d’entreprises réticentes à partager ou à observer le niveau de diversité. Selon elle, l’absence de divulgation suggère que de nombreuses entreprises ne souhaitent pas s’assurer que leurs effectifs soient le reflet de la société.

«La transparence est une chose très courageuse à faire (sic) et cela demande du courage de vouloir réellement connaître la vérité, car une fois qu’on la connaît, cela signifie qu’il faut probablement faire quelque chose à ce sujet», a souligné Mme Senior.

Les banques plus égalitaires

L’analyse de La Presse canadienne montre que les banques — qui fournissent pour la plupart des données spécifiques pour le Canada et se situent dans la partie supérieure du spectre de la représentation — semblent avoir déployé les efforts les plus concertés en faveur de l’égalité. En revanche, les sociétés des mines, de l’ingénierie et des chemins de fer continuent d’éprouver de la difficulté à attirer et retenir les femmes.

Susan Lomas, géologue et fondatrice du groupe de défense des droits Me Too Mining, estime que le manque de progrès dans son industrie est imputable à sa nature inflexible, qui oblige les travailleurs à passer des séjours de plusieurs semaines dans des lieux distants, et peu de temps à la maison, ce qui peut être compliqué pour la vie de parents.

«Certaines femmes se tiennent loin de ces sites, et certains hommes aussi», a noté Mme Lomas.

Au recensement de 2016, les femmes représentaient 50,9 % de la population canadienne, mais 48 % de la population active du pays. Cela représente une augmentation par rapport à 45 % en 1991.

Mais le fossé entre les industries est large.

Parmi les sociétés qui ont fourni des informations à La Presse canadienne, l’entreprise ayant la représentation féminine la plus faible était la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), avec 8,6 %. Selon les données de Statistique Canada pour 2018, dans l’ensemble du secteur des transports et de l’entreposage au Canada, environ 24,5 % des travailleurs sont des femmes.

Un porte-parole du Canadien National a indiqué qu’en 2018, les minorités visibles, personnes handicapées et autochtones occupaient 17 % des postes du transporteur. Le chemin de fer, dont le siège social est situé à Montréal, a ajouté que cinq des douze membres de son conseil d’administration étaient des femmes. L’entreprise est signataire de l’Accord Catalyst et membre du Club 30 %, qui ont tous deux pour mandat d’accroître la représentation des femmes au sein des conseils d’administration.

Linda Hasenfratz, chef de la direction du fabricant canadien de pièces d’automobiles Linamar, a noté que certaines industries et certains rôles étaient moins attrayants en raison de la nature physique du travail, et qu’il serait difficile d’atteindre la parité dans les rangs de ces industries.

Mme Hasenfratz, l’une des rares femmes à la tête d’une société inscrite à la cote de la Bourse de Toronto, a affirmé que les femmes représentaient environ 20 % de l’effectif de la société établie à Guelph, mais que cette proportion était plus importante parmi les postes de direction et les échelons supérieurs.

Cependant, elle s’attend à ce que la représentation des femmes dans le personnel augmente dans l’ensemble au fur et à mesure que les entreprises intégreront l’automatisation et que les rôles deviendront moins exigeants physiquement.

«Les entreprises vont évoluer et cela va naturellement changer à mesure que l’automatisation reprendra certaines des tâches plus physiques [...] Je pense que dans 10 ans, ce sera radicalement différent», a-t-elle affirmé dans une entrevue.

Parmi les entreprises qui ont divulgué leurs données sur la diversité, la Banque Nationale affichait la plus forte proportion de femmes, soit 60,7 % de sa main-d’œuvre canadienne.

Déséquilibre chez les hauts dirigeants

Pour ce qui est des hauts dirigeants des entreprises canadiennes, le déséquilibre reste toutefois marqué.

Une analyse réalisée l’année dernière par La Presse canadienne avait révélé qu’aucune des sociétés du TSX 60 n’était dirigée par une femme et que les deux tiers d’entre elles ne comptaient aucune femme parmi leurs dirigeants les mieux rémunérés au cours de cet exercice.

Les progrès sont encore plus lents pour d’autres groupes sous-représentés tels que les minorités visibles.

La Loi sur l’équité en matière d’emploi du Canada définit les minorités visibles comme «les personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche».

Au recensement de 2016, plus du cinquième des Canadiens étaient issus des minorités visibles, soit environ 7,7 millions de personnes, ou 22,3 % de la population du pays. C’est presque cinq fois plus qu’en 1981, année où les minorités visibles ne représentaient que 4,7 % de la population.

Toutefois, le taux d’activité des minorités visibles est de 66,5 %. Les femmes appartenant à une minorité visible avaient un taux de participation de 61,9 %, contre 71,5 % pour les hommes.

Affaires

Séduire les papilles des candidats [VIDÉO]

C’est en séduisant les papilles des chercheurs d’emploi que la pizzéria napolitaine NO.900, située sur la 3e Avenue dans Limoilou, pense pouvoir les recruter. La franchise offrira gratuitement à manger et à boire lors d’une journée d’embauche le 6 août.

Le copropriétaire Charles-Antoine Giroux croit que c’est en goûtant la pizza et en apprivoisant l’ambiance du lieu que les candidats auront le goût d’y travailler. La journée d’embauche est organisée en collaboration avec la Société de développement commercial

3e Avenue-Limoilou, qui cherche avec ses membres des façons de pallier à la pénurie de main-d’œuvre actuelle. Voir notre vidéo à lesoleil.com ou sur notre application mobile

Affaires

Devinci maintenant à Monaco

Devinci maintient son emprise dans le domaine du vélo en libre-service, alors que la principauté de Monaco a reçu sa flotte de 300 BOOST, un bicycle à assistance électrique. Avec le MonaBike, la petite ville-État devient ainsi la première à offrir à sa population un système de vélopartage 100 % électrique.

Depuis son partenariat avec PBSC Solutions Urbaines, Devinci a fourni plus de 80 000 vélos qui parcourent les rues de 35 villes partout sur la planète. Tous les appareils sont fabriqués à l’usine de Chicoutimi.

Affaires

Harcèlement: la Cour suprême n’entendra pas les arguments de WestJet

OTTAWA - WestJet a échoué dans sa tentative de mettre fin à une action collective liée au harcèlement.

La Cour suprême du Canada a refusé jeudi d’entendre les arguments de WestJet visant à annuler la poursuite intentée par une ancienne agente de bord.

Mandalena Lewis affirme avoir été agressée sexuellement par un pilote lors d’une escale à Hawaï, en 2010, et allègue que la compagnie aérienne a enfreint la promesse anti-harcèlement incluse dans son contrat.

L’action collective propose de représenter les agentes de bord passées et actuelles de WestJet dont les contrats de travail comprenaient l’engagement de la compagnie aérienne.

La compagnie aérienne n’a pas réussi à faire annuler l’action devant les tribunaux de la Colombie-Britannique, ce qui l’a menée à faire valoir que la Cour suprême pourrait préciser si un tribunal ou la Commission canadienne des droits de la personne est l’instance appropriée pour les allégations de harcèlement sexuel systémique.

Conformément à sa pratique habituelle, la Haute Cour n’a pas expliqué son refus d’entendre la cause.

Affaires

Vacances de la construction: 447 millions$ en chèques de vacances

MONTRÉAL - La Commission de la construction du Québec (CCQ) annonce qu’elle a transmis au cours des dernières semaines près de 159 000 chèques de vacances aux travailleurs de la construction pour une somme qui représente plus de 447 millions $.

Il s’agit d’une hausse de plus de 6 pour cent de la valeur totale des versements qui a été de 421 millions $ à l’été 2018. La CCQ explique cette variation principalement par la hausse de l’activité de construction durant l’année.

Ce sont les employeurs qui versent mensuellement à la CCQ les indemnités pour les jours fériés chômés et les vacances, prévues aux conventions collectives. Ces montants représentent 13 pour cent du salaire gagné par les travailleurs durant chaque semaine de travail.

Cette année, les deux semaines de vacances de la construction débuteront officiellement dimanche prochain et se termineront le samedi 3 août inclusivement. Environ 80 pour cent des travailleurs et des employeurs se retrouvent en vacances durant ces deux semaines.

Les vacances sont obligatoires pour l’ensemble de l’industrie de la construction, dans tous les secteurs. Toutefois, il existe des exclusions, dont une grande partie des travaux de génie civil et de voirie. Aussi, les travaux d’urgence, de réparation, d’entretien, de rénovation ou de modification peuvent se poursuivre.

D’autre part, la CCQ a observé qu’en 2018, le nombre d’heures travaillées dans l’industrie de la construction a augmenté de 10 pour cent par rapport à 2017, du jamais vu depuis 2004, à l’exception du sommet atteint en 2012.

Affaires

L’achat d’alimentation en ligne gagne en popularité au Québec

MONTRÉAL - La plupart des Québécois préfèrent encore faire eux-mêmes leurs achats d’aliments en magasin, mais une étude démontre qu’ils sont de plus en plus nombreux à adopter le commerce en ligne de produits d’alimentation, y compris par abonnement.

Une étude dont les résultats viennent d’être dévoilés par le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO) permet d’estimer qu’environ 7 pour cent de la population adulte a réalisé un achat en ligne de produits alimentaires de décembre 2018 à février dernier. Les acheteurs ont été principalement des adultes âgés de moins de 55 ans, davantage des diplômés universitaires et avec au moins un enfant au foyer.

Pour des commandes d’épicerie faites en ligne, l’île de Montréal a affiché un taux un peu plus élevé d’adeptes.

L’achat en ligne comprend des options déjà connues, comme celle de simplement dresser une commande sur le web qui sera assemblée par du personnel d’un marché d’alimentation et remise au client lorsqu’il viendra la chercher en magasin ou à un lieu de ramassage.

Il comprend aussi les commandes en ligne sous forme d’abonnements, des paniers appelés prêts à cuisiner. Le CEFRIO a constaté que leur popularité repose surtout sur les possibilités d’obtenir des produits frais, d’encourager l’économie locale et d’obtenir des produits écoresponsables.

Le CEFRIO a également constaté l’émergence de nouvelles approches commerciales en ligne. Par exemple, des applications qui permettent aux consommateurs de recevoir des rabais significatifs sur des aliments dont la date de péremption approche.

Il existe aussi un marché numérique de vente sans intermédiaire, dans lequel s’inscrivent des producteurs et des transformateurs.

Et des entreprises offrent en ligne un service d’abonnement qui offre des fruits et des légumes frais en plus d’une boutique comprenant une gamme de coupes de viande livrées à domicile en moins de 24 heures.

Claire Bourget, directrice principale Recherche marketing pour le CEFRIO, prévoit que l’adoption de nouveaux modèles d’affaires en commerce électronique apportera de grands changements dans l’industrie de la distribution en alimentation au Québec.

L’étude du CEFRIO a été menée auprès de 1002 personnes; elle a été réalisée en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et le détaillant alimentaire Maxi.

Affaires

Les Galeries de la Capitale ont foi en leur concept de marché alimentaire [VIDÉO + PHOTOS]

Le nouveau marché alimentaire des Galeries de la Capitale, baptisé les Galeries Gourmandes, ouvrira ses portes au grand public le 9 octobre prochain. L’espace se veut un complément à l’expérience de magasinage et de divertissement qu’offre déjà le centre commercial.

Les travaux vont bon train dans l’emplacement de l’ancien Simons des Galeries. Mercredi, en conférence de presse, le directeur général des Galeries de la Capitale, Stéphan Landry, a annoncé la date d’ouverture et quelques détails supplémentaires concernant ce nouveau concept. 

Techno

Consensus au G7 face au Libra de Facebook

CHANTILLY — Les ministres des Finances du G7 ont trouvé mercredi un consensus pour «agir rapidement» face au «préoccupant projet de cryptomonnaie Libra annoncé par Facebook, mais pas encore sur la taxation des géants du numérique.

«Sur le Libra, nous avons eu une discussion très constructive et détaillée avec un large consensus sur le besoin d’agir rapidement», a indiqué à la presse la présidence française du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) au terme de la première journée de réunion des ministres à Chantilly, au nord de Paris.

«Nous reconnaissons qu’il y a un besoin d’un nouveau système bancaire et de paiement qui puisse réduire les coûts des échanges entre pays et continents [...], mais nous sommes tous préoccupés par la possibilité qu’il y ait une nouvelle monnaie créée par Facebook», a expliqué une source française.

Après l’avertissement lancé lundi à Facebook par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, les ministres ont tous exprimé leur préoccupation face à ce projet de crytomonnaie, à l’image du Français Bruno Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz.

«Les conditions ne sont pas réunies pour que le Libra se mette aujourd’hui en place», a affirmé le ministre français, tout en se déclarant ouvert à une discussion sur un «encadrement» ou une «régulation»

Si la France et les États-Unis se sont entendus sur le Libra, ils ne sont pas encore parvenus à se mettre d’accord sur la taxation des géants du numérique, malgré la réunion bilatérale entre M. Le Maire et son homologue américain Steven Mnuchin qui s’est tenue en milieu d’après-midi.

L’approbation la semaine dernière par la France d’une taxe sur les géants du numérique a provoqué l’ouverture d’une enquête aux États-Unis qui pourrait déboucher sur des représailles contre Paris.

L’entretien entre les deux hommes, qualifié de «constructif» par les sources françaises, a été salué par M. Le Maire : «Il est toujours important de s’écouter, d’échanger et d’avancer», a-t-il écrit sur Twitter.

Auparavant, le ministre français avait assuré que Paris ne cèderait pas sur cette taxe et qu’il s’attendait à des discussions «difficiles» avec les États-Unis à Chantilly.

Nuit laborieuse

Au terme de la première journée, les sept pays ne sont effectivement pas parvenus à un consensus, souhaité par la présidence française, qui ouvrirait la voie à un accord mondial à l’OCDE sur la taxation des géants du numérique.

«Nos équipes vont travailler toute la nuit pour y parvenir», a indiqué une source française, qui espère trouver un accord d’ici la fin de la réunion jeudi à midi.

«Je voulais dire à quel point un accord au niveau du G7 est décisif», a déclaré M. Le Maire au début du G7. «Si nous ne trouvons pas d’accord au niveau du G7 sur les grands principes de la taxation du digital aujourd’hui ou demain, franchement ce sera difficile d’en trouver un entre 129 pays à l’OCDE», a-t-il prévenu.

Selon lui, la France a d’ailleurs fait «un geste d’ouverture très important vis-à-vis» des «alliés américains» en acceptant de travailler à l’OCDE «sur la base américaine d’une taxation plus large qui touche toutes les activités numériques de toutes les entreprises».

Face au risque de multiplication de projets de taxation des géants du numérique — par la France, mais aussi d’autres pays comme le Royaume-Uni ou encore l’Espagne —, les États-Unis ont débloqué en début d’année les négociations au sein de l’OCDE, qui n’avaient pas avancé depuis plusieurs années.

En revanche, les sept ministres se sont mis d’accord sur le principe d’une taxation minimale des sociétés, mais sans fixer de taux plancher, un projet porté par la France et l’Allemagne et soutenu par Washington.

«Il y a un vrai accord sur le principe d’une taxation minimale qui est ancré. C’est la toute première fois que ça se produit», a expliqué une source française.

La présidence française du G7 s’est fixé comme objectif de «mettre fin à l’évasion fiscale» qui «permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs».

Affaires

L’inflation canadienne ralentit en juin avec le recul des prix de l’essence

OTTAWA — L’inflation canadienne a ralenti à deux pour cent le mois dernier, lorsque les prix de l’essence ont enregistré une forte baisse par rapport à l’an dernier, a indiqué mercredi Statistique Canada.

La lecture de l’agence fédérale ramène la variation des prix directement sur la cible idéale de la Banque du Canada, après qu’elle se soit établie à 2,4 % en mai. Il s’agit de la première décélération des prix après quatre mois consécutifs de hausses sur une base annuelle.

Le résultat était conforme aux attentes des économistes, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

La position neutre de 2,0 % - en plein milieu de la fourchette comprise entre 1,0 % et 3,0 %, privilégiée par la Banque du Canada - n’exerce aucune pression immédiate sur le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, pour qu’il ajuste son taux directeur.

En excluant les prix de l’essence, l’inflation annuelle du mois dernier s’établissait à 2,6 %, a souligné Statistique Canada.

La baisse de 9,2 % des prix à la pompe était notamment attribuable à une hausse des réserves aux États-Unis et à l’élimination des mesures de tarification du carbone par l’Alberta à la fin du mois de mai, a expliqué Statistique Canada.

Les prix de l’énergie ont diminué dans toutes les provinces, l’Alberta ayant facilement enregistré la plus forte baisse par rapport à l’année précédente.

Outre la baisse des prix de l’essence, les consommateurs ont payé moins cher le mois dernier pour les services d’accès internet, l’équipement informatique et l’hébergement de voyageurs.

Les pressions à la hausse sur les prix le mois dernier, par rapport à l’année dernière, ont été dominées par une augmentation de 17,3 % des prix des légumes frais - leur plus forte accélération depuis janvier 2016. Le mauvais temps dans les régions agricoles a contribué à cette hausse des prix.

Les consommateurs ont également déboursé plus d’argent en juin pour l’assurance automobile, les coûts d’emprunt hypothécaire, l’achat de véhicules automobiles et le loyer.

La moyenne des trois indicateurs du Canada pour l’inflation de base, considérés comme de meilleures mesures des pressions sous-jacentes sur les prix parce qu’ils suppriment les éléments volatils tels que l’essence, a légèrement décéléré à 2,03 %, contre une mesure révisée de 2,1 % pour le mois précédent.

Par région, les prix à la consommation ont généralement augmenté plus lentement dans neuf provinces le mois dernier, tandis que l’inflation annuelle de la Colombie-Britannique s’est établie à 2,6 %.

Au Québec et en Ontario, l’indice des prix à la consommation a progressé de 2,2 % et 2,0 %, respectivement, d’une année à l’autre. L’inflation s’est établie à 1,7 % au Nouveau-Brunswick, 1,6 % en Nouvelle-Écosse et 0,5 % à l’Île-du-Prince-Édouard.

La semaine dernière, la Banque du Canada avait prédit une baisse temporaire de l’inflation d’ensemble à 1,6 % au troisième trimestre de 2019, reflétant les fluctuations des prix de l’essence et des tarifs aériens, ainsi que la récente élimination des tarifs visant à l’acier et l’aluminium.

La banque centrale a estimé que l’inflation s’établirait à 1,8 pour cent pour l’année, avant de reprendre de la vigueur pour atteindre environ 2,0 % en 2020 et en 2021.

Techno

L’action collective québécoise contre Apple peut aller de l’avant

Une demande d’autorisation d’action collective alléguant qu’Apple a enfreint la Loi sur la protection du consommateur du Québec et qui pourrait toucher des «dizaines de milliers» de personnes au Québec pourra aller de l’avant.

La Cour supérieure du Québec a accueilli la démarche entamée en décembre dernier au nom de deux demandeurs et qui évoque entre autres la notion d’obsolescence programmée des piles d’appareils vendus par le géant américain.

On réclame des dommages-intérêts compensatoires d’un montant à déterminer, ainsi que des dommages-intérêts punitifs d’un montant de 300 $ par personne.

Un premier groupe représentera «tous les consommateurs qui ont acheté depuis le 29 décembre 2014» un iPhone, une montre Apple Watch, un iPod «et/ou» un ordinateur MacBook «muni d’une pile rechargeable».

L’autre groupe concerne ceux ayant acheté, depuis le 20 décembre 2015, une garantie prolongée et «qui n’ont pas été informé de leur garantie légale», au moment de l’achat, de la Loi sur la protection du consommateur.

Selon la demande, «AppleCare» n’est pas plus avantageuse que la garantie légale en vertu de la loi et son prix est disproportionné au point de causer la lésion objective à tous les acheteurs d’AppleCare.

La requête avait été déposée auprès des tribunaux après qu’Apple ait reconnu qu’elle avait ralenti le rendement de certains téléphones iPhone. La compagnie a aussi admis des limites de durée de vie des piles des appareils - des iPhone 6 et 7.

En mars dernier, la Cour supérieure avait permis à une demande d’autorisation d’aller de l’avant. Le demandeur alléguait un ralentissement de son téléphone intelligent, un iPhone 5, à la suite d’une mise à jour.

Cet appareil n’avait toutefois pas été cité par Apple lorsque le géant californien avait reconnu ses torts en 2017 à propos d’autres téléphones intelligents.

Affaires

Cartes de crédit: nouvelles règles de paiement au Québec

De nouvelles règles font en sorte, le montant exigé à titre de paiement minimum mensuel d’une carte de crédit au Québec ne pourra être inférieur à 2 pour cent du solde de la carte.

Ces règles seront en vigueur à compter du 1er août prochain.

Les dispositions de la Loi sur la protection du consommateur ajoutent que le seuil minimal augmentera ensuite d’un demi-point de pourcentage par année à compter du 1er août 2020, jusqu’à ce qu’il atteigne 5 pour cent après une période de 6 ans.

Les nouvelles règles prévoient également que pour tout nouveau contrat de carte de crédit, le paiement minimum mensuel ne pourra, dès le départ, être inférieur à 5 pour cent du solde.

L’Office de la protection du consommateur signale que les titulaires d’une carte qui sont déjà tenus de faire un paiement minimum de 2 pour cent ou plus ne seront pas touchés cette année par le changement.

L’Office a mis en ligne un calculateur qui permet notamment, pour un solde donné sur la carte de crédit, de voir le coût total des frais de crédit et le temps qu’il faudra pour rembourser la dette. En inscrivant différents pourcentages du solde payé chaque mois pour rembourser, le consommateur peut constater à quel point il est coûteux de ne s’en tenir qu’au paiement minimum.

Par exemple, pour un solde de 1000 $ sur une carte dont le taux de crédit est de 19,9 pour cent, un consommateur qui ferait un paiement minimum fixé à 2 pour cent rembourserait sa dette en 25 ans et 10 mois, en payant des frais de crédit de 3001,40 $.

Affaires

Une balade sur le fleuve à 300 $ par tête

En apposant le sceau du Château Frontenac sur celui des Croisières AML, deux entreprises de la capitale nationale bien établies, les risques étaient minimes et le pari calculé. Les deux parties ont bon espoir que l’expérience «Un Château sur l’eau» trouvera rapidement preneur.

Un Château sur l’eau est la réunion de deux «grosses machines» de la ville de Québec offrant aux consommateurs un produit intime : un repas de type cocktail dînatoire concocté par la brigade du Château Frontenac à bord du Vent des îles de la famille AML.

Cette croisière d’une durée de 2h30 trimballe la centaine de passagers du quai Chouinard jusqu’à la Chute Montmorency et la pointe de l’île d’Orléans. Et pour lancer le projet, Un Château sur l’eau profitera du spectacle des Grands Feux Loto-Québec. Les croisières sont offertes le samedi 27 juillet, puis tous les soirs des Grands Feux, entre le 31 juillet et le 24 août. 

Le coût du billet : 300 $ par tête. Sur les ponts du catamaran à moteur, d’ailleurs rénové pour accueillir le nouveau concept, les convives dégustent un copieux cocktail dînatoire gastronomique, boivent des vins d’importation privée et autres alcool à volonté, le tout, transportés par le son des instruments et les flots du Saint-Laurent. 

Et avec le cocktail dînatoire, on favorise l’expérience dynamique, rappelle le directeur culinaire du Château Frontenac, Frédéric Cyr. «Quand on est sur un plus petit bateau, on a vraiment le feeling de naviguer. On veut que les gens se déplacent sur tous les ponts afin d’admirer les différents points de vue.»

Quelques centaines de mètres séparent la cuisine du Château et le quai d’embarquement. Il n’y avait pas trop de restriction pour l’élaboration de menu, donc. «L’expérience est équivalente à celle offerte au Château, précise Frédéric Cyr. Une fois à bord, il ne reste plus qu’à réchauffer et à dresser.»

Affaires

Stratégie navale: Davie a bon espoir

OTTAWA — La direction du Chantier Davie, à Lévis, croit que le contrat d’un demi-milliard de dollars qui lui est accordé par le fédéral lui permettra de «rentrer par la grande porte» et ainsi devenir le troisième joueur de la Stratégie nationale de construction navale.

«C’est une annonce qui vient changer la donne, ni plus ni moins», s’est réjoui Frédérik Boisvert, vice-président des affaires publiques du chantier, en entrevue avec La Presse canadienne.

À LIRE AUSSI : Contrat de 500 millions$ pour Chantier Davie

Le gouvernement fédéral a confirmé l’octroi de deux contrats de 500 millions $ chacun pour le chantier naval québécois ainsi que le chantier naval Seaspan, en Colombie-Britannique.

C’est donc 1 milliard $ en entretien des frégates au total qui a été octroyé aux deux chantiers canadiens, mardi. Les travaux devraient commencer en 2020 pour une durée de cinq ans et devraient permettre de créer ou de préserver quelque 400 emplois par chantier naval.

Une autre annonce semblable est à venir au chantier Irving en Nouvelle-Écosse, selon le gouvernement.

M. Boisvert croit cependant qu’en raison des retards de livraison des deux autres chantiers, qui font partie de la stratégie navale fédérale, la Davie pourrait se retrouver avec beaucoup plus de boulot que prévu.

«Ce contrat-là va s’échelonner pour au moins deux décennies jusqu’à ce que les premières frégates de combat d’Irving soient livrées. Avec les retards qu’il y a en ce moment, ça risque de prendre beaucoup de temps», explique M. Boisvert.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé en mai dernier qu’un troisième chantier pourra se qualifier dans le cadre de la stratégie navale. Du côté du chantier Davie, on n’a «aucun doute sur notre capacité» à se qualifier.

Le processus pour ajouter un troisième joueur à la stratégie devrait être annoncé «dans les prochaines semaines», confirme le bureau de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough.

M. Boisvert y voit un potentiel de croissance «absolument formidable» pour la Davie, mais aussi pour ses fournisseurs. «Ça va devenir l’un des plus grands projets économiques que le Québec aura connus.»

Une «erreur» du passé à corriger

Les deux élus libéraux de Québec n’ont laissé planer aucun doute sur leurs intentions, lors de la conférence de presse pour l’annonce du nouveau contrat pour la Davie.

Selon le ministre Jean-Yves Duclos, qui représente Québec, il est impératif de réparer ce qu’il qualifie d’«erreur» de la part du gouvernement conservateur de Stephen Harper à l’époque.

«C’est une erreur qu’il est important d’admettre en 2019. Quand on admet une erreur, on peut plus facilement la corriger», a-t-il renchéri devant les journalistes.

Le député Joël Lightbound s’est dit pour sa part frustré de la situation de la Davie comme citoyen et a déclaré que son attitude n’avait pas changé quand il a été élu en 2015.

Rappelons que la Davie avait été écartée des lucratifs contrats de construction à l’époque parce qu’elle était au bord de la faillite. Le chantier a depuis remonté la pente et se dit prêt à prendre sa part.

Appel de l’industrie

Mardi, l’industrie a fait écho aux demandes de MM. Duclos et Lightbound et appelé le gouvernement à intégrer la Davie à la stratégie navale avant le début des élections.

Le président de la Fédération de l’industrie manufacturière, Louis Bégin, a déploré le fait que le chantier québécois «soit encore aujourd’hui réduit à devoir quêter les contrats».

Les contrats annoncés mardi font partie d’un investissement de 7,5 milliards $ pour maintenir les frégates de la classe Halifax, une douzaine de navires considérés comme l’épine dorsale de la Marine royale canadienne.

Les bateaux âgés de 27 ans seront éventuellement remplacés par de nouvelles frégates construites grâce à la Stratégie nationale de construction navale.

M. Duclos et Carla Qualtrough ont été dépêchés à Lévis et à Victoria, respectivement, pour révéler les détails des contrats dans des annonces simultanées.

Techno

Taxation du numérique: Paris appelle le G7 à ouvrir la voie

PARIS — Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a appelé mardi ses homologues du G7 à ouvrir la voie à un accord international sur la taxation des géants du numérique, lors de leur réunion de mercredi et jeudi à Chantilly.

Une semaine après la décision américaine d’ouvrir une enquête concernant la taxe sur le numérique approuvée par la France, le ministre a tenté d’inciter les dirigeants américains à mettre les bouchées doubles pour qu’un accord mondial soit rapidement approuvé à l’OCDE, qui s’est donné jusqu’en 2020 pour y parvenir.

«Je suis profondément convaincu que pendant ce G7, nous serons capables de trouver une solution internationale satisfaisante et que ce consensus [...] ouvrira la voie à un accord à l’OCDE», a affirmé le ministre lors d’une conférence à Paris consacrée aux 75 ans des accords de Bretton Woods.

«C’est le meilleur moyen de régler ce problème», a-t-il ajouté, regrettant que les États-Unis aient lancé une enquête dans le cadre de l’article de la loi du commerce dit «Section 301». Cela pourrait, en fonction des conclusions auxquelles elle aboutit, entraîner des mesures de représailles américaines.

«C’est la première fois dans notre longue relation que le gouvernement américain décide d’ouvrir une telle procédure contre la France», a relevé Bruno Le Maire, rappelant que «la France est un pays souverain et qu’il continuera d’agir en tant que tel».

M. Le Maire a prévu une rencontre mercredi avec son homologue américain Steven Mnuchin juste avant l’ouverture officielle du G7 Finances, une réunion préparatoire du sommet des chefs d’État du G7 qui se tiendra à Biarritz fin août.

Lors de cette rencontre, il «invitera M. Mnuchin à accélérer les efforts pour parvenir à définir la fiscalité du XXIe siècle plutôt que de nous menacer de sanctions et de rétorsions, qui ne sont pas forcément les meilleures politiques entre alliés», a expliqué une source française.

Les deux hommes se sont déjà rencontrés fin juin en marge du sommet du G20 à Osaka et se sont parlé avant l’annonce de l’ouverture de l’enquête américaine.

Chaque fois, le ministre français a rappelé à son interlocuteur que la France retirerait son projet de taxation dès qu’un accord mondial serait trouvé au sein de l’Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE).

Face au risque de multiplication de projets de taxation des géants du numérique par des pays comme la France, le Royaume-Uni ou encore l’Espagne, les États-Unis ont débloqué en début d’année les négociations au sein de l’OCDE qui n’avançaient pas depuis plusieurs années.

«Une fiscalité du XXIe siècle»

Pour sa présidence cette année du G7, la France s’est fixé l’objectif de réduire «le décalage entre la réalité économique mondiale et la réalité fiscale» après l’émergence au cours des dernières décennies des GAFA (un acronyme désignant les géants américains Google, Amazon, Facebook et Apple).

«Il faut une fiscalité du XXIe siècle pour le modèle économique du XXIe siècle», a expliqué une source de Bercy.

Un autre dossier épineux figure au menu des grands argentiers de la planète à Chantilly : le projet de monnaie virtuelle Libra du géant américain Facebook, qui suscite de nombreuses préoccupations de la part des ministres et des banquiers centraux.

«Nous ne pouvons pas laisser des entreprises, qui servent des intérêts privés, se doter des moyens de la souveraineté monétaire. Nous devons agir», a assuré M. Le Maire lors de sa conférence.

La présidence française du G7 a également l’ambition de «mettre fin à l’évasion fiscale» qui «permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs».

M. Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz sont «déterminés à avancer sur des résultats très concrets. Nous avons pour le coup le soutien total des États-Unis», assure-t-on à Bercy, même si l’on écarte tout accord à Chantilly sur un impôt sur les sociétés minimal, qui freinerait l’optimisation fiscale.

Affaires

Vin: le Canada et l’Australie devant l’OMC

Mis en cause dans un litige concernant l’accès au marché canadien du vin, le Québec sera présent cette semaine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), où l’Australie et le Canada s’apprêtent à croiser le fer.

L’impasse n’ayant pu être dénouée depuis la plainte déposée par Canberra en janvier 2018, le groupe spécial chargé de se pencher sur le litige tiendra deux journées d’audiences, jeudi et vendredi, à Genève, en Suisse, selon le calendrier officiel du tribunal commercial.

Une défaite du Canada pourrait signifier un retour en arrière pour les vignerons québécois, qui peuvent vendre leurs produits dans les quelque 8000 supermarchés de la province sans transiter par le réseau de la Société des alcools du Québec (SAQ).

Or, la conformité de loi 88 figure parmi les éléments mis en cause dans le cadre de ce litige canado-australien.

«Il faut qu’on gagne, a affirmé le président du Conseil des vins du Québec, Yvan Quirion, au cours d’un entretien téléphonique. Il y a des gens qui ont été voir des banquiers pour se faire avancer de l’argent qui a été investi. Qu’est-ce qu’ils vont faire [en cas de défaite]?»

Pendant deux jours, les représentants canadiens et australiens seront appelés à répondre aux questions du groupe spécial en vue d’une décision qui devrait toutefois prendre des mois avant d’être rendue.

Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, la délégation canadienne compte dans ses rangs deux membres québécois, dont il n’a pas été possible de connaître l’identité. Au besoin, ceux-ci seront appelés à répondre aux questions entourant la loi permettant aux vins québécois d’être vendus directement dans les supermarchés.

«Le gouvernement du Québec travaille depuis plusieurs mois, en étroite collaboration avec le gouvernement fédéral, à l’élaboration de la défense de ses mesures à l’OMC», s’est limité à indiquer, par courriel, un porte-parole du ministère de l’Économie, Jean-Pierre D’Auteuil, en réponse aux questions envoyées par La Presse canadienne.

Par la bande

À l’origine, c’est la Colombie-Britannique qui était dans la mire de l’Australie, qui estimait que les mesures adoptées en 2015 par cette province canadienne visant à permettre à ses vignerons d’écouler leurs produits dans les épiceries contrevenaient aux règles internationales.

Mais au passage, Canberra a décidé de mettre en cause le Québec, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse.

«Je ne vois vraiment pas comment le Canada peut s’en tirer dans cette histoire, a souligné Geneviève Dufour, professeure à la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, au cours d’une entrevue téléphonique. On traite nos producteurs nationaux d’une manière plus favorable par rapport aux producteurs étrangers.»

Selon elle, une victoire de l’Australie ne signifie pas nécessairement que le monopole de la SAQ serait menacé.

Lorsqu’une mesure n’est pas conforme au cadre de l’OMC, il faut corriger le tir, a précisé Mme Dufour, soulignant que le Québec devra probablement modifier son cadre réglementaire, ce qui constituerait une défaite pour les producteurs québécois.

Depuis le dépôt de la plainte, les États-Unis, l’Union européenne, l’Argentine, le Chili et la Nouvelle-­Zélande ont déposé des demandes afin de participer aux consultations.

Un pas de recul?

Le litige canado-australien inquiète M. Quirion, qui affirme qu’environ «85 % des vignerons» d’ici exploitent une superficie inférieure à trois hectares et n’ont pas la taille nécessaire pour faire affaire avec la SAQ.

Producteur au Domaine Saint-Jacques, le président du Conseil des vins du Québec estime que la loi 88 a permis aux vignerons québécois de «vivre» au-delà de la période estivale du 24 juin au 1er septembre.

«Cela leur permet de vendre entre 3000 et 4000 bouteilles de plus dans cinq à six épiceries situées à proximité, a dit M. Quirion. En ventes directes, cela ajoute jusqu’à 50 000 $ à leurs revenus. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais cela fait toute la différence.»

À son avis, la possibilité de vendre directement dans les supermarchés permettait à certains producteurs d’obtenir des sommes supplémentaires afin d’investir dans leurs installations dans le but de pouvoir percer le réseau de la société d’État.

Selon le rapport annuel de la SAQ pour l’exercice 2018-2019, la part de marché des vins australiens était estimée à 6 %, derrière l’Espagne (9 %), les États-Unis (10 %), l’Italie (24 %) et la France (30 %).

«Les vins du Canada, dont 12 % sont des vins québécois, accaparent maintenant 3 % des parts de marché», est-il indiqué.

Affaires

Revenus records pour le Canadien Pacifique

Le Chemin de fer Canadien Pacifique a dévoilé mardi un chiffre d’affaires record de près de 2 milliards $ pour son deuxième trimestre, ce qui a surpassé les attentes des analystes et fait grimper son action à un sommet.

Le titre du deuxième plus grand transporteur ferroviaire du pays bondissait de 10,95 $, soit 3,5 %, mardi après-midi à la Bourse de Toronto, où il se négociait à 320,61 $.

Le Canadien Pacifique a signalé que le trafic avait augmenté dans toutes les catégories, le transport de céréales ayant atteint son troisième niveau le plus élevé en 138 ans d’existence, avec 422 millions $, soit une hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. Six des neuf secteurs d’activité de la compagnie de chemin de fer ont enregistré une croissance d’au moins 10 %.

Le secteur du trafic intermodal et celui de l’énergie, des produits chimiques et des plastiques - les deuxième et troisième sources de revenus du chemin de fer - ont augmenté respectivement de 12 % et 25 %, pour atteindre 404 millions $ et 346 millions $.

La réduction de l’écart des prix du pétrole brut dans l’Ouest canadien depuis que le gouvernement de l’Alberta a imposé une limite à la production, en janvier, a ralenti les expéditions de brut par train aux clients américains, a observé le responsable de la commercialisation du CP, John Brooks.

«Bien que le pétrole brut par chemin de fer reste variable, nous prévoyons que les volumes continueront d’augmenter alors que l’équilibre entre la production et le plafond de production se stabilisera», a-t-il affirmé lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs.

Le chef de la direction, Keith Creel, a souligné la croissance des revenus «dans tous les secteurs d’activité», ainsi qu’un meilleur ratio d’exploitation, à 58,4 %, un record du deuxième trimestre pour cet indicateur clé.

Les livraisons nationales de charbon figuraient parmi les rares secteurs en difficulté du chemin de fer, «où il existe certaines faiblesses», a-t-il observé.

Confiance envers les deux prochains trimestres

L’analyste Walter Spracklin, de RBC Dominion valeurs mobilières, a indiqué dans une note aux investisseurs que sa firme considérait qu’il s’agit d’un trimestre «très solide» pour le Canadien Pacifique.

Cameron Doerksen, analyste à la Banque Nationale, a pour sa part mis en exergue les «préoccupations macroéconomiques persistantes», évoquant notamment la morosité de l’économie mondiale et les tensions commerciales entre la Chine et, d’une part, les États-Unis, et d’autre part, le Canada.

Le CP a fait écho à cette préoccupation, mais a exprimé sa confiance vis-à-vis des deux prochains trimestres.

«Bien qu’il ne fasse aucun doute qu’il existe de l’incertitude dans l’environnement macroéconomique et que certains de nos secteurs d’activité se soient affaiblis, avec la combinaison de notre solide franchise du vrac, de nouvelles activités en développement et des activités qui démarreront en 2020, je suis très convaincu que nous continuerons à générer de la croissance et à dépasser l’industrie», a affirmé M. Brooks.

L’optimisme survient après ce que M. Creel a qualifié de «premier trimestre très difficile». Cette période avait été marquée par des températures glaciales et de fortes chutes de neige qui ont entravé les paramètres d’exploitation de la voie ferrée, mais les bénéfices ont malgré tout bondi de 25 % par rapport à l’année précédente.

Au plus récent trimestre, le bénéfice net a grimpé de plus des deux tiers pour atteindre 724 millions $, soit 5,17 $ par action, contre 436 millions $, ou 3,04 $ par action il y a un an, a annoncé la société établie à Calgary.

Les revenus de 1,98 milliard $ pour le trimestre terminé le 30 juin sont en hausse par rapport aux revenus de 1,75 milliard $ d’il y a un an.

Le bénéfice ajusté du CP s’est élevé à 4,30 $ par action, ce qui représentait une hausse de 36 % par rapport à celui de 3,16 $ par action du même trimestre en 2018.

Les analystes visaient en moyenne un bénéfice par action de 4,18 $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Techno

«Nous sommes des humains, pas des robots», clament des milliers de salariés d’Amazon

BERLIN — Des milliers de salariés d’Amazon organisaient lundi un mouvement de contestation coordonnée en Europe et aux États-Unis, dont des débrayages, pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail à l’occasion des journées de super-promotions «Prime Day».

En Allemagne, la grève contre «les promos sur le dos des salaires» a mobilisé «plus de 2000» salariés sur sept sites, a dit à l’AFP Orhan Akman, du syndicat Verdi, le premier syndicat allemand du secteur tertiaire.

Aux États-Unis, les salariés d’un entrepôt d’Amazon dans le Minnesota ont aussi annoncé vouloir profiter de ces journées de super promotions pour mettre en avant leurs revendications en faisant grève au début de l’événement.

«Amazon offre ces rabais aux clients aux dépens des salaires de ses propres employés et en fuyant les négociations collectives», déplore Orhan Akman, du syndicat allemand Verdi.

La direction locale du groupe avait déclaré en amont ne prévoir aucune perturbation dans ses livraisons de commandes.

Lundi, Amazon a assuré être honnête vis-à-vis de ses employés en Allemagne.

«Amazon prouve chaque jour qu’on peut être un employeur honnête et responsable vis-à-vis de ses employés en Allemagne sans accord collectif», a déclaré le groupe dans un communiqué.

Dans les centres allemands, les salaires «sont au plus haut de ce qui est payé pour des emplois comparables», a-t-il ajouté, soulignant que plus de «8000 employés» travaillaient chez Amazon «depuis plus de cinq ans».

En France, la mobilisation concerne le site de Lauwin-Planque, dans le nord, avec une faible mobilisation des 2.500 salariés, selon la direction.

En signe de solidarité, des rassemblements d’employés étaient aussi prévus à Madrid et aux portes de plusieurs sites au Royaume-Uni.

Rareté dans l’histoire syndicale

«Nous avons reçu des informations horrifiantes sur des employés obligés d’uriner dans des bouteilles en plastique faute de pouvoir aller aux toilettes ou sur des femmes enceintes forcées de rester debout et certaines visées par des licenciements», a écrit dans un communiqué le syndicat britannique GMB.

En Pologne, où le conflit social s’est également particulièrement enlisé ces derniers mois, Amazon a annoncé lundi la création de 1000 postes supplémentaires au sein de ses entrepôts et une augmentation du salaire horaire brut pour les nouvelles recrues de 20 zlotys, soit de 4,68 euros.

Depuis 2013, les syndicats européens d’Amazon, qui ont peiné à se faire reconnaître par la direction, se mobilisent régulièrement, de préférence à l’occasion des journées cruciales en termes de ventes comme les Prime Days et le Black Friday.

En 2018, la colère s’est renforcée : une cinquantaine de grèves ont été organisées par différents syndicats en Europe, une rareté dans l’histoire syndicale récente, si l’on exclut le secteur du transport aérien.

En avril, les représentants syndicaux d’Amazon en provenance de 15 pays s’étaient retrouvés pour la première fois à Berlin pour coordonner leur lutte face au géant américain, décrié sur le plan social à travers le monde.

Outre les cadences jugées trop rapides, la surveillance des employés à travers des méthodes contestées de «tracking» (contrôle du temps de travail et des performances) ou la suppression des pauses, les employés d’Amazon Logistics déplorent leurs salaires trop faibles et réclament des conventions collectives ou un dialogue social plus apaisé.

Techno

Réunion sur fond de tensions sur la taxe GAFA

PARIS — Les ministres des Finances du G7 se retrouvent mercredi et jeudi près de Paris sur fond de tensions franco-américaines sur la taxe sur les géants du numérique, mais aussi pour parler du projet de monnaie virtuelle de Facebook.

Officiellement, l’objectif de ce G7 Finances, qui se réunit à Chantilly au nord de Paris sous le titre de «rendre le capitalisme plus juste», est «d’ouvrir la voie entre les sept pays économiquement les plus puissants de la planète vers la réduction des inégalités et la justice fiscale», a expliqué une source française.

Dans les coulisses, cette réunion préparatoire du sommet des chefs d’État du G7, qui se tiendra à Biarritz (sud-ouest) fin août, donnera surtout l’occasion aux alliés des États-Unis de discuter avec l’administration de Donald Trump de la guerre commerciale qui menace la croissance mondiale et de la taxation du numérique.

Une semaine après l’ouverture d’une enquête aux États-Unis sur la taxe sur les géants du numérique approuvée par la France, le ministre des Finances Bruno Le Maire retrouvera en tête à tête le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin moins d’un mois après leur rencontre du sommet du G20 d’Osaka (Japon) à fin juin.

Ce sera l’occasion pour M. Le Maire de rappeler à son homologue américain que la France s’est engagée à annuler cet impôt dès qu’un accord mondial sur la taxation du numérique sera trouvé au sein de l’Organisation pour la Coopération et le développement économiques (OCDE), qui s’est donné jusqu’en 2020 pour y parvenir.

Même si les sources françaises soulignent les relations «extrêmement bonnes et très régulières» entre les deux hommes, le ministre français rappellera au secrétaire au Trésor que la France «continuera à décider souverainement des modalités de taxation de la nation française», a expliqué une source de Bercy.

«Nous inviterons M. Mnuchin à accélérer les efforts pour parvenir à définir la fiscalité du XXIe siècle plutôt que de nous menacer de section 301, de sanctions, de rétorsions, qui ne sont pas forcément les meilleures politiques entre alliés», a expliqué la source française.

L’enquête américaine — ouverte sous l’article de la loi du commerce dit «Section 301» — pourrait, en fonction des conclusions auxquelles elle aboutit, entraîner des mesures de représailles américaines.

Pour sa présidence cette année du G7, la France s’est fixé l’objectif de réduire «le décalage entre la réalité économique mondiale et la réalité fiscale» après l’émergence au cours des dernières décennies des géants du numérique, appelés les GAFA, acronyme de Google, Amazon, Facebook et Apple. «Il faut une fiscalité du XXIe siècle pour le modèle économique du XXIe siècle», a expliqué la source de Bercy.

Succession au FMI

Un autre dossier épineux figurera au menu des grands argentiers de la planète à Chantilly : le projet de monnaie virtuelle Libra du géant américain Facebook, qui suscite de nombreuses préoccupations de la part des ministres et des banquiers centraux.

«Nous réaffirmons notre volonté de ne pas laisser une entreprise privée se doter des moyens de la souveraineté monétaire», a assuré la source du ministère des Finances. M. Le Maire avait déjà annoncé publiquement son opposition à Libra.

La présidence française du G7 a également l’ambition de «mettre fin à l’évasion fiscale» qui «permet à des multinationales de réaliser des profits à un endroit et de les déplacer à un autre où les niveaux de taxation sont inférieurs».

M. Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz sont «déterminés à avancer sur des résultats très concrets. Nous avons pour le coup le soutien total des États-Unis», assure-t-on à Bercy, même si l’on écarte tout accord à Chantilly sur un impôt sur les sociétés minimal qui freinerait l’optimisation fiscale.

«Il ne sera pas possible de parvenir à une définition de taux à l’occasion de cette réunion. C’est prématuré. Il faut surtout s’entendre sur le principe», a prévenu la source de Bercy.

À Chantilly, les ministres parleront également de la succession de la Française Christine Lagarde à la tête du FMI, après sa candidature à la Banque centrale européenne (BCE). Ce poste revient traditionnellement à un Européen.

Affaires

Vol de données: un témoignage prématuré à Ottawa, dit le patron de Desjardins

Attendu à Ottawa afin de témoigner devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale, le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, estime que l’exercice est «prématuré» à ce stade-ci.

Celui-ci est attendu dans la foulée du vol massif de données personnelles ayant touché 2,9 millions de membres du groupe financier coopératif.

Interrogé lundi matin alors qu’il annonçait de nouvelles mesures de protection des données, M. Cormier a dit qu’il allait se rendre à Ottawa pour montrer que Desjardins ne se «cache pas», ajoutant que son équipe était encore «au coeur de la gestion de l’incident».

Le grand patron de la coopérative a également rappelé que des enquêtes policières sont toujours en cours sur le vol de données, ce qui devrait limiter ce qu’il sera possible de dire.

M. Cormier a toutefois signalé son intention d’interpeller les élus sur le besoin de s’interroger sur «l’identité numérique» des consommateurs alors que de plus en plus de transactions sont réalisées en ligne.

De la «politique spectacle»?

Le président du comité, le libéral John McKay, admet qu’«idéalement», la rencontre serait arrivée à un autre moment. La rencontre, tenue en plein été, est teintée par la période préélectorale, admet-il.

Le bloquiste Rhéal Fortin, qui est lui-même affecté par la fuite de données, espère que cette rencontre ne sera pas de la «politique spectacle». «On ne veut pas jouer dans ce film-là», a-t-il dit.

Mais il s’interroge sur les «motivations profondes» des conservateurs, qui ont demandé et obtenu la rencontre

Pierre Paul-Hus a d’ailleurs profité d’une prise de parole pendant la rencontre pour lire des extraits d’une lettre ouverte de son chef, Andrew Scheer, à propos de l’affaire Desjardins.

«On remercie M. Scheer pour ce merveilleux message», a ironisé M. McKay.

Tant les conservateurs que les néo-démocrates disent espérer obtenir des réponses d’ici la fin de la rencontre du comité sur la façon de mieux prévenir les cas de fraude.

La Gendarmerie royale du Canada et Centre de la sécurité des télécommunications, entre autres, sont appelés à témoigner lundi après-midi. M. Cormier devrait comparaître devant le comité en fin d’après-midi.

M. McKay croit pour sa part que cette rencontre sera une bonne occasion pour Desjardins de raconter sa version de l’histoire.

Affaires

Une coentreprise de Barrick Gold obtient 5,8 milliards $ en dommages-intérêts

TORONTO — Barrick Gold a indiqué lundi que sa coentreprise avec le mineur chilien Antofagasta avait obtenu 5,84 milliards $ US en dommages-intérêts pour son projet Reko Diq, au Pakistan.

Selon la société aurifère, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements de la Banque mondiale a accordé les dommages-intérêts liés aux demandes d’arbitrage déposées contre la République islamique du Pakistan à la suite du refus illégal d’un bail minier pour le projet en 2011.

La coentreprise, Tethyan Copper, est détenue en parts égales par Barrick et Antofagasta.

Les dommages-intérêts comprennent une indemnité de 4,087 milliards $ par rapport à la juste valeur marchande du projet Reko Diq au moment du refus du bail minier, plus les intérêts.

Les intérêts continuent à courir jusqu’à ce que les dommages-intérêts soient payés.

Barrick a indiqué que Tethyan Copper avait achevé une étude de faisabilité montrant que Reko Diq était l’un des plus importants gisements de cuivre et d’or non développés au monde.

Affaires

Desjardins offre une protection numérique permanente pour tous [VIDÉO]

Craignant de ne pas voir tous les particuliers touchés par le vol massif de données personnelles s’inscrire au service de surveillance d’Equifax, le Mouvement Desjardins élargit les mesures de protection afin de les offrir à tous ses membres.

Annoncées lundi, ces mesures de protection entourant le vol d’identité s’appliqueront «pour la vie» aux 4,3 millions de particuliers et 300 000 entreprises membres du groupe financier coopératif.

«Les gens qui ont des sommes investies chez Desjardins doivent dormir tranquilles», a lancé le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, au cours d’une conférence téléphonique où il a également révélé avoir lui-même été touché par le vol de données.

Desjardins est dans la tourmente après avoir annoncé, le 20 juin, que les informations personnelles, dont des numéros d’assurance sociale, de 2,7 millions de membres particuliers et 137 000 entreprises avaient été dérobées par un employé - qui a depuis été congédié.

Le groupe coopératif financier offrait déjà un abonnement, bonifié à cinq ans, au service de surveillance assuré par la firme Equifax, mais les inscriptions ne semblent pas progresser au goût de la haute direction.

«La raison pour laquelle on annonce cela, c’est qu’on voit qu’il y a un plafond qui est devant nous, d’avoir peut-être seulement 15 à 20 pour cent des gens victimes de la fuite qui vont s’inscrire, a expliqué M. Cormier, avant de se rendre à Ottawa, où il devait témoigner devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Desjardins ne veut pas laisser 80 pour cent de ses membres sans protection.»

Jusqu’à présent, un peu plus de 13 pour cent des membres particuliers de Desjardins, soit quelque 360 000 personnes, se sont inscrits au service d’Equifax - qui a été la cible de critiques pour des ratés au chapitre du service.

M. Cormier a assuré que tous les membres actifs, dont les entreprises - une des nouveautés, à son avis -, étaient automatiquement protégés et qu’il n’y avait aucune démarche à faire. Aucune institution financière au Canada n’offre un tel service, a-t-il dit.

Trois volets

Les mesures annoncées se déclinent principalement en trois volets:

- Un remboursement «sans aucun plafond» si des transactions non autorisées sont effectuées, un service déjà offert.

- En cas de vol d’identité, un service d’accompagnement personnalisé effectué par des avocats spécialisés. «Il existait un certain service pour une certaine catégorie de demandes, a expliqué M. Cormier. Mais on l’étend à tous nos membres et on ajoute plusieurs modalités, comme du soutien psychologique.»

- Une protection pouvant atteindre 50 000 $ afin de rembourser des dépenses en cas d’un vol d’identité, comme une perte de salaire et des frais afin d’obtenir des documents notariés.

Néanmoins, M. Cormier a invité les membres affectés par le vol de données à s’inscrire auprès d’Equifax, qui offre un service d’alertes et de prévention ne figurant pas dans ce qui a été annoncé lundi par la coopérative.

«Le mal déjà fait»

Pour Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec, une entreprise montréalaise spécialisée dans la sécurité en ligne, Desjardins a fait, dans la mesure du possible, ce qui était nécessaire.

Au cours d’un entretien téléphonique, il a néanmoins estimé que le «mal a déjà été fait» en ce qui a trait aux données dérobées.

«Ce qui a été annoncé s’applique dans les comptes de Desjardins, a dit M. Décarie-Mathieu. Mais dans l’optique où l’on parle d’une fuite de données, il s’agit d’informations que l’on peut réutiliser à d’autres fins et qui peuvent dépasser le cadre de Desjardins».

Desjardins fait toujours l’objet d’enquêtes de la part de la Commission d’accès à l’information du Québec et du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.

Il pourrait aussi y avoir des conséquences légales pour la coopérative. Deux requêtes en autorisation pour des actions collectives allèguent que la coopérative a violé les droits de ses membres en matière de vie privée ou fait preuve de négligence dans la protection de leurs informations personnelles et financières.

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Affaires

Cuisinier de Tahiti à Québec

Pour combler le manque de main-d’oeuvre, plusieurs restaurants parrainent des cuisiniers internationaux dans leurs démarches d’immigrations. C’est le cas de Rémy Ruaroo. Arrivé directement de Tahiti, ce cuisinier souhaitait relever de nouveaux défis, ici, à Québec, loin des plages et de l’eau turquoise.

C’est une journée chaude et ensoleillée. Le Vieux-Québec est surpeuplé de touristes. Les passants se pressent à l’ombre et se rafraîchissent sur les terrasses de restaurants. Avec les yeux marron, les cheveux bruns et plusieurs tatouages dessinés sur les bras, Rémy Ruaroo attend devant le restaurant Chez Jules. Depuis la mi-juin, ce bistro français est sa nouvelle maison. «Ça faisait 13 ans que je travaillais sur un bateau de croisière qui faisait toutes les îles Marquises, et j’ai fait tous les postes. Je voulais un changement radical», explique-t-il. Curieux, il est venu apprendre de nouvelles techniques pour cuisiner. Il s’est engagé pour les deux prochaines années à Québec. «Ça change un peu des langoustes et des poissons que je faisais aux Marquises et à Tahiti», s’esclaffe-t-il.

Affaires

Enfin des droits pour les voyageurs aériens, estime CAA Québec

La Charte canadienne des droits des passagers entre partiellement en vigueur le 15 juillet. Voix active dans le dossier, CAA Québec était de toutes les tables de concertation québécoises. Il était temps, selon l’organisation, que le Canada se dote d'un cadre unique et universel plutôt que d’un assemblage de politiques maison arbitrées par les transporteurs.

Voyage en avion: droits et recours, un guide élaboré par CAA Québec exposant les préceptes de la nouvelle charte, sera placardé sur toutes les communications de l’organisation. Il faut savoir que depuis les tout débuts du projet, en 2015, l’association se porte à la défense des droits des voyageurs dans le dossier.

«Les Canadiens méritent un régime de protection semblable à celui dont profitent depuis longtemps les voyageurs des États-Unis et de l'Union européenne», plaide Philippe Blain, vice-président, services voyages de CAA Québec.

Alors que les compensations étaient souvent réglées à la guérite à coup de 100 $ ou de crédit voyage, rappelle, M. Blain, toutes les compagnies aériennes joueront désormais selon les mêmes règles.

La charte des voyageurs s’applique à tous les transporteurs opérant des vols en partance ou à destination du Canada, de même que des vols intérieurs.

Cette nouvelle réglementation devrait permettre aux compagnies aériennes d’augmenter leur efficacité, si elles sont de bons élèves, croit M. Blain.

Les 290 transporteurs de l’Association internationale du transport aérien (AITA), qui représentent quelque 82 % du trafic mondial, en plus d’une dizaine d’autres compagnies aériennes, dont Air Canada, ont contesté la nouvelle charte devant la Cour d’appel fédérale, le 28 juin dernier.

«On devait s’attendre à une opposition, fait valoir Philippe Blain. Une industrie s’oppose toujours lorsqu’un gouvernement s’immisce dans leurs dossiers.»

L’AITA s’était aussi opposée lorsque l’Union européenne avait dévoilé ses Droits des passagers aériens, en 2004.

Des désagréments compensés

Si 85 % des Québécois ont déjà pris l’avion, quelque 64 % ont déjà vécu un désagrément lié au transport aérien, révèlent les résultats d’un sondage sur les intentions de vacances estivales 2019 des Québécois, réalisé par CAA Québec.

Parmi les principaux ennuis, 41 % sont liés à un retard de vol important, 27 % à un retard sur le tarmac, 26 % aux bagages en retard, 15 % à l’annulation de vol et 14 % aux bagages perdus.

La Charte canadienne des droits des passagers, élaborée par l'Office des transports du Canada (OTC), un organisme de réglementation économique et un tribunal quasi judiciaire indépendant, devrait rectifier le tir.

Une compensation pouvant atteindre 2400 $ devra être versée en cas de surréservation, et tout bagage perdu ou endommagé sera indemnisé. Ces droits ainsi que la procédure de réclamation devront clairement être indiqués sur les communications des compagnies aériennes, y compris les billets d’avion.

Malgré les inquiétudes de certains, la facture ne devrait pas être refilée aux consommateurs, selon Philippe Blain. «L’exemple européen démontre que le prix des billets n’a pas augmenté pour les passagers. La charte a fait l’objet d’une consultation raisonnable.»

Les estimations de l’OTC indiquent que la nouvelle réglementation coûterait près de 2,75 $ par passager.

Toute compagnie aérienne ne respectant pas la charte sera passible d'une sanction pouvant atteindre 25 000 $. Un montant bien inférieur à l’amende de 295 000 $ imposée à Air Transat par l’OTC en novembre 2017, alors que deux vols opérés par la compagnie aérienne étaient restés cloués au sol pendant près de 5 heures avec ses passagers à bord.

Un délai décevant

CAA Québec se dit toutefois déçue que la mise en œuvre d'importants volets de la nouvelle charte ait été repoussée à la fin de l’année. Une autre série de droits comme les compensations financières en cas de retard ou d'annulation de vol non motivé par des raisons sécuritaires ou l'obligation de faire débarquer les passagers lorsqu'un aéronef est coincé sur le tarmac plus de trois heures ne sera implantée que le 15 décembre 2019.

La totalité de la charte devait d’abord entrer en vigueur dès juillet.

«Il reste encore des fils à attacher. Ce n’est pas une mince tâche pour les lignes aériennes que de former leurs employés et les agents de bord à appliquer la charte», fait toutefois valoir Philippe Blain.

Affaires

L'Ontario pourrait s'inspirer du Québec pour la vente de bière au détail

TORONTO — Au moment où le gouvernement ontarien s'apprête à concrétiser son plan de restructuration du système de vente de bière au détail vieux de 92 ans, des experts suggèrent qu'il devrait s'inspirer des leçons apprises des structures de distribution mises en place dans d'autres provinces.

Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a clairement indiqué que son objectif était de donner plus de choix et de simplifier la vente d'alcool aux citoyens de l'Ontario, mais on ne connaît que très peu de détails sur la manière dont il entend s'y prendre.

Affaires

Environ 900 produits alimentaires chinois interceptés aux douanes canadiennes

OTTAWA — Les inspecteurs canadiens ont intercepté près de 900 produits alimentaires en provenance de Chine en raison de soupçons concernant des étiquettes défectueuses, des allergènes non indiqués et des contaminants dangereux comme du verre et du métal. Ces produits ont été saisis de 2017 au début de l’année 2019, selon des registres internes du gouvernement fédéral.

Le document présente un aperçu des produits importés de Chine qui ont attiré l’attention des autorités parce qu’ils semblaient ne pas correspondre aux normes de qualité canadiennes. On y trouve notamment des boules de gomme contenant un corps métallique «étranger», du chow mein instantané contenant un insecte et des tentacules de poulpes épicés présentant un «danger non précisé».

Cette liste dressée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments a été obtenue par La Presse canadienne grâce à la loi sur l’accès à l’information.

Sa publication survient à un moment où l’intérêt public est grandement concerné par l’inspection des aliments qui traversent la frontière, notamment dans le cas des produits échangés entre le Canada et la Chine.

L’examen minutieux des produits agricoles se trouve au cœur d’un différend diplomatique entre le Canada et son deuxième partenaire commercial. Les frictions bilatérales ont gagné en intensité depuis l’arrestation en décembre, à Vancouver, d’une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou. Deux Canadiens ont ensuite été arrêtés en Chine pour des allégations d’espionnage.

L’opposition conservatrice à Ottawa presse le gouvernement libéral de réagir aux actions de la Chine en adoptant une ligne plus dure envers les importations chinoises.

Au cours des dernières semaines, Pékin a demandé au Canada de suspendre tous ses certificats d’exportation de viande vers la Chine après que des inspecteurs eurent détecté la présence de résidus d’un additif dans le porc appelé ractopamine, une substance destinée à l’alimentation animale.

Selon une déclaration de l’ambassade de Chine à Ottawa, leur enquête aurait permis de découvrir 188 certificats de vétérinaires contrefaits et de révéler «des failles évidentes» de sécurité dans le système canadien.

Les autorités chinoises ont également bloqué les importations de semences de canola canadiennes en alléguant qu’elles contiendraient des parasites. Le gouvernement fédéral dit avoir tenté en vain d’envoyer une délégation d’inspecteurs en Chine pour examiner les preuves.

Les conséquences économiques des manœuvres commerciales chinoises sur les exportations alimentaires canadiennes, ainsi que les détentions de Michael Kovrig et de Michael Spavor, sont sérieusement perçues comme des moyens de pression exercés par Pékin pour obtenir la libération de Meng Wanzhou.

La liste de l’Agence canadienne d’inspection des aliments démontre qu’il n’est pas rare que les produits chinois soulèvent des préoccupations.

Entre le 1er janvier 2017 et le 29 février 2019, des agents ont «détecté des problèmes» avec 889 aliments importés ou ingrédients alimentaires en provenance de Chine, d’après le document obtenu.

Toutefois, selon les rapports trimestriels de l’ACIA, seulement quatre expéditions de produits alimentaires en provenance de Chine se sont vu refuser l’entrée au Canada.

Une porte-parole de l’agence a expliqué que l’ACIA enquêtait sur les préoccupations soulevées par ses agents afin de déterminer si les produits représentent un danger ou s’ils ne respectent pas les normes canadiennes. Au besoin, l’agence peut exiger des corrections mineures sur les étiquettes, ordonner des rappels, saisir des produits, refuser les importations ou annuler des permis d’importation.

La ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a déclaré dans un courriel que les problèmes énumérés dans la liste de l’ACIA n’étaient pas nécessairement liés à un enjeu particulier concernant les produits alimentaires importés de pays étrangers.

Elle soutient que le système canadien est reconnu comme l’un des meilleurs au monde et que le gouvernement est convaincu que tous les produits approuvés sont sans danger pour la consommation.

La liste ne fournit que des chiffres pour la Chine et n’inclut pas de données comparables pour les autres partenaires commerciaux du Canada.

Sylvanus Kwaku Afesorgbor, expert en commerce et politique agroalimentaires, a indiqué par courriel que le Canada mettrait probablement beaucoup de temps avant de prendre des mesures contre les importations en provenance de Chine.

Selon ce professeur adjoint de l’Université de Guelph, le Canada va toujours se plier aux règles et d’abord épuiser toutes les voies démocratiques inscrites dans les accords commerciaux internationaux.

«Toute mesure de rétorsion peut entraîner une guerre commerciale et nuire aux deux pays», observe-t-il.