Techno

Montréal veut devenir un chef de file dans l’éthique en intelligence artificielle

Des scientifiques, des chercheurs, des avocats et des technologues étaient récemment réunis à Montréal pour discuter de questions vitales sur nos appareils de plus en plus intelligents.

Un ordinateur peut-il donner des avis médicaux? Le système judiciaire peut-il utiliser des algorithmes pour décider si un détenu peut être libéré? Un robot lançant une insulte raciste doit-il être puni?

Et, peut-être encore plus important aux yeux des gens : Facebook et les autres réseaux sociaux sont-ils capables de déterminer si un abonné est dépressif ou souffre d’un épisode maniaque? Ces malades sont-ils les cibles des publicitaires cherchant à exploiter leur vulnérabilité?

Google, Microsoft, Facebook et, tout récemment, la Banque Royale ont annoncé des investissements de plusieurs millions de dollars dans des laboratoires d’intelligence artificielle à Montréal. La métropole québécoise est devenue un chef de file mondial dans la mise au point d’appareils ayant des capacités d’apprentissage.

Des chercheurs comme Abhishek Gupta veulent aider Montréal à être un chef de file responsable.

«Les projecteurs du monde entier sont tournés vers Montréal», souligne M. Gupta, un chercheur en déontologie de l’intelligence artificielle de l’Université McGill. Le scientifique développe aussi des logiciels de sécurité chez Ericsson.

Il organise des rencontres bimensuelles portant sur l’éthique de l’intelligence artificielle qui réunissent des gens souhaitant influencer les chercheurs et leurs réflexions sur les appareils qui peuvent apprendre.

«Six nouveaux laboratoires en intelligence artificielle se sont ouverts à Montréal au cours des deux derniers mois, ajoute-t-il. Il est tout à fait logique de vouloir être ceux qui orientent les discussions autour de l’utilisation éthique de ces appareils.»

En novembre, M. Gupta et des chercheurs de l’Université de Montréal ont contribué à la rédaction de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle, qui énumère une série de principes visant à guider l’évolution de l’intelligence artificielle dans la ville et le reste de la planète.

La Déclaration est un projet collectif. Ses créateurs accepteront des commentaires et des idées au cours des prochains mois pour l’amender et la partager avec d’autres informaticiens à l’échelle internationale.

Sept valeurs

Les principes ont été répartis en sept valeurs : bien-être, autonomie, justice, vie privée, connaissance, démocratie et responsabilité.

M. Gupta et une vingtaine de personnes ont récemment discuté de la justice et de la vie privée.

Des avocats, des gens d’affaires et des chercheurs ont parlé de différents enjeux comme la possibilité de lutter contre le fait qu’une poignée d’entreprises du secteur se partagent pouvoir et la richesse.

«Comme s’assurer que tout le monde bénéficie de l’intelligence artificielle? a demandé M. Gupta au groupe. Quel type de décision judiciaire peut-on déléguer à une intelligence artificielle?»

Selon Doina Precup, professeure à l’École d’informatique de l’Université McGill et directrice de la succursale montréalaise de la société britannique DeepMind, ce n’est pas par hasard si Montréal tente de prendre les devants dans le domaine de l’éthique. À l’échelle de la planète, ce secteur commence à être préoccupé des conséquences sociales de l’intelligence artificielle et les valeurs canadiennes favorisent les discussions, juge-t-elle.

«Montréal a une avance parce que nous sommes au Canada, soutient Mme Precup. Le Canada, si on le compare à d’autres parties du monde, a des valeurs différentes qui sont plus orientées vers le bien-être de tout le monde. La culture, le contexte du pays et de la ville comptent beaucoup.»

Affaires

Les épiciers profitent du retrait de la «cenne noire»

VANCOUVER - Les épiceries ont profité du retrait de la pièce d'un cent, selon une jeune chercheuse de l'Université de la Colombie-Britannique.

Christina Cheng, étudiante en économie et en mathématique, a rédigé que les épiciers canadiens ont pu ajouter 3,27 millions $ à leur revenu en arrondissant la somme des factures.

En 2012, le gouvernement fédéral avait annoncé le retrait de la petite pièce de monnaie de cuivre. Depuis ce temps, les paiements et opérations réglés en espèces doivent être arrondis au multiple de cinq cents le plus proche.

L'étudiante de 19 ans voulait savoir si le changement avait profité aux clients ou aux commerces.

«L'arrondissement devient toujours un jeu de devinette, a-t-elle expliqué. C'est un jeu de devinette amusant parce que ça ne peut pas nuire à court terme, en regardant quelques sous. Mais à long terme, je me demandais si cela s'accumulait.»

Curieuse, l'étudiante a profité de ses temps libres pour enquêter sur le sujet.

Premièrement, avec un camarade, elle a passé environ un mois et demi à éplucher plus de 18 000 prix dans des épiceries et a inscrit les données dans une feuille de calculs.

Ils ont découvert que la plupart des prix finissaient par 99 ou 98 sous, des chiffres qui seront arrondis pour des transactions non taxées.

À l'aide de stimulations informatiques, elle a créé des «paniers» avec différents articles. Elle a ajusté différentes variables, dont le nombre d'articles et le montant des taxes, en plus de tenir compte de données de la Banque du Canada sur les méthodes de paiements les plus privilégiées par les consommateurs.

Selon elle, l'impact a été peu important pour les Canadiens, mais chaque épicerie a pu récolter en moyenne 157 $ de plus par année.

En octobre, à Montréal, l'article de Mme Cheng portant sur sa recherche a gagné une compétition de l'International Atlantic Economic Society, qui récompense le meilleur article d'un étudiant au premier cycle universitaire. Son étude devrait être publiée en juin prochain dans le journal de l'organisation.

Karl Littler, du Conseil canadien du commerce de détail, dit que son organisation ne partage pas les conclusions de Mme Cheng.

Selon lui, la méthodologie employée par l'étudiante ne reflète pas les véritables «paniers» d'épicerie. Il avance que la moyenne de la facture d'épicerie se situe à 53 $ et qu'elle est composée d'un plus grand nombre d'articles que ce que l'on retrouve dans la simulation de l'étudiante.

Des membres du conseil ont remarqué - sans étudier la chose en profondeur - que l'arrondissement de la pièce d'un cent bénéficiait équitablement aux épiciers et aux consommateurs, a mentionné M. Littler.

«Il n'y a pas de plan maléfique pour s'emparer des sous», a-t-il souligné.

Christina Cheng a expliqué qu'avec sa recherche, elle avait seulement tenté d'étudier un enjeu qui touche presque tous les jours les Canadiens. Son objectif n'était pas de diaboliser l'industrie alimentaire, a-t-elle assuré.

Affaires

Le litige entre Boeing et Bombardier se transporte devant un tribunal américain

Le litige commercial sur la C Series qui oppose Bombardier et Boeing se transportera lundi devant un tribunal commercial américain qui sera appelé à trancher le conflit.

La Commission américaine internationale pour le commerce entendra les arguments des deux avionneurs quant aux droits punitifs d’environ 300 % avaient été décrétés cet automne à l’endroit de Bombardier par le département américain du Commerce.

Le fardeau repose surtout sur Boeing qui devra expliquer en quoi le contrat de plusieurs milliards de dollars portant sur l’achat de 125 avions de la C Series par le transporteur aérien Delta Air Lines lui porte préjudice.

Dans sa plainte déposée au printemps, l’entreprise américaine reprochait à Bombardier d’avoir profité d’importantes aides financières afin d’offrir des prix « dérisoires » à Delta pour décrocher la commande.

Mais le défi sera de taille : Boeing n’a pas soumissionné pour le contrat de Delta, argumentera Bombardier.

Dernière chance

Cet affrontement représente la dernière chance pour toutes les parties de convaincre la commission avant qu’elle ne rende son jugement final, vraisemblablement en février.

Quoi qu’il en soit, les plus grands syndicats du Canada et du Royaume-Uni ne croient pas que la plainte de Boeing sera rejetée par la commission qu’ils qualifient de « tribunal de pacotille ».

Unifor et Unite the Union estiment que le dossier se retrouvera devant l’Organisation mondiale du commerce.

Affaires

Le ministre Morneau, personnalité du monde des affaires de 2017

OTTAWA - Lorsque le soleil s'est levé sur 2017, le ministre fédéral des Finances Bill Morneau supervisait les premières étapes d'une reprise économique qui allait générer une croissance largement supérieure aux attentes, créer des emplois à une cadence impressionnante et réduire de plusieurs milliards de dollars ses projections de déficits budgétaires.

Comme les choses peuvent changer en un an.

À l'approche de la période des Fêtes, le grand argentier du premier ministre libéral Justin Trudeau panse aujourd'hui ses plaies, après s'être retrouvé pendant des mois au coeur de diverses controverses qui ont jeté de l'ombre sur les bonnes nouvelles économiques.

Si le ministre Morneau a remporté le vote de la personnalité canadienne du monde des affaires de 2017, réalisé auprès des salles de nouvelles des clients de La Presse canadienne, c'est probablement davantage à cause des manchettes des derniers mois.

Bill Morneau a remporté 50 % du vote, dont le bulletin comptait neuf candidats. Ceux-ci comprenaient notamment sa collègue du ministère des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, le chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, et la proverbiale épine dans le pied de M. Morneau : le propriétaire de petite entreprise.

La période de difficultés de M. Morneau a connu un lent départ, avec le dévoilement discret de son projet de réforme fiscale, au beau milieu de l'été. Dans les semaines suivantes, cependant, plusieurs complaintes se sont fait entendre de la part de propriétaires d'entreprises furieux, de médecins, d'experts en fiscalité et même de simples députés de son propre parti.

Plus tard dans l'automne, le prospère ex-homme d'affaires a été pris d'assaut par diverses questions d'ordre éthique sur la façon dont il gérait ses actifs personnels depuis son accession au poste de ministre des Finances. Plus récemment, des allégations de conflit d'intérêts ont convaincu la commissaire à l'éthique d'ouvrir une enquête formelle sur M. Morneau.

Ses opposants politiques ont joué un grand rôle en exerçant sur lui une certaine pression et en l'alimentant. Celle-ci a atteint son paroxysme à la fin du mois dernier, lorsque le chef conservateur Andrew Scheer a demandé la démission de M. Morneau.

À ce moment, le ministre s'était déjà fait demander s'il regrettait de s'être lancé en politique.

«Absolument pas», avait-il répondu à la sortie d'un événement à Montréal, le 17 octobre.

«Je sais que nous avons toujours des choses à faire et, pour moi, c'est un grand privilège d'avoir l'occasion d'être dans une équipe qui va faire de très importantes choses pour les gens ici, pour le reste du pays. Je voudrais continuer à faire ce travail.»

Année «calamiteuse»

Les difficultés de M. Morneau dans la deuxième moitié de 2017 ont fait les manchettes pendant des mois, ce qui en a fait un choix évident pour les journalistes économiques qui ont participé au sondage annuel de La Presse canadienne.

«Ça a été une année calamiteuse pour Bill Morneau», a estimé Bill McGuire, directeur des pages de nouvelles et d'opinions du Guardian de Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard.

«Peut-être qu'un ministre moins compétent aurait été congédié ou aurait remis sa démission il y a des mois. Malgré tout, il reste en contrôle. Il mérite certainement le titre de personnalité de l'année.»

Daniel Tencer, responsable des pages économiques chez Huffington Post Canada, a estimé que M. Morneau symbolisait soit la richesse démesurée et l'excès, ou la lutte contre eux. Tout dépendant de la personne à qui on le demande.

«Certainement, l'opposition au Parlement a tenté de dépeindre Morneau comme un libéral élitiste déconnecté - quelqu'un d'aisé qui tente de cacher sa propre fortune des yeux du public», a observé M. Tencer. «Que ce soit vrai ou pas, Bill Morneau s'est vigoureusement opposé à ce portrait, et malgré tout, cette image semble lui coller à la peau, au moins dans une certaine mesure.»

Matt Goerzen, rédacteur en chef du Brandon Sun, a noté que les propositions fiscales fédérales étaient devenues une des principales inquiétudes de son lectorat. Le journal a reçu une tonne de commentaires et de lettres de gens furieux, particulièrement de la part d'entreprises locales et du secteur agricole.

«Le ministre Morneau a été dans l'oeil de cet ouragan pendant que l'attention passait de la réforme fiscale aux intérêts personnels de M. Morneau», a écrit M. Goerzen. «Cette histoire, qui n'est pas terminée, a fait couler beaucoup d'encre et utilisé beaucoup de temps d'antenne.»

M. Morneau a commencé à attirer l'attention nationale alors que la grogne se faisait de plus en plus entendre face à la réforme fiscale, à la fin de l'été.

Depuis le début, il avait fait valoir que les changements visaient à injecter une dose de justice dans le système fiscal pour la classe moyenne. L'objectif primaire de la réforme, insistait le ministre, était de cibler les individus les plus fortunés qui ont utilisé l'incorporation de leur petite entreprise pour obtenir un avantage injuste.

Mais dans le climat de mécontentement croissant, M. Morneau a éventuellement été forcé de faire marche arrière et d'abandonner certains éléments de son plan.

Affaires personnelles

Mais pendant ce temps, des questions commençaient à se faire entendre au sujet des affaires personnelles du ministre.

La commissaire fédérale à l'éthique a donné une amende de 200 $ à Bill Morneau pour avoir omis de dévoiler son rôle d'administrateur dans une entreprise privée qui détient une villa en France. Le ministre avait déclaré la propriété de la villa à Mary Dawson, mais en raison de ce que son bureau a qualifié d'erreur administrative, il n'avait pas donné de précision sur la structure de propriété.

Puis, l'attention s'est tournée vers ses actions dans Morneau Shepell, la grande firme de ressources humaines qu'il a mise sur pied avec son père - et où il occupait le poste de président exécutif jusqu'à sa victoire électorale, à l'automne 2015.

La critique s'est intensifiée lorsqu'il a été révélé que le ministre n'avait pas placé sa participation dans Morneau Shepell dans une fiducie sans droit de regard après avoir été nommé au cabinet - une décision qui, selon M. Morneau, avait été prise après avoir consulté Mme Dawson.

La commissaire à l'éthique lui avait indiqué en 2015 qu'il n'avait pas besoin de se départir de ses actions ou de les placer dans une fiducie sans droit de regard parce qu'elles étaient détenues indirectement dans une société à numéro. Mme Dawson lui a plutôt recommandé de mettre en place un écran de conflits d'intérêts pour s'assurer qu'il ne soit pas impliqué dans les discussions ou les décisions qui pourraient profiter à Morneau Shepell.

En réaction à cette controverse, Bill Morneau a vendu le reste de ses actions dans Morneau Shepell, qui valaient environ 21 millions $. Il a donné à des oeuvres de charité la différence entre leur valeur au moment de la vente et leur valeur en 2015, lors de son élection - estimée à environ 5 millions $ - et promis de placer ses autres actifs dans une fiducie sans droit de regard.

Puis sont venues les allégations de conflit d'intérêt par rapport à un projet de loi sur les régimes de retraite, qu'a piloté par M. Morneau. Certains opposants soutiennent que cette réforme bénéficierait à l'ancienne firme de M. Morneau.

M. Morneau a nié être en conflit d'intérêts, mais la commissaire Dawson a ouvert une enquête formelle à ce sujet.

Piqué au vif

Mais Bill Morneau n'était pas encore au bout de ses peines. Les conservateurs ont ouvert une nouvelle ligne de front, en l'accusant de liquider ses actions de Morneau Shepell à la fin de 2015, une semaine avant qu'il fasse passer une nouvelle réglementation qui a fait chuter la valeur de ses actions d'un demi-million de dollars.

Piqué au vif, le ministre des Finances - bien conscient de l'ironie voulant que les mêmes personnes qui l'accusaient de détenir des actions le pourchassaient désormais pour les avoir vendues - a fulminé contre les insinuations de délit d'initié et a menacé de poursuivre toute personne qui les répéterait sans être protégée par le privilège parlementaire.

«Je pense avoir une bonne idée de la raison pour laquelle les membres de l'opposition cherchent à créer des théories du complot sorties de nulle part», avait clamé M. Morneau pendant la période des questions.

«Je pense que leur objectif est de détourner le regard des Canadiens de ce qu'ils ne veulent pas qu'ils comprennent, que les politiques que nous avons mises en place font une différence énorme pour les familles canadiennes.»

Quelques jours plus tard, Andrew Scheer a réclamé la démission de Bill Morneau, puis a demandé au premier ministre Trudeau de renvoyer son ministre, soulignant qu'il a démontré un «irrespect scandaleux» envers les Canadiens.

Justin Trudeau est toutefois resté fidèle à son homme.

«Les inventions et les attaques personnelles, les lynchages publics, le tout caché derrière les privilèges parlementaires, ce n'est pas ce à quoi les Canadiens s'attendent de cet endroit», avait alors mentionné M. Trudeau.

Pendant combien de temps encore maintiendra-t-il sa confiance envers son ministre?

«Il est évident que l'avenir politique de Morneau est incertain», a affirmé Daniel Tencer.

«Si les libéraux parviennent à reprendre le contrôle du discours pour vendre au public la réforme fiscale comme étant un succès, alors je pense que Morneau sera en poste pour quelque temps encore à titre de ministre des Finances.»

Affaires

L’accord Canada-UE pourrait ralentir les exportations américaines de homard

Un accord commercial entre le Canada et l’Union européenne pourrait nuire aux exportations américaines de homard.

La période des Fêtes est généralement occupée pour les exportateurs américains de homard, parce que le crustacé provenant d’Amérique du Nord est populaire dans certains pays européens. Mais le Canada et l’Union européenne ont négocié cette année un accord qui élimine les droits de douane sur les exportations canadiennes de homards vers le regroupement de 28 pays.

Le Canada, l’autre grand pays qui pêche le homard, dispose maintenant d’un avantage économique face aux États-Unis. Des membres du secteur américain du homard, établi en Nouvelle-Angleterre, ont affirmé que les exportations vers l’Europe étaient plutôt normales cette année, mais ont dit craindre ce que leur réserve l’avenir.

«Il y aura plus de pression pour les commandes de Noël et l’année prochaine, il y en aura encore plus», a déclaré Spencer Fuller, un acheteur de homard pour Cozy Harbor Seafood une entreprise de Portland dans le Maine.

Les nouvelles règles commerciales de la Loi de mise en oeuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) ont franchi leur dernier obstacle en mai. Les droits de douane sur le poisson et les produits de la mer étaient en moyenne de 11 pour cent et l’Union européenne est le plus grand importateur de produits de la mer au monde, ayant importé près de 300 millions $ de homard américain et canadien l’an dernier.

Les exportations canadiennes de homard vers l’Union européenne ont crû de 88 millions $ CAN en 2013 à plus de 192 millions $, l’an dernier, selon des données du gouvernement canadien.

Selon Stephanie Nadeau, la propriétaire de The Lobster Company à Arundel, dans le Maine, les règles commerciales pourraient finir par faire mal aux expéditeurs américains pendant les périodes les plus lentes de l’année.

«Ça nous place dans une situation très désavantageuse, a-t-elle ajouté. Quand c’est lent, ça va vraiment faire mal aux exportations.»

La demande durant les périodes occupées comme Noël pourrait être suffisante, a-t-elle estimé, mais elle pourrait s’effriter pendant la saison basse.

Affaires

Ruée vers l'or noir gaspésien

Maintenant que l’île d’Anticosti est soustraite à l’exploration pétrolière et gazière, les prospecteurs d’or noir évoluant au Québec concentrent l’essentiel de leurs efforts en Gaspésie, dont ils rêvent d’extraire les hydrocarbures. Mais en trouveront-ils beaucoup, et comment l’exploiteront-ils? Le Soleil dresse un portrait de la situation, avec description des principaux acteurs en présence.

GASPÉ — «Je ne crois pas que la Gaspésie va devenir la nouvelle Alberta. Les roches sont bien différentes. En Alberta, les roches sont plus jeunes, donc elles ont un plus grand potentiel d’avoir conservé les hydrocarbures», tranche le géologue Denis Lavoie, de la Commission géologique du Canada.

En Gaspésie, où la roche est plus ancienne, les hydrocarbures suintent à la surface, un signe que les réservoirs sont «mal scellés», dit M. Lavoie, qui ajoute qu’il y a tout de même «un potentiel» dans la région.

Les estimations présentées par Pieridae Energy quant au pétrole en place sur sa propriété de Bourque font l’objet d’une «grande incertitude», prévient-il.

Pieridae, qui a récemment acquis Pétrolia, annonce que cette quantité de pétrole à Bourque se situe entre 256 millions et 1,6 milliard de barils, selon la firme-conseil albertaine Sproule Associates.

«Il faut toujours faire attention avec ces rapports d’évaluation. Ils peuvent être excessivement exacts ou complètement à côté de la réalité», dit-il.

Pieridae a récolté des données dans deux puits à Bourque, entre Grande-Vallée et Murdochville. «On peut faire des évaluations avec un seul puits. Dans l’Ouest canadien, ils font des évaluations avec 1000 puits. Le logiciel va toujours sortir des chiffres.» Dans le cas de Bourque, «la grande étendue de cette fourchette montre qu’on n’a pas beaucoup d’information, qu’il y a une grande incertitude», indique Denis Lavoie.

Fracturer ou pas?

En Gaspésie, les débats se concentrent sur ce point : faudra-t-il fracturer ou pas? La technique fait craindre la contamination des nappes d’eau souterraine.

«Dans tous les réservoirs actuels, il se fait de la fracturation», souligne M. Lavoie. Dans les gisements conventionnels, cette technique permet d’augmenter la production. Mais elle s’emploie de manière différente, explique le géologue.

«Dans les gaz de schiste, on fracture à de multiples endroits, 30 ou 40, dépendant de la longueur du forage. Dans des réservoirs plus conventionnels comme Galt et Bourque, seulement certaines zones doivent être fracturées.» La pression utilisée est aussi moindre.

Junex prétend qu’elle n’aura pas besoin de fracturer pour produire du pétrole sur sa propriété de Galt. «Ils ont été peut-être très chanceux de rencontrer une zone excessivement fracturée», concède Denis Lavoie.

Docteur en génie géologique et enseignant universitaire à la retraite, Marc Durand s’est fait connaître récemment pour ses écrits sur l’île d’Anticosti, un secteur auquel il a consacré 10 000 heures de travail, notamment sur la fracturation, qu’il déconseille avec beaucoup de vigueur.

«La fracturation, c’est comme pêcher à la dynamite dans un lac […] Avec la fracturation en gisements non conventionnels, on augmente de 10 0000 à 1 million de fois la perméabilité du milieu géologique perturbé par l’opération. C’est un processus irréversible. On ne sait plus où va le fluide de fracturation», dit M. Durand, parlant des centaines de milliers de litres de produits chimiques ajoutés à l’eau par les firmes pour briser la roche.

Il précise ne pas avoir étudié la Gaspésie en détail, bien qu’il ait lu l’essentiel de la documentation accessible, moins volumineuse que pour Anticosti. Il assure ne faire partie d’aucun mouvement écologiste.

«Il faut rappeler que de la pointe de la Gaspésie jusqu’au sud de la Caroline, la zone des Appalaches, personne n’a jamais trouvé de gros gisement conventionnel. D’après ce que je lis, la fracturation à Haldimand sera très certainement nécessaire, et probablement à Bourque. Galt pourrait être l’exception», analyse l’ingénieur Durand.

«L’exploitation d’un gisement conventionnel permet généralement d’en retirer tout le pétrole, ou presque. En fracturation dans un gisement non conventionnel, on retire entre 5 et 20 % du pétrole qui s’y trouve. Mais on perturbe des centaines de milliers de mètres cubes de sol sur lesquels on n’a ensuite aucun contrôle. Le pétrole circule encore quand le puits est fermé. On entend les compagnies dire qu’elles bouchent le puits de façon sécuritaire. Ce n’est pas sérieux. La tête de puits, c’est seulement quelques mètres à la surface. C’est plus profond dans le sol que se situe le vrai problème. Une compagnie peut parfois exploiter le pétrole ou le gaz de schiste de façon rentable, mais ce n’est jamais rentable pour la société», analyse M. Durand. 

«Dans 30 ou 40 ans, ces têtes de puits auront des fuites, parce qu’elles ne sont pas entretenues, les compagnies seront parties et la facture reviendra à la société. On peut dire qu’un pont dure 800 ans, mais si on ne l’entretient pas, il tombera», conclut M. Durand.

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Affaires

Normand : de la roue à la souffleuse

Le Soleil fête cette année ses 120 ans. Dans la région de Québec, plusieurs autres entreprises peuvent se vanter d’avoir atteint et même dépassé cet âge vénérable. Nous vous en présenterons quelques-unes au fil de l’année. Aujourd’hui : Normand

SAINT-PASCAL — La compagnie Normand de Saint-Pascal de Kamouraska n’a peut-être pas inventé la roue. Mais, au cours de ses 160 ans d’histoire tracée par cinq générations, l’entreprise familiale peut se targuer d’en avoir fabriqué une multitude. Son histoire a débuté par la conception d’une première roue de bois. Aujourd’hui, elle se poursuit par la production de milliers d’unités d’équipements agricoles et de déneigement.

En 1857, le charpentier François Normand commence, de façon artisanale, à fabriquer des roues de bois pour voitures de ferme. Il confectionne aussi des brouettes et des moulins à battre. «Il avait une boutique à l’arrière de sa maison, dans le 3e Rang de Saint-Pascal», raconte son arrière-arrière-petit-fils, Marc Normand, qui est l’actuel directeur de l’administration, des ventes et du marketing de l’entreprise.

Une brouette par jour

En 1859, le fondateur signe un contrat qui propulse son entreprise. Pendant la construction du chemin de fer reliant Lévis à Rivière-du-Loup, François Normand s’engage à fabriquer une brouette par jour, sept jours par semaine. «La brouette a été, dans l’histoire de la compagnie Normand, présente pendant environ cent ans, soit jusqu’à la fin des années 1960», souligne Marc Normand. Pendant plus d’un siècle, les brouettes Normand se sont adaptées au marché et se sont transformées. De la roue de bois à bandage de fer, on est passé à la roue à bandage de caoutchouc, puis à celle avec un pneu. «Il y a tout le temps eu une évolution, précise-t-il. Il y a aussi eu de nouveaux modèles, même pour enfant.»

En 1880, le pionnier s’établit dans le village de Saint-Pascal, sur les mêmes terrains toujours occupés par la compagnie. «Il a commencé par une première usine, relate son arrière-arrière-petit-fils. C’était un bâtiment de trois étages et il habitait au troisième.»

Affaires

RONA offrira la livraison par colis

Après l’enseigne Réno-Dépôt, RONA offrira également en 2018 aux consommateurs la possibilité de se faire livrer par la poste leurs marchandises, a appris Le Soleil.

En octobre, Lowe’s Canada annonçait dans le cadre de son virage numérique le déploiement à travers le pays d’un service de livraison de colis à domicile pour sa bannière Réno-Dépôt. La chaîne de quincailleries s’est associée avec Purolator et Postes Canada dans cette aventure. 

Maintenant, la société américaine souhaite intégrer cette nouvelle offre à son programme de commerce électronique chez RONA. Les commandes seront expédiées dans un délai de 48 heures.

«Le commerce électronique prend de plus en plus de place. C’est énorme. Nous avons doublé nos chiffres», indique Serge Éthier, vice-président exécutif chez RONA Proximité. «Nous faisons présentement du click and collect et de la livraison par camion. À partir du printemps 2018, il va y avoir de la livraison par colis. Il faut savoir s’adapter aux consommateurs», poursuit le patron. 

Ce dernier n’est toutefois pas en mesure de cibler une date précise pour le lancement. Des travaux visant à moderniser certains systèmes informatiques de marchands affiliés sont en cours.

Métamorphose

Vendredi, Le Soleil a visité le nouveau concept de magasin RONA, installé au 1415, rue Métivier, à Lévis. L’investissement a été de 2,5 millions $ pour la succursale âgée de 17 ans. Il s’agit du deuxième magasin de la chaîne, après celui de Longueuil, à subir une cure de jouvence. 

Une quinzaine de points de vente — petites et moyennes surfaces ou ce qu’on nomme dans leur jargon un magasin de proximité — à travers le Canada adopteront d’ici 2019 les nouveaux standards de la compagnie, entre autres davantage d’aires ouvertes et une meilleure luminosité. La facture totale du chantier devrait avoisiner les 40 millions $, estime la direction.

«Nous avons choisi Lévis pour faire des rénovations, car nous évaluons l’âge et le potentiel de l’endroit», explique M. Éthier, précisant qu’un magasin de Boucherville sera aussi métamorphosé ainsi que le RONA Québec situé sur le boulevard de l’Ormière. 

Une dizaine d’autres succursales à travers le pays seront annoncées au cours des prochains mois. Aucune ouverture ne figure toutefois à l’échéancier pour 2018.

«Dans nos magasins de proximité, entre 40 et 50 % de nos produits sont vendus à des professionnels», souligne le vice-président, pour expliquer certains changements dans l’inventaire et l’ajout d’un comptoir dédié aux entrepreneurs à Lévis.

Dans cette nouvelle succursale, où les travaux ont duré huit semaines, les produits saisonniers ainsi que les électroménagers sont à l’avant-plan. L’espace services-conseils a également été bonifié afin d’offrir la possibilité aux clients de réaliser «un projet du début à la fin». «On souhaite offrir une solution complète», dit M. Éthier. 

Nouvelles réalités

Ce dernier précise aussi avoir revu en partie son offre de produits afin de répondre aux nouvelles réalités du marché de la rénovation. «Aujourd’hui, avec les aires ouvertes dans les résidences, c’est beaucoup moins de moulures et de murs. Pour les lumières, c’est des encastrées. On vend aussi moins de peinture», énumère celui qui travaille dans le commerce de détail depuis une trentaine d’années.

Rappelons que Lowe’s (NYSE : LOW) avait acheté en 2016 ces deux détaillants de matériaux de construction dans une transaction de 3,2 milliards $.

Pour le RONA L’Entrepôt de Québec, près des Galeries de la Capitale, aucun plan de modernisation ne figure «à court terme» dans les cartons. Les propriétaires de l’enseigne avaient toutefois mentionné en 2016 que les grandes surfaces (+ 100 000 pieds carrés) allaient être transformées en Lowe’s, dont l’offre pour des projets «clé en main» est plus importante. 

«Pour l’instant, c’est un RONA, mais je ne peux pas dire pour le futur», conclut M. Éthier.

Chez Réno-Dépôt, la bannière a récemment inauguré un nouveau prototype de magasin du côté de Sherbrooke. Il s’agit d’une transformation d’une succursale RONA L’Entrepôt.

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RONA DE LÉVIS EN CHIFFRES

- 2,5 millions $ d’investissement

- 8 semaines de travaux

- 70 employés

- 46 615 pieds carrés de superficie du magasin

- 48 159 pieds carrés de superficie pour la cour à bois extérieure

Source : RONA

Affaires

Coup d'œil sur les prêteurs hypothécaires

On parle souvent du marché des ventes commerciales, de maisons ou de copropriétés qui oscillent vers le haut et le bas chaque mois. Mais qui sont les principaux prêteurs hypothécaires du Québec? Le portail Nominis a réalisé une étude pour le mois d’octobre.

- 37 % des Québécois ont fait affaire avec des responsables du Mouvement Desjardins au mois d’octobre pour une demande ou un refinancement de prêt hypothécaire, comparativement à 32 % en 2016. La Banque Nationale du Canada arrive au deuxième rang avec 11 % (- 2 %) des parts de marchés et la Banque Royale du Canada au troisième échelon avec 10 % (+2 %).

- 30 125 ventes ont été enregistrées durant le mois d’octobre à travers la province, une diminution de 3 % comparativement à la même période l’an dernier.

- 93 % des parts de marchés des nouvelles hypothèques sont contrôlées par les 10 plus gros prêteurs, soit Desjardins, BNC, RBC, Banque TD, BMO, CIBC, BNS, Banque Laurentienne, ComputerShare et Manuvie.

- 6 % des parts du marché hypothécaire au mois d’octobre sont réparties à travers 720 autres prêteurs, dont la majorité provienne du secteur privé. En octobre 2016, leurs parts étaient de 8 %.

- 27 % des hypothèques enregistrées au mois d’octobre ont été pour des ventes récentes, selon l’analyse du portail Nominis.  

Affaires

La SAQ de l’avenue Cartier, trop chère à 5 millions $?

VÉRIFICATION FAITE

- L’AFFIRMATION

La Société des alcools du Québec (SAQ) a investi 5,28 millions $ pour demeurer sur l’avenue Cartier. A-t-elle payé le prix fort, comme l’indiquait mercredi La Presse canadienne, pour conserver le site où elle était locataire depuis 1987?

- LES FAITS

Cherchant un local «d’une superficie supérieure», en septembre 2011, la SAQ avait procédé à un appel d’offres afin de dénicher un nouveau toit sur l’avenue Cartier. Aucun promoteur immobilier n’avait levé la main.

Deux ans plus tard, la société d’État signait une promesse d’achat avec la société de gestion Marcel Bédard inc., propriétaire du local commercial. Le 24 mars 2016, la SAQ devenait propriétaire de sa partie de l’édifice dans une transaction de 2,25 millions $.

Ce local «présente une localisation idéale dans ce secteur commercial de la ville très recherché où les locaux susceptibles de convenir aux besoins de la SAQ sont très rares, voire inexistants» avance la direction pour expliquer sa décision. Elle précise aussi que malgré le fait qu’elle occupait la chaise de locataire, elle devait débourser des sommes importantes pour effectuer les travaux de maintien de sa partie du bâtiment. «Nous n’avions pas un bail clé en main dans lequel les coûts d’aménagement sont inclus comme c’est habituellement le cas». 

De façon générale, la société d’État loue ses locaux plutôt que les acheter. Elle est d’ailleurs propriétaire de seulement 6 de ses 407 succursales. 

Fait intéressant, selon l’évaluation municipale de la Ville de Québec, datant de 2014, la valeur du local et du terrain achetés par la SAQ était de 1 625 000 $, soit une différence de 625 000 $ avec le montant déboursé. 

Toutefois, ce chiffre est à prendre avec des pincettes. Il est préférable de mesurer le montant de la transaction avec d’autres ventes réalisées dans ce secteur au cours des dernières années. 

Selon des données de la firme d’évaluation immobilière Côté Conseil Immobilier (CCIMMO), la SAQ a payé 443 $ du pied carré pour devenir propriétaire. Pour son analyse, basée sur la vente de locaux commerciaux d’au moins 500 000 $, CCIMMO s’est servi des données des plans cadastraux déposées au Registre foncier du Québec (5080 pieds carrés pour la SAQ) et du montant des transactions.

Pour bien se situer, voici quelques comparaisons. 

En 2013, l’enseigne Ernest avait déboursé 642 $ du pied carré pour acheter un local sur la rue Saint-Jean et les propriétaires de la bannière Sport et Chic avaient déboursé 249 $ du pied carré pour faire une acquisition sur la même rue. 

En 2016, la facture pour le Centre Dentaire Alina Petcoulescou, sur la Grande Allée, a été de 410 $ et, finalement, en 2017, le studio Tattoo Shack a déboursé 532 $ du pied carré pour devenir le seul patron de son commerce sur la rue Saint-Jean. 

Pour répondre à ses besoins, la société d’État cherchait un local d’au moins 5500 pieds carrés, note au Soleil la direction. «Il n’y avait pas de local disponible d’une telle superficie. Ce qui se rapprochait le plus était un local d’environ 3000 pieds carrés situé au 120, René-Lévesque. C’était ce qui avait de plus grand», confirme Jean-Pierre Bédard, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du quartier Montcalm.

Maintenant, pour la facture des travaux. 

L’évaluation de la SAQ était initialement de 3 millions $. En novembre, la facture avoisinait les 2,6 millions $, incluant une facture de 800 000 $ pour des travaux d’excavation, indiquait La Presse canadienne. La durée prévue du chantier était de 8 mois, mais il a été réalisé en 11 mois. La superficie de l’établissement est passée «de 5140 à 5700 pieds carrés», affirme la SAQ.   

À ces dépenses, il faut également ajouter 212 000 $ pour l’aménagement et le loyer du local temporaire. Et 218 000 $ pour renouveler l’équipement.

Ce qui porte la facture totale du projet à 5,28 millions $. Par pied carré, la nouvelle succursale de la SAQ aura coûté 889 $.

Il est difficile, voire impossible, de trouver un projet similaire. Plusieurs facteurs varient d’un chantier à l’autre, notamment l’âge d’un bâtiment et son emplacement géographique.

Parmi les projets que la SAQ a réalisés dernièrement dans la région, l’ouverture de la succursale de 16 000 pieds carrés — sur deux étages — dans le Complexe Jules-Dallaire avait coûté 2,14 millions $. Il faut tenir en compte que dans le cas de la succursale du boulevard Laurier, il s’agissait de travaux d’aménagement d’un bâtiment neuf alors que pour la succursale Cartier, on parle de travaux structuraux, de remise à niveau d’un vieux bâtiment. Par pied carré, cette succursale a représenté des frais de 133,75 $.

La même année, la société d’État prévoyait aussi agrandir son centre de distribution de la rue Einstein. L’établissement de 270 000 pieds carrés a été agrandi de 87 500 pieds carrés. Le coût des travaux a été 10,4 millions $. 

- LE VERDICT

La SAQ n’a pas payé un prix démesuré pour l’achat de son local, si on compare la transaction avec d’autres dans ce secteur. Et il semble que la société d’État n’avait pas d’autres possibilités si elle souhaitait demeurer sur la rue Cartier. Pour les travaux, la facture représente des frais de 456 $ par pied carré, ce qui en fait un projet «unique et difficilement comparable» comme l’indique la société d’État.