Affaires

Airbus acquiert une participation majoritaire dans la CSeries

Deux ans après des discussions qui ont avorté, le géant européen Airbus prend le contrôle de la CSeries de Bombardier (TSX:BBD.B) en devenant l’actionnaire majoritaire de ce programme.

Les deux avionneurs ont annoncé une entente de principe, lundi soir, quelques jours après que les États-Unis eurent imposé des tarifs punitifs préliminaires d’environ 300 % sur la CSeries à la suite d’une plainte de Boeing - le rival d’Airbus.

Si le siège social de la société en commandite de la CSeries demeurera au Québec, c’est toutefois dans l’État américain de l’Alabama que sera implantée la deuxième ligne d’assemblage de l’avion pouvant transporter de 100 à 150 passagers.

Actuellement, l’assemblage final de cette famille d’avions s’effectue dans les installations de la multinationale québécoise situées à Mirabel, dans les Laurentides.

Ce partenariat devrait contribuer à faire diminuer significativement les coûts de production de la CSeries en bénéficiant de l’expertise de la société européenne, font valoir les deux entreprises.

«Cela permettra à la CSeries d’accéder à un autre niveau, a commenté le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, au cours d’une conférence téléphonique. C’est le partenariat parfait pour nous, le Québec et le Canada.»

Le grand patron de l’avionneur a affirmé que la nouvelle ligne d’assemblage aux États-Unis n’allait pas faire disparaître des emplois à Mirabel.

«Notre rythme de production est encore faible et il doit augmenter, a dit M. Bellemare. Airbus va accélérer l’élan au chapitre des ventes. Nous croyons pouvoir décrocher plus de commandes sous l’égide d’Airbus qu’en continuant seuls.»

De son côté, le chef de la direction d’Airbus, Tom Enders, a évoqué une transaction «gagnante» pour tous les joueurs impliqués.

Il a indiqué que les discussions entre les deux parties ont débuté en août, ajoutant que la dispute commerciale entre Bombardier et Boeing n’avait rien à voir avec le rapprochement des deux entreprises.

Selon M. Enders, le partenariat permettra de consolider les activités entourant la CSeries au Canada et au Royaume-Uni en plus de créer de nouveaux emplois aux États-Unis.

Pour sa part, la ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade, a estimé que l’annonce vient confirmer la pérennité du programme de la CSeries et qu’elle devrait profiter à l’industrie aéronautique québécoise.

«Dans le contexte actuel, ce partenariat avec Airbus est, pour nous, la meilleure solution afin de s’assurer que la création d’emplois puisse continuer», a-t-elle fait savoir par voie de communiqué.

La participation du gouvernement du Québec dans le programme phare de Bombardier, en vertu de son investissement de 1 milliard $ US, passera ainsi de 38 % à 19 %.

À la clôture de la transaction, Airbus doit acquérir une participation de 50,01 %. Bombardier détiendra environ 31 %.

Le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a pour sa part affirmé qu’«à première vue, le nouveau partenariat (...) aiderait à mettre la CSeries sur la voie du succès».

Le ministre fédéral a rappelé que le gouvernement doit évaluer si une entente de cette envergure est dans l’«intérêt national», étant assujettie à la Loi sur Investissement Canada.

En vertu de cette loi qui est de son ressort, M. Bains a indiqué qu’il évaluera «dans quelle mesure (l’entente) profitera aux Canadiens, viendra soutenir notre secteur de l’aérospatiale et créera de bons emplois».

«La CSeries s’impose à la tête de l’industrie sur le plan de la conception, du rendement et des normes environnementales. C’est la référence en matière d’excellence dans la catégorie des avions à fuselage étroit, et une innovation canadienne de pointe. Il n’est pas étonnant que la CSeries suscite de l’intérêt de toutes parts», a déclaré le ministre par communiqué.

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Affaires

Olympus NDT Canada inaugure son nouvel immeuble

Olympus NDT Canada a inauguré en grandes pompes, lundi, son nouvel immeuble de 37 millions $ dans l’Espace d’innovation Michelet. À un jet de pierre de là, le nouveau siège social d’Eddyfi Technologies lève de terre. Pour ne pas être en reste, cette dernière annonçait, lundi, l’acquisition d’une technologie britannique au coût d’une dizaine de millions $. Décidément, l’écosystème du contrôle non destructif — qui inclut également Sonatest, Zetec et Creaform — se porte bien à Québec.

Le nouveau complexe de fabrication de la multinationale japonaise dans l’Espace d’innovation Michelet a tellement impressionné le président d’Olympus NDT Canada et aussi d’Olympus Scientific Solutions Americas qu’il a choisi de déménager ses pénates de Boston à Québec!

«C’est pour vous dire à quel point je suis enthousiaste à l’idée de cette nouvelle aventure qui débute pour Olympus, ses employés et la Ville de Québec», a déclaré Kenji Kowata à l’occasion, lundi, de l’inauguration de l’édifice d’Olympus NDT dans la capitale.

Le président d’Olympus Corporation, Hiroyuki Sasa, le consul général du Japon à Montréal, Hideaki Kuramitsu, et le maire sortant de Québec, Régis Labeaume, entre autres, ont participé à l’événement protocolaire.

Affaires

Eddyfi acquiert une firme britannique

Le Royaume-Uni est un terreau fertile pour Eddyfi Technologies. L’entreprise investit 10 millions $ pour mettre le grappin sur une technologie développée par Plant Integrity.

Lundi, la compagnie de Québec qui conçoit et commercialise des équipements et des logiciels d’inspection destinés aux contrôles non destructifs — les CND comme on dit dans le milieu — a annoncé sa troisième acquisition (après Silverwing et TSC Inspection Systems) en sol britannique en l’espace de 16 mois. La facture des investissements sur ce territoire s’élève maintenant à plus de 50 millions $. 

Grâce à cette transaction, l’entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain, qui déménagera en juillet 2018 à l’Espace d’innovation Michelet, agrandit sa famille d’environ 25 nouveaux cerveaux, pour atteindre les 250 travailleurs à travers le monde, dont 135 dans la capitale. 

Les employés de Plant Integrity impliqués dans la transaction déménageront dans de nouveaux locaux dans la région de Cambridge, au Royaume-Uni, au cours des prochains mois, précise la direction. Ceux basés au pays de Donald Trump s’installeront dans les bureaux d’Eddyfi à Houston, au Texas. 

Développée et commercialisée jusqu’à présent par Plant Integrity, une filiale de The Welding Institute (TWI), la technologie à ondes guidées nommée Teletest permettra à Eddyfi «d’élargir son portefeuille» pour ses clients. Le procédé consiste à utiliser des ultrasons à ondes guidées de longue portée pour détecter la corrosion dans les canalisations et les pipelines.

«C’est une technologie qui était très sobrement commercialisée depuis près de 20 ans. Elle génère un chiffre d’affaires entre 5 et 10 millions $. Les ventes étaient réalisées dans 45 pays», indique au Soleil le président et chef de la direction d’Eddyfi, Martin Thériault, précisant qu’il n’achète pas le centre de recherche, mais bien la technologie et les employés responsables du produit. «Nous croyons que l’accès à notre réseau mondial de ventes, ainsi que des investissements importants en recherche et en développement de nouveaux produits permettront de proposer de nouvelles possibilités au produit Teletest», poursuit-il.

Dans le cadre de cette transaction, l’entreprise de la capitale a créé l’unité commerciale Teletest. «Des emplois vont être créés à Québec en recherche et en développement du produit», dit M. Thériault.

Cette quatrième acquisition d’Eddyfi s’inscrit dans le plan de croissance de la compagnie qui brasse actuellement un chiffre d’affaires de 50 millions $. Le grand patron souhaite atteindre les 100 millions $ d’ici 2020. Il espère aussi compter près de 200 travailleurs dans son antre à Québec. D’ailleurs, pour le nouveau siège social de 54 000 pieds carrés, un investissement de 13,75 millions $, les travaux vont bon train.

36,5 M$ de la Caisse

En mars 2016, la Caisse de dépôt et placement du Québec annonçait un investissement de 36,5 millions $ dans Eddyfi afin d’appuyer la réalisation de son expansion à l’international. Ses clients sont des dirigeants de centrales nucléaires, de pétrolières, de minières et d’entreprises issues du domaine de l’aéronautique.

Actuellement, Eddyfi dessert des clients dans plus de 80 pays. Et d’autres acquisitions sont à prévoir en 2018, parole du président. 

«C’est l’objectif, on continue de regarder. Nous avons plusieurs sites», avance M. Thériault. «Nous aimerions renforcer notre présence en Chine à court terme», conclut l’homme d’affaires, qui détient une dizaine d’installations — des bureaux de vente et des usines — à travers le monde.

Affaires

Indemnités et carte cadeau de chez Metro pour les employés licenciés de Provigo

La saga de l’entrepôt Provigo à Québec semble tirer à sa fin. Les 400 travailleurs de l’établissement recevront finalement leur chèque pour les indemnités de licenciement collectif et... une carte cadeau de chez Metro.

Dans une missive transmise aux anciens employés, dont Le Soleil a obtenu une copie, la CSN invite les travailleurs à se présenter le 22 octobre au sous-sol du 155, boulevard Charest Est, à Québec.

«En plus de la distribution des chèques, de l’entente avec Loblaws, vous recevrez des cartes cadeaux de Metro, 100 $ pour les temps partiel et 200 $ pour les temps plein; ces montants ont été votés lors de l’assemblée générale du 2 octobre 2016 et représentent la dissolution de la caisse syndicale», peut-on lire dans le document de la CSN.

En septembre, Le Soleil révélait que les 400 travailleurs de l’entrepôt du parc industriel Armand-Viau n’avaient toujours pas été payés depuis la fermeture de l’établissement le 22 juin 2010. Pour certains employés, les plus anciens, cela représentait des montants de plus de 20 000 $, avant déductions. La centrale syndicale n’avait alors toujours pas reçu de somme de Loblaw.

Entente signée en 2016

À l’automne 2016, après différentes procédures devant les tribunaux, une entente a finalement été signée entre les employés et le Groupe Loblaw, propriétaire notamment des bannières Provigo, Maxi et de l’enseigne Pharmaprix. Cet épisode coûtera quelques millions de dollars au géant canadien de l’alimentation. Nous n’avons pas été en mesure d’avoir le montant exact.

«Il était temps. Il reste encore des questions à savoir sur les montants versés aux employés, mais on va pouvoir passer à autre chose», a confié un ancien travailleur. «C’est une bonne nouvelle. Les gens étaient tannés. Maintenant, on va avoir nos réponses dimanche», poursuit-il, précisant que la carte cadeau pour Metro, une mesure votée par les employés, est «un clin d’œil» à Loblaw après cette longue bataille.

Du côté de la CSN, on se dit soulagé du dénouement. «La Fédération du commerce de la CSN se réjouit que la fin approche dans cette longue saga qui dure depuis sept ans. Grâce à la persévérance de tous, justice a été rendue pour les travailleuses et les travailleurs de l’entrepôt Provigo», note David Bergeron-Cyr, président par intérim de la Fédération du commerce de la CSN.

Par ailleurs, le Groupe Loblaw a annoncé lundi la mise à pied de 500 employés de bureau à travers son réseau. Les coupes touchent les bureaux de Montréal, Halifax, Toronto, Winnipeg et Calgary, a indiqué le porte-parole de la société, Kevin Groh, à La Presse canadienne.

Affaires

Négociation dans la construction résidentielle: une entente intervient

MONTRÉAL — À la surprise générale, une entente de principe vient finalement d'intervenir en vue du renouvellement de la convention collective dans le secteur de la construction résidentielle.

L'information vient d'être confirmée à La Presse canadienne par l'Alliance syndicale et la partie patronale qui négocie pour ce secteur, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation (APCHQ).

Les négociations dans ce secteur avaient pourtant avorté, à peine jeudi dernier. L'association patronale avait claqué la porte, affirmant qu'elle perdait son temps.

Les parties n'ont pas voulu élaborer sur ce qui avait provoqué ce soudain revirement de situation.

Le temps pressait, puisque la loi spéciale, qui avait mis fin à la grève, le 30 mai dernier, donne aux parties patronales et à l'Alliance syndicale jusqu'au 30 octobre pour renouveler les conventions collectives qui concernent les 165 000 ouvriers dans l'ensemble du Québec.

Il reste maintenant aux secteurs industriel et commercial-institutionnel à conclure leurs conventions collectives. Le quatrième secteur, celui du génie civil et voirie, a conclu une entente complète en septembre dernier.

Affaires

La liquidation de Sears Canada s'amorce jeudi

Le président exécutif de Sears Canada Brandon Stranzl a démissionné de son poste au conseil d'administration du grand détaillant, a annoncé lundi l'entreprise, maintenant que la cour a approuvé le processus de liquidation de ses magasins restants.

«En raison de la liquidation, ses services ne sont plus requis en tant que président exécutif», a affirmé Sears Canada dans un communiqué.

Sears Canada poursuit ses activités sous la protection de la cour contre ses créanciers depuis juin.

M. Stranzl dirigeait un groupe qui souhaitait racheter le détaillant en difficulté pour tenter de le redresser.

Cependant, aucune entente n'a été conclue et l'entreprise a obtenu, la semaine dernière, le feu vert pour commencer à se départir de tous ses stocks et à fermer ses derniers magasins.

Sears Canada s'attend à ce que ses ventes de liquidation commencent ce jeudi.

Le détaillant a précisé qu'il ne serait plus en mesure d'honorer les plans de protection Sears de ses clients après le 18 octobre. Des remboursements pour ces plans de protection seront effectués aux clients qui les auront achetés dans les 30 derniers jours.

La plupart des marchandises habituellement vendues par Sears Canada sont visées par une garantie d'un an du fabricant. Celle-ci sera disponible aux clients directement par l'entremise des fabricants, comme c'est déjà le cas.

Le service offert sur les meubles et matelas en vertu du plan de protection de Guardsman (Valspar) continuera d'être en vigueur comme convenu lors des achats des clients.

Sears Canada compte actuellement 74 grands magasins, huit magasins Sears Décor et 49 magasins d'électroménagers et de matelas Sears, qui devraient tous être fermés.

Le juge Glenn Hainey, de la Cour supérieure de justice de l'Ontario, a approuvé vendredi l'opération de liquidation après avoir conclu qu'aucune autre option n'était envisageable. Il a en outre prolongé la protection de la cour contre les créanciers de Sears Canada jusqu'au 22 janvier.

En vertu des termes de l'accord de liquidation, Sears Canada pourra mettre fin à l'entente si une autre transaction potentielle devait émerger, mais le détaillant devra alors payer une indemnité de rupture et rembourser des dépenses pour un total de 4,55 millions $.

La capitale

Équipe Labeaume s’attaque à la baisse des vols avec les É.-U.

Équipe Labeaume lancera un grand chantier pour comprendre l’abandon par les compagnies aériennes de nombreuses liaisons entre Québec et les grandes villes américaines. Pour le maire sortant, c’est un non-sens au moment où la capitale connaît une saison touristique sans égale.

Alors que l’économie et le tourisme roulent à fond dans la capitale, le nombre de vols avec les États-Unis est en chute libre à l’Aéroport de Québec. Il y a «quelque chose qui ne marche pas» et Régis Labeaume veut le découvrir.

Le maire sortant donnait l’impression d’être devant une énigme, lundi, lorsqu’il a annoncé son intention de réunir autour d’une même table les acteurs économiques et touristiques de la région pour comprendre ce qu’il appelle être un «non-sens».

«Notre économie fonctionne à plein régime [taux de chômage à 4,1 %], on accueille des touristes comme jamais. Dans ces conditions-là, pourquoi on n’a pas plus de vols avec les États-Unis et à l’international?» se questionne-t-il.

Au 31 décembre, de nombreuses compagnies auront abandonné des liaisons ou réduit leur offre. «Tout le monde dans la ville a le même sentiment que moi. Il faut qu’on se penche là-dessus [...] On ne peut pas être une ville qui va mieux qu’actuellement [...] et au lieu de gagner des vols, on en perd. C’est un dossier critique.»

Affaires

Bombardier: Québec a «fait sa part» dans l’aéronautique, dit Anglade

MONTRÉAL - Bombardier (TSX:BBD.B) ne pourra vraisemblablement pas compter sur les gouvernements Couillard et Trudeau si l’avionneur québécois est bel et bien à la recherche d’investisseurs pour ses activités aéronautiques.

D’après Bloomberg, la multinationale québécoise envisagerait même de se délester de ses activités de construction des jets régionaux CRJ - qui sont assemblés à Mirabel - ainsi que des avions à hélices Q400, dont l’assemblage est effectué à Toronto.

Le géant Airbus figurerait parmi les acquéreurs potentiels, selon l’agence américaine, qui cite des sources anonymes.

Or, le gouvernement québécois, qui a déjà injecté 1 milliard $ US dans la CSeries, a «fait sa part» dans le secteur aéronautique, a affirmé lundi la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, en marge d’une annonce économique effectuée à Montréal.

Celle-ci répondait à une question quant à savoir si Québec pourrait une fois de plus voler au secours de Bombardier en investissant dans les programmes du CRJ ou du Q400.

À ses côtés, le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a expliqué que les «partenariats» avec Bombardier visaient surtout à stimuler les investissements en «recherche et développement».

Le prêt de 372,5 millions $ consenti à l’avionneur par Ottawa plus tôt cette année visait à poursuivre le développement de la CSeries ainsi que de l’avion d’affaires Global 7000.

Les informations dévoilées surviennent à la suite de deux décisions préliminaires récentes du département américain du Commerce qui se traduisent par l’imposition de droits compensatoires d’environ 300 pour cent sur les CSeries envoyés aux États-Unis, ce qui accroît la pression sur les liquidités de la société.

En mi-journée, à la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier cotait à 2,36 $, en hausse de trois cents, ou 1,29 pour cent.

Affaires

Fermeture de cinq mois pour Le Capitole

Le Capitole de Québec subira une importante cure de jouvence. Un investissement de 40 millions $.

Afin de réaliser les travaux, l’établissement hôtelier fermera ses portes pour une période de cinq mois à partir du 8 janvier. 

L’édifice, le restaurant Il Teatro et la salle de spectacle seront entre autres rénovés. Le nouveau plan d’aménagement prévoit que le restaurant sera notamment sur deux étages, selon des informations de Radio-Canada, et l’offre hôtelière sera bonifiée jusqu’à 120 chambres. Actuellement, le Capitole compte une quarantaine de chambres.

Il s’agit d’une première métamorphose majeure depuis l’ouverture du bâtiment en 1992 par un groupe de promoteurs issus du domaine du disque, du spectacle et de la télévision.

Dans une entrevue avec la société d’État, le président-directeur général de l’établissement et aujourd’hui propriétaire, Jean Pilote, a indiqué que «la mise à niveau est essentielle parce que l’enveloppe extérieure est dans un état dangereux, à la limite dans un état de délabrement important. Il y a des éléments structuraux qu’il faut faire».

Des esquisses devraient être présentées à la population au cours des prochaines semaines. Un événement de presse est prévu pour le mois de novembre.

Étant à l’extérieur du pays, M. Pilote n’a pas été en mesure lundi d’accorder une entrevue au Soleil.   

En 2015, en raison du développement du théâtre Le Diamant, le Capitole avait été contraint de fermer ces restaurants Chez l’Autre-Brasserie française et la pizzeria Il Teatro ainsi que Le Cabaret du Capitole à la place D’Youville.

Depuis plusieurs années, M. Pilote ne cache pas son intérêt pour rénover l’édifice en même temps que les travaux pour la construction du Diamant.  

Politique

Trudeau annonce une baisse d’impôts pour les PME

OTTAWA - Le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME) sera réduit à neuf pour cent, une mesure que le gouvernement libéral avait promise, puis abandonnée.

Justin Trudeau s’est ainsi ravisé et il instaurera cette baisse d’impôts en deux temps. Le taux d’imposition des PME passera à 10 pour cent dès le 1er janvier prochain, puis à neuf pour cent en janvier 2019.

Le premier ministre en a fait l’annonce, peu après midi, lundi, à Stouffville, en Ontario.

La mesure doit servir à dorer la pilule de la réforme fiscale, mal accueillie par plusieurs.

En annonçant la baisse d’impôts pour les PME, le gouvernement a également fait savoir que sa réforme sera rajustée. Dans le communiqué de presse expliquant les changements, on dit «simplifier la proposition».

Le gouvernement entend toujours limiter la possibilité pour les propriétaires de sociétés privées de réduire leurs impôts en versant une partie de leur revenu à des membres de leur famille qui ne contribuent pas aux activités de leur entreprise.

Mais dorénavant, on détaille clairement quels critères «raisonnables» seront utilisés pour évaluer si les membres de la famille contribuent ou pas à l’entreprise. On offre quatre principes de base: les apports en main-d’oeuvre, les apports en capitaux, la participation aux risques financiers et les apports antérieurs relativement à la main-d’oeuvre, aux capitaux et aux risques.

De plus, le gouvernement abandonne complètement son intention de restreindre l’accès à l’exonération cumulative des gains en capital.

M. Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, se sont rendus aux arguments de ceux qui craignaient que pareille restriction ne nuise aux transferts intergénérationnels d’une entreprise familiale comme une ferme.

«Aucune mère, ni aucun père, ou grand-mère, ou grand-père ne devrait avoir à choisir entre prendre leur retraite dans la dignité ou garder l’entreprise dans la famille. C’est pour cette raison que nous ne modifierons pas les règles relatives à l’exonération cumulative des gains en capital», a expliqué M. Trudeau en entamant sa conférence de presse.

Et avant de répondre aux questions de journalistes, il a voulu répondre aux critiques de sa réforme.

«Nos adversaires politiques nous accusent de monter les gens les uns contre les autres lorsque nous adoptons des réformes dont le pays a grandement besoin, a-t-il rappelé. Alors, permettez-moi d’être très clair: le problème, ce n’est pas les gens, c’est le système. Le système que nous avons en ce moment est injuste. Le système que nous avons en ce moment encourage les riches à payer moins d’impôts et réclame plus d’impôts de la classe moyenne.»

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il aura attendu trois ans avant de livrer sa promesse de baisse d’impôts aux PME à neuf pour cent, il a répondu qu’il lui fallait d’abord s’assurer que les contribuables les plus riches et qui se prétendaient, faussement, à la tête d’une PME ne profitent d’une autre baisse d’impôts qui ne devrait pas leur revenir.

Au départ, le plan de réforme fiscale du gouvernement Trudeau citait les cas d’avocats et de médecins qui saupoudraient une partie de leurs revenus aux membres de leurs familles, même si ceux-ci ne travaillaient pas pour eux, afin de payer moins d’impôts.

Avant d’aller à Stouffvile, M. Trudeau avait réuni son caucus au parlement pour mettre les élus au parfum.

En arrivant à la réunion, certains critiques de la réforme ne semblaient pas prêts à se laisser convaincre.

«Il y a des clarifications qui doivent quand même être apportées sur ce qui va être dit», a dit Nicola Di Iorio. Le député montréalais savait d’avance ce que son premier ministre et son ministre des Finances se préparaient à présenter à l’ensemble des députés.

«On va avoir des énoncés somme toute assez généraux encore ce matin. Étant donné que c’est une loi fiscale, faut voir comment ça va se transposer au niveau des textes», a insisté M. Di Iorio.

À sa sortie de réunion, le député était plus conciliant.

«Je pense que les Canadiens et Canadiennes vont être contents d’apprendre ce que le gouvernement va faire», a-t-il déclaré. Le député Di Iorio a révélé qu’en plus de l’annonce de lundi, son gouvernement annoncera d’autres mesures mercredi et d’autres encore jeudi afin de «répondre aux préoccupations que les gens ont exprimées».

Son collègue Wayne Long est de ceux qui se sont exprimés le plus bruyamment. En votant contre son gouvernement pour une motion conservatrice qui réclamait plus de consultation sur la réforme fiscale, le député du Nouveau-Brunswick a été puni.

À sa sortie de la réunion de lundi matin, il se disait «très, très prudemment optimiste», d’un «optimisme que je n’ai pas eu depuis longtemps». «Les choses vont s’arranger», a encore assuré M. Long.

Plus emballé, le député manitobain Dan Vandal a promis «une semaine extraordinaire».

Annoncée à la mi-juillet, la réforme fiscale se proposait de faire disparaître certaines échappatoires. Les détracteurs de la réforme estimaient que les changements proposés nuiraient injustement aux fermiers et aux propriétaires de PME.

«Le problème qu’il y avait avec le plan, c’est qu’il n’y avait pas de nuances. C’était un filet qui était lancé. Et tout ce qui tombait dans le filet, on le ramassait», a illustré le député Di Iorio, qui semble croire que maintenant, ces nuances ont été apportées.