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Affaires

Surplus de 4,5 G$ dans les coffres de l’État québécois

MONTRÉAL — Un surplus de 4,5 milliards $ se trouvait dans les coffres de l’État québécois à la fin du mois de novembre, une somme qui devrait diminuer considérablement au cours des quatre derniers mois de l’exercice financier en cours, selon le gouvernement Legault.

L’excédent qui figure dans le Rapport mensuel des opérations financières au 30 novembre, dévoilé vendredi, en fin d’après-midi, est légèrement plus élevé par rapport à il y a un an et tient compte d’une somme de 1,6 milliard $ versée dans le Fonds des générations.

En excluant ce versement, le surplus est de 6,1 milliards $ et essentiellement similaire à la période correspondante de l’exercice financier précédent.

«Les résultats au 30 novembre confirment la bonne performance économique du Québec», a souligné le ministre des Finances, Eric Girard, dans un communiqué, en réitérant que son budget du 10 mars sera notamment axé sur la lutte aux changements climatiques.

Dans sa mise à jour automnale, celui-ci anticipait une hausse du produit intérieur brut de la province de 2,4 % en 2019, soit une augmentation de 0,6 point de pourcentage par rapport à la prévision du dernier budget et une performance supérieure à la moyenne canadienne «pour une deuxième année consécutive».

Malgré tout, d’ici la fin de l’année financière, les engagements pris par Québec devraient faire fondre le surplus à 1,7 milliard $, soit la prévision budgétaire. La mise à jour économique de M. Girard prévoyait de nouvelles dépenses de l’ordre de 857 millions $ dans l’exercice en cours.

L’excédent de 1,7 milliard $ ne tient toutefois pas compte de la provision de 600 millions $ que devra comptabiliser le gouvernement Legault en raison de la révision à la baisse de son placement dans l’A220 — l’ex-C Series de Bombardier.

Québec avait injecté en 2015 environ 1,3 milliard $ dans ce programme maintenant contrôlé par Airbus et le gouvernement du Québec depuis la sortie récente de Bombardier. Ce placement vaut désormais environ 700 millions $.

À la fin novembre, les revenus autonomes n’ayant pas été générés par les sociétés d’État totalisaient 58,4 milliards $, en hausse de

3,7 %, ou 2,1 milliards $, par rapport aux huit premiers mois de l’exercice financier précédent.

Québec a pu prélever 945 millions $, ou 4,5 %, de plus en impôt sur le revenu des particuliers, notamment en raison d’une croissance des salaires, alors que les dépenses croissantes des ménages et la construction résidentielle ont fait grimper de 877 millions $, ou 6 %, le montant obtenu par l’entremise des taxes à la consommation.

Les sociétés d’État ont contribué à hauteur de 2,3 milliards $ aux recettes gouvernementales, ce qui constitue un recul de 15,6 %.

«En juin 2018, Hydro-Québec avait réalisé un gain exceptionnel à la suite de la cession partielle de la filiale TM4», explique-t-on dans le rapport, en ajoutant que les revenus de la société d’État ont été affectés par les températures plus douces.

De leur côté, les dépenses de programme ont totalisé 65,4 milliards $ depuis le début du mois d’avril, en hausse de 5,9 %. Les hausses ont respectivement été de 5,2 % et de 6,1 % en éducation et en enseignement supérieur ainsi qu’en santé et services sociaux.

Pour novembre, l’excédent, après le versement au Fonds des générations, a été de 835 millions $, par rapport à 857 millions $ en novembre 2018.

Affaires

Ventes au détail en 2019: la plus faible croissance en une décennie

OTTAWA — La valeur des ventes des détaillants au Canada est demeurée pratiquement inchangée en décembre par rapport au mois précédent, mettant ainsi fin à une année qui l’a vue connaître sa plus faible augmentation depuis 2009, alors que le pays était frappé par la crise financière, a indiqué vendredi Statistique Canada.

La lecture stable du dernier mois de l’année faisait suite à une croissance de 1,1 % en novembre. Les économistes s’attendaient en moyenne à une augmentation de 0,1 % pour décembre, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Sur l’ensemble de 2019, les ventes au détail ont totalisé 615 milliards $, une valeur en hausse de 1,6 % par rapport à 2018.

«C’est particulièrement décevant dans le contexte de la rapide croissance démographique observée au Canada cette année», a écrit l’économiste Omar Abdelrahman, de la Banque TD, dans un bref rapport.

«En ce qui concerne les répercussions sur la croissance, nous continuons de croire que l’économie canadienne s’est probablement immobilisée au quatrième trimestre de l’an dernier.»

M. Abdelrahman a indiqué que des gains du marché de l’emploi et des salaires, ainsi qu’une reprise du marché du logement, devraient stimuler les dépenses de consommation, malgré une augmentation des coûts du service de la dette des ménages.

«Les dépenses de consommation sont un secteur que la Banque du Canada surveille de près et la persistance des tendances récemment plus faibles rend une baisse des taux plus probable.»

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur au début de janvier, mais a ouvert la porte à une possible baisse plus tard cette année, si la faiblesse de l’économie se révélait plus persistante que prévu.

En décembre, les ventes au détail au Canada ont augmenté dans sept des 11 sous-secteurs, qui représentaient 49 % du commerce de détail.

Selon Statistique Canada, les ventes des marchands de matériaux de construction et de matériel et fournitures de jardinage ont augmenté de 3,8 % en décembre, tandis que celles des magasins d’alimentation et de boissons ont augmenté de 0,5 %.

Pour contrebalancer les gains, les ventes des concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles ont diminué de 1,3 % en décembre, après avoir grimpé de 2,8 % en novembre. Les ventes des stations-service ont diminué de 2,3 % en décembre.

Pour l’ensemble de 2019, les ventes au détail ont augmenté dans huit des 11 sous-secteurs.

Les ventes des concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles ont été le principal facteur de la croissance annuelle des ventes au détail, le secteur ayant augmenté de 2,5 % en 2019, contre 0,8 % en 2018.

Les ventes dans les supermarchés et autres épiceries ont augmenté de 2,6 % en 2019 en raison de la hausse des prix, tandis que les volumes de vente ont diminué de 0,9 %. Les ventes des magasins de marchandises diverses ont augmenté de 3,9 % l’an dernier.

Selon Statistique Canada, les ventes dans les magasins de cannabis ont totalisé 1,2 milliard $ au cours de la première année civile complète de ventes légales de marijuana.

Affaires

Le milliardaire Richard Branson lance les croisières de luxe Virgin Voyages

LONDRES — L’homme d’affaires britannique Richard Branson lance vendredi en Angleterre sa compagnie de croisières de luxe Virgin Voyages, interdites aux enfants, au moment où ce secteur en plein essor depuis quelques années est secoué par l’épidémie de coronavirus.

Le milliardaire, déjà présent dans le transport ferroviaire et aérien, avait prévu cette diversification depuis 2014 et concrétise comme prévu ce projet en 2020.

«Je rêve de lancer ma propre ligne de croisières depuis que j’ai une vingtaine d’années et je suis ravi que ce moment arrive», a déclaré Richard Branson.

Il présente vendredi à Douvres, dans le sud-est de l’Angleterre, le Scarlet Lady, premier des quatre paquebots Lady Ships qui sillonneront les mers et océans.

Le lancement de la compagnie s’effectue en grande pompe, avec festivités et feux d’artifice prévus durant le week-end.

Mais il tombe alors même que le secteur des croisières traverse une zone de turbulences en raison de l’épidémie de coronavirus, avec en particulier une longue quarantaine à bord du paquebot Diamond Princess au Japon.

Le Scarlet Lady, qui a été construit à Gênes en Italie par Fincantieri, a été conçu pour rappeler le confort des yachts.

Réservé aux plus de 18 ans, il abritera 1330 cabines et 78 suites, avec de nombreux restaurants et bars, un spa et même un salon de tatouage, pour une capacité de 2770 passagers et 1150 membres d’équipage.

Les destinations sont ensoleillées: Costa Maya au Mexique, Puerto Plata en République dominicaine ou encore Key West dans les Bahamas. Le voyage inaugural aura lieu début avril au départ de Miami.

Le deuxième paquebot, Valiant Lady, prendra la mer en mai 2021 et offrira des croisières en Méditerranée. Les deux autres seront livrés en 2022 et en 2023.

Virgin Voyages dit veiller au respect de l’environnement et travailler pour assurer un avenir neutre en carbone au secteur des croisières.

Ses paquebots seront équipés d’une technologie qui utilise la chaleur dégagée par les moteurs pour créer de l’électricité, ce qui doit diminuer la demande en carburant.

Le groupe de Richard Branson, 69 ans, est engagé dans plus de 60 activités à travers 35 entreprises, allant du voyage aux télécoms et aux médias en passant par la musique et les services financiers. Fort de 69 000 salariés, il dit servir au total 53 millions de clients dans le monde, pour un chiffre d’affaires de 16,6 milliards de livres.

Affaires

Loblaw: profit en hausse, mais inférieur aux attentes

BRAMPTON, Ont. — Les Compagnies Loblaw ont affiché jeudi un bénéfice du quatrième trimestre en hausse par rapport à la même période l’an dernier, mais le résultat de la société mère des épiciers Provigo et des pharmacies Pharmaprix s’est malgré tout révélé inférieur aux attentes des analystes.

Le bénéfice attribuable aux actionnaires du détaillant s’est établi à 254 millions $, ou 70 cents par action, pour le trimestre clos le 28 décembre.

En comparaison, Loblaw avait réalisé un bénéfice attribuable aux actionnaires de 221 millions $, ou 59 cents par action, lors de la même période un an plus tôt.

Les revenus ont totalisé 11,59 milliards $, en hausse par rapport à ceux de 11,22 milliards $ du quatrième trimestre précédent.

«Nos résultats témoignent des difficultés d’un marché concurrentiel, lorsqu’elles sont reçues avec un plan stratégique solide. Les ventes ont été durement disputées», a affirmé le président exécutif Galen Weston lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

«Dans le même temps, notre industrie est dans une phase de transition avec de nouvelles pressions sur les coûts, de potentielles perturbations concurrentielles et de nouvelles occasions intéressantes.»

Loblaw s’est concentrée sur la réduction du temps d’attente entre la commande et la réception des livraisons, ce qui s’est traduit par des ventes en ligne de plus d’un milliard de dollars l’an dernier, soit près du double de l’année précédente, a souligné la présidente de Loblaw, Sarah Davis, lors de la même conférence téléphonique.

«Bien que nous parlions souvent de notre activité d’épicier en ligne, la croissance impressionnante du commerce électronique est généralisée à tous les domaines, y compris dans les cosmétiques de masse et de prestige, les services de prescription et les soins», a-t-elle précisé.

Mme Davis a souligné que Loblaw avait récemment investi dans les infrastructures en annonçant la fermeture de deux centres de distribution «vieillissants» et en migrant vers une installation «moderne» qui, selon elle, serait quatre fois plus productive. Loblaw expérimente également avec un microcentre de traitement des commandes qu’il installe dans une épicerie, et teste un modèle élargi de traitement pour certains de ses médicaments sur ordonnance les plus commandés, ce qui devrait libérer du temps pour les pharmaciens, qui pourront ainsi offrir un service plus personnalisé aux clients.

Ces mesures n’ont cependant pas suffi pour empêcher la performance des ventes des magasins ouverts depuis un an d’être affectée négativement d’environ 0,6 % par les ventes non alimentaires.

«La plus grande partie de la baisse ce trimestre provient du tabac, en raison d’un changement législatif dans l’emballage et de quelques perturbations que cela entraîné», a expliqué le directeur financier de Loblaw, Darren Myers. «Mais au-delà de cela, nous pourrions encore voir un environnement plus faible du côté des vêtements et des marchandises brutes.»

Améliorations attendues dans les perspectives

Malgré ses problèmes de tabac, Loblaw a affiché un bénéfice ajusté de 1,09 $ par action au plus récent trimestre, en regard de celui de 1,07 $ par action du quatrième trimestre de 2018.

Les analystes s’attendaient en moyenne à un profit ajusté de 1,12 $ par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Pour l’ensemble de l’exercice, le bénéfice net de Loblaw a augmenté à 1,07 milliard $, contre 754 millions $ en 2018. Cependant, le profit ajusté a diminué de 13,2 % pour s’établir à

1,52 milliard $, ou 4,12 $ par action, comparativement à

1,75 milliard $, ou 4,60 $ par action, l’exercice précédent. Le chiffre d’affaires a augmenté de 2,9 % pour s’établir à 48,04 milliards $, contre 46,7 milliards $ un an plus tôt.

Dans ses perspectives, Loblaw a indiqué qu’elle continuerait de se concentrer sur les améliorations au processus de livraison et sur l’efficacité pour contrebalancer l’augmentation des coûts, pour financer des investissements supplémentaires continus dans l’infrastructure et pour soutenir sa croissance stratégique.

Le nouvel exercice 2020 de la société comprendra une 53e semaine, ce qui devrait gonfler le bénéfice net ajusté par action d’environ 8 cents, a ajouté l’entreprise.

Sur une base annuelle, en excluant l’incidence de la semaine supplémentaire, Loblaw a dit s’attendre à une croissance des ventes des magasins comparables et à une marge brute stable dans son secteur du commerce de détail, ainsi qu’à une croissance du bénéfice net ajusté.

L’analyste Irene Nattel, de RBC Dominion valeurs mobilières, a indiqué jeudi dans une note qu’elle considérait que les profits de la société signalaient que Loblaw «allait dans la bonne direction [...] même si elle n’est pas aussi forte que nous le souhaiterions».

Affaires

Les cinémas indépendants se plaignent des comportements de Cineplex

TORONTO - Des salles de cinéma indépendantes, dont le Cinéma du Parc de Montréal, accusent le géant Cineplex de les empêcher de projeter des films comme Parasite ou Hustlers.

Dans une pétition signée par plus de 10 000 personnes, ces salles reprochent à Cineplex d'avoir un comportement anticoncurrentiel en cherchant à conserver une exclusivité de facto sur ces films.

La pétition lancée par le Rio Theatre de Vancouver appelle les cinéphiles à appuyer les salles indépendantes. Selon elles, si un distributeur consent à présenter un film chez un indépendant situé près d'un Cineplex, le géant torontois menace de retirer ce film de ses écrans.

«C'est quelque chose que les salles indépendantes vivent depuis des années, raconte la propriétaire du Rio, Corinne Lea. Nous sommes de petits joueurs, nous n'avons pas beaucoup de poids dans cette équation.»

La pétition a été lancée dans la foulée de l'achat de Cineplex par une entreprise britannique, Cineworld PLC, au prix de 2,8 milliards $. Un tribunal a donné mardi le feu vert à la transaction.

Cette vente représente une bonne occasion pour les indépendants de réclamer des changements dans la distribution des films. Les indépendants se plaignent de devoir attendre de trois à six mois avant de projeter certains longs métrages parce que Cineplex en conserve les droits.

Par exemple, le Rio a dû patienter jusqu'au 27 décembre avant de pouvoir projeter le drame policier Hustlers. Le film est sorti le 13 septembre. Les indépendants ont attendu plusieurs mois avant de présenter des films comme The Farewell, Bohemian Rhapsody et Joker.

Le Bureau de la concurrence interpellé

Une porte-parole de Cineplex, Sarah Van Lange, a déclaré dans un courriel transmis à La Presse canadienne que c'est aux distributeurs de décider où leurs films seront présentés.

«Cineplex ne détient pas les droits sur les films qui apparaissent sur ses écrans. Nous les obtenons des distributeurs canadiens pour les faire jouer dans nos salles.»

La Presse canadienne a tenté en vain de contacter une poignée de distributeurs importants pour vérifier les affirmations contenues dans la pétition.

Mme Lea veut porter plainte auprès du Bureau de la concurrence du Canada. Celui-ci n'a pas confirmé s'il menait une enquête à ce sujet, mais a dit être au courant de la pétition et prendre au sérieux toutes les allégations de comportement anticoncurrentiel. Le cas échéant, il n'hésitera pas à prendre les mesures appropriées, a-t-il ajouté.

La pétition est appuyée par le Paradise Theatre de Toronto, le Cinéma du Parc de Montréal et le Westdale Theatre de Hamilton.

Le Paradise n'a ouvert ses portes qu'en décembre, mais sa directrice de la programmation, Jessica Smith, dit avoir constaté la difficulté d'obtenir un film que Cineplex veut toujours projeter.

«La fenêtre du passage d'une première diffusion dans une grande salle à une deuxième diffusion s'est agrandie, souligne-t-elle. Lorsque le film nous est enfin rendu disponible, il est disponible depuis longtemps sur Blu-Ray.»

Mme Smith a tenté de projeter «Parasite», le récent vainqueur des Oscars, mais le distributeur a constamment refusé parce que Cineplex continuait de le présenter.

«Les distributeurs sont redevables à Cineplex pour la vitalité de leur entreprise. Il est logique qu'ils doivent faire tout ce que Cineplex veut qu'ils fassent, déplore-t-elle. Mais nous ne sommes vraiment pas une menace pour les multisalles. J'espère que ces règles non écrites seront desserrées afin que nous en sortions tous vainqueurs.»

Affaires

La Caisse de dépôt et placement dévoile un rendement inférieur à son indice de référence en 2019

MONTRÉAL - La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a affiché un rendement de 10,4 % en 2019, ce qui a été inférieur à son indice de référence dans le cadre d’une année marquée entre autres par un rendement négatif du portefeuille immobilier du bas de laine des Québécois.

En 2018, le rendement du gestionnaire de régimes de retraite et d’assurance publics et parapublics avait été de 4,2 %.

Même si elle a été plus élevée par rapport à l’année précédente dans un contexte de poussée des marchés boursiers, la performance de la CDPQ, qui dévoilait ses résultats, jeudi, a été sous son indice de référence établi à 11,9 %.

«Le portefeuille livre la performance attendue dans un contexte de marchés qui se sont fortement emballés, et qui, de notre point de vue, semblent déconnectés par rapport à la croissance réelle», a commenté en point de presse le président et chef de la direction de la Caisse, Charles Émond, qui a succédé à Michael Sabia le 1er février dernier.

En date du 31 décembre, l’actif net de la CDPQ était de 340,1 milliards $, en hausse d’environ 30 milliards $ par rapport à 2018.

Coup de barre

La dernière année a été difficile pour le portefeuille des actifs réels, qui englobe les immeubles et les infrastructures, où le rendement n’a été que d’un pour cent, soit sept fois moins que l’indice de référence. L’immobilier a livré un résultat négatif de 2,7 %.

Selon la CDPQ, la faible performance de ses 25 centres commerciaux «traditionnels» au Canada est à la baisse en raison des «nouvelles habitudes des consommateurs», qui se tournent de plus en plus vers le commerce électronique afin d’effectuer leurs emplettes, ce qui pousse les valorisations à la baisse.

«Même si les deux tiers de notre portefeuille est en adéquation avec notre stratégie, nous devons accélérer sa mise à niveau et nous sommes très lucides que nous avons des défis, a expliqué la présidente et chef de la direction d’Ivanhoé Cambridge, Nathalie Palladitcheff. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour retrouver le chemin de la croissance.»

Le bras immobilier de la Caisse compte vendre environ le tiers de son portefeuille de centres commerciaux au Canada. Ivanhoé Cambridge est également présent dans les secteurs industriels, des bureaux commerciaux et résidentiels.

En ce qui a trait aux infrastructures, la performance a été de 7,1 % en 2019, alors que l’indice de référence était de 17,7 %.

Par secteur

Le secteur des revenus fixe, où l’on gère notamment des obligations ainsi que d’autres instruments, a surpassé son indice de référence grâce à un rendement de 8,9 %. De son côté, le portefeuille des actions, qui englobe le secteur des marchés boursiers et des placements privés, a livré un rendement de 15,3 %, inférieur à l’indice de référence fixé à 16,3 %.

Au Québec, la CDPQ a chiffré ses nouveaux investissements et engagements à 3,3 milliards $. Son actif total dans la province totalise 66,7 milliards $, ce qui lui permet d’être partenaire de plus de 650 petites et moyennes entreprises.

Sur cinq ans, la Caisse dit avoir livré un rendement de 8,1 %, soit environ un point de pourcentage de plus que son indice de référence.

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Rendement annuel de la CDPQ:

- 2019: 10,4 %

- 2018: 4,2 %

- 2017: 9,3 %

- 2016: 7,6 %

- 2015: 9,1 %

- 2014: 12 %

Auto

Les problèmes de Renault liés au style de gestion de Ghosn, selon son prédécesseur

PARIS — Les difficultés actuelles de Renault sont liées au style de gestion de Carlos Ghosn, a estimé jeudi l’ancien pdg du constructeur automobile français, Louis Schweitzer, sur la radio RTL.

«Les difficultés propres à l’alliance Renault-Nissan [...] tiennent à la façon dont cette alliance a été pilotée avant le départ de Carlos Ghosn», a déclaré M. Schweitzer, qui a dirigé le groupe de 1992 à 2005 et mis sur pied le partenariat franco-japonais en 1999.

Affaires

Niveau «sans précédent» des ventes d’électricité au Québec

MONTRÉAL - Grâce à un niveau «sans précédent» des ventes d’électricité au Québec et à des exportations soutenues, Hydro-Québec affiche un bénéfice net de plus de 2,9 milliards $ pour l’exercice 2019 - qui est toutefois en baisse par rapport à l’exercice précédent.

Plus précisément, le bénéfice net atteint 2,923 milliards $ en 2019 comparativement à 3,192 milliards $ en 2018.

La direction d’Hydro-Québec explique la baisse par le fait que lors de l’exercice précédent, en 2018, elle avait enregistré un gain non récurrent de 277 millions $ après avoir cédé une participation dans sa filiale TM4. Elle explique aussi la baisse par un deuxième élément: en 2019, elle a dû comptabiliser une charge d’amortissement de 46 millions $ à cause de la radiation de certains coûts du projet Northern Pass Transmission.

N’eût été ces deux éléments, le bénéfice net de l’exercice aurait progressé de 54 millions $ en 2019 par rapport à celui de 2018, a fait valoir la direction de la société d’État, au cours d’une conférence de presse jeudi.

«On aura livré pour l’année 2019 un très bon résultat qu’on est très heureux de vous annoncer», a commenté le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel.

Pour l’exercice, Hydro-Québec versera un dividende de 2,192 milliards $ à son unique actionnaire.

Québec et météo

Entre autres éléments intéressants de l’exercice 2019: l’hiver plus froid a fait grimper la consommation d’électricité au Québec, ce qui a permis d’atteindre un sommet historique des ventes de l’ordre de 174,6 térawattheures. Il s’agit d’une augmentation de 1,8 Twh par rapport à 2018.

Dans sa présentation, M. Martel a relevé les événements météorologiques qui ont eu lieu durant l’année et qui ont affecté les clients d’Hydro-Québec. Il y a d’abord eu la tempête de verglas d’avril, au cours de laquelle 316 000 clients ont été privés de courant, puis la tempête automnale, vers la période de la fête de l’Halloween, lorsque près d’un million de clients ont été affectés.

À elle seule, la tempête de l’automne «nous a coûté quand même 30 millions $», a relevé Jean-Hugues Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière et du risque chez Hydro-Québec.

«Il faut faire face à la réalité: clairement l’effet des changements climatiques commence à se faire sentir. On a eu des crues spectaculaires au printemps dernier, qu’on a gérées, surtout dans les régions de l’Outaouais, Montréal, Mauricie et la Beauce. Si on se souvient, il y en avait eu en 2017» également, a souligné M. Martel.

Exportations et Maine

Les exportations n’ont pas été en reste, Hydro-Québec rapportant pour l’exercice 2019 un «fort volume d’exportations nettes» de 33,7 Twh. À elles seules, les exportations contribuent à hauteur de 631 millions $ au bénéfice net. Il s’agit toutefois d’une baisse par rapport aux 36,1 Twh de 2018.

Ce secteur rapporte: «avec 16 pour cent du volume des ventes, on réalise quand même 22 pour cent du bénéfice net; donc c’est quand même très payant de faire des ventes à l’exportation», a signalé M. Lafleur.

Interrogé au sujet du contrat avec le Maine, M. Martel s’est dit «extrêmement confiant» malgré la contestation.

«On s’y attendait depuis le début, parce qu’il y a beaucoup d’opposition, surtout de lobbyistes de la part d’autres personnes qui vendent de l’énergie. Il ne faut pas être naïf. On le savait dès le départ qu’on va devenir un joueur encore plus significatif. On est aujourd’hui à peu près 14 pour cent de l’électricité qui est vendue dans la Nouvelle-Angleterre. Avec ce nouveau projet-là, on va aller frôler les 25 pour cent», a expliqué M. Martel.

«C’est clair qu’on va aller déplacer - et c’est la bonne chose à faire pour l’environnement et les coûts - des éléments fossiles qui produisent de l’électricité aujourd’hui. Ces gens-là ne se laissent pas faire; ils essaient par toutes sortes de moyens de nous bloquer. Mais, évidemment, je pense que les intentions du Massachusetts et de la Nouvelle-Angleterre sont claires de réduire leurs émissions», a ajouté M. Martel.

En matière d’exportations, le pdg ne veut pas s’arrêter là. «Il y a encore des opportunités d’exporter davantage aux États-Unis; ça nous prendra des chemins pour se rendre, mais aussi vers les provinces maritimes. La Nouvelle-Écosse pourrait être intéressée davantage à utiliser de l’hydro-électricité», a-t-il avancé.

Affaires

Crise ferroviaire: Via Rail met à pied 1000 employés [VIDÉO]

Via Rail a annoncé mercredi que l’annulation des services sur une grande partie de son réseau le forçait à effectuer près de 1000 mises à pied.

Le transporteur ferroviaire a annulé la reprise du service entre Montréal et Québec initialement prévue pour jeudi en raison d’un nouveau blocus près de Saint-Lambert. Tous les trains entre Montréal et Québec sont annulés au moins jusqu’à vendredi en fin de journée.

En après-midi mercredi, une nouvelle barricade a été installée sur une voie du CN traversant la ville de Saint-Lambert, en banlieue de Montréal.

«Nous bloquons les voies ferrées en solidarité avec les Wet’suwet’en, dont le territoire a été envahi par la GRC», a déclaré, par voie de communiqué, Jessica Robert, une manifestante présente à la barricade. «Nous allons continuer à bloquer les rails jusqu’à ce que la GRC se retire des territoires des Wet’suwet’en», a averti Mme Robert.

Le transporteur ferroviaire, qui emprunte les voies ferrées du Canadien National (CN), doit maintenir l’annulation du service sur une grande partie de son réseau. La reprise graduelle du service est maintenue entre Montréal et Ottawa, et dans le sud-ouest de l’Ontario.

Des manifestants bloquent, depuis maintenant 14 jours, les voies du CN en appui aux chefs héréditaires de la première nation Wet’suwet’en, qui s’opposent au passage du gazoduc Coastal GasLink dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

«C’est avec regret que nous devons procéder à des suspensions de travail temporaires», a affirmé Via Rail dans un communiqué.

«Jusqu’à ce que CN Rail ouvre les voies restantes pour le service, Via Rail n’a d’autre choix que de maintenir l’annulation de ses services sur une grande partie de son réseau.»

Via Rail a précisé que ses employés visés par les mises à pied recevraient un préavis à ce sujet, et que les termes des conventions collectives seraient respectés.

Selon la présidente et chef de la direction de Via Rail, Cynthia Garneau, ce plan de suspension temporaire représente «la solution la plus juste et raisonnable».

«En 42 ans d’existence, c’est la première fois que Via Rail [...] doit interrompre la plupart de ses services partout au pays», a-t-elle affirmé.

Via Rail a en outre espéré que l’ensemble de ses services reprendraient «dès que possible», en plus de saluer «les efforts de dialogues en cours» entre les gouvernements et les chefs des Premières Nations.

La société a annulé plus de 530 trains depuis le début des blocages, le 6 février.

425 millions $ de produits par jour

De son côté, le CN a annoncé mardi soir la mise à pied d’environ 450 travailleurs dans l’est du pays après avoir annulé plus de 500 trains dans la dernière semaine en raison du blocage des voies ferrées. Les mises à pied touchent le personnel opérationnel travaillant à Montréal, Lévis, Moncton et Eastern Passage, près de Halifax.

L’occupation des voies dans la région de Belleville, en Ontario, sur une ligne qui traverse le territoire mohawk de Tyendinaga, a forcé le CN à fermer le quart de son réseau dans l’Est, ce qui a eu des répercussions sur l’ensemble de son système, d’un océan à l’autre.

L’économiste Nathan Janzen, de la Banque Royale, a souligné que les blocages avaient «assombri» les perspectives économiques pour les fabricants canadiens. La situation nuit chaque jour à la livraison d’environ 425 millions $ de produits, selon le groupe commercial Manufacturiers et exportateurs Canada.

L’analyste Kevin Chiang, de Marchés mondiaux CIBC, a estimé, à partir de l’impact qu’a eu la grève d’une semaine au CN en novembre dernier, que les blocages coûteraient chaque jour au transporteur ferroviaire environ 3 cents par action, en tenant pour acquis que le réseau est opérationnel à environ 70 % à 75 % de sa capacité.

Affaires

Tir groupé contre Trans Mountain

OTTAWA — Tous les partis d'opposition - à l'exception des conservateurs - et des groupes écologistes somment le gouvernement fédéral de laisser tomber l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain pendant qu'il est encore temps.

Sans surprise, deux sondages dévoilés mercredi démontrent que l'appui des Canadiens envers le projet diminue alors que les coûts, eux, augmentent.

Affaires

Avions d'affaires: Bombardier devra convaincre les investisseurs

En se tournant exclusivement vers les avions d'affaires, la direction de Bombardier convient qu'elle devra prouver aux investisseurs sa capacité de livrer des résultats dans un secteur vulnérable aux aléas de l'économie.

«Il y a clairement un peu d'éducation à faire, a convenu mercredi le président et chef de la direction de la compagnie, Alain Bellemare, au cours d'une conférence destinée aux investisseurs qui se déroulait à Miami, en Floride. C'est une grosse division en croissance.»

Affaires

Un rival pour Couche-Tard dans sa tentative de percée en Australie

Alimentation Couche-Tard aura un rival dans sa tentative d’acquisition de l’entreprise australienne Caltex, puisque celle-ci a révélé mercredi avoir reçu une offre de la part du géant britannique EG Group.

Cette proposition non contraignante consiste en un paiement de 3,5 milliards $ CAN pour les dépanneurs et stations-service appartenant à Caltex et la création d’une nouvelle société, appelée Ampol, dont les actions seraient transigées à la Bourse de Sydney et qui serait constituée des actifs de distribution de carburant et de la raffinerie de l’entreprise australienne. EG Group s’engagerait à acquérir jusqu’à 10 % de cette nouvelle entité.

Dans son communiqué, Caltex n’a toutefois pas chiffré la valeur totale de cette offre qui est considérée par son conseil d’administration. Le nom du groupe britannique comme potentiel rival de Couche-Tard était évoqué depuis quelques semaines.

L’exploitant québécois de dépanneurs et de stations-service avait bonifié pour une deuxième fois sa proposition la semaine dernière, en indiquant qu’il s’agissait d’un «prix optimal et final en l’absence d’une proposition concurrente». Il a depuis eu accès à d’autres données financières de la compagnie australienne.

«Nous sommes au courant de cette proposition présentée par EG Group, mais nous n’avons pas de réaction à offrir», a indiqué par courriel, mercredi, une porte-parole de Couche-Tard, Laurence Myre Leroux.

L’offre entièrement en espèces de la société établie à Laval se chiffre désormais à environ 7,9 milliards $ CAN, ou environ 31,41 $ CAN (35,25 $ AUS), pour chaque action de la société australienne. Cette proposition révisée permettrait à Caltex de verser un dividende spécial aux actionnaires.

À la Bourse de Sydney, l’action de Caltex a clôturé à 34,77 $ AUS, mercredi, ce qui est inférieur au plus récent prix proposé par Couche-Tard - qui exploite un réseau d’environ 16 000 magasins et stations-service au Canada, aux États-Unis ainsi qu’en Europe et qui souhaite doubler sa taille sur un horizon de cinq ans.

«À première vue, l’offre de EG Group semble inférieure à la (dernière proposition) de Couche-Tard, mais cela laisse toutefois place à l’interprétation», a estimé Ben Wilson, de RBC Marchés des capitaux, dans un rapport.

Selon l’analyste, l’entreprise québécoise bénéficie d’une longueur d’avance pour le moment pour tenter d’avaler Caltex, mais cela pourrait changer. M. Wilson croit que l’offre de EG Group est suffisamment sérieuse pour que Caltex permette à la société d’effectuer une vérification diligente de son bilan.

Couche-Tard avait déposé une première offre de 32 $ AUS pour chaque action de Caltex en octobre dernier, mais elle a été rejetée, son prix ayant été jugé inadéquat. La société est revenue à la charge à deux reprises depuis.

Caltex compte près de 6630 employés et exploite un réseau de quelque 2000 stations-service, en plus d’être propriétaire d’une raffinerie située à Brisbane ainsi que d’actifs de distribution et de transport de carburant.

Si Couche-Tard parvient à conclure une transaction, certains analystes croient que l’entreprise pourrait se départir de certains actifs de Caltex, comme les activités de distribution de carburant et d’autres infrastructures.

EG Group exploite quelque 5200 établissements aux États-Unis, en Europe ainsi qu’en Australie. Le groupe britannique avait mis le pied dans le marché australien après avoir annoncé, à l’automne 2018, une entente pour acquérir les 540 stations-service de Woolworths pour quelque 1,5 milliard $ CAN.

«À notre avis, EG Group pourrait être confrontée à des enjeux de concurrence en Australie», a estimé l’analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, en évoquant la transaction avec Wollworths.

Sur le parquet de la Bourse de Toronto, mercredi, l’action de catégorie B de Couche-Tard a gagné 12 cents pour clôturer à 44,10 $.

Affaires

Plus bas taux de chômage depuis 1976 au Québec et hausse du salaire horaire

MONTRÉAL - La croissance de l’emploi au Québec est telle que le taux de chômage en 2019 y a été le plus bas depuis que ces données sont compilées, soit depuis 1976, indique l’Institut de la statistique du Québec.

Le taux de chômage s’y est établi à 5,1 pour cent, soit une progression de 77 700 emplois par rapport à 2018.

«C’est une baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport à 2018. Il atteint ainsi le plus bas niveau observé depuis que les données sont disponibles, soit depuis 1976», a relevé en entrevue mercredi Marc-André Demers, analyste en statistiques du travail à l’Institut de la statistique du Québec.

Le chemin parcouru en 10 ans seulement est impressionnant.

«À 5,1 pour cent, le taux de chômage du Québec est l’un des plus faibles de toutes les provinces après celui de la Colombie-Britannique. Ces résultats montrent une amélioration de la situation relative du Québec lorsqu’on la compare à 2009. Il y a 10 ans, le taux de chômage du Québec avoisinait les 9 pour cent, alors qu’il était environ de 5 pour cent dans les provinces avec les plus faibles taux de chômage», souligne M. Demers.

Salaire horaire

En conséquence, les salaires sont à la hausse. La croissance du salaire horaire moyen a été deux fois plus élevée en 2019 qu’en 2018, soit de 4,8 pour cent par rapport à 1,9 pour cent en 2018.

«C’est d’ailleurs la plus forte hausse des 10 dernières années», indique-t-on dans le bilan de l’emploi pour l’année 2019.

M. Demers fait un lien avec le grand nombre de postes vacants au Québec. «Ça pourrait être une des explications de la croissance de la rémunération, mais il y a d’autres facteurs qui peuvent venir jouer», aussi.

On entend souvent dire que les salaires n’augmentent pas aussi vite que le coût de la vie. Vérification faite, d’après les données de l’Institut de la statistique du Québec, durant la décennie 2009-2019, l’Indice des prix à la consommation a crû de 16 pour cent, pendant que les salaires ont crû de 28,5 pour cent.

«Chaque année, sauf en 2011, le salaire horaire a crû plus rapidement que l’IPC», fait remarquer M. Demers.

Immigrants

L’analyse révèle aussi une importante croissance de l’emploi pour la population immigrante. De 2018 à 2019, il y a eu une hausse de l’emploi de 30 200 au sein de la population immigrante pour atteindre 749 000.

La part de la population immigrante dans l’emploi a augmenté au point où, durant la décennie 2009-2019, l’emploi y a crû de 300 500, soit de 67 pour cent, comparativement à une croissance de 133 200, ou 3,9 pour cent, chez les personnes nées au Canada.

«De fait, environ 62 pour cent de la progression nette de l’emploi au Québec entre 2009 et 2019 se concentre chez les immigrants. Leur part dans l’emploi total passe de 11,6 pour cent à 17,3 pour cent», souligne M. Demers.

Syndiqués en croissance

Autre donnée notable: l’emploi syndiqué a connu en 2019 sa plus forte croissance de toute la décennie 2009-2019.

Ainsi, en 2019, l’emploi a crû de 53 600 chez les travailleurs syndiqués et de 21 200 chez les non-syndiqués.

C’est la première fois depuis 2012 que la catégorie d’emploi des syndiqués progresse davantage que la catégorie des non-syndiqués.

Affaires

Stokes ferme ses magasins les moins rentables

L’entreprise Stokes a annoncé mardi qu’elle fermera ses magasins les moins rentables et rationalisera les activités de son siège social à Montréal.

Le détaillant d’articles de cuisine et de décoration intérieure, fondé en 1935, indique qu’il a déposé un avis d’intention de faire une proposition à ses créanciers afin d’entamer «un processus de repositionnement de ses activités pour assurer sa croissance et sa rentabilité future».

«Après de nombreuses années de performances financières remarquables, Stokes, comme la plupart des autres entreprises de vente au détail, doit s’adapter aux changements fondamentaux que subit l’industrie, notamment en ce qui concerne la façon dont les consommateurs achètent», explique l’entreprise dans un communiqué transmis en fin d’après-midi mardi.

Stokes indique par ailleurs qu’elle continuera d’investir dans son commerce de vente en ligne, «qui a connu une croissance importante dans les dernières années».

La direction a confiance que grâce au processus de restructuration, «Stokes deviendra une entreprise plus saine et plus rentable».

Stokes possède 147 magasins à travers le Canada ainsi qu’une boutique en ligne.

Affaires

Bombardier perd des plumes en Bourse

En cédant sa division ferroviaire à Alstom pour se concentrer sur les jets d’affaires, la direction de Bombardier estimait qu’un «chapitre prometteur» s’ouvrait pour l’entreprise. Mardi, les investisseurs semblaient voir la chose d’un autre œil.

À la Bourse de Toronto, le titre de la multinationale québécoise a retraité de près de 14 % au cours de la séance avant de récupérer une partie de ses pertes pour finalement clôturer à 1,49 $, en baisse de 9,7 %. Du côté de la France, Alstom a également vu son action retraiter d’environ 3,2 % pour terminer la séance à 48,70 euros.

Si elle obtient le feu vert des autorités antitrust, la transaction de 8,2 milliards $ US aidera Bombardier à réduire sa dette de plus de 9,3 milliards $ US et marquera la fin d’un douloureux plan de redressement de cinq ans marqué par la vente de plusieurs actifs.

Seth Seifman, de la banque américaine J. P. Morgan, s’est montré curieux de la réaction du marché à l’égard de la décision de Bombardier d’être le seul joueur de l’industrie à se consacrer exclusivement aux avions d’affaires - où les marges sont élevées, mais beaucoup plus cyclique que l’industrie ferroviaire.

«Actuellement, nous pensons que le marché perçoit ce secteur comme confronté à des défis structurels et peu attrayant dans une perspective de croissance», a souligné l’analyste.

La division des jets d’affaires de Bombardier, qui englobe les familles Global, Challenger et Learjet, compte plus de 12 000 employés au Québec. L’an dernier, elle a généré des revenus de 7,5 milliards $ US alors que son carnet de commandes était estimé à 14,4 milliards $ US en date du 31 décembre. Elle rivalise notamment avec Gulfstream, Textron, Dassault et Embrarer.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, avait écarté la possibilité de vendre cette division.

«Notre attention est sur les avions d’affaires, avait-il dit. Nous avons investi massivement au cours des dernières années. Notre objectif est de faire croître ces activités.»

En octobre, le conglomérat américain Honeywell avait publié un rapport prévoyant jusqu’à 7600 livraisons de nouveaux appareils entre 2020 et 2029, en recul «d’un ou deux points de pourcentage» par rapport à sa prévision de 2018.

S’il estime que le marché a été «stagnant» au cours de la dernière décennie, Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, croit néanmoins que Bombardier est bien positionnée.

«Plus important encore, la production de son produit phare, le Global 7500, ne fait que commencer à s’accélérer et le (carnet de commandes) affiche complet jusqu’à la fin de 2022», a souligné l’analyste, dans une note.

Bombardier pourrait avoir à offrir une cure de rajeunissement à ses Challenger 350 et 650, mais l’entreprise devrait être en mesure de le faire sans avoir à lancer un tout nouvel avion, a estimé Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux. L’analyste a rappelé que l’entreprise avait opté pour une stratégie similaire avec ses Global 5500 et 6500.

La vente de sa division de matériel roulant devrait permettre à Bombardier d’obtenir entre 4,2 milliards $ US et 4,5 milliards $ US. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 32,5 % de Bombardier Transport, deviendra le plus important actionnaire du géant français Alstom, avec une participation de 18 %.

La transaction, dont la clôture est prévue dans la première moitié de 2021, fera toutefois l’objet d’un examen minutieux, notamment de la part des autorités antitrust en Europe, où Alstom et Bombardier sont très présentes.

L’an dernier, les autorités européennes avaient opposé leur veto à l’alliance proposée entre la société allemande Siemens et Alstom.

Affaires

Eddyfi avale une autre bouchée technologique, cette fois en Norvège

Eddyfi/NDT poursuit sa croissance et confirme sa volonté de devenir un joueur de classe mondiale. 

Le groupe de Québec spécialisé en équipements et logiciels d’inspection a annoncé mardi l’acquisition de Halfwave, une entreprise norvégienne.

Active à l’échelle internationale, Halfwave est propriétaire d’une technologie unique de résonance acoustique (ART) qui permet des mesures de haute précision dans le domaine des inspections sous-marines et en ligne de pipelines.

Le champ d’expertise de Halfwave offrait une occasion d’affaires incontournable aux yeux du président et chef de la direction d’Eddyfi/NDT, Martin Thériault. «Nous sommes avant tout une entreprise de technologie CND [contrôle non destructif]. Le caractère unique et exclusif de la technique ART était une opportunité que nous ne pouvions pas manquer. Cette acquisition crée de réelles synergies pour notre groupe.»

Halfwave compte 70 employés qui travaillent au siège social à Bergen, et dans les bureaux d’Oslo et de Houston, au Texas.

Le 5 février dernier, Eddyfi Technologies avait annoncé l’achat de la firme irlandaise NDT Global, ce qui lui avait permis de devenir l’un des plus importants joueurs au monde dans l’industrie de l’inspection de pipelines. 

Installé dans l’Espace d’innovation Michelet, dans le secteur Chauveau, Eddyfi se spécialise dans les «tests non destructifs» à l’aide de sondes, d’appareils et de logiciels pour l’inspection de composantes critiques, notamment dans l’industrie pétrolière, aérospatiale et nucléaire.

Affaires

Le détaillant La Cordée se place à l’abri de ses créanciers

MONTRÉAL - Confronté à des difficultés financières persistantes, le détaillant d’articles de sport et de plein air La Cordée a décidé de se placer à l’abri de ses créanciers dans l’espoir de se restructurer et poursuivre ses activités.

Parallèlement, l’entreprise a nommé Emmanuelle Ouimet, qui était directrice du marketing depuis août 2019, au poste de présidente-directrice générale de cette entreprise fondée en 1953 sous forme de coopérative.

Ces décisions ont été annoncées aux employés par l’entremise d’une note interne - dont La Presse canadienne a obtenu copie - signée par la présidente du conseil d’administration de l’entreprise, Louise Bernard.

«Nous sommes forcés de constater que La Cordée, telle qu’est est aujourd’hui, n’est plus adaptée aux attentes des consommateurs de plein air, peut-on lire. En conséquence, nous faisons face depuis quelques mois à une situation financière difficile.»

Aucun chiffre n’était évoqué dans la lettre. Le syndic au dossier est MNP.

La Cordée compte quelque 400 employés répartis dans cinq magasins, dont l’enseigne La Vie Sportive, à Québec, acquise en 2018. L’entreprise exploite également deux boutiques sur l’île de Montréal, deux autres à Laval et une à Longueuil.

Mme Bernard explique que la direction du détaillant a «entamé un processus de transformation stratégique avec le soutien d’experts», sans toutefois indiquer si cela pourrait se traduire, par exemple, par des pertes d’emplois et des fermetures de boutiques. Aucun licenciement n’a été annoncé.

«Nous sommes confiants que nous serons en mesure de redresser la situation et de remettre La Cordée sur le chemin de la rentabilité», a écrit la présidente du conseil d’administration dans sa lettre aux employés.

Mardi, La Presse canadienne n’avait pas été en mesure de joindre Mmes Bernard et Ouimet.

Les deux magasins montréalais de La Cordée sont syndiqués depuis octobre dernier. Environ 100 employés représentés par le Syndicat des travailleuses et travailleurs du commerce (CSN) étaient en train de négocier un premier contrat de travail.

«Ils ne sont pas surpris (de la situation), a expliqué le président syndical David Bergeron Cyr. L’entreprise est gérée comme dans les années 1970. Elle ne va pas chercher le plein potentiel de ses employés. Leur principal atout, c’est l’expérience client.»

La dernière année a semblé éprouvante pour La Cordée. Le quotidien «La Presse» avait rapporté en mai dernier que l’entreprise avait licencié quelque 40 personnes à la suite d’un hiver marqué par des conditions météorologiques difficiles.

À ses débuts, le détaillant livrait principalement du matériel de camping aux scouts, avant de diversifier ses activités à compter des années 1960, par exemple en vendant des articles de ski et d’escalade. Le matériel de sport nautique a fait son entrée dans les boutiques au début des années 2000.

Affaires

Via Rail annonce la reprise partielle du service entre Québec, Montréal et Ottawa

MONTRÉAL - Via Rail annonce la reprise partielle du service entre Québec, Montréal et Ottawa à compter de jeudi.

Presque tous les autres services de Via Rail demeurent annulés, à l’exception de Sudbury-White River et Churchill-The Pas, jusqu’à nouvel ordre.

Les trains de Via ont été perturbés par les manifestations de solidarité envers les chefs héréditaires de Wet’suwet’en, opposés au projet de gazoduc Coastal GasLink.

Les manifestants ont bloqué des lignes ferroviaires à travers le pays et perturbé le trafic de marchandises et de passagers.

Via Rail indique que la reprise partielle du service entre Ottawa et Québec fait suite à un avis reçu du Canadien National.

Seuls les trains qui assurent des trajets complets entre Québec et Ottawa reprendront leur service.

Affaires

HSBC veut supprimer 35 000 emplois

HONG KONG - Le géant bancaire HSBC a dévoilé mardi des projets de réorganisation radicaux impliquant la suppression de 35.000 emplois en trois ans et une réduction de ses activités aux États-Unis et en Europe, après avoir essuyé en 2019 une chute de 53% de son bénéfice net.

Basé à Londres mais actif à travers le monde et particulièrement en Asie, le groupe, déjà engagé dans un vaste plan de réduction de coûts, prévoit désormais de réduire ses effectifs totaux de pratiquement 15%.

«Nous nous attendons à ce que nos effectifs actuels de 235.000 personnes diminuent pour être plus proches de 200.000 employés en 2022», a indiqué lors d’une conférence téléphonique le directeur général par intérim Noel Quinn.

M. Quinn, en poste depuis l’éviction surprise en août de John Flint, n’a pas précisé quelles régions seraient touchées, mais a souligné que les suppressions seraient importantes au Royaume-Uni.

Le groupe avait déjà engagé l’an dernier la suppression de 2% de ses effectifs, soit 4.700 postes.

Dans le même temps, HSBC esquissait mardi les contours d’une réorganisation de vaste ampleur, qui devrait se traduire par un recentrage en Asie et au Moyen-Orient, jugés plus rentables, au détriment des activités de banque d’investissement en Europe et aux États-Unis.

«Nous projetons de réduire notre capital et nos coûts dans les activités aux performances décevantes, afin d’être en mesure de poursuivre les investissements dans celles dotées de plus solides perspectives de rendements et de croissance», insiste la banque dans un communiqué.

Elle envisage de sabrer ses coûts de 4,5 milliards de dollars d’ici 2022, tout en prévoyant dans le même temps des coûts de restructuration d’environ 6 milliards.

«Un plan révisé»

Ces annonces interviennent à l’occasion de la publication mardi d’une chute de 53% de son bénéfice net en 2019, à 5,97 milliards de dollars. «Certains pans de nos activités ne génèrent pas des performances acceptables», a commenté M. Quinn dans un communiqué.

«Nous élaborons en conséquence un plan révisé pour accroître les rendements pour nos investisseurs (...) et bâtir la base d’une croissance future durable. Nous avons déjà commencé à le mettre en oeuvre», a-t-il indiqué.

HSBC a vu ses résultats annuels plombés par la dépréciation d’écarts d’acquisitions de 7,3 milliards de dollars, liée principalement à ses activités d’investissement et à ses opérations de banque commerciale en Europe.

Si ses performances en Asie restent tirées par la locomotive chinoise, la banque est sous forte pression aux États-Unis comme en Europe, pâtissant notamment de la guerre commerciale sino-américaine et du retrait britannique de l’Union européenne.

Dans le cadre de sa réorganisation, le groupe entend réduire son réseau de branches aux États-Unis d’environ 30% avec l’objectif d’y abaisser ses dépenses opérationnelles de 10 à 15%.

En Europe (hors du Royaume-Uni), HSBC projette de «réduire ses ventes et activités de marchés, comme ses activités de recherche».

Il n’a pas mentionné la France. En décembre, l’AFP avait appris de sources proches du dossier qu’il envisageait de céder tout ou partie de son activité de banque de détail en France, pays où il compte quelque 8.500 salariés.

Impact de l’épidémie

La banque prévoit également de transférer ses activités de produits financiers structurés du Royaume-Uni vers l’Asie. Elle veut, enfin, réduire de 35% en Europe et de 45% aux États-Unis le volume de ses actifs à risque.

Au total, HSBC espère ainsi abaisser sa base ajustée de coûts à 31 milliards de dollars en 2022.

En revanche, l’avenir de Noel Quinn, nommé par intérim pour remanier en profondeur le groupe, n’a pas été précisé et la nomination d’un directeur général permanent est toujours attendue.

M. Quinn «va conduire les restructurations, et si cela se passe bien, il pourrait être confirmé» dans sa fonction, a indiqué à l’AFP Jackson Wong, du gestionnaire d’actifs Amber Hill Capital. «Mais pour l’heure, (HSBC) cherche toujours quelqu’un capable de garantir sa croissance.»

L’Asie reste la région cruciale pour HSBC, qui y réalise la moitié de son chiffre d’affaires. Son bénéfice ajusté avant impôts l’an dernier en Asie a gonflé de 6% à 18,6 milliards de dollars.

L’épidémie de coronavirus pourrait cependant assombrir ses perspectives: elle «génère des turbulences économiques à Hong Kong et en Chine continentale, et pourrait peser sur nos performances en 2020», a prévenu le groupe.

Affaires

Pier 1 se protège contre la faillite et fermera ses magasins canadiens

TORONTO — Le détaillant d’articles de maison Pier 1 Imports a annoncé lundi s’être placé sous la protection de la loi contre la faillite aux États-Unis et a précisé avoir l’intention de fermer tous ses magasins canadiens dans le cadre de son processus de restructuration.

La société établie au Texas a été confrontée à la concurrence accrue de la part de détaillants en ligne abordables comme Wayfair.

Pier 1 a indiqué qu’elle se mettait à la recherche d’un acheteur et qu’elle avait fixé la date limite pour recevoir des offres au 23 mars.

La société avait annoncé le mois dernier qu’elle fermerait 450 magasins.

Le site Web canadien de Pier 1 affiche maintenant un court communiqué annonçant les fermetures et remerciant les clients de leur fidélité.

Le détaillant a aussi entamé une procédure au Canada pour se protéger de ses créanciers. Le cabinet Osler, Hoskin & Harcourt LLP agit à titre de conseiller juridique canadien.

Dans un communiqué publié lundi, la société a annoncé qu’elle continuerait de fermer des magasins dans le cadre de sa procédure de faillite. L’entreprise, fondée en 1962, fermera également deux centres de distribution.

Une audience est prévue mardi à la Cour des faillites américaine du district Est de la Virginie. Dans l’intervalle, Pier 1 a déclaré que les prêteurs avaient engagé environ 256 millions $US en financement de débiteur en possession de ses biens afin qu’il puisse poursuivre ses activités pendant la procédure.

«Les actions d’aujourd’hui visent à fournir au Pier 1 plus de temps et de flexibilité financière alors que nous travaillons maintenant à libérer de la valeur pour nos parties prenantes par l’entremise d’une vente de la société», a affirmé dans un communiqué le chef de la direction et directeur financier de Pier 1, Robert Riesbeck. Ce dernier, qui a déjà effectué des redressements d’entreprises, a rejoint Pier 1 l’été dernier.

Les ventes de Pier 1 ont chuté de 13 % pour s’établir à 358 millions$US au cours de son dernier trimestre clos le 30 novembre. Il a affiché une perte nette de 59 millions $US pour le trimestre, alors qu’il avait du mal à attirer des clients dans ses magasins.  

Techno

Apple allonge la liste des entreprises perturbées par le coronavirus

SAN FRANCISCO — Apple n’atteindra pas ses objectifs de ventes ce trimestre à cause de l’épidémie du nouveau coronavirus, signe que le ralentissement de la production et de la consommation en Chine affecte de plus en plus sérieusement les grands groupes. 

La crise sanitaire pèse aussi bien sur l’offre que sur la demande. Le géant des technologies cite des difficultés d’approvisionnement en iPhones, fabriqués en Chine, et la demande pour ses produits alors que ses magasins sont fermés dans le pays.

Fin janvier, lors de la publication de résultats records grâce à une forte demande pour la gamme d’iPhone 11 sortie avant les fêtes, Apple avait déjà souligné que l’épidémie entraînait des incertitudes.

Le groupe avait donc donné une fourchette de prévision de chiffre d’affaires pour son deuxième trimestre plus large que d’habitude, entre 63 et 67 milliards de dollars.

Mais l’entreprise américaine n’envisage plus d’y parvenir, même si la production en Chine «commence à reprendre».

Apple a des sous-traitants dans la région de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, mais aussi des fournisseurs alternatifs.

«Le retour aux conditions normales prend plus de temps que nous n’avions anticipé», détaille le groupe californien, évoquant une «pénurie d’iPhones qui va temporairement affecter nos revenus dans le monde».

Le secteur du luxe touché 

En termes de demande, l’entreprise précise qu’elle n’a diminué qu’en Chine.

«Nous sommes en train de rouvrir progressivement nos magasins et nous allons continuer, de la façon la plus régulière et la plus sûre possible», précise Apple, ajoutant que ses bureaux, centres d’appel et magasins en ligne n’ont jamais cessé de fonctionner.

Depuis l’apparition de la maladie en décembre à Wuhan (centre), plus de 1.800 personnes sont décédées et plus de 72.300 ont été contaminées en Chine continentale, selon les derniers chiffres officiels publiés mardi.

«Nos pensées vont d’abord vers les communautés et les individus les plus touchés par la maladie (...). Apple va plus que doubler sa donation précédemment annoncée pour soutenir cet effort historique de santé publique», a déclaré le groupe américain.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva a chiffré l’impact à 0,1-0,2 points en moins pour la croissance mondiale, mais a souligné qu’il était encore très difficile d’évaluer l’impact pour l’économie.

Apple n’est pas le premier groupe à modifier ses prévisions à cause de la pneumonie virale.

La semaine dernière, Pernod Ricard a révisé à la baisse son objectif annuel de résultat opérationnel courant organique, car la Chine est son deuxième marché, où il réalise 10% de ses ventes.

L’industrie du luxe est particulièrement concernée. Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, etc) a ainsi enregistré une forte baisse de ses ventes en Chine continentale et la maison d’habillement Burberry a averti d’un «impact négatif important».

Pertes pour Disneyland 

Plusieurs constructeurs automobiles sont aussi affectés par le bouclage de la ville de Wuhan. Le deuxième constructeur chinois, Dongfeng, y est implanté, tout comme de multiples sous-traitants, ainsi que les français Renault et PSA.

Le japonais Toyota et l’allemand Volkswagen ont eux dû retarder la reprise de la production dans leurs usines d’assemblage.

Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme Tesla a annoncé, lors de la publication de ses résultats fin janvier, que sa méga-usine de Shanghai devrait être fermée sur injonction du gouvernement chinois, ce qui causerait des retards dans la production du Model 3 et pourrait légèrement affecter les profits trimestriels du groupe.

Disney a de son côté estimé que ses parcs d’attractions à Shanghai et à HongKong pourraient perdre 280 millions de dollars en tout, s’ils restent inaccessibles pendant 2 mois.

À Bruxelles, le président de l’Eurogroupe, cénacle des 19 ministres des Finances de la zone euro, a dit lundi s’attendre à un impact «temporaire» du nouveau coronavirus sur la croissance européenne.

«L’apparition et la propagation du coronavirus et son impact sur la santé publique, les vies humaines et l’activité économique sont une source de préoccupation croissante», avait souligné jeudi la Commission européenne dans un communiqué.

Affaires

Jeff Bezos lance un fonds pour la terre de 10 milliards$

SAN FRANCISCO - L’homme le plus riche du monde Jeff Bezos, fondateur du géant du commerce en ligne Amazon dénoncé pour son impact sur l’environnement, a annoncé la création d’un «Fonds Bezos pour la Terre» afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Sur son compte Instagram lundi, M. Bezos a annoncé qu’il dotait personnellement ce fonds de 10 milliards de dollars «pour commencer».

Cette somme représente 7,7% de sa fortune personnelle, estimée à 130 milliards de dollars par Forbes.

«Cette initiative mondiale financera des scientifiques, des militants, des ONG - soit tout effort qui offre une réelle possibilité d’aider à préserver et à protéger le monde naturel», a ajouté le patron d’Amazon.

Il a précisé que les premières subventions seraient octroyées cet été.

«Nous pouvons sauver la Terre», a-t-il affirmé dans ce message accompagné d’une photo de la planète, plaidant pour «une action collective des grandes et petites entreprises, des Etats, des organisations mondiales et des individus».

«Je veux travailler avec d’autres pour accroître les moyens connus et aussi pour chercher de nouvelles façons de lutter contre l’impact dévastateur du changement climatique», a encore fait valoir M. Bezos.

«La Terre est la seule chose que nous ayons tous en commun. Protégeons-la, ensemble», a-t-il conclu.

Cette annonce survient 20 jours après que 300 employés d’Amazon ont signé des critiques contre leur groupe, notamment au sujet de sa politique environnementale.

Le groupe Amazon Employees for Climate Justice (AECJ) pousse l’entreprise à aller plus loin dans son plan en faveur de l’environnement annoncé à grand renfort de publicité en septembre. Jeff Bezos avait alors promis qu’Amazon atteindrait la neutralité carbone en 2040, avec 10 ans d’avance sur les engagements de l’accord de Paris.

Des millions de tonnes d’équivalent CO2

Amazon, qui a bâti son succès sur un énorme réseau logistique de transport routier pour assurer des livraisons de plus en plus rapides, est un gros producteur de gaz à effet de serre, les principaux responsables du changement climatique.

Les fermes de serveurs d’Amazon, qui a fait du cloud (informatique dématérialisée) une autre source très importante de profits, sont elles aussi extrêmement gourmandes en énergie.

Selon la plateforme en ligne Climate Watch, les 44,4 millions de tonnes d’équivalent CO2 produites chaque année par Amazon représentent un peu plus de 10% des émissions annuelles totales de la France.

Les manifestations pour la protection de l’environnement et contre les grandes sociétés polluantes se sont multipliées partout dans le monde, notamment sous la houlette d’associations comme Greenpeace, de la militante suédoise Greta Thunberg ou du mouvement Extinction Rebellion (XR).

Amazon a ainsi été la cible de plusieurs actions visant à dénoncer la surconsommation et les conséquences écologiques du «Black Friday» en novembre, une des grandes journées de promotion qui contribuent aux revenus colossaux de la multinationale.

Jeff Bezos est aussi le fondateur de la société spatiale Blue Origin, dont l’un des buts est de développer l’activité humaine dans l’espace, notamment sur la lune, pour alléger la pollution sur terre.

Géants de l’internet, du pétrole ou de l’agroalimentaire multiplient les promesses de réduire leur empreinte environnementale et de s’adapter à une économie bas-carbone. Mais les spécialistes préviennent que nombre de ces annonces relèvent davantage du «greenwashing» (éco-blanchiment).

«Le greenwashing, c’est de la désinformation, un brouillage de la réalité», soulignait la patronne de Greenpeace Jennifer Morgan en janvier à Davos,»compte tenu de l’urgence climatique, nous n’avons plus de temps pour le baratin ou l’hypocrisie».

Politique

Eeyou Istchee Baie-James: entente de développement économique entre Québec et les Cris

Québec et les Cris n’étaient pas peu fiers, lundi, d’annoncer qu’en ces temps de tensions avec certaines communautés des Premières Nations ailleurs au Canada, eux signent un protocole d’entente sur le développement économique à long terme du territoire d’Eeyou Istchee Baie-James.

L’annonce a été faite lundi à Montréal par le premier ministre François Legault et le président du gouvernement de la nation crie, Abel Bosum, en présence de nombreux représentants de la communauté crie et de ministres du gouvernement Legault.

Le premier ministre a salué «un moment historique entre la nation crie et la nation québécoise» qui est une suite logique de la Paix des Braves, conclue il y a 18 ans. «Deux visionnaires, Ted Moses et Bernard Landry, ont permis cette entente exemplaire avec la nation crie, qui peut être utilisée comme modèle partout au Canada, en Amérique du Nord», a fait remarquer le premier ministre Legault.

L’entente de la Paix des Braves visait à améliorer la qualité de vie des Cris, à soutenir le développement économique du territoire et à donner aux Cris une plus grande autonomie.

Le grand chef Bosum a lui aussi souligné l’importance de ce protocole d’entente. «Nous avons choisi d’être ici. Nous sommes ici non pas pour faire un sacrifice ou parce que nous nous résignons. Aujourd’hui, ce n’est pas une concession que nous devons faire, ni un compromis difficile. Nous ne sommes pas forcés d’être ici à cause d’une entente.»

Au cours de la conférence de presse, le premier ministre a d’ailleurs souligné qu’il s’était assuré de l’appui de la communauté, et non seulement de ses dirigeants - faisant ainsi référence au litige à la source du conflit concernant Coastal GasLink et la communauté de Wet’suwet’en en Colombie-Britannique.

«Ce matin, les chefs sont là. M. Bosum a fait preuve de beaucoup de leadership. C’est un projet qu’on travaille depuis longtemps, bien avant qu’on ait ce conflit-là sur les voies ferrées», a-t-il relevé.

À long terme

Pour le moment, Québec et les Cris en sont à l’étude de faisabilité, une étude de «quelques dizaines de millions de dollars» dont les coûts seront partagés moitié-moitié, a précisé le premier ministre Legault.

Mais à long terme, le projet compte plusieurs étapes qui toucheront le développement économique de la région Eeyou Istchee Baie-James: le prolongement du réseau ferroviaire pour réduire le recours au camionnage; l’électrification de certains projets industriels; le partage d’infrastructures sur le territoire; la formation de la main-d’oeuvre locale.

De même, pour protéger l’environnement, de nouvelles aires protégées seront identifiées.

Le plan s’échelonnera sur 30 ans.

«La vision vient de nous; c’est notre vision de ce que le développement doit être», a pris la peine de souligner le grand chef Bosum.

À lui seul, le projet de prolongement du réseau ferroviaire est évalué à 4,6 milliards $. Plusieurs projets reliés au lithium pourraient en bénéficier, entre autres, a souligné le premier ministre Legault.

«Le Nord-du-Québec est rempli de potentiel et présente des possibilités dans certains minéraux stratégiques qui sont très attrayants pour les Américains, pour les Allemands qui, actuellement, sont très dépendants de la Chine. À chaque fois qu’il y a un projet minier, il faut qu’il y ait une acceptabilité de la part des communautés autochtones», a relevé le premier ministre.

Affaires

Bombardier s’entend avec Alstom sur la vente de sa division ferroviaire

Une page d’histoire se tourne chez Bombardier avec l’annonce d’une entente visant à céder sa division ferroviaire à Alstom, ce qui vient compléter un douloureux plan de redressement également marqué par une sortie de l’aviation commerciale et plusieurs ventes d’actifs.

Après des semaines de rumeurs, l’accord annoncé lundi confère une valeur de 8,2 milliards $ US à Bombardier Transport et mettra fin, pour la multinationale québécoise, à une aventure qui s’est échelonnée sur cinq décennies dans le secteur du matériel roulant.

Cette transaction permettra à Bombardier de réduire sa lourde dette de plus de 9,3 milliards $ US et de se concentrer sur le secteur des luxueux jets d’affaires, qui compte plus de 12 000 employés au Québec et qui a généré des revenus de 7,5 milliards $ US l’an dernier.

«Depuis 2015, je l’ai dit ouvertement, nous avons effectué des tentatives avec Hitachi, Siemens et Alstom, a expliqué le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, au cours d’une entrevue téléphonique. Les Chinois prennent de plus en plus de place, il faut créer de gros joueurs. Comme on ne pouvait pas être le consolidateur, on a décidé d’approcher Alstom.»

Du même souffle, celui-ci a également fermé la porte à une vente de la division des avions d’affaires, alors que certains reportages ont fait état de discussions avec la société américaine Textron.

Engagements envers le Québec

L’entente avec Alstom comporte plusieurs facettes, puisqu’elle s’accompagne d’une série d’engagements à l’égard du Québec, dont l’établissement d’un siège social des Amériques, en plus de permettre à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) de devenir le principal actionnaire du géant français.

N’empêche, elle vient s’ajouter à la liste des nombreux actifs cédés - avions turbopropulsés Q400, jets régionaux CRJ, l’ex-C Series et la division aérostructures - au cours des cinq dernières années par M. Bellemare.

Ce dernier, qui estime que le redressement est maintenant complété, refuse toutefois de parler de démantèlement.

«C’est le «Monday morning quaterback», c’est facile de juger, a dit M. Bellemare, en référence aux observateurs ayant tiré cette conclusion. Mais au cours des dernières années, nous avons protégé la C Series, les emplois à Mirabel, on a attiré Airbus, puis Mitsubishi (avec la vente du programme CRJ). Avec Alstom, nous allons encore amener un joueur capable de (générer de la croissance).»

En combinant la vente de Bombardier Transport à la cession d’autres actifs, Bombardier devrait avoir, à la clôture de la transaction, entre 6,5 milliards $ US et 7 milliards $ US pour payer sa dette, qui devrait fléchir à environ 2,5 milliards $ US.

Structure

La cession de la division ferroviaire de Bombardier devrait permettre à l’entreprise d’obtenir entre 4,2 milliards $ US et 4,5 milliards $ US. Cela tient compte de la somme qui sera versée à la CDPQ pour sa participation de 32,5 % dans cette division. Elle sera échangée contre des actions d’Alstom en plus d’un investissement supplémentaire d’environ 1 milliard $ US dans l’entreprise française.

La CDPQ deviendra ainsi le plus important actionnaire d’Alstom, avec une participation d’environ 18 %, ce qui lui donnera le droit de nommer deux personnes au conseil d’administration.

«C’est un investissement qui cadre vraiment bien avec notre stratégie, a expliqué le président et chef de la direction du gestionnaire de régimes de retraite, Charles Émond, au cours d’un entretien téléphonique. La mobilité durable est un secteur extrêmement porteur.»

Affaires

Cirque du Soleil: la Caisse de dépôt rachète Guy Laliberté [VIDÉO]

Plus de 35 ans après avoir fondé le Cirque du Soleil, Guy Laliberté n’est plus parmi les actionnaires de l’entreprise, ayant décidé de vendre sa participation restante de 10 % à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Le montant de cette transaction, qui a été annoncée lundi, n’a pas été précisé. Cela permettra au bas de laine des Québécois de doubler la taille de sa participation pour ainsi détenir environ 20 % du Cirque.

M. Laliberté, qui n’était pas disponible pour accorder des entrevues, conservera des «intérêts économiques» qui n’ont pas été précisés. Celui-ci dit vouloir se consacrer davantage à la fondation One Drop, un organisme sans but lucratif qu’il a créé en 2007, ainsi qu’à Lune Rouge, dont le mandat consiste notamment à investir dans des entreprises des secteurs des technologies, des arts et de l’immobilier.

L’homme d’affaires âgé de 60, qui avait déjà vendu 20 % du Cirque à des intérêts de Dubaï en 2008, demeurera également impliqué dans le processus créatif au Cirque, ce qui ne bousculera pas les activités au quotidien, a expliqué son président et chef de la direction, Daniel Lamarre.

«Il va être ici (mardi) dans nos bureaux pour revoir le contenu d’un nouveau spectacle que l’on prépare, a expliqué M. Lamarre, au cours d’une entrevue téléphonique. Son engagement demeure entier. Cela est rassurant.»

La CDPQ avait acquis une participation de 10 % dans la société de divertissement en 2015 dans le cadre d’un changement au sein de l’actionnariat ayant permis à TPG Capital d’être propriétaire à hauteur d’environ 60 % de la société. Cette société d’investissement américaine demeure l’actionnaire principal, alors que la firme Fosun Capital Group possède une participation de 20 %.

Ainsi, selon M. Lamarre, la transaction ne signale pas que d’autres changements pouvant impliquer TPG Capital et Fosun sont attendus.

«La Caisse a toujours exprimé, dans nos réunions du conseil d’administration, qu’elle était intéressée à prendre une participation plus grande dans le Cirque, a-t-il souligné. C’est gratifiant de pouvoir compter sur un appui grandissant de leur part.»

Le Cirque compte quelque 4900 employés, dont plus de 1500 à son siège social de Montréal. La compagnie présente près d’une cinquantaine de spectacles permanents et en tournée à travers le monde.

Plus présente

Avec une participation de quelque 20 %, le gestionnaire de régimes de retraite pourra nommer un deuxième représentant au conseil d’administration de la société, qui en compte 12.

Par voie de communiqué, le nouveau président et chef de la direction de la CDPQ, Charles Émond, a qualifié le Cirque de «marque emblématique», soulignant que l’institution entendait continuer à appuyer les projets de développement de l’entreprise.

L’an dernier, la CDPQ et le Fonds de solidarité avaient octroyé une facilité de crédit de 120 millions $ US au Cirque afin de financer notamment l’acquisition de The Works Entertainment - la troisième prise de la société depuis 2015.

En raison du niveau d’endettement de l’entreprise, les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s avaient exprimé des préoccupations.

«Nous sommes présentement dans un mode d’optimisation de nos spectacles, a expliqué M. Lamarre, lorsqu’interrogé. Cette année et dans les prochaines années, nous allons avoir besoin de moins d’investissements et cela nous permettra de capitaliser davantage sur l’augmentation de nos revenus.»

Le président du Cirque ignore par ailleurs toujours quand il sera possible de relancer le spectacle «d’Un monde fantastique» à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, en Chine. En raison du virus Covid-19, les représentations ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre le mois dernier. La ville de Wuhan, considérée comme le berceau de l’éclosion, se trouve à environ 700 kilomètres de l’endroit où se produit le Cirque.

+

LE CIRQUE DU SOLEIL EN QUELQUES MOMENTS

  • 1984: En vue des célébrations du 450e anniversaire de la venue de Jacques Cartier au Québec, le gouvernement du Québec embauche la troupe de Guy Laliberté et de Gilles Ste-Croix. Baptisée le Cirque du Soleil, la compagnie crée son premier spectacle: «Le Grand Tour du Cirque du Soleil».
  • 2001: Guy Laliberté rachète la participation de son partenaire Daniel Gauthier dans le Cirque du Soleil.
  • 2004: Daniel Lamarre devient président-directeur général du Cirque du Soleil alors que Guy Laliberté demeure président du conseil d’administration.
  • 2008: Guy Laliberté vend 20 % de son entreprise à des intérêts de Dubaï en expliquant qu’il s’agit d’un partenariat stratégique et qu’il continue d’être le seul maître de l’entreprise.
  • 2015: La société d’investissement privée TPG Capital met la main sur une participation majoritaire. La firme chinoise Fosum Capital Group ainsi que la Caisse de dépôt et placement du Québec achètent également une participation minoritaire. Guy Laliberté conserve 10 % de la société.
  • 2019: La CDPQ rachète la participation de Guy Laliberté, qui n’est plus actionnaire de l’entreprise. Cela permet à la Caisse de détenir environ 20 % du Cirque.

Affaires

Bayer et BASF condamnés à verser 265 millions $US à un agriculteur 

WASHINGTON - Les groupes allemands Bayer et BASF ont été condamnés par un tribunal américain à verser un dédommagement de 265 millions $US (351 millions $CAN) à un cultivateur reprochant à leur pesticide dicamba d’avoir détruit ses vergers de pêches.

La décision a été rendue samedi par le jury du tribunal fédéral de Cape Girardeau, dans le Missouri (centre), à la suite d’une requête de Bill Bader affirmant que les deux sociétés encourageaient les cultivateurs à utiliser le dicamba de manière irresponsable.

Le dicamba est un pesticide populaire, mais controversé pour sa tendance à se propager facilement et à tuer les plantes moins résistantes.

Selon l’agence Bloomberg, il s’agit du premier procès aux États-Unis concernant le pesticide dicamba. Comme le RoundUp, un autre pesticide controversé commercialisé par Monsanto, le dicamba est sur le marché depuis de nombreuses années.

Un peu partout aux États-Unis, des agriculteurs ont porté plainte contre Bayer pour les pertes subies à cause du dicamba.

Cette décision de justice intervient après une autre affaire dans laquelle Bayer a été condamné par un jury californien à verser 290 millions de dollars (267 millions) à un jardinier atteint d’un cancer incurable, pour ne pas avoir suffisamment informé de la dangerosité du RoundUp.

Bayer, qui a fait valoir que le dicamba était sans danger pour les cultures tant que les utilisateurs suivaient les instructions, a annoncé dans un communiqué lundi son intention de faire appel «dans les plus brefs délais».

BASF veut aussi «utiliser tous les moyens juridiques à disposition» pour contester cette décision, a indiqué lundi un porte-parole de la société dans un communiqué.

Bayer a racheté en 2018 le mastodonte américain des OGM et des semences, Monsanto, et a dû céder à BASF une partie de ses activités agrochimiques pour satisfaire les autorités de la concurrence.

Affaires

Bombardier Transport passerait dans le giron du géant français Alstom 

Après des semaines de rumeurs et de discussions, Bombardier, qui tente de réduire sa lourde dette, est sur le point de se détacher de sa division de construction de matériel roulant, qui passera dans le giron du géant français Alstom, a rapporté dimanche le Wall Street Journal sur son site internet.

Un accord préliminaire d'une valeur de plus de 7 milliards $ US serait intervenu, selon le quotidien new-yorkais, citant des sources anonymes au fait de la transaction. L'entente pourrait être annoncée dès lundi, selon le média.

Alstom a confirmé lundi être en pourparlers en vue d’une acquisition possible de Bombardier Transport.

Dans un communiqué de quatre lignes, l'entreprise précise qu’aucune décision finale n’a encore été prise à propos de la branche ferroviaire de Bombardier.

Pour sa part, Bombardier n’avait rien annoncé en début de journée.

Pour l'entreprise québécoise, cette transaction vient s'ajouter à la liste des nombreux actifs cédés — avions turbopropulsés Q400, jets régionaux CRJ et l'ex-C Series — au cours des cinq dernières années par le président et chef de la direction, Alain Bellemare.

Il s'agit également d'un important changement pour la multinationale, qui se concentrera désormais uniquement dans le secteur des jets d'affaires destinés à des clients fortunés.

L'annonce d'une transaction avec Alstom ne constitue pas une surprise, puisque Bombardier, qui traîne une dette à long terme de 9,3 milliards $ US, avait signalé le mois dernier qu'elle étudiait ses options afin d'accélérer son désendettement. Cela suggérait qu'elle était prête à se départir de l'une de ses deux principales divisions.

Certains médias avaient rapporté qu'une transaction allait être annoncée jeudi dernier, lorsque Bombardier a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre après avoir cédé sa participation restante dans la Société en commandite Airbus Canada, qui contrôle l'A220, à Alstom et au gouvernement québécois.

Contrairement à la division aéronautique, Bombardier Transport, dont le siège social est situé à Berlin, en Allemagne, est beaucoup moins présente au Québec. Elle compte quelque 1000 employés à l'usine de La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, ainsi qu'à Saint-Bruno, en banlieue sud de Montréal.

Structure de la transaction

Selon le Wall Street Journal, Alstom offrirait un montant en espèce et des actions.

Le quotidien américain avance que la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) qui détient 32,5 % de Bombardier Transport aurait accepté de vendre sa participation pour ensuite acquérir une participation minoritaire dans l'entité combinée.

Le cabinet du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a indiqué que ce dernier ne commentera pas avant qu'une annonce soit rendue officielle.

Jointe par La Presse canadienne, la Caisse de dépôt et placement du Québec a refusé de confirmer l'information et la structure de la transaction. «La Caisse ne commente jamais les rumeurs ni les occasions de transactions qu'elle pourrait considérer ou ne pas considérer», a répondu par courriel son porte-parole, Maxime Chagnon.

Le président du syndicat des employés de l'usine Bombardier à La Pocatière, Claude Michaud, a également refusé de commenter la transaction, affirmant ne pas en avoir été informé.

Ensemble, Alstom et Bombardier Transport généreraient des revenus d'environ 18 milliards $ US selon l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux. Cela demeure toutefois loin du chiffre d'affaires de quelque 34 milliards $ US du géant chinois CRRC — le numéro un dans l'industrie.

«Quelque chose doit se produire dans le secteur du transport, avait expliqué l'analyste Chris Murray, d'Altacorp Capital, au cours d'un entretien téléphonique à La Presse canadienne, la semaine dernière, alors que des rumeurs faisaient état d'une offre imminente d'Alstom. Le fait est que les Chinois sont très présents dans cette industrie et (cette présence) va s'accroître.»

Aux prises avec des retards remarqués et des problèmes d'exécution avec certains contrats importants et des problèmes au Royaume-Uni, avec les Chemins de fer fédéraux suisses et en Allemagne, Bombardier a vu la performance de sa division ferroviaire être sérieusement ralentie en 2019, où elle a affiché un bénéfice avant intérêts et impôts en baisse de 97 %, à 22 millions $ US.

Un mariage entre Alstom et Bombardier Transport risque d'être scruté à la loupe par les autorités antitrust, ce qui pourrait retarder la conclusion de la transaction. L'an dernier, les autorités européennes avaient opposé leur veto à l'alliance proposée entre l'Allemande Siemens et Alstom.

«Nous pensons qu'une combinaison d'Alstom et de Bombardier Transport aurait plus de chance d'obtenir le feu vert par rapport à la précédente tentative d'Alstom et Siemens puisqu'il y a moins de chevauchement entre leurs portefeuilles respectifs et que les dirigeants des deux parties risquent de vouloir consentir à des concessions afin d'obtenir les approbations réglementaires», a estimé M. Poirier dans un rapport publié vendredi dernier.

+

PORTRAIT DE BOMBARDIER TRANSPORT

  • Siège social à Berlin, en Allemagne
  • Revenus de 8,3 milliards $ US (2019)
  • Nouvelles commandes de 10 milliards $ US en 2019
  • Carnet de commandes de 35,8 milliards $ US (2019)
  • Quelque 36 050 employés dans le monde, dont environ 1000 au Québec

Affaires

Le coronavirus pourrait avoir un impact négatif sur la croissance en 2020

DUBAï — L’épidémie du nouveau coronavirus pourrait avoir un effet négatif sur la croissance mondiale en 2020 en fonction de la capacité de la Chine à contenir sa propagation, a prévenu dimanche la directrice du Fonds monétaire international (FMI).

«Pour le moment, notre prévision est de 3,3 % et il pourrait y avoir une réduction de 0,1 à 0,2 % […] c’est un cas particulier et j’incite tout le monde à ne pas tirer de conclusions hâtives», a déclaré Kristalina Georgieva lors du Global Women’s Forum à Dubaï.

«Il y a beaucoup d’incertitudes et nous parlons ici de scénarios, pas de projections, reposez-moi la question dans dix jours», a-t-elle ajouté.

Affirmant qu’il était encore «trop tôt» pour estimer précisément l’impact de l’épidémie, qui a fait près de 1700 morts, elle a toutefois reconnu que les secteurs du tourisme et du transport, entre autres, avaient d’ores et déjà été touchés.

«Nous ne connaissons pas la nature exacte de ce virus, nous ne savons pas à quelle vitesse la Chine sera capable de le contenir et s’il va se répandre [davantage] dans le monde, ce que nous savons c’est que cela affectera les chaînes de valeurs à échelle mondiale», a-t-elle ajouté.

Mercredi, Mme Georgieva avait indiqué sur la chaîne de télévision américaine CNBC que le scénario le plus probable était une forte baisse des activités en Chine suivie d’une reprise rapide et d’un impact mondial in fine relativement limité, soulignant que cela avait le cas durant l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait fait 299 morts en 2002-2003.

Si la Chine réussit à contenir l’épidémie, «il pourrait y avoir une petite baisse et un rebond très rapide», a-t-elle réitéré dimanche, précisant cependant que le poids de la Chine dans l’économie mondiale était passé «de 8 % lors du SRAS à 19 % aujourd’hui».

Quant à la croissance de la Chine, elle ralentissait déjà naturellement, a déclaré Mme Georgieva, soulignant toutefois que «la baisse des tensions commerciales» entre Washington et Pékin avec la signature en janvier d’un accord commercial préliminaire avait permis aux FMI de prévoir une amélioration de sa projection pour 2020.

Le FMI avait dévoilé le 20 janvier ses dernières prévisions pour l’économie mondiale, tablant alors sur une reprise (+3,3 %, contre +2,9 % en 2019) grâce à notamment une pause observée dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Mais il avait alors prévenu que cette reprise était fragile et qu’un regain d’incertitude pourrait contrarier le rebond.

Le Global Women’s Forum se tient avec la participation de nombreuses personnalités dont la fille et conseillère du président américain Donald Trump, Ivanka Trump, et l’ancien Premier ministre britannique Theresa May.

Affaires

Liban : la compagnie aérienne MEA annule sa décision sur les paiements en USD

BEYROUTH — Le transporteur aérien du Liban, la Middle East Airlines (MEA), a annoncé dimanche l’annulation de sa décision de n’accepter que les paiements en USD après un tollé dans le pays, sur fond de dépréciation de la monnaie nationale.

«À la demande du premier ministre Hassan Diab, la direction de la MEA a décidé d’annuler sa décision de vendre seulement en dollars les billets d’avion dans ses bureaux», a déclaré la compagnie dans un communiqué publié par les médias locaux.

Quelques heures plus tôt, l’agence nationale d’information ANI avait annoncé la décision de la MEA et d’autres compagnies aériennes opérant au Liban de ne plus accepter que les paiements en dollars américains à partir de lundi. Les voyageurs peuvent payer par chèque bancaire ou par carte bancaire à condition que leur compte soit en devise étrangère, avait précisé ANI.

Cette annonce a provoqué une vague d’indignation d’autant que la MEA est placée sous la tutelle de la Banque centrale qui en est le principal actionnaire.

Au Liban, le billet vert est utilisé au quotidien au même titre que la livre libanaise.

Si le taux de change officiel fixé par la Banque centrale n’a pas changé, un taux parallèle est appliqué dans les bureaux de change, entraînant des pertes pour les personnes voulant acheter des dollars US en raison de la dépréciation de la livre libanaise.

La question est d’autant plus problématique que depuis des mois les Libanais sont confrontés à des restrictions bancaires drastiques sur les retraits en dollars US.

Pour obtenir des billets verts, il faut souvent aller dans les bureaux de change, où la livre libanaise s’échange désormais à plus de 2000 livres pour un dollar US, même si officiellement la livre est toujours indexée sur le billet vert au taux fixe de 1507 livres pour un dollar US.

Ces rebondissements illustrent les ramifications de la grave crise économique dans laquelle est plongé le pays depuis des mois.

Depuis le 17 octobre, le Liban vit au rythme d’un mouvement de contestation inédit réclamant le départ de la classe politique, quasi inchangée depuis des décennies et jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

La révolte a été déclenchée par l’annonce d’une taxe — elle aussi vite annulée— sur les appels via la messagerie WhatsApp qui a suscité un ras-le-bol populaire ayant pris le pouvoir totalement de court.

«La MEA appartient à l’État libanais, c’est une infraction flagrante à la loi», s’était insurgé sur Twitter un internaute avant l’annulation de la décision de la compagnie aérienne. «On ne va pas vers l’effondrement, on est en plein dedans.»

Affaires

Procès «dieselgate»: Volkswagen propose de payer 1,2 milliard $

FRANCFORT — Rebondissement dans le plus grand procès allemand autour du scandale des moteurs diesels truqués : Volkswagen a proposé vendredi de payer 830 millions d’euros à ses clients en Allemagne, même si les négociations avec l’association regroupant les requérants ont pour l’heure échoué.

Cette procédure rassemblant plus de 400 000 personnes demandant réparation pour leurs voitures équipées de moteurs diesel truqués s’était ouverte fin septembre. Le groupe automobile est accusé d’avoir délibérément nui à ses clients en installant à leur insu un logiciel faisant paraître le véhicule moins polluant qu’il ne l’est en réalité.

Vendredi, Volkswagen est venu rompre le silence qui entourait la négociation, entamée en janvier, entre l’association de consommateurs VZBV et le géant de l’automobile : les deux parties sont «parvenues à un accord sur une résolution à l’amiable à hauteur de près de 830 millions d’euros [environ 1,2 milliard $] au total», a expliqué un porte-parole dans un communiqué transmis à l’AFP.

Or, cette solution a «échoué» en raison de «revendications exagérées» concernant les honoraires des avocats de la VZBV, a-t-il ajouté.

Quatre ans d’audience? 

Moins de deux heures plus tard côté VZBV, même constat «d’échec» des négociations, mais avec une tout autre justification : «le manque de bonne volonté de la part de Volkswagen de créer un système fiable et transparent» pour la mise en place de l’accord et des paiements aux clients.

«Volkswagen a tout fait pour détruire à nouveau la confiance», a lancé Klaus Müller, président de la VZBV, qui fait office de requérant unique. «Nous allons continuer le procès de toutes nos forces.»

Le géant allemand, lui, persiste et signe : il propose l’accord, et donc «jusqu’à 830 millions d’euros», aux clients même «sans soutien» de l’association de consommateurs.

Sur un site Internet mis en ligne vendredi, le constructeur promet «entre 1350 et 6257 euros» (entre 2000 et 9000 $) et par véhicule dépendant de son «type et âge». L’offre est valable pour les clients habitant en Allemagne au moment de l’achat, enregistrés pour le procès groupé et qui possédant encore actuellement leur voiture équipée d’un moteur EA189 achetée avant le 1er janvier 2016.

Il sera possible «dès fin mars» de «recevoir un devis individuel pour un payement», affirme le groupe.

«Nous sommes convaincus qu’un accord à l’amiable est dans l’intérêt des clients», a expliqué Hiltrud Wernder, directrice juridique de Volkswagen. «La pratique commerciale des avocats des requérants ne doit pas peser sur les clients.»

Sans résolution amiable, ce premier grand procès de consommateurs en Allemagne devrait durer au moins jusqu’en 2023.

Le montant de 830 millions d’euros peut paraître relativement modeste comparé aux 30 milliards d’euros (43 milliards $) qu’a déjà coûté le dieselgate au constructeur allemand.

À la Bourse de Francfort, la réaction des investisseurs était limitée : le titre perdait 0,95 % à 170,80 euros (245 $) vers 15h50 dans un Dax à l’équilibre.

Amendes, procès

Le scandale à tiroirs remonte à septembre 2015, quand le géant automobile allemand a avoué avoir équipé 11 millions de véhicules de logiciels truqueurs, et il hante depuis l’industrie automobile allemande.

L’essentiel des frais juridiques, amendes et dédommagements a été déboursé par Volkswagen aux États-Unis, notamment pour indemniser les clients pour la reprise de leurs véhicules.

En Allemagne, le constructeur n’a payé pour l’heure que trois amendes d’un total de 2,3 milliards d’euros (3,3 milliards$) et conteste avoir causé des dommages aux automobilistes.

Il reste cependant sous la menace d’une cascade de procédures civiles et pénales : en parallèle de la procédure groupée, des dizaines de milliers de requêtes individuelles ont été déposées, dont une partie ont abouti à des accords extrajudiciaires.

Dans un procès engagé il y a un an, des investisseurs réclament un dédommagement pour la chute spectaculaire du cours en Bourse de l’action dans les jours qui ont suivi les révélations.

Au-delà du front judiciaire, le scandale a accéléré le déclin du diesel et les voitures diesel risquent d’être bannies de plusieurs villes allemandes en raison de leur niveau de pollution en oxyde d’azote (NOx).

Volkswagen tente, lui, de tourner la page en investissant plus de 30 milliards d’euros (43 milliards $)dans la voiture électrique.