Affaires

L'audacieux pari d'Effenti avec ses employés-actionnaires

Effenti, une entreprise spécialisée dans le service-conseil et le développement d’applications Web et mobiles, veut révolutionner le monde des technologies de l’information (TI) en le rendant plus humain. Pour y arriver, le patron Stéphane Bernier et son associée Valérie Marier ont décidé d’impliquer leurs employés en leur vendant des actions de l’entreprise.

Stéphane Bernier a créé Effenti en 1997. Depuis une dizaine d’années, il caresse l’idée de demander à ses employés de devenir actionnaires. «Je ne me suis jamais senti comme le grand boss, j’ai la majorité, mais j’ai toujours voulu un écosystème et non une structure managériale», confie-t-il. 

«Jusqu’à présent, je n’avais jamais eu l’opportunité de le faire, mais le marché où on s’en va, on est rendu là. Le capitalisme est en train de se modifier peu à peu. Je pense que les employés doivent avoir une partie de l’entreprise pour le futur et répondre à la demande mondiale», poursuit-il.

Effenti se positionne comme une entreprise hybride, libérée et responsable. Il y a trois mois, Stéphane Bernier et Valérie Marier ont donc décidé de passer à l’acte. «Le modèle d’Effenti est vraiment basé sur la responsabilisation des employés, la confiance, la transparence. C’était naturel de redonner l’entreprise aux artisans. Dans le milieu dans lequel on est, c’est eux autres qui ont la connaissance de l’informatique. L’entreprise existe parce qu’ils sont là et qu’ils croient à la mission d’Effenti, qui est de rendre les TI plus humaines», insiste Valérie Marier.

Sur la cinquantaine d’employés, une dizaine sont devenus actionnaires. «On vise que tout le monde ait une participation dans l’entreprise, mais on ne force personne. Certains sont immigrants et viennent d’arriver au Québec, d’autres ont une dette d’étude à rembourser, mais qu’on soit actionnaire ou employé, tout le monde est traité de la même manière. On est une famille tissée serrée. Plusieurs nous ont dit qu’ils allaient embarquer un peu plus tard», affirme Valérie Marier.

Attirer et retenir les meilleurs talents 

Comme toutes les entreprises de TI, Effenti est touchée par la pénurie de main-d’œuvre. Impliquer les employés au sein de l’entreprise est une bonne manière de les attirer et surtout de les retenir.

«C’est une façon de m’intégrer. On appartient vraiment à quelque chose. On ne vient pas ici pour seulement travailler, mais pour contribuer. Ça donne un savoir différent», explique Maidelys Machado Diaz, l’une des nouvelles actionnaires de l’entreprise. 

«Le fait de devenir actionnaire, ça n’impacte pas vraiment le travail, mais tout ce que fait Effenti autour. […] Devenir actionnaire est une conséquence de la culture d’entreprise. Le niveau de responsabilité et d’engagement était déjà là. C’est la suite logique», pense quant à lui Gloire Lomani.

En effet, Effenti a toujours mis l’employé au cœur de ses décisions. Une vision de plus en plus recherchée par les milléniaux qui veulent se sentir impliqués au sein de l’entreprise pour laquelle ils travaillent. 

«Quand on explique ça aux gens qu’on veut recruter, ils sont étonnés, mais très intéressés. Tous les employés sont invités à participer aux décisions. Le fait qu’on les implique, ça les amène à être le changement. On donne les chiffres, on explique tout», souligne Mme Marier.

Et si jamais un nouvel actionnaire prenait la grosse tête, Stéphane Bernier le remettra rapidement à sa place. «J’aurais une discussion avec la personne. Je ne suis pas comme ça, donc il n’y a personne ici qui va l’être», soutient-il.

«Ce n’est pas parce que je suis devenu actionnaire que je me dis, il faut que je m’investisse, puis je vais faire de l’argent. Pour moi, c’est plus un symbole. J’ai plus le sentiment, c’est ma gang et on va faire ça en gang», assure Jean-François Boily. 

Inspirer un changement 

Après plus de 20 ans à gérer son entreprise, Stéphane Bernier aurait pu la vendre et récolter le fruit de son labeur. «On a eu des offres pour nous acheter, mais on a préféré partager», révèle son associée depuis dix ans Valérie Marier. 

La majorité des entreprises ont encore un modèle de management traditionnel avec l’illusion que les employés se trouvent chanceux de travailler pour une entreprise qui a un nom. Mais en réalité, les gens travaillent pour subvenir à leurs besoins et pour un sentiment d’accomplissement. «On veut changer les vieux modèles. Nos compétiteurs trouvent ça capoté. Pour arriver à faire ça, il faut que la direction soit là mentalement. Tu dois oublier ton ego. Ça les dérange, mais on les intrigue aussi. On veut créer une réflexion chez eux», juge Mme Marier.

Est-ce que le modèle mis en place par Effenti pourrait devenir la normalité dans toutes les entreprises à l’avenir? M. Bernier l’espère, il donne d’ailleurs des conférences sur l’entreprise libérée et responsable, le leadership et le management d’aujourd’hui, et sur le recrutement et le code Effenti. «On est en train de faire une révolution de l’entrepreneuriat. On est en avant de la parade. Ça va être mieux pour les entreprises et le monde autour.»

Affaires

Un hiver rigoureux permet à Hydro-Québec de s'approcher de ses records de ventes

MONTRÉAL — Hydro-Québec vient donner raison aux Québécois qui se sont plaints d'un hiver froid.

Les résultats du premier trimestre de la société d’État révèlent un bénéfice net de 1,774 milliard $, une hausse de 130 millions $ ou 8 % par rapport à la même période l’an dernier.

Les ventes nettes de la société d’État démontrent par ailleurs clairement l’effet du temps froid de l’hiver dernier. Celles-ci ont atteint 4,584 milliards $, une augmentation de 307 millions $ par rapport à la même période l’an dernier, dont 278 millions $ proviennent du marché québécois, le reste de la croissance étant imputable aux exportations. Or, au Québec seulement, Hydro évalue que 187 millions $ d’accroissement de ses ventes est attribuable à l’effet des températures plus froides, ce qui représente 67 % de l’augmentation des ventes sur le marché intérieur et 61 % de l’augmentation totale des ventes.

Froid constant

Le météorologue Simon Legault, d’Environnement Canada, confirme d’ailleurs que, même si les trois premiers mois de 2019 n’ont pas fracassé de records de froid — loin de là — le nombre de jours où le mercure s’est maintenu entre -10 et -20 degrés Celsius était plus élevé que la normale.

«C’est un hiver froid, pas extrêmement froid, mais il y a eu constance dans le froid. On a eu quelques redoux, mais le froid revenait toujours rapidement», précise-t-il.

Le reste de l’augmentation de la consommation au Québec, soit 0,5 TWh, provient du branchement de nouveaux clients résidentiels, commerciaux, industriels et institutionnels, des résultats qui témoignent d’une certaine vigueur économique puisque la masse des nouveaux clients était dans les trois dernières catégories.

Le volume total de ventes d’Hydro-­Québec durant cette période atteint 65,4 TWh, tout près du record historique de 65,7 TWh établi durant les trois premiers mois de 2015.

Exportations en hausse

De même, les exportations étaient aussi en hausse pour atteindre 10 TWh, là aussi tout près du record, établi en 2017 celui-là, de 10,1 TWh.

Les exportations nettes ont rapporté 515 millions $ à Hydro-­Québec, en hausse de 29 millions $ par rapport à la même période en 2018.

Dans ce cas, la hausse du revenu est imputable à la fois à une augmentation de volume, qui représente un gain de 8 millions $, mais aussi et surtout à de meilleurs prix sur le marché, soit une moyenne de 5,1 cents du kilowatt/heure (kWh) comparativement à 4,9 cents du kWh obtenu en 2018, ce qui a ajouté 21 millions $ au chiffre de ventes.

En présentant ces résultats, vendredi, le vice-président exécutif et chef de la direction financière d’Hydro, Jean-Hugues Lafleur, a expliqué que la hausse du prix obtenu sur les marchés extérieurs est aussi imputable en partie au temps froid, mais aussi aux stratégies de couverture adoptées au dernier trimestre de 2018.

«On met toujours en place les couvertures sur les prix à terme pour obtenir les meilleurs prix qu’on peut avoir et cette stratégie a été payante. Si on avait regardé strictement les prix qu’on aurait obtenus sans marchés à terme, on aurait eu 4,8 sous alors qu’on a eu 5,1 sous. Donc, cette stratégie-là de couverture a été payante», dit-il.

Parallèlement, la société d’État a réduit de 15 millions $ ses charges d’exploitation, réussissant ainsi à absorber entièrement l’impact de l’inflation et de l’indexation des salaires.

Dans ce dernier cas, les efforts de la société d’État pourraient avoir un impact sur les tarifs chargés aux consommateurs.

«Si on contrôle bien nos charges d’exploitation, c’est clair que ç’a une incidence à la baisse sur les coûts qu’on charge. On a un engagement par rapport à l’efficience; depuis 2010, par exemple, le budget des charges d’exploitation est pratiquement au même niveau sur les neuf dernières années ce qui, en fait, a une incidence à la baisse sur les tarifs», fait valoir M. Lafleur.

Affaires

Caribook vendu à Autonomik! pour un plus grand réseau de covoiturage au Québec

L’application de covoiturage Caribook, lancée par sept étudiants de l’Université Laval, a été vendu à Autonomik! et SimLeader dans le but d’augmenter la mobilité durable au Québec.

Dans un café de Saint-Roch, deux jeunes, début vingtaine, discutent avec engouement de l’historique de leur projet. Avec cinq autres collègues de l’Université Laval, Anabelle Dubé et Sébastien Cliche-Roy ont lancé en 2017 l’application de covoiturage Caribook. Après avoir travaillé corps et âme pour faire évoluer l’application, ils se sont résignés à la vendre, convaincus que cette décision permettra de faire croître le réseau de covoiturage au Québec.

«Nous voulions que le covoiturage se développe au niveau technologique avec des fonctionnalités qui n’existaient pas. C’est ce qu’on a réussi à réaliser», témoigne la vice-présidente au marketing, Anabelle Dubé, en sirotant une gorgée de café glacé en cette journée printanière. Avec près de 20 000 téléchargements de l’application et 3000 propositions de covoiturage, ils sont très fiers de ce qu’ils ont accompli, et sont prêts à tourner la page.

Vendre pour le mieux

Pendant trois ans, ils conciliaient Caribook et université. Maintenant sur le marché du travail, ils ont dû faire des choix. «Nous avons une fibre entrepreneuriale très développée. Quand on a terminé nos études, on a eu des opportunités et c’était difficile de refuser», explique le vice-président au développement des affaires, Sébastien Cliche-Roy, excité par ses nouveaux défis. Le manque de ressources financières a aussi grandement pesé dans la balance. «Ça aurait pris quatre années avant de pouvoir se verser un salaire», renchérit-il.

Depuis leur passage à l’émission Dans l’œil du dragon l’année dernière, plusieurs investisseurs les ont approchés. Ils sont tombés sous le charme de l’organisme d’économie sociale d’Autonomik! qui partagent leurs valeurs environnementales.

Fondé en 2016, il offre des services d’autopartage et de gestion de flotte pour minimiser l’impact écologique. Pour Anabelle Dubé et Sébastien Cliche-Roy, vendre à Autonomik! et SimLeader, une entreprise spécialisée en simulation et qui offre des formations de conduite, était le meilleur scénario pour Caribook.

«SimLeader a une expertise technologique qui va faire évoluer le projet. Avec Autonomik!, ils vont créer un écosystème de mobilité durable vraiment intéressant pour les régions du Québec et qui va grandir assurément», explique Anabelle Dubé, ravie de son implication.

Dès le 1er octobre, Autonomik! utilisera Caribook pour créer une application de covoiturage. En 2020, l’organisation souhaite intégrer une fonctionnalité de temps réel. «Pendant le trajet, les utilisateurs recevront une alerte vocale et ils pourront embarquer des passagers. C’est de l’autostop 2.0», indique le directeur d’Autonomik! Jean-François Lessard. La même année, il souhaite lancer une application, qu’il qualifie de révolutionnaire. Celle-ci rassemblera l’ensemble des transports disponibles. Les abonnés pourront planifier leurs itinéraires, réserver et payer directement sur l’application. Chaque mois, ils recevront une facture électronique. 

«Une entreprise qui peut offrir toutes les mobilités en une seule plateforme, c’est du jamais vu. Il n’existe rien de comparable au Québec en ce moment !» se réjouit-il. 

Sébastien Cliche-Roy et Annabelle Dubé sont très optimistes et espèrent que leur application permettra de réduire l’impact environnemental. «Si un jour, des centaines de milliers de personnes utilisent Autonomik!, on va savoir que c’est un peu grâce aux milliers d’heures qu’on a passées dans notre sous-sol à travailler sur le projet», s’esclaffe Sébastien Cliche-Roy, heureux du résultat final.

«On croit toujours à la mission de Caribook et on est content que notre application continue à évoluer», conclut Annabelle Dubé.

Affaires

Davie: des retombées de près d’un milliard $ [VIDÉO]

Le gouvernement fédéral a l’intention d’octroyer un contrat à la Davie pour la construction de deux traversiers dans l’est du pays, pouvant avoir des retombées économiques de près d’un milliard de dollars. Les travaux sur quatre ans pour chacun des navires pourraient fournir du travail jusqu’à 800 travailleurs.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, et le ministre de la Famille et député de Québec, Jean-Yves Duclos, en ont fait l’annonce vendredi devant des dizaines de travailleurs visiblement heureux de la nouvelle.

Les navires qui doivent être remplacés sont le Madeleine, qui assure la liaison entre les Îles-de-la-Madeleine et Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, et le Holiday Island, l’un des deux navires qui relient Wood Islands à l’Île-du-Prince-Édouard à Caribou en Nouvelle-Écosse. M. Garneau n’a pas voulu s’avancer sur la valeur du contrat qui sera accordée. 

«Nos traversiers ne sont plus jeunes. Le Madeleine a 38 ans et le Holiday, 48 ans», a précisé le ministre Garneau, en rappelant que le dynamisme tant économique que touristique de ces collectivités dépendent de la qualité des liens maritimes.

Techniquement, Ottawa procède par préavis d’adjudication de contrat. Plus simplement, il évalue que Davie est le seul chantier au Canada qui peut livrer les deux navires dans les temps requis. Un autre chantier pourrait toujours déposer une offre de service. Mais il semble peu probable que des chantiers comme Irving Shipbuilding en Nouvelle-Écosse et Vancouver Shipyard puissent soumettre une proposition. Ils ont déjà fait le plein de contrats en s’accaparant la part du lion des 100 milliards $ octroyés dans le cadre du renouvellement de la flotte fédérale en 2011. Ils peinent même à livrer la marchandise.

Affaires

Ottawa et Washington s'entendent sur la levée des tarifs

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi la levée des tarifs américains sur les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium, ce qui met fin à une dispute commerciale qui perdurait depuis près d’un an.

Le Canada et les États-Unis ont finalement conclu une entente dans cette querelle découlant de la décision, prise par le président américain Donald Trump en juin dernier, d’imposer un tarif de 25 % sur les importations aux États-Unis d’acier canadien. Les importations d’aluminium canadien subissaient pour leur part un tarif de 10 %.

M. Trudeau a confirmé la fin du différend lors d’une conférence de presse à Hamilton, une région durement touchée par les tarifs sur l’acier canadien.

«C’est tout simplement des bonnes nouvelles», a lancé M. Trudeau, accompagné pour l’occasion de plusieurs de ses ministres, dont celui des Finances et celle des Affaires étrangères, à l’usine Stelco de Hamilton.

Ces ministres ont fait de multiples allers-retours vers Washington pour tenter d’apaiser Donald Trump et le faire changer d’idée.

Au départ, les États-Unis avaient voulu utiliser la menace de ces tarifs comme jeton de négociation d’une nouvelle version de l’ALENA. Puis, une fois l’entente signée, le Canada a, à son tour, laissé entendre qu’elle ne serait pas ratifiée tant que Washington imposait ses tarifs.

«Ces tarifs sur l’acier et l’aluminium étaient la plus grande barrière à la ratification pour nous et pour les États-Unis du nouvel accord de l’ALENA. Maintenant, on va travailler avec les Américains sur la ratification», a dit M. Trudeau.

«C’est certain qu’on vient de prendre un grand pas vers l’avant», a-t-il assuré.

Et il n’a pas raté l’occasion d’écorcher au passage celui qui, ces jours-ci, est l’adversaire commercial numéro un des Américains : la Chine.

«Maintenant le Canada et les États-Unis vont travailler ensemble pour protéger nos travailleurs, pour bâtir nos industries», a promis le premier ministre, faisant référence à la trop forte présence sur le marché d’acier chinois, se gardant toutefois de prononcer le nom du pays.

Le Canada est plongé dans une crise politique avec la Chine et tente de faire libérer deux hommes canadiens qui, dit-il, sont «arbitrairement» emprisonnés parce qu’ils représentent une menace pour la sécurité nationale. Ottawa demande en outre la clémence pour un troisième Canadien qui risque la peine de mort pour trafic de drogue.

Insensés

M. Trudeau a fait valoir vendredi que son équipe était restée ferme dans les négociations avec Washington «parce que c’est ce que les travailleurs demandaient.»

«Ces tarifs n’avaient aucun sens en vertu de la sécurité nationale. Ils nuisaient aux consommateurs canadiens, aux travailleurs canadiens, aux travailleurs américains et aux consommateurs américains. Nous nous sommes engagés à collaborer avec les États-Unis pour surveiller l’évolution de l’industrie et veiller à ne pas devenir victimes des pressions mondiales exercées sur notre industrie sidérurgique.»

Affaires mondiales Canada a annoncé que les droits de douane seraient supprimés d’ici deux jours, tandis que le Canada a également accepté d’abandonner toutes ses mesures de représailles et ses actions en justice contre les États-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce.

Le Syndicat des métallos s’est réjoui de la disparition des tarifs, regrettant que la situation ait perduré si longtemps. «Ces tarifs absurdes nuisaient particulièrement à nos économies étant donné que les chaînes d’approvisionnement sont très intégrées dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium», a expliqué dans un communiqué le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

Le syndicat a rappelé que les tarifs avaient eu un effet très néfaste sur les travailleurs canadiens dans la dernière année, entraînant plus de 600 mises à pied dans le secteur de l’acier seulement.

Affaires

Le sac du Publisac sera entièrement fait de plastique recyclé

MONTRÉAL — Les sacs du Publisac, qui sont actuellement faits de résine de plastique vierge, seront entièrement composés de plastique recyclé dès l’automne, promet TC Transcontinental au moment même où une pétition anti-circulaire accumule des milliers de signatures.

La multinationale qui a son siège social à Montréal s’engage également à tester durant l’été des Publisacs jusqu’à 30 % plus petits et d’autres modèles faits en papier.

Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, le président et chef de la direction de l’entreprise, François Olivier, a indiqué que son organisation proposera aux décideurs la création d’une «économie circulaire du plastique» au Québec. Ainsi, les matières résiduelles des uns deviendraient la matière première des autres, a-t-il expliqué en substance.

«La première façon d’avoir moins d’impact, c’est de réduire la consommation. Après ça, c’est de s’assurer que les produits qu’on crée sont recyclables. La troisième étape, c’est qu’ils soient recyclés.»

Toutes les parties prenantes devront faire leur part, prévient Transcontinental : entreprises privées, administrations publiques, centres de tri et autorités réglementaires, notamment.

Pour ce faire, des usines pouvant traiter ces sacs de plastique doivent être développées afin de transformer ces sacs en granules de plastique pouvant être achetés et reconvertis en un produit fini, a-t-il expliqué.

Plaidoyer en faveur du Publisac

François Olivier a balayé du revers de la main les appels à la modification des réglementations et des lois afin que la distribution des circulaires soit restreinte aux résidants ayant indiqué à l’aide d’un pictogramme souhaiter les recevoir, comme le réclament plusieurs pétitions.

Son organisation estime que ce modèle demandé par «une minorité de citoyens» ne serait pas rentable en raison de sa «complexité» et ses «coûts prohibitifs», sans compter qu’il mettrait en péril de nombreux emplois.

Surtout, le Publisac est massivement consulté, a-t-il expliqué. Il sert de véhicule aux commerçants et à la presse écrite locale. «87 % des gens le consultent et le lisent. Et les détaillants dépensent des centaines de millions de dollars chaque année pour faire ça.»

M. Olivier encourage les autres à contacter son entreprise pour signaler qu’ils ne veulent pas de Publisac. Un pictogramme à afficher leur sera fourni. Il promet que ces résidants insatisfaits ne recevront plus de Publisac. «Il y a des gens qui attendent leur appel», a-t-il lancé.

Le Publisac est toutefois plus vert que certains pourraient le croire, a-t-il soutenu. Les encarts en papier qu’il renferme et qui en constituent la plus grande partie sont faits exclusivement de résidus de coupe du bois d’œuvre. «Il n’y a aucun arbre qui se coupe au Québec pour faire des Publisacs.» Auparavant, ces résidus étaient enterrés ou brûlés, a-t-il ajouté.

Avec l’annonce de vendredi, la multinationale montréalaise compte s’attaquer à l’un de ses points faibles en matière d’environnement, le sac lui-même. M. Olivier se donne aussi pour objectif de s’attaquer à l’autre gros défi : le taux de récupération des sacs qui est actuellement selon lui de 30 %. Il souhaite le faire grimper à 86 %, comme le papier journal dans le secteur résidentiel.

Emballages alimentaires en plastique

TC Transcontinental, qui se décrit comme l’un des leaders nord-américains en emballage souple, propose également de créer des emballages recyclables et recyclés.

En entrevue, son grand patron a expliqué qu’une économie circulaire du plastique est souhaitée par la plupart de ses clients et des consommateurs.

François Olivier compte également demander aux décideurs de ne pas se restreindre à évaluer l’empreinte environnementale de l’emballage lui-même, mais bien d’avoir une perspective plus large qui tiendrait compte du rôle de protection des aliments que jouent les emballages en plastique, ce qui contribue à réduire le gaspillage alimentaire.

M. Olivier a affirmé que 90 % de l’empreinte environnementale est dans la création de l’aliment et que l’emballage compte pour les 10 % restants. Or, 30 % des aliments finissent aux poubelles.

L’emballage souple protège ce 90 % et il est meilleur pour l’environnement par rapport au métal et au verre qu’il a remplacé, a-t-il argumenté.

Cet emballage est moins lourd, son volume est plus faible, il utilise moins d’énergies fossiles, il réduit les gaz à effet de serre et utilise moins d’eau que les solutions de rechange, plaide l’entreprise.

L’entreprise détaille l’ensemble de sa vision de l’économie circulaire du plastique dans un mémoire qu’elle rend public sur son site Web.

Affaires

SNC-Lavalin annule la vente d'une partie de sa participation dans l'autoroute 407

MONTRÉAL — SNC-Lavalin a annulé la vente d'une partie de sa participation dans l'autoroute 407 au régime de retraite OMERS.

La société a déclaré que l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC), qui détient déjà 40 % du capital de l'autoroute 407, a exercé son droit de premier refus.

Cintra Global S.E., une société espagnole détenant 43,23 % du capital de l'autoroute à péage, a également cherché à exercer son droit de premier refus, mais SNC conteste sa capacité à le faire compte tenu des circonstances.

Le litige a ensuite été porté devant la Cour supérieure de l'Ontario, et une audience a été fixée au 21 juin.

Toutefois, les sociétés ont convenu que, à la suite de la décision du tribunal, SNC-Lavalin sera autorisée à vendre sa participation à l'OIRPC seul ou à l'OIRPC et à Cintra, aux mêmes conditions que celles convenues avec OMERS.

OMERS avait accepté d'acquérir une participation de 10,01 % dans l'autoroute 407 pour un montant de 3 milliards $ plus 250 millions $ supplémentaires sur 10 ans, sous réserve de certains objectifs financiers.

Affaires

Walmart prévient que les hausses de tarifs entraîneront des hausses de prix

NEW YORK — Walmart a prévenu jeudi que la hausse des tarifs américains sur les importations en provenance de Chine entraînerait une hausse des prix dans ses magasins.

Le plus grand détaillant du pays a fait ces commentaires dans la foulée de la publication de sa meilleure performance de ventes trimestrielles en neuf ans pour ses magasins américains ouverts depuis au moins un an. Il s’agissait d’un 19e trimestre consécutif de croissance à cet égard.

«Nous surveillons les discussions tarifaires et espérons qu’un accord puisse être conclu», a affirmé le directeur financier, Brett Biggs. Il a cependant indiqué aux journalistes: «Une augmentation des tarifs entraînera une augmentation des prix pour nos clients.»

Le spectre de la hausse des prix avait également été évoqué par le chef de la direction de Macy’s, Jeff Gennette. Ce dernier a indiqué aux investisseurs, mercredi, que si une quatrième série de tarifs entrait en vigueur, cela pourrait entraîner une hausse des prix de détail pour les marques de magasin et les marques nationales. Target, J.C. Penney et d’autres grands détaillants rendront compte de leurs plus récents résultats trimestriels dans les prochains jours et pourraient faire d’autres commentaires à ce sujet.

Walmart, Macy’s et d’autres grands détaillants ont été largement épargnés par les premières séries de tarifs, car ceux-ci se concentraient davantage sur les produits industriels et agricoles. Mais cela a changé la semaine dernière lorsque l’administration Trump a imposé des droits de douane de 25 pour cent sur les importations comme les meubles.

L’administration veut étendre les droits de douane de 25 pour cent à la quasi-totalité des importations chinoises jusque-là épargnées, y compris les jouets, les chemises, les articles ménagers et les souliers. Cela représente environ 300 milliards $ US de produits en plus des 250 milliards $ US ciblés précédemment.

Walmart et d’autres ont profité de la vigueur économique soutenue et de la faiblesse du taux de chômage, mais les consommateurs sont toujours à la recherche d’aubaines. En particulier, les principaux clients de Walmart vivant d’un chèque de paie à l’autre seraient particulièrement sensibles à toute augmentation de prix. Walmart a indiqué travailler avec ses fabricants partenaires pour atténuer l’impact des tarifs, mais a refusé de commenter davantage.

Walmart, établie à Bentonville, dans l’État de l’Arkansas, a indiqué jeudi que les ventes dans les magasins des États-Unis ouverts au moins un an avaient augmenté de 3,4 pour cent au cours du premier trimestre de l’exercice, sous l’impulsion de ses activités d’épicier.

La société a affiché un bénéfice net de 3,84 milliards $ US, ou 1,33 $ US par action au premier trimestre. Le bénéfice ajusté pour les gains non récurrents s’est établi à 1,13 $ US par action. Cela est supérieur de 11 cents US aux attentes des analystes, selon les prévisions recueillies par Zacks Investment Research.

Les revenus se sont élevés à 123,93 milliards $ US, mais les analystes attendaient un chiffre d’affaires de 125,33 milliards $ US.

Walmart n’a pas modifié ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice.

Affaires

Bobil: la fin pour le doyen des bars laitiers

Le plus vieux bar laitier de Québec, le Bobil, anciennement le Robil, sur le boulevard Hamel, a fermé ses portes définitivement à la fin de la saison 2018, faute de personnel et de relève pour reprendre l’entreprise vieille de 73 ans.

Propriétaire depuis 24 ans du bar laitier, Gaston Bonneau est encore ému lorsqu’il parle de la vente. Passionné par les crèmes glacées artisanales, il a déjà eu jusqu’à sept bars laitiers. 

«C’était un gros bar laitier, ça nous prenait du personnel pour le faire tourner, mais plus personne ne veut travailler là. Pourtant les jeunes faisaient de l’argent, 80-100 $ par jour, mais ça ne les intéresse plus. Ils trouvent facilement de l’argent ailleurs», déplore M. Bonneau.

Ses enfants sont déjà propriétaires d’autres commerces et il n’a pas trouvé d’entrepreneur prêt à prendre la suite. «Qui veut travailler quand il fait beau et aller au restaurant quand il pleut? C’est dommage parce que c’est un bon commerce», explique M. Bonneau, âgé de 72 ans.

Avec sa femme, l’an passé, il faisait des semaines de 100 heures pour répondre à la demande des clients. «On finissait à minuit et on recommençait à 7h du matin. Depuis que les gens ont vu le panneau, j’ai reçu des centaines de téléphones. Les gens sont déçus, mais on ne pouvait plus. On a déjà eu cinq générations de clients qui étaient là en même temps pour prendre une crème glacée», raconte-t-il. 

Quand Trudel Alliance l’a approché pour savoir si son commerce était à vendre, il a dit oui. L’entreprise s’était déjà portée acquéreure des lots voisins pour un projet multicommercial. «La condition de la vente, c’était la démolition pour laisser place à autre chose. Je ne voulais pas me retrouver avec des problèmes s’il y avait des vices cachés dans la bâtisse», évoque-t-il.

L’amour de la crème glacée 

Depuis qu’il travaille dans ce domaine, M. Bonneau a toujours tout fabriqué lui-même. «J’ai jeté 21 barils de chocolat avant de trouver la bonne recette. On a 32 sortes de crèmes glacées dures et 38 sortes de molles», révèle celui qui est également propriétaire du bar laitier Lilo sur la 3e avenue. 

Et avis aux amateurs de crèmes glacées artisanales, il n’a pas l’intention de vendre dans Limoilou. «On m’a fait une offre avec un gros montant d’argent, mais j’ai dit non. La seule affaire que j’aurais c’est de l’argent, mais plus de plaisir et j’aime encore ce que je fais», explique-t-il. 

Le commerce étant plus petit que celui sur Hamel, il peut s’en occuper avec sa conjointe, mais il cherche tout de même du personnel. «On a mis une affiche il y a 15 jours et on n’a toujours pas eu d’appel», déplore-t-il. 

Selon M. Bonneau, les gens apprécient les bars laitiers pour le service personnalisé et il n’a pas peur de la concurrence d’une grosse entreprise. «Quand Chocolats Favoris est arrivé, il y a eu un petit ralentissement, les gens ont essayé, mais ils sont revenus vers nous, on connait notre monde. Je peux dire dès qu’une personne vient ce qu’elle va prendre. Les franchisées, ils ne peuvent pas déroger, nous, si tu veux moitié fraise, moitié vanille, on va te le faire», 

Pour M. Bonneau, le secret, c’est le prix, la qualité et offrir une bonne quantité. «On ne fait pas de pub, pas besoin, elle se fait de bouche à oreille.»

Affaires

Air Canada veut acheter Air Transat [VIDÉO]

MONTRÉAL — Air Canada et Transat A.T. ont indiqué, jeudi, avoir signé une entente d’exclusivité qui permettra ultimement à Air Canada d’acquérir le transporteur et voyagiste québécois.

Dans le cadre de cette entente, Air Canada offre 13 $ par action de Transat, soit environ 520 millions $.

L’entente d’exclusivité prévoit une période de négociation de 30 jours entre les parties, au terme de laquelle la transaction serait complétée.

Les deux parties assurent que «des fonctions clés» seraient ainsi maintenues au siège social à Montréal et que la transaction permettrait de «conserver des emplois de grande qualité au sein de la direction générale».

Inquiétude des travailleurs

L’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA), l’un des syndicats qui représentent des employés chez les deux transporteurs, à savoir les mécaniciens, employés qui travaillent au cargo et sur la rampe, admet «une certaine inquiétude» pour les emplois.

«Toutes les fois qu’il y a quelque chose comme ça qui se passe, c’est sûr que les gens se posent des questions à savoir ce qui va arriver. Malheureusement, pour le moment, on a beaucoup plus de questions que de réponses», a commenté en entrevue Dave Chartrand, coordonnateur québécois du syndicat AIMTA, affilié à la FTQ.

L’AIMTA représente 9500 travailleurs chez Air Canada et 500 chez Air Transat.

«On a fait la demande à l’employeur Air Canada d’avoir des rencontres avec le syndicat dans les semaines à venir pour nous donner des informations, nous laisser savoir quelles sont les intentions et vers où on se dirige avec cette transaction-là», a précisé M. Chartrand.

«La priorité numéro un pour nous, c’est le maintien des emplois, le maintien des conditions de travail des gens, dans les deux entreprises, et s’organiser pour qu’on n’ait pas de coupures, pas de réduction ou quoi que ce soit», a martelé M. Chartrand.

Un autre grand syndicat qui est directement concerné, le Syndicat canadien de la fonction publique, qui est aussi affilié à la FTQ au Québec, a promis de veiller au grain. 

«Selon le président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache, la fusion est le meilleur scénario non seulement pour maintenir, mais pour développer l’entreprise et les emplois. Nous allons nous assurer que leurs engagements envers nos membres soient respectés», a commenté la présidente de la section Air Transat au SCFP, Julie Roberts.

Le groupe syndical représente 9000 agents de bord chez Air Canada et 2000 agents de bord chez Air Transat.