Zone familles en affaires

Magasin Latulippe: comment réussir?

Même s’ils comptent beaucoup sur le facteur de la chance, François et Louis Latulippe croient également que pour réussir une entreprise familiale il faut se faire confiance.

Cette confiance doit se développer dans un contexte différent, car si elle existe dans la vie privée elle doit se transposer dans un contexte d’affaires.

Zone familles en affaires

Magasin Latulippe: enraciné dans le quartier Saint-Sauveur

Les générations se sont suivies, le magasin a changé de nom et de spécialisation, mais s’il y a une chose qui n’a pas changé pour le Magasin Latulippe, c’est l’emplacement.

Bien que François et Louis aient ouvert une nouvelle succursale à Lévis, celle-ci n’a pas la même signification que le magasin de Saint-Sauveur.

Zone familles en affaires

Magasin Latulippe: le pari de la fraternité

Plusieurs réussites économiques de nos régions sont d’abord des initiatives familiales. À partir d’une impressionnante liste, nous avons choisi huit entreprises, provenant de tous les horizons des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, et de différents secteurs d’activités pour mieux faire connaître la réalité des familles en affaires. 5e de 8

Quand on pense aux commerces spécialisés dans la vente d’articles de sports,  des noms de grandes chaînes viennent naturellement à l’esprit. Par contre, à Québec il y a eu une famille, dont le commerce est devenu une référence dans ce secteur : Le magasin Latulippe.

C’est Marcel Latulippe et sa conjointe Lucianne Andrews, qui ont lancé l’entreprise en 1940.

Au départ, il s’agissait d’une friperie avant que les propriétaires convertissent la boutique en magasin général. Mais à la fin de la Seconde Guerre mondiale, M. Latulippe a vu une possibilité d’exploiter un nouveau marché : celui des sports de plein air.

La famille Latulippe commence alors à acheter des fournitures d’armées, comme des grandes tentes en toile et autres équipements variés pour le plein air.

C’était un pari risqué à l’époque, puisque rares étaient les magasins spécialisés dans ce domaine au milieu du 20e siècle.

Le développement du magasin familial s’est poursuivi jusque dans les années 1970, où Richard Latulippe, fils de Marcel, décide d’inclure davantage de fournitures de sport à sa gamme de produits en plus de délaisser la vente de produits usagés.

À leur tour, ses fils François et Louis ont pris les rênes de l’entreprise en lui apportant un nouveau souffle, tout en conservant les valeurs traditionnelles de l’entreprise depuis ses débuts.

«À nous deux, nous avons développé le numérique avec notre site web en français et anglais. On a ouvert un deuxième magasin à Lévis. J’ai amené plusieurs marques très connues comme North Face et Columbia, alors qu’on était encore considéré comme un magasin généraliste. L’introduction de ces marques-là était essentielle pour attirer la nouvelle génération, alors que notre père avait très bien desservi la sienne. J’aimais ces produits, car je les utilisais déjà », explique le président actuel, François Latulippe.
Cette modernisation de l’offre de produits est essentielle dans le commerce de détail, pour faire sa place face aux compétiteurs. Mais ce développement n’est pas venu sans une certaine crainte.

«C’est un défi de garder l’essence de départ, car chaque année on doit avoir de nouveaux fournisseurs et si on ne le fait pas on va s’éteindre», ajoute Louis Latulippe.

«On doit être en mesure de vendre les produits de l’heure, mais aussi ceux qui s’en viennent, car on a un rôle de conseiller. J’ai eu peur de dénaturer la marque quand on a agrandi le magasin, car on avait un style plus familier au quartier. C’était un risque, car j’avais peur que notre clientèle n’accepte pas ces changements», poursuit-il.

Ne pas forcer l’implication

Chez les Latulippe, travailler pour l’entreprise familiale a été une chose naturelle. Au moment de l’ouverture dans les années 1940, Marcel Latulippe et sa conjointe ont pu compter sur l’aide de leur famille respective qui vivait dans le quartier Saint-Sauveur.

Quand leur père Richard a dû préparer la succession de l’entreprise, il n’a pas mis de pression supplémentaire sur ses garçons.

«Il y a une fierté à travailler ici. Notre père ne nous a pas forcé, mais on devait faire nos preuves et décrocher un diplôme avant de travailler», dit François Latulippe. «Dès que tu commences, tu ne comptes pas tes heures. On est chanceux d’être deux à gérer ça, je pense qu’on a une meilleure qualité de vie que notre père qui gérait l’entreprise tout seul.»

Louis abonde dans le même sens. «On n’a jamais eu de pression, même moi qui a eu un parcours diffèrent où je ne me voyais pas travaillé ici. De mettre de la pression, ce n’est pas une bonne source de motivation pour la relève. On va avoir la même formule pour nos enfants. Oui on veut qu’ils reprennent le flambeau, on les introduit à la compagnie tout en leur laissant le libre choix de faire ce qu’ils veulent.»