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Pour les Inuits, par les Inuits

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Dans un cadre où la force des travailleurs est essentielle, des initiatives voient aussi le jour pour soutenir les Premières Nations. Troisième volet de quatre

Le centre de réadaptation Isuarsivik, à Kuujjuaq, est le seul établissement au Nunavik, et même dans tout le Nord canadien, qui offre un service de traitement des dépendances dans une approche adaptée à la culture inuite. Fort de son expertise, il est prêt à prendre de l’expansion.

« Pour les gens qui ont souffert et qui essaient de s’en tirer, c’est plus efficace si ça se fait dans leur propre culture et leur propre langue », indique d’entrée jeu le président du conseil d’administration Dave Forrest, lors d’une entrevue téléphonique en anglais. L’expérience a montré que les méthodes du « sud » n’étaient pas les meilleures pour les autochtones dépendants à l’alcool ou d’autres substances. À Isuarsivik, le programme est conçu « par des Inuits, pour des Inuits ».

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Le défi de la main-d’oeuvre

Quand on pense aux gens peuplant le Nord québécois, on pense également aux travailleurs pour qui l’éloignement et le froid font partie du quotidien. La question de la main-d’œuvre peut représenter un défi pour bien des entreprises.

«C’est difficile de recruter, avoue le président de BoréA Canada, Jean-Claude Villeneuve. Nous offrons des salaires compétitifs, mais ce n’est pas comparable à ce qu’on reçoit dans les mines. On peut se démarquer avec plus de flexibilité.»

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Sauvegarder la langue innue

Sur 18 000 Innus, seulement 10 000 parlent leur langue, et la situation est très variable parmi les neuf communautés du Québec et du Labrador. L’Institut Tshakapesh organise un forum les 11 et 12 septembre prochains afin de faire un constat sur l’état de la langue innue dans la province, et d’en tirer des mesures pour la préserver.

«Nous voudrions mettre en place un plan d’aménagement linguistique, avec des objectifs et des stratégies pour favoriser la transmission dans les communautés», explique le conseiller à la langue innue pour l’organisme, Jérémie Ambroise.

L’Institut, qui souligne cette année son 40e anniversaire, bénéficie d’une subvention de 100 000 $ accordée par le Fonds d’initiatives du Plan Nord. Cela lui permet d’accueillir 150 personnes à Uashat, tout près de Sept-Îles, pour le forum. «C’est très utile pour rassembler les gens. Souvent, les communautés avec le plus d’interlocuteurs innus sont les plus isolées et les plus éloignées. Ils doivent venir en avion et c’est dispendieux», note la directrice des ressources humaines et des communications Joëlle Gagné.

Déjà, des pistes sont étudiées pour faciliter la transmission de la langue, comme sensibiliser les parents. «C’est là que ça commence», mentionne M. Ambroise. 

L’Institut a aussi fait un travail colossal depuis 1985 en standardisant l’écriture de la langue innue, qui se compose de plusieurs dialectes. Des outils pédagogiques en ont découlé. Des ajouts de vocabulaire sont faits régulièrement en échangeant avec les aînés, et une trace de leur mémoire est gardée via les capsules web du projet Histoires orales.

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POUR DES LOGEMENTS MIEUX ADAPTÉS

Le gouvernement du Québec prévoit, dans son dernier budget, 44 millions $ pour améliorer la situation de l’habitation au Nunavik. La région est aux prises avec des problèmes de surpeuplement des logements, entre autres. Un projet pilote sera notamment lancé par l’Office municipal d’habitation Kativik et la Société d’habitation du Québec pour permettre aux locataires de devenir propriétaires du logement qu’ils occupent.

Afin de réduire le coût de la vie dans cette région éloignée, 13 millions $ supplémentaires seront mis à la disposition de la Société du Plan Nord. L’argent servira à appliquer diverses mesures, comme promouvoir un mode de vie sain basé sur les traditions inuites et réduire l’écart avec les prix annuels moyens du sud du Québec des paniers d’épicerie et des pleins d’essence.