Le professeur titulaire, directeur du Département des systèmes d’information organisationnels, et directeur du Centre de recherche sur les communautés intelligentes (CeRCI) de l'Université Laval, Sehl Mellouli

Québec, une ville intelligente résolument tournée vers l’avenir

La ville de Québec est dans le top des villes intelligentes au pays. Des spécialistes se réuniront à l’Université Laval, lundi, pour échanger sur ce concept et sur diverses applications concrètes qui affectent déjà la vie des citoyens. Nous faisons le point à la veille de cette rencontre.

Classée dans le top 7 mondial des villes intelligentes en 2012, lors de l’Intelligent Community Forum (ICF), la Ville de Québec a depuis progressé et s’est résolument tournée vers une approche multifacette au service des citoyens. 

Ce positionnement permet d’ailleurs à la Ville de Québec de se retrouver en final du concours pancanadien Défi des villes intelligentes, dont le gagnant remportera une bourse de 50 M$ pour mettre en place son projet. L’Université Laval, partenaire de la Ville de Québec dans le concours Défi des villes intelligentes, accueille également le 11 février l’ICF, qui réunira les représentants des sept villes sélectionnées parmi les plus intelligentes au monde, ainsi que des conférenciers de renommée internationale. 

Dans son projet pour le concours, la Ville de Québec mise sur une approche transversale avec différents axes qui tournent autour de la réduction des inégalités sociales en santé entre la Basse-Ville et la Haute-Ville. 

«Vancouver a juste un axe, c’est le transport intelligent», explique le conseiller municipal Pierre-Luc Lachance. Il estime que Québec a plus de chance de l’emporter avec un projet qui touche de multiples facettes.

La Ville de Québec s’est également associée avec des chercheurs de l’Université Laval pour développer son projet. «C’est un gros positif pour Québec, estime M. Lachance. Dans les autres villes [Vancouver-Surrey, Edmonton, Waterloo et Montréal], ils ont plus engagé des consultants.»

Des résultats probants

Pour Sehl Mellouli, professeur titulaire, directeur du Département des systèmes d’information organisationnels, et directeur du Centre de recherche sur les communautés intelligentes (CeRCI), cette collaboration entre la Ville de Québec et l’Université Laval donne de très bons résultats. Une recherche sur «ville intelligente-ville durable», menée par M. Mellouli, Jacqueline Corbett, et la Ville de Québec, a été décernée en décembre meilleur article scientifique 2017 par l’Association for Information Systems dans la catégorie Développement durable. 

«On a essayé de voir comment la Ville de Québec gère l’eau et les espaces verts. On a travaillé avec la ville pour comprendre et détailler le processus. On est allé à partir de ce que faisait la ville pour une vision plus globale sur tout ce qu’est ville intelligente et développement durable.»

À travers cette recherche, les chercheurs ont montré à la Ville de Québec les interactions qui existent entre trois sphères qu’ils ont définies. «La première sphère, c’est celle du développement durable, c’est-à-dire les Nations-Unis ou toutes organisations mondiales qui travaillent sur le développement durable. On a montré l’apport et l’impact du politique à mettre en place une transformation de développement durable et on a montré la relation entre le politique et l’administratif pour générer des actions de développement durable dans le contexte d’une ville intelligente», relate le chercheur. 

«On a donc développé tout un écosystème intégré qui montre comme l’information peut circuler de différentes sphères et comment la technologie joue un rôle prépondérant sur l’information dans le développement durable», poursuit-il. 

Une ville du 21e siècle 

Ces dernières années, la Ville de Québec a beaucoup travaillé pour améliorer son dialogue avec les citoyens. Elle a également impliqué des partenaires comme l’Université Laval et le CIUSSS dans un processus de réflexion pour développer la ville de demain. Une ville plus inclusive et qui prend des décisions en lien avec les besoins des requérants.

La Ville de Québec s’est aussi associée à la Ville de Nice (France) pour le concours. Lors d’une visite cet automne, les Québécois ont impressionné par le nombre de capteurs installés un peu partout à Nice. Québec en a également, mais on devrait en voir apparaître prochainement pour surveiller les îlots de chaleur. «Les capteurs vont nous permettre d’avoir des interventions plus chirurgicales pour faire des correctifs, être proactifs et d’avoir des données à jour en tout temps», fait valoir le conseiller municipal Pierre-Luc Lachance. 

Nice a également créé l’Institut méditerranéen du risque de l’environnement et du développement durable (IMRED). «Ils ont monté un institut dans lequel on est capable de voir un tableau de bord de tout ce qui se passe dans la ville en lien avec les capteurs. Ça, c’est quelque chose en discussion entre l’Université Laval et la Ville pour créer un lieu centralisé où les êtres humains et les informations peuvent être partagés», espère Carole Artoult-Noury, chef de projet du comité Pulsar, un espace collaboratif de recherche et d’innovation rassemblant des acteurs de tout horizon.