Le directeur général de Julien, Carl David Belley
Le directeur général de Julien, Carl David Belley

Julien : Retrousser ses manches

Le 24 mars, le jour même où il mettait la clé sous la porte de son entreprise sans trop savoir quand il pourra la rouvrir, Carl-David Belley réunissait son comité de gestion de crise.

«Il fallait décider comment nous allions traverser la tempête et ce que nous allions faire après la tempête», explique le directeur général et copropriétaire de Julien, une entreprise de Québec spécialisée dans la transformation de l’acier inoxydable. 

Au cœur des priorités : la santé des employés et la pérennité de l’entreprise fondée en 1946.

Puisque Julien fabrique notamment des équipements destinés aux cuisines des hôpitaux et des CHSLD, la compagnie a pu être inscrite sur la liste des entreprises offrant des services essentiels. Le travail a pu reprendre une semaine plus tard.

Graduellement, les 110 travailleurs de l’usine — Julien compte 300 employés incluant ceux de sa filiale Doyon Desprès — reprennent le boulot dans un environnement de travail modifié pour respecter les mesures de distanciation.

Puisque le retour des travailleurs de l’usine se fait au compte-gouttes, la capacité de production de Julien en souffre un peu. Ce n’est pas la fin du monde, signale Carl-David Belley, car la demande a légèrement baissé. 

Julien recrute beaucoup de clients dans le monde de la restauration. Or, ce secteur de l’économie mange son pain noir par les temps qui courent. «La situation des restaurateurs nous préoccupe.»

L’entreprise doit affronter une autre réalité. 

En Amérique du Nord, ses produits sont vendus aux consommateurs dans 450 établissements. Pas moins de 95 % d’entre eux ont dû fermer boutique temporairement. Julien décide d’accélérer la mise en ligne de sites transactionnels pour les produits de ses marques Prochef et Home Refinements. «En deux mois, nos équipes ont réalisé l’équivalent d’un an de travail. On enregistre déjà des ventes en ligne alors que nous n’en espérions pas avant 2021.»

«Nous avons décidé de peser sur l’accélérateur pour démarrer immédiatement des projets d’amélioration que nous envisagions de faire au cours des 12 à 18 prochains mois», indique M. Belley. «Nous ne nous sommes pas demandé si nous allions mettre ces projets sur la glace, mais plutôt comment nous pouvons les réaliser plus rapidement.»

LA LEÇON APPRISE

Ne jamais cesser d’investir dans son personnel.