Sur un monticule de bois, une excavatrice charge la matière recyclée pour l'envoyer dans un broyeur.

Bois: déchets des uns, matière première des autres!

MATANE - «Lorsque du bois connaît une première fin de vie, on voit à lui en trouver une deuxième. Les déchets d’une entreprise deviennent la matière première d’une autre.» Voilà comment Gilles Bernardin illustre les valeurs du Regroupement des récupérateurs et recycleurs de matériaux de construction et de démolition du Québec (3RMCDQ), dont il est le directeur général.

«Notre mission est de recevoir des matériaux qui viennent de chantiers neufs ou de démolition et d’essayer d’en retirer toutes les matières qui peuvent avoir une deuxième vie», continue-t-il.

Située à Lac-Mégantic, l’entreprise Tafisa, qui fabrique des panneaux de particules, en est un bel exemple. «Bon an mal an, cette entreprise-là réutilise plus de 400 000 tonnes de bois recyclé», indique M. Bernardin. L’entreprise utilise du bois, le déchiquète finement et colle les particules pour en faire des panneaux. Elle utilise aussi des copeaux de bois. Pour en arriver à une certaine granulométrie, des entreprises comme Tafisa doivent recourir à des équipements hautement mécanisés.

Au chapitre des matières recyclables, l’implantation de robots et de détecteurs automatisés est encore très timide dans les centres de tri du Québec. «À l’international, il existe des lignes de tri avec des lecteurs optiques», indique Gilles Bernardin. Le retard qu’accuse le Québec par rapport à cette technologie s’explique, selon lui, par le faible volume de matières à recycler et l’absence de marchés de proximité. «En bas de 100 000 tonnes par année, l’investissement n’est pas justifié, quand on considère qu’un robot avec des détecteurs optiques et une programmation peut coûter 1 million$», estime le directeur général du 3RMCDQ.

Pendant ce temps, Waste Robotics, dont le siège social est à Québec, a développé une technologie robotique avancée pour les débris de construction, de rénovation et de démolition ainsi que d’autres types de matières recyclables. «Avec un lecteur optique et l’intelligence artificielle, cet appareil-là, à force de trier, va développer ses propres reconnaissances pour identifier les choses», explique M. Bernardin.

Sur un monticule de bois, une excavatrice charge la matière recyclée pour l’envoyer dans un broyeur. — photo fournie par 3RMCDQ