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Cecobois, partenaire des projets de construction en bois

MATANE — Accroître l’usage du bois dans la construction industrielle, commerciale, institutionnelle et multifamiliale, tel est l’objectif visé par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois). Sa mission se traduit par des services de soutien technique et de la formation continue destinés aux professionnels du bâtiment, tout en ayant à coeur de diffuser son savoir-faire dans la conception en bois.

«On travaille avec des architectes et des ingénieurs, précise le directeur de Cecobois, Gérald Beaulieu. On est une petite équipe très active. On couvre tout le Québec.»

Une forêt à connaître

Un outil simple à utiliser

MATANE — Gestimat est un outil Internet destiné aux intervenants de la construction. S’inscrivant dans le cadre de la charte du bois, l’objectif ultime est qu’il soit utilisé pour tous les projets de construction publics. Il a été conçu de manière à être simple à utiliser.

«Il faut créer un compte, décrit la conseillère technique de Cecobois, Caroline Frenette. Les informations restent confidentielles. Les utilisateurs qui se sont enregistrés peuvent créer des projets, comparer jusqu’à six scénarios de bâtiments différents et évaluer les émissions de gaz à effet de serre liées à la fabrication des matériaux de structures de ces bâtiments.» Jusqu’à maintenant, l’application est très utilisée par les professionnels des commissions scolaires et du service de l’expertise de la Société québécoise des infrastructures (SQI).

Forêt à connaître

Gestimat : Un outil pour la construction à faible empreinte carbone

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards $. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous : le 16 novembre. 19e de 20

Quantifier, analyser et comparer l’empreinte carbone des matériaux choisis afin que les projets de construction soient plus écologiques, telle est l’utilité de Gestimat. Développée dans le cadre de la charte du bois, cette plateforme Web novatrice a été conçue au Québec et mise en ligne en mai par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

S’inscrivant dans l’engagement gouvernemental de la charte du bois, cette application permet de comparer les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour des structures de bâtiments construites avec différents matériaux tels que le bois, l’acier et le béton. En offrant une expertise technique, Gestimat contribue à faire connaître les meilleures pratiques. Comme la lutte contre les changements climatiques passe nécessairement par la diminution des émissions de GES, le logiciel vise à valoriser l’utilisation du bois dans les projets de construction puisqu’il s’agit d’une ressource renouvelable qui emprisonne le CO2.

«On sait, par plusieurs études de bâtiments, qu’on a presque toujours une réduction de gaz à effet de serre quand on utilise le bois par rapport à d’autres matériaux, soutient la conseillère technique de Cecobois, Caroline Frenette. Cet outil va permettre aux professionnels d’avoir, en 15 à 20 minutes, une évaluation rapide plus ciblée de cette réduction-là par rapport à un projet précis.»

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Les granules de bois, un marché en croissance

MATANE – Si le marché des granules de bois est destiné à un avenir prometteur, le Québec ne possède pas moins un passé fort garant dans ce type d’énergie. La première usine québécoise de granules a été fondée il y a plus de 35 ans. De plus, l’Amérique du Nord et, en particulier le Québec, jouissent d’une longue tradition dans l’utilisation du bois comme source de chauffage.

Le directeur du Groupe granules du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB) rappelle que, jadis, nos ancêtres chauffaient leur maison au bois. Aujourd’hui, les nouveaux équipements de chauffage répondent à des normes environnementales. «Les fabricants d’équipements de chauffage fabriquent des produits à haute efficacité avec de moins en moins d’émissions de particules […], souligne John Arsenault. En termes d’efficacité, ils sont plus productifs que les vieilles truies ou les vieux poêles à bois de nos grand-pères!»

Forêt à connaître

Chauffage à la biomasse: le cas de l’hôpital d’Amqui

AMQUI – Il y a dix ans, l’hôpital d’Amqui, dans La Matapédia, a converti son système de chauffage à la biomasse forestière résiduelle. En s’associant à la Coopérative forestière de la Matapédia qui en assume la gestion et l’approvisionnement, l’établissement devenait l’un des premiers au Québec à intégrer un tel modèle d’énergie pour se chauffer.

«On gère l’installation, explique le directeur général de la Coopérative forestière de la Matapédia, Simon Roy. On est l’opérateur de la chaufferie, on fait les entretiens, les réparations et toutes les manutentions qu’il y a à faire sur les appareils.»

Forêt à connaître

Utiliser biomasse forestière réduit l’empreinte carbone

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 2 novembre. 18e de 20.

MATANE – Utilisée comme source d’énergie pour le chauffage, la biomasse forestière offre plusieurs avantages environnementaux, surtout si on la compare au mazout ou au gaz naturel. C’est ce que soutient John Arsenault du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB), pour qui la biomasse est une opportunité de développement et de réduction des gaz à effet de serre (GES).

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Qu’est-ce que la biomasse forestière?

MATANE - Selon Nature Québec, la biomasse forestière est un combustible utilisé pour la production d’énergie destiné au chauffage ou aux procédés industriels.

Au moment de la combustion, elle se présente principalement sous la forme de granules ou de plaquettes. Celles-ci proviennent de résidus forestiers (branches, rameaux et cimes, arbres non commerciaux ou arbres dégradés), de résidus de transformation (écorces, rabotures et sciures), de résidus de construction, de rénovation et de démolition (bois de démolition sans adjuvant, non contaminé). JOHANNE FOURNIER (COLLABORATION SPÉCIALE)

Forêt à connaître

Alliance entre CNC et RESAM: protéger les lots boisés contre les changements climatiques

RIMOUSKI – Conservation de la nature Canada (CNC) et le Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec (RESAM) unissent leurs forces pour informer, mobiliser et accompagner près de 29 000 propriétaires de lots boisés dans la gestion durable de leur forêt pour qu'ils puissent mieux faire face aux changements climatiques.

Pour le directeur général du RESAM, Marc Beaudoin, le projet est d'autant plus intéressant «parce qu'on a souvent mis en opposition l'aménagement forestier et la conservation de la nature». Or, les deux organismes ont signé un partenariat de deux ans renouvelable visant à faire comprendre l'importance des boisés privés dans le maintien de grands corridors forestiers reliant les Appalaches à la forêt boréale.

Pour y arriver, des outils seront mis à la disposition de ces propriétaires afin de bien saisir leur rôle dans la conservation d'espèces animales et végétales. L'initiative vise aussi les MRC, les municipalités, les réseaux d'intervenants locaux et les citoyens.

Le CNC et le RESAM prévoient qu'en raison des changements climatiques, les espèces sauvages du Québec migreront vers le nord de 45 km en moyenne aux dix ans. «Si la forêt change, l'habitat change aussi», fait Marc Beaudoin comme équation. Les corridors forestiers sont donc essentiels à l'adaptation aux bouleversements naturels de ces espèces.

En plus des 28 700 propriétaires de lots boisés, le RESAM compte 39 groupements forestiers pour 1,53 million d'hectares de lots boisés sous aménagement. Le chiffre d'affaires s'élève à 181 millions$.

Forêt à connaître

Pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur forestier: Formabois lance une vaste enquête

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d'affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 19 octobre 17e de 20

RIMOUSKI – Comme dans plusieurs sphères de l'économie québécoise, la pénurie de main-d'oeuvre frappe durement le secteur forestier. Le phénomène ne s'améliore pas au fil des ans et prend des proportions encore plus dramatiques en région. Dans les prochaines semaines, Formabois lancera une vaste enquête pour mieux comprendre les besoins en main-d'oeuvre forestière.

Selon son directeur général, la pénurie de main-d'oeuvre est encore pire en région à cause de la population vieillissante et de l'exode des ruraux. La venue d'immigrants, qui pourraient pourvoir certains de ces emplois en région, choisissent majoritairement de demeurer dans les centres urbains. «L'aspect démographique n'aide pas la recherche de nouveaux travailleurs», en déduit Réjean St-Arnaud.

C'est à partir de ce constat que Formabois, en collaboration avec Services Québec, a entrepris de dresser un diagnostic de la situation dans les régions. «On a monté un questionnaire où on a identifié toutes les entreprises du secteur et des sous-secteurs avec tous les métiers de ces entreprises-là, explique M. St-Arnaud. On va lancer une vaste enquête […] pour avoir les informations précises.» Si les emplois liés à la forêt sont estimés à près de 60 000, le nombre de travailleurs du secteur de la transformation du bois est évalué, pour sa part, à quelque 28 000 répartis dans plus de 1 200 entreprises.

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Programme scolaire Faune: reconnecter les ados à la forêt

MONT-JOLI – Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a récemment annoncé, lors d'une visite à Mont-Joli, la création du programme scolaire Faune. L'un des objectifs avoué par ce nouveau programme est de reconnecter les adolescents à la forêt. Unique au Québec, le ministre souhaite que ce programme puisse être offert dans d'autres écoles.

Le programme d'études a débuté avec la rentrée scolaire dans les écoles secondaires Le Mistral de Mont-Joli et Paul-Hubert de Rimouski. Un total de 31 garçons et de 10 filles sont inscrits au programme. À Mont-Joli, les élèves ont la chance d'étudier dans l'environnement du Mistral sauvage, qui consiste en un mini-zoo créé par l'enseignant Claude Desrosiers. Selon lui, l'école Le Mistral est la seule à être dotée d'une telle classe.

Le parcours pédagogique a notamment pour but de donner le goût de la nature et du plein air. Il vise aussi à faire connaître les métiers liés à la faune et à la forêt. Le directeur des initiatives fauniques pour la Fondation de la faune du Québec y voit tout un défi d'intéresser les jeunes à la nature. «L'urbanisation, la sédentarité et l'avènement des nouvelles technologies ont créé une rupture avec la nature, soutient Sébastien Rioux. On passe plus de temps devant nos écrans qu'en forêt.»

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SEREX: la science au service de la transformation des produits forestiers

MATANE – Outre les nombreuses utilisations que le bois peut suggérer, le Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers (SEREX) situé à Amqui, dans la Matapédia, dépasse les barrières de ce que peut offrir la ressource en proposant des solutions innovantes à l'industrie forestière.

Reconnu à titre de centre collégial de transfert de technologie affilié au Cégep de Rimouski, le SEREX compte 16 employés qui s'activent autour de quatre champs d'intervention: transformation du bois, chimie durable, biomasse énergie et écoconstruction.

Dans la transformation du bois, ce champ touche le séchage ainsi que le traitement du bois pour la préservation et la fabrication de panneaux composites. «Ce qu'on appelle la chimie durable consiste à savoir comment utiliser les molécules dérivées du bois pour en faire des produits chimiques plus écologiques et plus verts», explique le directeur scientifique, Papa Diouf.

Comment utiliser le bois comme source d'énergie? Voilà une autre sphère qui préoccupe les scientifiques et les techniciens du secteur de la biomasse. «On travaille beaucoup sur tout ce qui est combustion et chaleur en utilisant la biomasse forestière», mentionne M. Diouf. Puis, comment maximiser l'utilisation du bois dans l'enveloppe du bâtiment, voilà l'éternelle question servant de prémisse aux travaux du domaine de l'écoconstruction. «Ça touche le développement de nouveaux produits qui peuvent être intégrés dans le bâtiment, notamment les isolants et tout ce qui est relatif à la qualité de l'air que peut fournir un bâtiment», décrit le directeur scientifique du SEREX.

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«Une forêt de possibilités»: changement de perception et de public-cible

MATANE – Dans la création de ses nouveaux outils développés pour la continuité de la campagne «Une forêt de possibilités», le Conseil de l’industrie forestière (CIFQ) et ses partenaires cherchent à faire changer l’image de la forêt façonnée par la population en général. La campagne réajuste également le public-cible.

«En gros, ce qu’on veut faire changer, c’est la perception envers la forêt et les gens qui l’utilisent, que ce soit pour y gagner leur vie ou pour y pratiquer des activités», explique le président-directeur général du CIFQ, Denis Lebel. Le défi est de taille puisqu’aux enjeux liés aux changements climatiques s’ajoutent l’augmentation considérable du coût de la fibre et le manque criant de main-d’oeuvre. Beaucoup d’efforts sont d’ailleurs investis dans plusieurs régions du Québec pour non seulement trouver des travailleurs, mais aussi pour valoriser les emplois liés à la forêt.

La campagne vise particulièrement les jeunes. «Nous pensons que les jeunes ont tous les éléments pour réfléchir sur l’apport de la forêt dans les changements climatiques et sur l’avenir de l’environnement du Québec, précise Denis Lebel. Ça va être pour nous très rentable d’un point de vue sociétal.»

Par ailleurs, si la campagne visait davantage un public urbain, le CIFQ s’est vite aperçu que le monde rural était généralement peu informé sur les impacts économiques de l’exploitation forestière ainsi que sur les activités récréatives en forêt ou les retombées générées par les chasseurs et les pêcheurs. Par conséquent, les nouveaux véhicules publicitaires viseront davantage cette clientèle.

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250 ados découvrent les métiers liés à la forêt

MATANE – Quels sont les métiers liés à la forêt, comment identifier les arbres, quelles sont les propriétés physiques ou mécaniques du bois? Voilà autant de questions auxquelles ont pu répondre des intervenants de l’industrie forestière et des organismes du milieu de la forêt aux quelque 250 adolescents du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie qui ont participé, mardi, à l’événement «Viens vivre la forêt».

L’activité s’est tenue dans la forêt d’enseignement et de recherche du Centre de foresterie de l’Est-du-Québec situé à Causapscal, dans la Matapédia.

«Ça a très bien été, se réjouit le coordonnateur de l’Association forestière bas-laurentienne, Pierre Cornellier. On a eu une excellente participation des jeunes du secondaire ainsi que des exposants et animateurs d’ateliers qui ont présenté les différents métiers reliés à la forêt et aussi des dossiers reliés à la transformation du bois. Des exposants comme l’Université Laval et le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent ont donné des informations aux jeunes sur différents aspects du milieu forestier.»

Fait plutôt intéressant, l’animatrice de l’atelier «L’ingénieur forestier et l’ingénieur du bois» était une ancienne participante de l’événement «Viens vivre la forêt». Claudie-Maude Canuel avait fait son choix de carrière à la suite de l’activité. La jeune femme vient d’obtenir son baccalauréat en aménagement et environnement forestiers. Elle a débuté sa maîtrise en sciences forestières.

Cette journée, qui faisait un retour après deux ans de pause, s’adresse aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaires, accompagnés de leur enseignant ou d’un conseiller d’orientation. Proposant seize ateliers pratiques et un circuit, l’activité est organisée par l’Association forestière bas-laurentienne, en collaboration avec l’Association forestière de la Gaspésie.


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La campagne «Une forêt de possibilités» prolongée de deux ans

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 5 octobre 16e de 20

MATANE – Propulsée par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) et soutenue par 62 partenaires du Collectif pour une forêt durable, la campagne «Une forêt de possibilités» passe d’une durée de trois à cinq ans. 

Actuellement à sa troisième année, cette campagne sans précédent présentera de nouveaux concepts publicitaires pour la presse écrite et pour le Web, mais également de nouvelles capsules télévisées visant à démontrer le potentiel diversifié et durable du secteur forestier dans un contexte où l’environnement et les changements climatiques occupent l’avant-scène.

«Quand on a commencé cette campagne-là, il y a trois ans, pour mettre en valeur la forêt du Québec, on avait certaines prétentions qui, aujourd’hui, se confirment de plus en plus, mentionne le président-directeur général du CIFQ, Denis Lebel. On voit la tendance mondiale: il se plante pour des milliards$ d’arbres un peu partout. Notre stratégie repose sur le concept que la forêt est le meilleur outil pour combattre les changements climatiques.»


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Jérôme Dupras: le cowboy scientifique

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l'industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Dernier de 15.

MATANE – Jérôme Dupras alterne entre sa guitare basse et son crayon de professeur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais. Le bassiste des Cowboys fringants manie aussi bien l’un que l’autre. Il trouve même son équilibre entre les deux.

«Ça a toujours été fait en parallèle, raconte le fondateur du populaire groupe au style folk-country et rock alternatif qui est titulaire d’un doctorat en géographie. J’ai un appétit pour la science et j’ai un plaisir fou à faire de la musique avec des amis. Il y a quelques années, entre mon bac et ma maîtrise, de 2002 à 2007, j’ai uniquement fait de la tournée parce que le groupe était vraiment en développement. Les études m’ont beaucoup manqué au terme de ces cinq ans.»

«J’ai repris les études graduées et, de fil en aiguille, ça m’a mené vers une profession qui a beaucoup de flexibilité, continue Jérôme Dupras. La carrière de professeur me permet de faire beaucoup de choses hors du bureau, sur la route. Donc, c’est compatible avec ma vie de musicien. Ça me comble totalement de pouvoir continuer à être créatif en art et en science!»

Fondation Cowboys fringants

Comme s’il n’en avait pas assez, le père de trois jeunes enfants préside la Fondation Cowboys fringants. «Cette fondation-là, c’est mon heureux mariage, estime-t-il. On fait des projets qui sont portés par nous et par d’autres artistes […] qui ont un ancrage dans la science. On développe des réseaux très structurés de scientifiques partout au Québec, qui nous aident à améliorer les projets qu’on fait, notamment sur le plan du reboisement. On a des programmes de plantation d’arbres qui sont en cours depuis le milieu des années 2000. Il y a des centaines de milliers d’arbres qu’on a mis en terre grâce à la Fondation. Il y a aussi […] cette idée d’accompagnement scientifique dans des projets […] qu’on veut se servir comme facteurs d’émulation pour les autres planteurs d’arbres, que ce soit l’industrie ou les pouvoirs publics.»

La Fondation Cowboys fringants mène de front un autre chantier: elle fait de l’initiation à la chanson dans les écoles secondaires du Québec, tout en donnant des ateliers de vulgarisation scientifique. «On fait un cycle de deux ans pendant lequel on choisit une thématique environnementale», explique le président de l’organisme. Ainsi, cette initiative a mené à la sortie, il y a deux ans, de l’album «Nos forêts chantées». 

«On va dans les écoles, on fait des conférences sur la thématique […], décrit Jérôme Dupras. Un parolier s’en va dans les classes et fait émerger un texte collectif des élèves […] qu’on remet à des collègues artistes qui le mettent en musique et l’interprètent. Au final, on a un album collectif qui est vendu et tous les profits vont à la cause qu’on porte. […] Pour nous, c’est un processus très fort parce que les élèves partent d’une page blanche, d’une méconnaissance du processus créatif en musique, puis leurs mots deviennent une chanson qui joue à la radio.»

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L’économie écologique selon Jérôme Dupras

MATANE – L’économie écologique, vous connaissez? C’est le champ d’expertise du professeur du département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Jérôme Dupras, qui dirige le laboratoire d’économie écologique à l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT). Celui-ci se trouve à Ripon, à 80 km du campus de l’UQO.

«On rencontre encore souvent des référentiels économiques qui sont d’un autre siècle, c’est-à-dire qu’on travaille en système ouvert, comme si on pouvait prélever la ressource, transformer, créer de l’emploi et ensuite produire différents extrants, critique le professeur. L’économie écologique, c’est d’essayer de travailler plutôt en vase clos, donc d’essayer de réutiliser des ressources premières et surtout de travailler à l’intérieur de la biosphère.»

Jérôme Dupras cherche donc à développer des outils et des politiques qui peuvent à la fois générer un développement économique nécessaire aux sociétés et qui peuvent assurer la durabilité du monde dans lequel on vit. «Sur cette base-là, j’applique ça à des forêts urbaines, à des milieux agricoles et à des milieux forestiers à travers une lunette de modélisation de théorie économique […]», explique-t-il.

«Ça passe par la quantification des multiples bénéfices des arbres, poursuit-il. On regarde les valeurs sociales et économiques des arbres. Comment ça peut faire l’objet de politiques de soutien à l’arbre? Comment on peut essayer de construire un réseau végétal qui devient une infrastructure naturelle capable de fournir différents services publics?» Sa thèse de doctorat, qui portait sur le sujet, lui a d’ailleurs valu une médaille d’or du Gouverneur général du Canada. 

Chiffrer les services que rendent les arbres

Le professeur et chercheur en est arrivé à calculer que les quelque 400 000 arbres gérés par la Ville de Montréal, sur les 4 à 5 millions d’arbres de l’île situés en milieu privé, fournissent des services estimés à 4 millions$. «On parle ici de coûts de climatisation en été, de contrôle des eaux de ruissellement lors de fortes pluies, de diminution des coûts de santé publique dans la lutte aux îlots de chaleur et du rôle de la séquestration de carbone en milieu urbain», énumère Jérôme Dupras.

Lui et son équipe se sont aussi intéressés à la ceinture verte de Montréal. «Dans l’étude qu’on a publiée en 2015, on disait qu’annuellement, c’était une valeur de 2,2 milliards$ en termes de services non marchands, indique le chercheur. On parle […] des services fonctionnels comme la pollinisation, la prévention des inondations et le traitement de la qualité de l’eau. […] On a fait le même jeu pour Ottawa et Gatineau en montrant une valeur de plus d’un demi-milliard$ annuellement.» M. Dupras a appliqué les mêmes calculs à la ville de Québec, dont les résultats seront bientôt publiés.

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Lutte aux changements climatiques: les ingénieurs forestiers sonnent l’alarme

MATANE – Dans la mouvance visant à éveiller les consciences sur l’urgence de se doter d’un plan de lutte aux changements climatiques, l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ) joint sa voix aux groupes de pression. Pour l’organisme professionnel, il y a urgence d’agir pour réduire les gaz à effet de serre. Les ingénieurs forestiers ont les connaissances et les compétences pour y contribuer. C’est le message qu’envoie le président de l’OIFQ, François Laliberté.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle il faut faire de l’aménagement forestier. «La forêt peut jouer deux rôles, indique-t-il. Quand elle est sur pied et qu’elle pousse, elle capte le carbone et remplit d’autres rôles contre les changements climatiques: protection des sols et de l’eau, contrôle de la chaleur, biodiversité… Puis, quand on utilise le bois, comme c’est un produit renouvelable, on remplace des matériaux plus polluants et de l’énergie. On stocke le carbone plus longtemps que si l’arbre s’était décomposé.»

«Nous, là-dedans, on a le rôle d’équilibrer ces deux grands pôles-là parce que pour utiliser le bois, il faut le couper, continue M. Laliberté. Mais, il faut s’occuper que la forêt se régénère, qu’elle repousse et qu’on continue de bénéficier de tous les bienfaits de sa croissance. L’ingénieur forestier ne peut pas faire juste de la conservation; il faut qu’on aie de plus en plus des produits de substitution.»

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«Demain la forêt – Infrastructures vertes»: pour boiser des zones agricoles

MATANE – Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, plus de 100 000 hectares de terres agricoles sont en friche à l’échelle du Québec. Partant de ce constat, le Jour de la Terre travaille actuellement à l’élaboration du programme «Demain la forêt – Infrastructures vertes». Il vise à boiser les zones agricoles non cultivables situées dans la vallée du Saint-Laurent, plus particulièrement les coulées.

«C’est un projet qu’on est en train de développer et j’espère qu’il verra le jour», indique le directeur du Jour de la Terre. Les zones ciblées sont les coulées qui, par le passé, étaient utilisées pour le pâturage. «Les vaches ont quitté parce que ce n’est plus dans les pratiques de faire du pâturage, explique Pierre Lussier. La production de lait est en étable. La machinerie pouvait aller dans ces endroits-là. Depuis, ça a été piétiné.»

Selon M. Lussier, la plantation d’arbres dans les coulées aurait pour effet de rehausser la valeur du territoire et d’augmenter la biodiversité. «Il y aurait des milliers d’hectares qu’on pourrait reboiser […] et ça apporterait une masse en carbone, souligne-t-il. Ça permettrait d’utiliser les arbres non seulement comme capteurs de carbone, mais aussi comme filtres pour les intrants du champ comme les pesticides et les insecticides.» En précisant qu’il s’agit d’une hypothèse, M. Lussier soupçonne que les coulées favoriseraient la croissance des arbres. 

Les principaux objectifs sont de boiser 1 000 hectares de zones agricoles non cultivables en cinq ans, pour un total de mise en terre d’environ 1,5 million de nouveaux arbres. Ce volet du programme est encore à l’étude et fait l’objet de tests. Le Jour de la Terre espère obtenir du financement public afin de le mettre de l’avant.

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«Demain la forêt – Ville de Québec»: pour une capitale plus verte

MATANE - «Demain la forêt – Ville de Québec» vise à favoriser la foresterie urbaine de la ville de Québec. Le programme permet de supporter des initiatives locales de plantation d’arbres sur des terrains privés de la capitale, en complémentarité avec les actions municipales et avec la participation financière de la Ville.

«C’est une entente très particulière pour densifier la canopée et participer à des projets de verdissement urbain dans la ville de Québec qui visent à augmenter la présence d’arbres», explique le directeur du Jour de la Terre, Pierre Lussier. 

Appel de propositions

Un deuxième appel de propositions est lancé auprès des citoyens, des groupes et des organisations du territoire de la ville de Québec. La date limite pour déposer un projet est le 21 juin. Les propositions doivent favoriser la plantation d’arbres sur des terrains privés résidentiels, institutionnels, industriels ou commerciaux. Les projets sont évalués par un comité scientifique composé de professeurs et de chercheurs. «S’il y a des gens qui ont des propositions pour planter des arbres à Québec, on a de l’argent à donner», fait savoir M. Lussier.

Lors du premier appel de propositions, cinq projets ont été sélectionnés. Ainsi, la compagnie d’architecture ABCP s’est engagée à planter 26 arbres et 11 arbustes dans le cadre d’un projet bénévole de verdissement d’une habitation. L’organisation Verdir Saint-Roch a, pour sa part, proposé un projet communautaire pour rendre le quartier Saint-Roch plus vert en y plantant 12 arbres. Puis, le projet de la Résidence des jardins du Saint-Sacrement consiste à créer un espace ombragé pour favoriser les sorties et les rencontres des personnes âgées en y plantant 11 arbres et 4 arbustes. Les Jardins communautaires du Mont des Lilas ont reçu du financement, quant à eux, pour planter 10 arbres. 

Le plus gros projet est celui présenté par le Port de Québec et réalisé par l’AF2R. Afin de favoriser la biodiversité de ce secteur, l’initiative a prévu la mise en terre de 170 arbres et de 530 arbustes.

Pour connaître les critères de sélection: jourdelaterre.org/qc/tous-les-jours/programmes/demain-la-foret-guichet-unique-a-quebec/soumettez-vos-projets-de-plantation

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«Demain la forêt»: pour un Québec en santé

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l’industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Prochain rendez-vous : le 8 juin. 14e de 15

MATANE – Fort de ses quelque 708 000 arbres plantés depuis l’an 2007, l’organisme le Jour de la Terre, avec la collaboration de trois partenaires, opère le programme «Demain la forêt». Celui-ci, qui se décline en différents volets, a pour mission d’améliorer la résilience de la forêt et la santé des Québécois.

«Nous, on est les opérateurs, précise le directeur du Jour de la Terre, Pierre Lussier. Le leader, c’est la Fondation Cowboys fringants. On est supportés par la Fondation David Suzuki et un organisme de diffusion d’artistes qui s’appelle La Tribu.»

««Demain la forêt», c’est la plantation basée sur la science pour un Québec en santé, poursuit-il. Sa force est de joindre les environnementalistes, la communauté et les artistes.» Des projets variés donnent forme au programme. Ils sont propulsés par des acteurs de divers horizons: municipalités, entreprises, institutions et organismes. 

Le 22 avril, afin de célébrer le Jour de la Terre, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, le président du conseil d’administration du Jour de la Terre, Thomas Mulcair et d’autres dignitaires ont procédé à la plantation protocolaire d’arbres sur le terrain du Centre hospitalier Saint Mary à Montréal. Lors de l’événement, l’organisme le Jour de la Terre a annoncé qu’il s’était associé au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal afin de verdir les terrains d’une dizaine d’établissements de santé de la région métropolitaine. «On a fait une entente pour 15 000 arbres sur une dizaine de sites, souligne fièrement M. Lussier. C’est 5000 tonnes de crédit carbone. C’est de la qualité de l’air en milieu urbanisé et c’est de la biodiversité. On veut aussi impliquer les patients […] pour rendre la convalescence moins difficile. On connaît les effets bénéfiques du vert, dont l’apaisement. Les arbres ne vont pas seulement profiter aux patients et au personnel; ils vont aussi profiter au milieu.»

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QWEB: faire rayonner le bois du Québec à travers le monde

MATANE – Avec ses 1,7 million de km carrés couverts à 44% de forêt, le Québec possède une importante matière d’exportation: son bois. En faisant la promotion de cette ressource à l’échelle internationale, QWEB fait rayonner ses propriétés remarquables, mais aussi ses vertus écologiques et durables qui en font l’un des meilleurs outils de lutte aux changements climatiques.

Quebec Wood Export Bureau (QWEB) ou le Bureau de promotion des produits du bois du Québec est un organisme créé en 1996 et dont la mission consiste essentiellement à exporter le bois du Québec, en collaboration avec quelque 125 entreprises réparties dans différents groupes: bois résineux, bois feuillus, planchers, granules énergétiques et construction en bois (maisons usinées et structures). «Chacun a sa stratégie différente, précise le président-directeur général de l’organisme, Sylvain Labbé. Selon le secteur, ce n’est pas le même marché et les mêmes intérêts.» 

QWEB a son siège social à Québec. Il possède des bureaux en Chine, au Japon, en Corée, au Royaume-Uni, en Europe de l’Ouest et en Inde. L’organisme siège notamment sur le comité «forêt» des Nations unies pour le Canada. «Dans le feuillu, 80 % de nos exportations sont en Chine et au Japon, indique M. Labbé. C’est du bois scié pour des usines de meubles.» Il estime les exportations de bois feuillu à plus de 250 millions $, dont 150 millions$ en Chine et 100 millions $ aux États-Unis.

Plutôt d’être perçue comme un problème comparativement à la Colombie-Britannique qui produit de gros arbres, la petite taille du bois du Québec ouvre de nouveaux marchés internationaux. «On a développé le sciage de petites billes et des produits préfabriqués qui sont l’avenir, soutient le patron de QWEB. La tendance des marchés dans le domaine du bois et de la construction repose sur les produits à faible empreinte de carbone. La demande est exponentielle.» Selon l’ingénieur forestier, le caractère innovant du Québec se traduit par des produits d’ingénierie de haute performance préfabriqués avec du petit bois. 

«Il y a un tiers de moins d’émissions de GES [gaz à effet de serre] dans une construction préfabriquée que celle sur un site, mentionne Sylvain Labbé. Il n’y a aucune perte parce qu’en usine, tout est coupé à la bonne dimension. Le transport prend aussi beaucoup moins de temps. Tout arrive tout prêt à assembler.»

«Notre produit est plus performant, plus vert et est mieux que le béton et l’acier, est-il convaincu. C’est sûr que le bois est le produit de l’avenir dans la construction […] par rapport au plastique, au béton et à l’acier.»

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Des vêtements fabriqués à partir de… bois

MATANE – Les procédés de transformation de la fibre de bois se multiplient au gré de la recherche et du développement. Ce n’est que le début d’une nouvelle ère et pourtant, des produits écologiques, durables et résolument novateurs sortent déjà des usines. Parmi ces nouveaux produits, notons des vêtements fabriqués avec de la pâte de rayonne provenant de la fibre de bois.

C’est ce produit qui, en 2010, a donné un nouveau souffle à l’ancienne usine de pâte kraft Papiers Fraser de Thurso en Outaouais et qui a permis de rappeler au travail les 325 employés. «À partir de la fibre de bois, on fait une pâte dissoute, explique le directeur d’Unifor pour le Québec, Renaud Gagné. C’est beaucoup plus écologique d’épuiser des résidus de bois que de faire pousser du coton.»

La pâte produite à l’usine Fortress Cellulose Spécialisée est utilisée dans une grande variété de produits: fibres textiles, acétone, cellophane, filaments de pneus, filtres et additifs chimiques. Elle est aussi utilisée par les compagnies pharmaceutiques et l’industrie alimentaire comme agent liant.

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Des produits du bois innovants qui font la fierté des travailleurs

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l’industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Prochain rendez-vous : le 1er juin. 13e de 15

MATANE – Les Québécois ont développé un savoir-faire enviable dans la transformation du bois. Si l’industrie forestière fait partie des traditions du Québec, les travailleurs du bois prennent aujourd’hui le virage de l’innovation. Ils sont quelque 60 000 hommes et femmes à être fiers de contribuer à développer des produits dont ils connaissent les vertus environnementales et qui jouent un rôle-clé dans l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES).

«C’est dans l’ADN des Québécois, croit le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (CSN), Louis Bégin. C’est ce qui leur a permis d’occuper le territoire, de fonder les villages et les régions qu’on connaît aujourd’hui. Maintenant, ils sont fiers de faire face à de nouveaux défis. Leur façon de transformer le bois a évolué par rapport aux nouveaux marchés et à leurs contraintes. Ils ont su relever le défi d’aller plus loin que le traditionnel «2 par 4».» 

Selon lui, ses membres ont su réinventer leur savoir-faire et ils en sont fiers. Le syndicaliste aime parler de la noblesse du bois. «On voit le bois qui occupe une place prépondérante en architecture, pas seulement dans la charpente, mais aussi dans la finition et la mise en valeur des bâtiments, fait-il remarquer. Il fait partie de l’embellissement.»

Comme l’industrie est en pleine mutation, elle doit s’ouvrir vers de nouveaux marchés. «Ça ne veut pas dire de seulement offrir ce qu’on fait, mais aussi d’offrir de nouveaux produits […]», soutient-il. 

Du côté d’Unifor, Renaud Gagné croit qu’il faut miser sur la multitude de produits que le Québec peut offrir, dont plusieurs à valeur ajoutée. «Dans la construction, aujourd’hui, on est capables de faire des édifices de 18 étages en bois, souligne le directeur d’Unifor pour le Québec. Donc, ça prend des matériaux différents. Nos membres sont d’autant plus fiers parce que ce sont des matériaux verts qui emprisonnent du carbone et qui vont être là pour 100 ans au moins!»

En collaboration avec FPInnovations, Unifor développe de nouveaux produits de deuxième et troisième transformations à partir de la fibre de bois. «C’est une ressource renouvelable, rappelle M. Gagné. C’est un matériau vert. Toutes les applications et la chimie verte qui sont en train d’être commercialisées pourront remplacer des énergies fossiles.» Il estime d’ailleurs que pour parvenir à atteindre les cibles de réduction des GES, il faudra davantage utiliser ces nouvelles formes d’énergie.

Pendant que l’utilisation du papier journal est en déclin, de nouveaux créneaux se développent à partir de la fibre de bois. Ce n’est qu’un exemple, selon le porte-parole d’Unifor, pour illustrer les changements dans l’industrie. «On peut même faire des pneus à partir de la fibre de bois, dit-il. […] Ce sont des choses qui s’en viennent. Il y a aussi des produits plus solides que l’acier et qui vont être utilisés dans l’aérospatiale. C’est une grande fierté pour nos gens du secteur parce que ce sont des produits qui sont plus verts et qui créent des emplois d’avenir.»

Renaud Gagné croit aussi que la fierté de ses 26 000 membres au Canada, dont les 12 000 du Québec, passe aussi par les normes environnementales très élevées des forêts d’ici «qui sont certifiées plus que partout dans le monde». 

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La forêt Montmorency: un modèle pour la lutte aux changements climatiques

MATANE – La forêt Montmorency, située au nord de Québec, sert de modèle pour tester les moyens de lutte aux changements climatiques. Ceux-ci peuvent servir d’exemples aux forêts du reste du Québec, du Canada et du monde. «C’est le concept d’une «foresterie intelligente» face au climat», avance Évelyne Thiffault.

«Comment fait-on pour adapter une forêt aux changements climatiques, interroge la responsable du comité scientifique et d’aménagement de la forêt Montmorency. Quelles sont les actions concrètes à prendre? Il y a une littérature scientifique qui se développe autour de ce sujet. On l’apprivoise et on l’adapte aux conditions du Québec et de la forêt Montmorency.»

L’aménagement de cette forêt s’inspire d’un modèle développé aux États-Unis. Celui-ci s’articule autour de trois stratégies d’adaptation aux changements climatiques: résistance, résilience et transition.

«Avec un climat changeant, il va y avoir moins de précipitations et des températures moyennes plus élevées, explique la professeure adjointe du département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval. Certaines espèces vont avoir de la misère à pousser ou à se reproduire. Dans une stratégie de résistance, on veut réduire ces impacts et essayer de maintenir les conditions actuelles. Or, la forêt Montmorency est dominée par le sapin baumier. Ainsi, dans une optique de résistance, on va tout faire pour maintenir la dominance du sapin baumier dans le paysage.»

La stratégie de résilience consiste, quant à elle, à accepter quelques modifications. «Le sapin baumier pourrait dominer, tout en acceptant qu’il y ait certaines espèces, qui vivent présentement plus au sud, qui s’installeront», donne comme exemple Mme Thiffault.

Puis, la stratégie de transition favorise l’accélération de la venue d’espèces qui auront du succès dans le futur. «Soit qu’on fait de la migration assistée, soit qu’on installe des espèces qui s’installeraient de toute façon», explique la scientifique. Dans le cas de la forêt Montmorency, il s’agira d’espèces qui remplaceront le sapin baumier parce qu’il aura plus de difficulté à survivre dans un climat plus chaud.

«En 2100 ou en 2200, les conditions climatiques moyennes vont être différentes, reconnaît Évelyne Thiffault. On regarde l’espèce qui sera la mieux adaptée.» Ainsi, l’érable à sucre, qui est très présent dans le sud du Québec, mais absent dans la forêt Montmorency, pourrait donc y trouver un terreau fertile. «Ça va changer la composition du paysage forestier, prévient l’experte. Donc, les forêts boréales conifériennes matures qui dominent notre paysage seront probablement moins présentes dans le futur.»

Comme autre stratégie d’adaptation aux changements climatiques, le comité dirigé par la professeure Thiffault examine la possibilité de faire davantage de coupes partielles dans la forêt Montmorency, au lieu des coupes totales.

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