Selon Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis, il y a une «mauvaise perception» des métiers liés aux concessions automobiles. «Il n’y a pas que des vendeurs et des mécaniciens. Il y a différentes possibilités d’emploi», dit-il.
Selon Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis, il y a une «mauvaise perception» des métiers liés aux concessions automobiles. «Il n’y a pas que des vendeurs et des mécaniciens. Il y a différentes possibilités d’emploi», dit-il.

Le défi de la main-d’œuvre dans les concessions automobiles

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
Dans un contexte de pénurie généralisée de main-d’œuvre, les concessionnaires automobiles n’y échappent pas. La Corporation Mobilis, qui représente 145 concessionnaires automobiles et de camions lourds dans la capitale et les régions environnantes, fera la promotion de son programme de ressources humaines durant le 39e Salon international de l’auto de Québec (SIAQ) qui s’ouvre mardi.

Pour cette raison, la Corporation a mis en place la Zone Carrières Mobilis, qui sera dans le Centre de foires pendant toute la durée du SIAQ. Il y sera possible pour les jeunes en recherche d’un emploi en concession automobile de venir porter leur curriculum vitæ.

«On veut démocratiser les métiers de l’automobile. Il y a une “mauvaise perception”. Il n’y a pas que des vendeurs et des mécaniciens. Il y a différentes possibilités d’emploi», dit Charles Drouin, chef de la direction de la Corporation Mobilis.

Il affirme qu’il y a une explosion dans les offres d’emplois dans les concessions. Et les emplois sont très variés. «On a besoin de téléphonistes, entre autres. Pas juste prendre des rendez-vous pour les réparations. Mais pour faire les listes de rappels auprès des clients, aussi. Il y a aussi des postes en marketing et en gestion des réseaux sociaux à pourvoir. C’est maintenant la réalité des groupes de concessions où il y en a cinq ou six par groupe. Sans oublier les postes en administration. Ce n’est pas normal qu’un jeune avec un baccalauréat en poche ne songe pas à se diriger dans une carrière dans l’automobile», ajoute-t-il.

Dans l’ensemble des concessions membres de la Corporation Mobilis, il y a 6000 emplois, qui totalisent une masse salariale de 350 millions $. Dans son mandat d’aide à la gestion des ressources humaines, la Corporation Mobilis a contribué à l’embauche de 243 employés dans les concessions depuis son assemblée générale annuelle (AGA) de 2018.

Durant la même période, 586 offres d’emplois ont été publiées et la Corporation a participé à 10 salons de l’emploi dans la grande région de Québec.

Employabilité

Avec ses 10 partenariats dans les centres de formation professionnelle (CFP) et un collège technique, la Corporation Mobilis a mis en place un programme de certificats d’employabilité. Cette mesure vise à promouvoir le «savoir-être» auprès des élèves en plus de l’excellence dans les résultats scolaires. Elle a remis 92 certificats d’employabilité depuis l’AGA de 2018. Enfin, sept bourses d’excellence de 500 $ ont été remises dans les CFP participants.

Les 145 concessions membres de la Corporation Mobilis totalisent un chiffre d’affaires de 5 milliards $ annuellement. De ce montant, 344 millions $ sont prélevés en taxes et redistribués auprès des différents paliers de gouvernements (fédéral, provincial et municipal).

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«PLUS QUE LE 1 $ ou 2 $ DE L'HEURE DE PLUS»

En région, les concessionnaires doivent composer avec l’exode des jeunes, en plus de la pénurie de main-d’œuvre.

«Plusieurs quittent pour les grands centres. On le voit quand même assez bien à Montmagny», signale Éric Dorval, le propriétaire de Montmagny Mazda depuis sept ans et aussi le nouveau président de la Corporation Mobilis. «On essaie de miser sur ce qu’on offre en région : proximité, qualité de vie, près de la nature. On attire les familles en faisant beaucoup d’activités pour elles.»

M. Dorval mise sur la reconnaissance et la proximité avec les employés. «Je connais tous mes employés. On a un contact plus personnalisé. Les employés en retour en donnent un peu plus. Ce n’est pas juste une question d’argent. On organise au moins deux ou trois activités par année où les conjointes et les conjoints sont invités. Cela vaut des fois plus que le 1 $ ou 2 $ de l’heure de plus que certains concessionnaires de Lévis, par exemple, sont prêts à payer pour avoir des employés», ajoute-t-il, en précisant que plusieurs de ses employés demeurent à Lévis et sont prêts à faire le trajet matin et soir pour venir travailler à Montmagny.

«Chez nous, nos employés sont plus multitâches. Il faut être polyvalent, et diversifier le travail», conclut M. Dorval.