Chanel Alepin et son frère Maxime se préparent à prendre la relève de leurs parents dans le cabinet d’avocats fondé par leurs parents.

Alepin Gauthier: la relève innove

Chanel Alepin et son frère Maxime sont maintenant dans l’équipe de direction du cabinet d’avocats Alepin Gauthier fondé en 1978 par leurs parents François Alepin et Brigitte Gauthier. Ils sont dans le processus de reprise de l’entreprise familiale.

Bien que le cabinet compte plus de 25 juristes pour un total de 40 employés, son modèle d’affaires est assez unique au Québec, car il n’a que deux associés, tout le personnel est salarié.

«Nous avons été rapidement comme la relève de l’entreprise de nos parents. Mon frère et moi, nous avons passé notre barreau il y a près de cinq ans et nous deviendrons les futurs associés.»

«Comme la relève a bien souvent envie d’apporter sa couleur, nous avons apporté une innovation avec le concept du bras droit. En regardant les tendances dans notre industrie, nous avons remarqué des alertes soulignant que le taux horaire pour les avocats est voué à disparaître. Alors bien des cabinets ont tenté des modifications avec les forfaits, des pourcentages, mais dans une entreprise de type familiale comme la nôtre, c’est difficilement envisageable», raconte Mme Alepin.

Pour les deux jeunes de la relève, il fallait une innovation plus forte pour percer le marché. Au lieu d’une facturation à l’appel, ils inventent un mode différent qui s’adresse aux PME québécoises qui veulent de l’accompagnement téléphonique. Le cabinet devient le «Bras droit» de la compagnie.

«C’est un accompagnement téléphonique illimité basé sur le chiffre d’affaires de l’entreprise, explique Mme Alepin. Par exemple, pour la PME ayant un chiffre d’affaires entre 0 et 2 millions $ deviendrait cliente Bras droit pour 2400 $ avant taxe pour toute l’année. Les dirigeants peuvent appeler n’importe quel spécialiste du cabinet pour des conseils autant de fois que nécessaire pendant l’année. Il n’y a pas de limite de minutes ou une banque d’heures. Nous sommes les seuls à offrir un service illimité de ce genre au Québec.»

La relève en famille en affaires
Les parents sont toujours là. Mais ils se préparent par divers moyens. Chanel Alepin, avec une amie, l’entrepreneure Édith Charbonneau, et un autre ami, Alexandre Raymond, en communications, ont fondé il y a quatre ans un groupe consacré à la relève familiale nommé La relève en famille en affaires (www.groupelareleve.com) pour soutenir les entrepreneurs au sein d’entreprises familiales autant par le réseautage que par les formations.

«Nous comptons 100 membres repreneurs familiaux dans l’organisation avec différents appuis de spécialistes comme les HEC, Raymond Chabot et le Centre de transfert d’entreprise de Québec (CTEQ) pour outiller ceux qui reprendront les rênes de l’entreprise puissent faire une bonne transition en faisant croître la compagnie, explique-t-elle. Dans notre groupe, il y a des repreneurs comme la famille Clément [des boutiques du même nom] qui en est à la quatrième génération de repreneurs familiaux.»

Pour le frère et la sœur, le processus de transfert se passe bien. Le modèle d’affaires qu’ils envisagent en sera un de coprésidence. Même si bien des consultants ne le conseillent pas, Mme Alepin mentionne la famille Germain comme exemple de réussite de coprésidence.

Pour l’instant, la famille n’a pas l’intention de mettre une date pour l’échéance du transfert. À cause de leur expertise, les parents ne partiront pas du jour au lendemain. «Nous sommes dans la cogestion et ça durera aussi longtemps que nous aurons du plaisir à travailler ainsi», rétorque Chanel Alepin. La retraite pourra être très progressive avec un partage des responsabilités. Les parents pourront prendre la place qu’ils souhaitent au fil des ans.