Le touriste, ce résident éphémère!

Dans la fameuse publicité dans les médias du Québec en prélude à son 375e anniversaire, Montréal affirmait avoir changé. Pas seulement à cause des mises en chantiers et des transformations des rues et des édifices, mais aussi dans ses offres de services, ses activités culturelles et ses spectacles.

L’organisme Tourisme Montréal a mis en branle une approche pour que les Montréalais participent à l’accueil des touristes pour que ces visiteurs fassent partie de la vie de la métropole.

«La campagne “J’ai changé”, était un clin d’œil, car l’accueil des touristes va plus beaucoup plus loin que cela», affirme Yves Lalumière, président-directeur général de l’organisation sans but lucratif presque centenaire.

Démystifier Montréal? Non! Pour le patron de l’organisation, il fallait un changement de paradigme dans toutes les interventions qui approchent les touristes de près ou de loin. Il lance alors un nouveau concept, celui du résident éphémère.

Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal.

Le touriste ne devient plus simplement une personne de passage pour un séjour plus ou moins long. Il devient Montréalais pour un temps. L’idée derrière ce «résident éphémère» et temporaire, c’est qu’il fasse partie de la vie de la ville, qu’il s’y intègre comme tout autre citoyen. Il est appelé à «vivre Montréal», ajoute M. Lalumière, à la manière de ceux qui y habitent quotidiennement.

Nouvelle approche

Tous les partenaires de Tourisme Montréal ont été invités à changer leur regard et leur approche. L’accueil de ces résidents éphémères devait faire en sorte qu’ils sentent faire partie de la trame humaine de la ville, qu’ils soient bien accueillis comme s’il faisait partie de la famille.

Cette attitude à inculquer fait partie des orientations stratégiques de Tourisme Montréal, non seulement pour les organisations touristiques, culturelles ou le monde de la restauration, mais aussi pour le citoyen. «Lorsqu’un Montréalais voit une personne qui cherche sur une carte, il faut qu’il apporte son aide. C’est cela le sens de l’accueil à avoir» pour les résidents éphémères, ajoute Andrée-Anne Pelletier, responsable des relations publiques corporatives de l’organisme.

Alors le «Bonjour!» que l’on voit sur les taxis, dans des édifices et des services, fait partie de la nouvelle manière de voir et d’aborder les touristes.

Les opérations charme touchent le tourisme international, mais aussi les voisins plus au sud. Par la voie des airs ou par les routes, «Montréal est à 120 minutes de bassin potentiel de 90 millions de Nord-Américains», souligne M. Lalumière, d’où l’importance des ententes avec les transporteurs aériens.

Sans compter les Mexicains qui passent par-dessus les États-Unis pour atterrir à Montréal, une porte d’entrée pour un séjour et des visites ailleurs au Québec et au Canada. Et il y a tout le tourisme européen plus enclin à passer par Montréal au lieu de Toronto.

L’impact de la Chine

Mais, le plus grand changement des dernières années arrive de Chine. Les Chinois sont de plus en plus nombreux et les services touristiques doivent adapter leur approche d’accueil.

Pour accueillir ces nouveaux résidents éphémères, Montréal a vu sortir de terre 15 nouveaux établissements comme l’hôtel Birks avec son côté luxueux, le tout nouveau Montville très versé dans les technologies pour toutes les bourses ou le AC Marriot avec son modernisme. Sans oublier le Reine Elizabeth de la chaine Fairmont, qui a fermé pendant un an avant les grandes fêtes du 375e de Montréal dans un look plus moderne.

Il y a les grandes chaînes internationales, mais aussi les petits hôtels privés qui poussent dans la même direction pour donner à Montréal un côté convivial et un nouveau mode de vie pour que le touriste «vienne vivre Montréal», conclut M. Lalumière.