Le printemps dernier, l’américaine Meridian Bioscience mettait le grappin sur GenePOC, une entreprise de Québec fondée par le docteur Michel G. Bergeron qui a mis au point un système de diagnostic moléculaire permettant de détecter les maladies infectieuses en l'espace d'une heure sur les lieux de soins. Sur notre photo, les laboratoires de GenePOC en 2014.
Le printemps dernier, l’américaine Meridian Bioscience mettait le grappin sur GenePOC, une entreprise de Québec fondée par le docteur Michel G. Bergeron qui a mis au point un système de diagnostic moléculaire permettant de détecter les maladies infectieuses en l'espace d'une heure sur les lieux de soins. Sur notre photo, les laboratoires de GenePOC en 2014.

Voie rapide pour la commercialisation

La vente récente de deux entreprises locales du secteur des sciences de la vie et des technologies de la santé à des multinationales ne doit pas être inscrite dans la colonne des mauvaises nouvelles selon Québec International.

«Au contraire, cela permettra une accélération des processus de commercialisation des innovations réalisées ici à Québec», affirme Justin Mallet, directeur du développement des affaires de Québec VITEA, le créneau d’excellence en sciences de la vie et en technologies de la santé chez Québec International.

Rafraîchissons-nous la mémoire.

Le printemps dernier, l’américaine Meridian Bioscience mettait le grappin sur GenePOC, une entreprise de Québec fondée par le docteur Michel G. Bergeron qui a mis au point un système de diagnostic moléculaire permettant de détecter les maladies infectieuses en l'espace d'une heure sur les lieux de soins.  Une transaction de 160 millions $.

Puis, à l’automne, une autre multinationale du pays de l’Oncle Sam, Stryker, achetait TSO3 pour près de 70 millions $. Cette dernière fabrique des appareils permettant la stérilisation à l’ozone des équipements médicaux.

«Les PME sont confrontées à des enjeux de financement et d’accès aux marchés», indique Justin Mallet. «Dans le domaine de la santé, c’est particulièrement long et coûteux de pousser une innovation jusqu’à son utilisateur.»

Chez Endoceutics, par exemple, les études de phases deux et trois de l’Intrarosa ont coûté près de 20 millions $ et il a fallu attendre une décennie avant que le produit soit homologué aux États-Unis, note le président et chef de la direction, Dennis Turpin.

«GenePOC était rendue à l’étape de commercialiser son système de diagnostic aux États-Unis. Oui, elle aurait pu le faire elle-même, mais l’entreprise aurait dû investir des sommes colossales pour se doter d’une force de vente. Son acquéreur, Méridian, détient cette expertise. Même chose pour Stryker qui est implantée partout sur la planète», poursuit M. Mallet.

Et les conséquences de ces transactions sur les emplois ici à Québec ?

«Lorsqu’une multinationale achète une PME qui se consacre au développement de produits innovateurs, elle n’a pas intérêt à délocaliser les activités en matière de R-D, surtout lorsque cette PME évolue dans un écosystème riche comme le nôtre», insiste Justin Mallet en rappelant que des multinationales comme Mitsubishi Tanabe Pharma (Medicago) et Becton & Dickinson (BD Diagnostics) ont investi massivement à Québec après y avoir fait des emplettes il y a quelques années.