De gauche à droite, sur la première rangée, Thalía Machuca (Platypus Animation Studio), Jesus Perez Irigoyen (Dessignare Media) et Mariona Ferrer (Québec EPIX et Québec International). Sur la deuxième rangée, dans le même ordre, Gabriel Villavicencio (Vanilla Studio), José Enrique Iñesta Ocampo (Pixelalt), Alberto Ramírez (GameCoder Studios) et Asdrubal Rivera (Sísmica Studio).

Une pépinière nommée Frima

«Hein ! Je peux-tu prendre ça en photo ?» Un brin surpris, mais combien fier, Steve Couture prend connaissance d’une cartographie illustrant la croissance de la filière du jeu vidéo à Québec.

Frima, l’entreprise qu’il a cofonde en 2003, a donné naissance à près d’une dizaine de studios dans la capitale. Pensons à Chainsawesome, à Bishop, à Polymorph Games, à Sabotage ou à Happy Camper. Une véritable pépinière.

«Nous avons toujours laissé beaucoup de liberté à nos employés pour qu’ils développent des productions originales. En cours de route, il y a eu des changements chez Frima. Il y a eu des réductions de postes. Certains y ont vu l’opportunité de créer leur entreprise.»

L’industrie des arts numériques et du divertissement interactif regroupe 67 entreprises à Québec. Autour de ce noyau, gravitent une vingtaine de fournisseurs.

Une seule entreprise – Ubisoft - compte plus de 500 employés. Dans les faits, 32 des 67 entreprises des quatre filières du créneau d’excellence des entreprises techno-créatives en jeu vidéo, animation et expériences immersives - aussi appelé Québec EPIX - comptent moins de cinq employés.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que les cinq joueurs majeurs (Ubisoft, Beenox, Frima, Gearbox et Larian) regroupent plus de 60% des emplois totaux et plus de 60 % du chiffre d’affaires global de l’industrie des jeux vidéo (170 millions $) en 2019.

Au dernier décompte, le secteur des arts numériques et du divertissement interactif comptait 3600 emplois, dont 2235 emplois directs. Entre 2016 et 2018, le niveau d’emploi a progressé de 47 %, notamment avec la multiplication de jeunes pousses issues des rangs de piliers locaux comme Frima, Beenox et Squeeze, et l’installation, dans la capitale, des studios de compagnies étrangères comme Gearbox, Larian, Artisan et Ubisoft.

«Le milieu serait incapable de répondre à une multinationale qui viendrait s’installer à Québec et voudrait embaucher 150 personnes demain matin. On risquerait de vider les studios existants !», constate Mariona Ferrer, directrice de Québec EPIX. «Nous misons plutôt sur une croissance intelligente, graduelle et réaliste.»

Dans cette veine, Québec EPIX et Québec International viennent de signer une entente de collaboration avec Pixelalt, un organisme dont la mission est de promouvoir les industries créatives en Amérique latine. L’accord renforce la collaboration entre les organisations, notamment pour le développement de nouveaux marchés.

Des entreprises mexicaines s’installeront au CAMP – l’incubateur-accélérateur technologique – pour s’inspirer des façons de faire de l’écosystème de Québec en matière de divertissement interactif et d’arts numériques.