Une pince adaptative robotisée utilisée par un robot d'APN Global pour manipuler des pièces métalliques

Travailler pour éliminer son emploi

«Alain, sa job, c’était d’éliminer sa job !», résume le coprésident d’APN Global, Yves Proteau.

Détenteur d’une formation en automatisation et en robotique, Alain Nadeau devait faire en sorte que le boulot traditionnellement confié à un opérateur - le sien - ne se fasse plus par un humain. «Il a fallu standardiser, programmer et automatiser les différentes opérations afin d’obtenir des gains de productivité», souligne le travailleur.

Tout en conversant avec M. Nadeau, un robot passe devant nous. Il vient de recevoir une commande lui demandant de transporter une pièce d’une machine à une autre. Une tâche jadis exécutée par un opérateur. 

«L’automatisation est présente partout, partout, partout», témoigne Yves Proteau en faisant visiter les installations d’APN Global. «Ça nous permet d’être plus compétitif, de décrocher des contrats et de garder nos employés qui, débarrassés des tâches répétitives, peuvent continuer d’évoluer au sein de l’entreprise.»

Dans l’usine, les machines sont collées les unes sur les autres. «Avant, il y avait un opérateur par machine. Nous devions prévoir de l’espace afin qu’il puisse se déplacer. Avec l’automatisation, nous n’avons plus besoin d’un opérateur par machine. Nous pouvons ainsi utiliser chaque pied carré de plancher à sa pleine capacité.»

Que ce soit pour le polissage des pièces, pour le contrôle de la qualité des produits ou encore pour l’impression en 3D de bacs de réception, les projets d’amélioration se multiplient. Tous les trois mois, la direction réunit ses employés pour les mettre dans le coup.

Une brigade d’une vingtaine de spécialistes en amélioration continue est sur le qui-vive. Elle est appuyée par des programmeurs et des jeunes diplômés en génie, en chimie et en robotique.

«Nous nous interrogeons constamment sur les façons dont nous pourrions automatiser telle ou telle opération», explique William St-Germain, ingénieur en mécanique et responsable de l’implantation des robots.

Une culture de changement s’est implantée dans l’usine.

«Mon travail a changé depuis une dizaine d’années et j’espère qu’il va changer encore», signale Charles Lévesque. De machiniste, il est devenu programmeur. Il gère, notamment, un magasin de pièces et d’outils qui est entièrement automatisé.

APN Global grandit

APN Global constitue la combinaison de six compagnies dont quatre ont pignon sur rue à Québec et deux en Californie.

La société compte 170 employés et elle en ajoutera une centaine avec l’acquisition de JLM Usinage, de Saint-Augustin-de-Desmaures, et d’une troisième unité en Californie.

Yves Proteau et son frère Jean sont à la tête de l’entreprise mise au monde, en 1970, par leur père, Claude, dans le sous-sol de la résidence familiale à Loretteville. Aujourd’hui, elle est installée dans le Parc technologique du Québec métropolitain. Un projet d’agrandissement de 4 millions $ qui fera passer la superficie de ses installations de 20 000 à 35 000 pieds carrés est en voie d’être complété.