Patrick Sauvageau de Zilia et l'appareil d'oxymetrie oculaire.

Les incubateurs-accélérateurs d’entreprises de Québec. Tous pour un

La volonté de la Ville de Québec est d’augmenter le taux de création et de survie d’entreprises émanant de quatre secteurs d’activité économique jugés prioritaires pour la capitale, soit les technologies numériques, l’optique-photonique, l’agroalimentaire et les sciences de la vie.

Pour y arriver, les incubateurs-accélérateurs s’engagent à collaborer plus étroitement à l’émergence de jeunes pousses prometteuses et à l’accompagnement des entrepreneurs.

Deux incubateurs s’activent déjà. Le Camp pour les entreprises technologiques et numériques et Mycélium pour celles qui veulent commercialiser des produits alimentaires. Le premier a pignon sur rue dans le quartier Saint-Roch; le second dans le Grand Marché de Québec.

Au printemps, l’Institut national d’optique (INO) accueillera ses premiers entrepreneurs dans son incubateur appelé Quantino. Une structure d’accompagnement verra également le jour à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Des acteurs importants en matière d’entrepreneuriat et de valorisation de la recherche comme l’Université Laval, Entrepreneuriat Laval et SOVAR sont aussi signataires de la nouvelle Charte de collaboration liant les quatre incubateurs-accélérateurs de la capitale.

Dans sa Vision entrepreneuriale Québec 2023, la Ville de Québec a mis les cartes sur la table. Finis les dédoublements. Fini le fonctionnement en silo des organismes voués au développement économique.



« Même si les projets d’entreprise ne sont pas de même nature d’un secteur d’activité à un autre, le métier d’entrepreneur, lui, n’est guère différent »
Alain Chandonnet, président-directeur général de l’INO. 

«Nous ne voulions pas nous retrouver avec quatre incubateurs-accélérateurs autonomes qui ne se parlent pas», signale Jacques Vidal, directeur de la Division du développement de l’entrepreneuriat, des entreprises et de la région à la Ville du Québec. «Avec tous les partenaires, nous avons plutôt cherché à effectuer une mise en commun des ressources et des programmes qui favoriseront le démarrage et la réussite des jeunes entreprises.»

Ainsi, une entreprise en démarrage pourra faire un bout de chemin tantôt chez Quantino tantôt au Camp selon ses besoins. «L’idée étant de mieux coordonner les expertises de tous et chacun», ajoute Sébastien Tanguay, directeur principal du Camp qui héberge une quinzaine des jeunes pousses dans ses murs pendant 12 à 18 mois.

«Même si les projets d’entreprise ne sont pas de même nature d’un secteur d’activité à un autre, le métier d’entrepreneur, lui, n’est guère différent», explique Alain Chandonnet, président-directeur général de l’INO. «Puisque Le Camp propose déjà une solide programmation pour l’accompagnement des entrepreneurs, il n’est pas nécessaire de reproduire ce qui se fait déjà ailleurs. Chez Quantino, par exemple, nous offrirons plutôt des espaces, des laboratoires de fabrication, des équipements et, bien sûr, notre expertise en optique.»

Condition au financement

De l’avis des trois hommes, le taux de succès d’une entreprise bénéficiant d’un accompagnement est élevé. «Cet accompagnement lui apporte l’expérience, l’expertise et le financement», énumère Sébastien Tanguay en signalant que le retentissant succès connu par l’École d’entrepreneurship de Beauce illustrait le besoin pour les patrons, même pour les plus aguerris d’entre eux, d’aller chercher de l’aide. «Selon le niveau de croissance de l’organisation, les besoins d’accompagnement des dirigeants ne sont pas les mêmes.»

La Ville de Québec, qui consacre plus de 20 millions $ par année au financement d’entreprises et d’organismes à vocation économique, exige d’ailleurs que les jeunes pousses soient incubées, notamment celles des quatre secteurs d’activité prioritaires, afin de pouvoir espérer toucher aux deniers publics.

«Cela nous facilite la vie dans l’octroi du financement», indique Jacques Vidal. «Nous connaissons le système qu’il y a derrière les incubateurs-accélérateurs. Nous sommes en mesure d’évaluer le parcours et l’accompagnement qui sont offerts aux entrepreneurs. C’est rassurant pour nous et pour les autres bailleurs de fonds.»

Trois jeunes entreprises naissantes de Québec – Zilia, Qohash et Les macarons de Sophie -  ont accepté de raconter leur histoire en insistant sur l’importance de l’accompagnement dont elles bénéficient encore.