Selon le cofondateur et pdg de Zilia, Patrick Sauvageau, l’oxymètre oculaire développé à Québec permet de court-circuiter le développement de maladies de l’œil, comme le glaucome, la dégénérescence maculaire ou la rétinopathie diabétique, avant qu’elles ne causent des dommages irréversibles.

La «révolution» Zilia

Il y a une quinzaine d’années, au moment où il débutait ses études en optométrie, Patrick Sauvageau caressait l’ambition de «révolutionner le monde» en inventant un appareil de diagnostic qui permettrait de court-circuiter le développement de maladies de l’œil, comme le glaucome, la dégénérescence maculaire ou la rétinopathie diabétique, avant qu’elles ne causent des dommages irréversibles.

Avec son frère Dominic, un ingénieur chimiste, il a développé un oxymètre oculaire. Combinant les propriétés de l’imagerie, de la spectrométrie et de l’intelligence artificielle, ce premier produit de Zilia mesure le taux d’oxygène dans l’œil et fournit aux médecins des informations cruciales sur l’état métabolique des tissus oculaires.

Au Canada et aux États-Unis, des chercheurs utilisent déjà l’oxymètre oculaire de Zilia.

«Nous mettons les bouchées doubles afin d’être en mesure de pénétrer rapidement le marché des 40 000 cliniques d’optométrie et d’ophtalmologie en Amérique du Nord», expose Patrick Sauvageau. «Nous nous croisons les doigts afin d’obtenir les homologations nécessaires de la part des autorités réglementaires en 2021.»

Une fois sa percée commerciale bien entamée auprès des 450 000 professionnels de la santé de l’œil du monde entier, l’entreprise de Québec proposera sa plateforme technologique aux marchés de la neurologie et de la cardiologie.

«Sans que nous fassions des démarches auprès de distributeurs, plus d’une trentaine d’entre eux sont venus cogner à notre porte pour vendre l’oxymètre à travers le monde. Il y a de l’engouement pour notre découverte.»

Les frères Sauvageau ont fondé Zilia en 2012. L’entreprise, qui compte aujourd’hui 12 employés, a véritablement pris son envol en 2017, une fois la réalisation d’une ronde de financement menée auprès d’anges investisseurs provenant du monde de la santé.

«Les cinq premières années ont été consacrées à notre apprentissage du métier d’entrepreneur avec l’aide, notamment, de l’Université Laval et de l’INO. J’ai dû faire des milliers de présentations pour faire connaître l’entreprise. Notre plan d’affaires, nous l’avons continuellement retravaillé. Notre approche auprès des investisseurs aussi. Et nous continuons de faire nos classes en participant, par exemple, à un programme offert par Le Camp portant sur la commercialisation», mentionne Patrick Sauvageau. Gilbert Leduc (Collaboration spéciale)