Caroline Dallaire s’est associée avec une société d’investissements privés pour acheter P.H. Tech, une société fondée par son père et son oncle, spécialisée dans les produits de fenestration qui fait travailler 250 personnes à Lévis et aux États-Unis
Caroline Dallaire s’est associée avec une société d’investissements privés pour acheter P.H. Tech, une société fondée par son père et son oncle, spécialisée dans les produits de fenestration qui fait travailler 250 personnes à Lévis et aux États-Unis

Caroline Dallaire:  «Je suis ingénieure, moi aussi»

Caroline Dallaire ne porte pas son jonc d’ingénieure. Par contre, au début de sa carrière, elle le glissait à son doigt chaque fois qu’elle participait à un événement réunissant des pairs. Des hommes en forte majorité.

Caroline Dallaire ne porte pas son jonc d’ingénieure. Par contre, au début de sa carrière, elle le glissait à son doigt chaque fois qu’elle participait à un événement réunissant des pairs. Des hommes en forte majorité.

«Sans ma bague, j’avais l’impression que les collègues ne viendraient pas me parler ou qu’ils ne me prendraient pas au sérieux», raconte la présidente P.H. Tech, un manufacturier de Lévis spécialisé dans la conception et la fabrication de pièces en PVC moulé utilisées dans la fabrication de portes et de fenêtres. L’entreprise assemble aussi des portes-fenêtres pour ses clients.

Au milieu des années ’90, Caroline Dallaire était souvent invitée à joindre les rangs des conjointes de ses collègues ingénieurs masculins à l’occasion des activités sociales tenues en marge d’événements d’affaires. «Excusez-moi, je vais aller m’asseoir avec les messieurs», devait-elle mettre au clair. «Je suis ingénieure, moi aussi.»

«Heureusement, les choses ont changé», note l’entrepreneure de 48 ans qui se souvient qu’à son arrivée dans l’entreprise familiale, en 1994, elle était la seule femme parmi 70 hommes dans l’usine. «Aujourd’hui, il y a des filles dans tous les départements et trois des quatre membres du comité de direction sont des femmes.»

Malgré tout, Caroline Dallaire estime que son accueil dans un univers dominé par les hommes s’est bien passé. Elle avoue même avoir ressenti plus de pression parce qu’elle était la fille du boss et non parce qu’elle était ingénieure ou patronne.

Maintenant propriétaire

Ce n’est qu’à la fin de son baccalauréat en génie industrielle que Caroline Dallaire a choisi d’intégrer l’entreprise fondée en 1962 par son père Raymond et son oncle Dominique.


« Aujourd’hui, il y a des filles dans tous les départements et trois des quatre membres du comité de direction sont des femmes. »
Caroline Dallaire, présidente de P.H. Tech

«Ce n’était pas écrit dans le ciel que j’allais atterrir ici. J’avais choisi d’aller étudier à Polytechnique Montréal parce que j’aimais les mathématiques et les sciences. Par contre, dès que j’ai mis les pieds dans l’entreprise, j’ai aimé l’ambiance et les défis qui se présentaient.»

Il y a deux ans, Caroline Dallaire s’associait avec la société d’investissements privés BDG pour acheter l’entreprise. Ils ont acquis les parts appartenant aux deux familles Dallaire.

Avec 250 employés, deux usines à Lévis et une autre en Pennsylvanie, P.H. Tech connaît une croissance soutenue de ses affaires au Canada et aux États-Unis. Au sud de la frontière, les ventes ont grimpé annuellement de 30 % au cours des dernières années. «Le potentiel de croissance est énorme de ce côté. Nous effleurons à peine ce marché», affirme la présidente de l’entreprise dont le chiffre d’affaires annuel oscille entre 50 et 60 millions $.

Le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre sont des enjeux importants pour P.H. Tech. La nature de ses activités fait en sorte que les besoins de personnel ne sont pas les mêmes d’une saison à l’autre. «En nivelant notre volume de production, nous évitons d’avoir à faire des mises à pied.»