En 2016, Gary Kobinger revient à Québec pour prendre la tête du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval.

Gary Kobinger: le superman de la recherche

Gary Kobinger est un superman de la recherche. Chercheur originaire de Québec qui a trouvé le vaccin contre l’Ebola, il pourrait juste récolter les lauriers, mais le Dr Kobinger est en mission. Il veut battre le VIH.

À 14 ans, dans les années 80 alors qu’il regarde une émission à la télévision, il est marqué par le discours d’un jeune homme atteint du VIH. «Il a dit : “Je vais mourir parce que j’aime un autre homme”», confie-t-il.

À partir de là, le jeune Kobinger sait ce qu’il veut faire dans la vie, de la recherche pour trouver des vaccins. Sa carrière évolue rapidement, recruté en 2005 par le centre de recherche de Philadelphie, il devient directeur du Programme des pathogènes spéciaux du Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada, à Winnipeg en 2008. En 2016, il revient à Québec pour prendre la tête du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval. Parallèlement, il n’hésite pas à se rendre sur le terrain et prendre des risques pour aider à combattre l’une des maladies les plus mortelles en Afrique, l’Ebola.

Au cœur des malades, il aurait pu contracter le virus qui tue en quelques jours, mais le Dr Kobinger ne se voyait pas juste dans un laboratoire. «Il faut aller sur place, pour bien comprendre et analyser la maladie. Quand on est un spécialiste et qu’il y a une éclosion, on y va. Les pompiers vont éteindre le feu, nous, on éteint une maladie.»

Mais ce n’est pas l’Ebola qui inquiète le microbiologiste, mais la sécurité autour. «Il y avait des risques de kidnapping, d’être attaqué par des rebelles», raconte-t-il.

Malgré les risques encourus, le spécialiste y retourne en 2014, avec cette fois-ci dans sa valise, un vaccin. Ce vaccin même s’il n’est pas encore homologué va sauver la vie à deux Américains, un médecin et une aide-soignante. Deux semaines plus tard, l’Organisation mondiale de la santé donne le feu vert pour des essais cliniques directement sur le terrain.

Le VIH, le combat de sa vie

Le Dr Kobinger, 49 ans, a travaillé sur de nombreuses maladies, il a trouvé des médicaments et des vaccins, gagné de nombreux prix. Il a entre autres remporté le prix principal Ernest C. Manning, le plus important hommage canadien pour les découvertes scientifiques qui ont un impact sur la communauté.

Il pourrait passer la main à d’autres, mais la victoire contre l’Ebola, lui a donné les outils pour trouver un vaccin contre une maladie qu’il veut éradiquer depuis qu’il est adolescent : le VIH. «Si on peut battre l’Ebola, on peut trouver les outils pour contrôler le VIH», affirme-t-il.

Avec son équipe de l’Université Laval, le Dr Kobinger a conçu un nouveau vaccin expérimental contre le VIH, qui pourrait devenir la solution à une maladie qui a tué des millions de personnes dans le monde.

«Il y a un traitement antirétroviral qui contrôle le VIH, on pourrait dire, c’est assez, mais le VIH continue à tuer, ça prend un vaccin pour éliminer complètement cette maladie», insiste-t-il.

Combien de temps, faudra-t-il pour trouver la bonne formule ? Le Dr Kobinger n’est pas loin et il espère la trouver avant de prendre sa retraite. Après il pourra se dire mission accomplie.

Gary Kobinger est un héros aux yeux de beaucoup de personnes. Lui estime avoir tout simplement fait son travail, rien de plus.

On pourrait penser que la principale qualité pour devenir chercheur est de posséder un cerveau hors du commun, mais pas pour le microbiologiste.

«Il ne faut pas choisir ce métier, si le seul intérêt est la gloire et l’argent. Il faut vouloir aider les autres, partager ses recherches, ne rien cacher et avoir une éthique extrême», juge-t-il.

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