La famille Coulombe. Dans l'ordre, Catherine, Marc, Alexandre et Émilie.

Faire ses classes, de l'entrepôt à la direction

Être un descendant d’Alex Coulombe n’assure pas de facto un poste stratégique au sein de la haute direction de l’entreprise de Québec spécialisée dans l’embouteillage d’eau et de boissons gazeuses.

Chacun doit faire patiemment ses classes au sein de l’entreprise familiale fondée en 1905 par les frères Édouard et Alex Coulombe. Liqueurs Coulombe, comme on l’appelait à l’époque, faisait son pain et son beurre dans l’importation de fruits et d’essences de fruits et réalisait ses premiers pas dans l’embouteillage d’eaux gazeuses.

C’est en 1935 que le partenariat avec PepsiCo (Pepsi-Cola) s’est concrétisé et qu’Alex Coulombe ltée est devenu l’embouteilleur et le distributeur exclusif des produits de la multinationale américaine dans la capitale, puis dans une bonne partie de l’est de la Belle Province.

Robert, Fernand, Michel et René, les membres de la deuxième génération du clan Coulombe, ont été les premiers à sauter dans l’aventure.

Puis, ce fut le tour des fils de René : Richard, Marc et Éric.

Et voilà que la quatrième génération prend sa place.

Ils sont les enfants de Marc, l’actuel président d’Alex Coulombe ltée et unique actionnaire. Il y a Émilie (30 ans), Alexandre (28 ans) et Catherine (26 ans).

Émilie possède une formation en comptabilité, Alexandre en logistique et Catherine en ressources humaines.

«Comme vous le constatez, leurs formations sont complémentaires», souligne le paternel qui n’a jamais poussé sa progéniture vers des carrières dans l’entreprise familiale, qui procure un gagne-pain à plus de 400 personnes.

«Ma conjointe et moi, nous tenions à donner à nos enfants tous les outils nécessaires afin qu’ils puissent décider eux-mêmes ce qu’ils allaient faire dans la vie.»

Si Marc Coulombe a commencé à travailler à temps plein pour l’entreprise familiale dès le lendemain de son dernier examen en administration à l’université, ses enfants sont allés voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Aujourd’hui, ils sont de retour au bercail.

Se salir les mains

Avant de prendre la relève de son père en 2002, Marc Coulombe a touché à tous les aspects de la vie de l’entreprise familiale.

«J’ai préparé des palettes. J’ai fait du ménage. J’ai travaillé sur les lignes de production. J’ai grimpé dans les camions pour faire des livraisons.»

Un rituel que Marc Coulombe «impose» à sa progéniture.

«Ma fille Émilie, qui est aujourd’hui directrice des ventes, a dû enfiler ses bottes de travail avec protection en acier pour aller faire du marchandisage dans les commerces pour bien connaître l’ensemble de nos produits et nos clients. En gros, un dirigeant d’entreprise doit savoir de quoi il parle. Il doit connaître son monde.

«Il doit avoir une connaissance fine de ce qui se fait à chaque étape de fabrication et de distribution d’un produit. Ça lui permet, en plus, d’aller chercher une forte crédibilité auprès des employés. Ces derniers savent que vous connaissez votre affaire.»