De gauche à droite, Philippe Bouchard qui représente la quatrième génération (il est le fils ainé de Line Breton), Line Breton, Vincent Breton, Serge Breton, Magella Breton (épouse de Lucien qui a aussi été active dans l'entreprise), Lucien Breton (deuxième génération à prendre l'entreprise, fils de Napoléon et Adrienne) et Nathalie Breton. (Line, Vincent, Serge et Nathalie sont les enfants de Magella et Lucien) Est absent sur la photo, Gabriel Breton quatrième génération (fils de Serge).

Breton Tradition 1944, quatre générations de passionnés

Plusieurs réussites économiques de nos régions sont d’abord des initiatives familiales. À partir d’une impressionnante liste, nous avons choisi huit entreprises, provenant de tous les horizons des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, et de différents secteurs d’activités pour mieux faire connaître la réalité des familles en affaires. 2e de 8.

En affaires depuis bientôt 75 ans, la famille Breton a toujours le même plaisir à faire vivre et prospérer l’entreprise familiale Breton Tradition 1944. Véritable pionniers de l’agriculture au Québec, les Breton dirigent l’entreprise depuis maintenant quatre générations.

C’est Napoléon Breton et sa conjointe Adrienne Vallières qui ont créé l’entreprise en achetant un magasin général en 1944 à Saint-Bernard, en Beauce.

Depuis ce jour, plusieurs membres de la famille ont intégré la compagnie afin de poursuivre le travail entamé par Napoléon Breton.

Loin d’être une obligation, chez les Breton travailler pour l’entreprise familiale est naturel.

«En grandissant en Beauce, loin des grands centres, il y avait une certaine adhésion naturelle à travailler pour l’entreprise familiale, explique Vincent Breton, fils de Lucien et membre de la troisième génération. Après les études, on avait toujours des opportunités au sein de l’entreprise, et ce même si on prenait un autre chemin professionnel.»

Philippe Bouchard, un représentant de la quatrième génération, trouve une motivation particulière à travailler pour l’entreprise familiale.

«Quand tu commences à travailler ailleurs, tu te rends compte qu’il y a une motivation supérieure à travailler avec des membres de ta famille. Il y a un sentiment de fierté de travailler pour l’entreprise qui a apporté de l’argent à la maison et qui t’a permis d’avoir une belle vie. C’est la fierté de redonner», dit-il.

Si certaines familles tracent une ligne entre les affaires et la vie privée, chez les Breton l’entreprise représente l’épicentre de leur dynamique familiale. 

«Breton Tradition, c’est nous. Durant les réunions familiales, on parle de l’entreprise inévitablement», explique Line Breton, fille de Lucien Breton et mère de Philippe Bouchard. 

«Il n’y a pas vraiment de cloison entre la vie de famille et l’entreprise, c’est au centre de notre dynamique familiale, ajoute Vincent. Les valeurs qu’on transmet au sein de notre entreprise sont les mêmes que celles que nos parents et grands-parents nous ont transmises.» 

Faire différemment

Bien qu’ils soient plusieurs générations au sein de l’entreprise, les Breton ont tous la volonté individuelle d’innover et de promouvoir de nouvelles pratiques dans le milieu agricole québécois.

Les membres de la famille estiment que chaque génération a apporté quelque chose de nouveau au sein de l’entreprise, lui permettant de s’adapter aux nouvelles réalités de ce secteur. 

«Au départ, c’était surtout une agriculture de subsistance et mon père (Lucien) a donné un nouvel élan à l’entreprise. Du côté de ma génération, nous avons concentré nos efforts à transformer certaines pratiques de l’entreprise. La quatrième génération fait le virage du biologique plus avancé, on retourne à des valeurs d’élevage traditionnelles. La transition vers le numérique est importante aussi, mais nous avons toujours l’objectif de nous développer tout en conservant les valeurs de notre famille», explique Vincent.

Le désir de changer le monde signifie d’améliorer les choses atour de nous tout en ayant du succès. «Avec l’innovation il y a une réalité d’essai et erreur. Nous n’avons pas uniquement des produits biologiques, mais nous sommes dans une transition importante qui exige beaucoup de capitaux.»

+

BRETON TRADITION EN CHIFFRES

1944: Napoléon Breton et Adrienne Vallières achètent le magasin général de Saint-Bernard.

1987: Acquisition de l’Abattoir du Témis, à Notre-Dame-du-Lac 

2003: Ouverture de la nouvelle usine du Breton, située à Rivière-du-Loup

1200: employés

550 millions $: de chiffre d’affaires pour Breton Tradition

4: Le nombre de divisions de l’entreprise; Aliments Breton Fermes et Meuneries, Les Viandes du Breton, Les Spécialités Prodal et North Country Smokehouse (États-Unis)