Vincent Breton, président des Viandes du Breton de Rivière-du-Loup
Vincent Breton, président des Viandes du Breton de Rivière-du-Loup

Les Viandes du Breton: à l’épicerie plutôt qu’au restaurant

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
D’un mois à l’autre, depuis le 18 mars, le Canada et les États-Unis s’entendent pour prolonger la fermeture de la frontière terrestre entre les deux pays. Seuls les voyageurs essentiels, comme les camionneurs, sont autorisés à la franchir d’ici le 21 novembre.

Qu’arrivera-t-il après le 21 novembre? Une autre prolongation jusqu’à Noël? Vincent Breton s’en doute un peu.

«Un jour, il faudra la rouvrir, cette frontière!», affirme le président des Viandes du Breton, une entreprise de Rivière-du-Loup spécialisée dans la transformation du porc. Les Viandes du Breton est une division de Breton Tradition 1944 et vend ses produits sous la marque duBreton.

«Ça pourrait être sérieusement problématique pour le développement des affaires des entreprises si la situation actuelle perdurait», ajoute M. Breton qui dit comprendre les considérations de santé publique invoquées par les deux gouvernements pour justifier la fermeture de la frontière.

«Tout est long et compliqué par les temps qui courent. Un industriel qui, par exemple, voudrait ajouter une ligne de production dans son usine devra s’armer de patience. Nous ne pourrons pas continuer d’évoluer dans un tel environnement pendant encore bien longtemps.»

Entreprise fondée en 1944, Les Viandes du Breton exporte plus de 60 % de son porc d’élevage biologique non transformé dans plus d’une trentaine de pays. Son marché principal, ce sont les États-Unis.

Depuis le début de la crise, les relations entre l’entreprise, ses équipes de vente en sol étranger et ses clients passent essentiellement par visioconférence. «Faire des affaires ne se résume pas seulement à la conclusion d’une transaction entre deux parties. C’est une question de relations humaines entre des individus. Gérer les relations avec nos partenaires, c’est tout un défi à l’heure actuelle.»

Marché stable

Vincent Breton affirme que son entreprise s’en tire pas trop mal depuis le début de la pandémie. Avec ses usines au Québec et aux États-Unis, ses meuneries et ses fermes, Breton Tradition 1944 fait travailler 1200 personnes.

«Nous évoluons dans un secteur stable de l’économie. Les gens vont toujours avoir besoin de manger. Évidemment, avec la COVID, la façon de se nourrir a changé. On fréquente moins les restaurants, mais on achète plus de nourriture au supermarché et on profite des services de livraison de repas. Cette réalité se confirme dans nos chiffres. Les ventes perdues dans un marché ont été compensées par un accroissement des affaires dans un autre.»

Si l’entreprise parvient, malgré les tensions actuelles, à déployer son plan d’affaires et à commercialiser de nouveaux produits, c’est aussi, selon son président, parce qu’elle a réussi à se bâtir une solide réputation auprès des chaînes d’alimentation, des transformateurs américains et des consommateurs en faisant la promotion de l’agriculture biologique. «Nous occupons un créneau qui connaît une croissance constante.»