Pour Jean Désy, la résidence est source d’inspiration. «On jase. On lit nos textes et on les commente. C’est un gros atelier d’écriture qui nous permet de nous stimuler les uns les autres.»

Écrivain en résidence : un cadeau pour l’auteur

Écrivain ayant 45 titres à son actif, médecin dans le Grand Nord, professeur de littérature à la faculté de médecine de l’Université Laval, Jean Désy vient de passer une semaine en résidence à la Maison de la littérature avec des Acadiens pour préparer un spectacle littéraire sur la solitude. Il raconte son expérience.

«Avec Marie-Andrée Gill, une auteure métisse, Serge Patrice Thibodeau, un poète qui dirige la maison d’édition Perce-Neige à Moncton, et Gabriel Robichaud, auteur et comédien, nous avons passé cinq jours à écrire et à partager des textes pour préparer le spectacle de jeudi soir. On s’inspire les uns les autres. On apprend à se connaître. On jase. On lit nos textes et on les commente. C’est un gros atelier d’écriture qui nous permet de nous stimuler les uns les autres. Nous avons du matériel pour une bonne heure de spectacle qu’il faudra scénariser et préparer avant de le présenter».

Pour lui, vivre une résidence, c’est un gros cadeau. Non seulement à cause du cachet, car les auteurs ne roulent généralement pas sur l’or, mais surtout à cause de l’énergie de travailler ensemble, bien que les quatre auteurs ne se connaissaient pas.

«C’est un gros exercice de création. Ça pourrait être franchement ennuyant de travailler autour de la solitude, mais nous avons créé des textes plus réflexifs, plus philosophiques, d’autres plus punchés. Moi, je viens de travailler sur une histoire d’une personne qui appelle, mais qui tombe dans la boîte vocale, sur le robot. En même temps, je travaille sur un roman qui se passe dans le Grand Nord avec un personnage pris sous son traineau, tout seul, et qui va mourir. C’est aussi dans le même thème. C’est loin d’être un thème facile, la solitude. Au lieu d’être seuls à écrire, nous sommes ensemble en résonnance. On travaille chacun seul, mais on corrige, on adapte, on allonge ou raccourcit pour que tout fonctionne ensemble. C’est une entreprise de création collective vraiment enrichissante».

Il répète : une résidence, c’est un grand cadeau pour un auteur, un stimulant qui l’amène à découvrir d’autres chemins. Comme médecin dans les cas d’urgences et la médecine de brousse dans le Grand Nord, il a toujours trouvé des limites dans la souffrance et la maladie. Alors, l’activité lui apporte un équilibre. «La littérature et la poésie me permettent d’aborder le monde et la vie sous un nouvel angle», conclut-il.