En trente ans, on retrouve au Québec trois fois plus de femmes qui sont ingénieures.

Trois ingénieurs sur 20 sont des femmes

Les femmes représentent maintenant 14,3% des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

S’il est évident qu’il reste un rattrapage à faire pour tendre vers un meilleur équilibre, force est de constater que cette proportion a augmenté sans faille depuis 1989-1990. Elle a même plus que triplé depuis les 4,3% de l’époque.

La croissance est appelé à se poursuivre, mais son rythme demeure inconnu.

«On voit une certaine croissance. Les femmes représentent 20% de la clientèle de 21600 candidats aux études de premier cycle en génie dans les universités au Québec. Le grand enjeu, c’est d’atteindre le seuil de 30% en 2030, fixé par Ingénieurs Canada (qui regroupe les ordres d’ingénieurs de tout le pays). On a du travail à faire», explique Kathy Baig.

Parmi les membres de l’Ordre des ingénieurs de 39 ans et moins, la proportion des femmes s’élève à 17, 8%. Selon une étude de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie de l’Université de Sherbrooke, les programmes de 1ercycle en génie avec la plus grande représentation féminine sont le génie alimentaire, avec 59%, et le génie biologique et biomédical, avec 49%. Les domaines avec la représentation féminine la plus faible sont le génie informatique, avec 10%, le génie électrique, avec 11% et le génie mécanique, avec12%.

Le degré de satisfaction des femmes ingénieures constitue un signe encourageant. «On a fait un sondage et 80% des ingénieures sont heureuses dans la profession», glisse Kathy Baig.

Elle et son équipe entendent travailler pour «mieux faire connaître la profession, pour permettre aux femmes de voir qu’elles peuvent changer le monde».

Kathy Baig dit avoir «peu ressenti d’injustices majeures», ou de remarques désobligeantes de la part d’hommes pendant son parcours académique. «J’ai réussi à faire mon chemin en travaillant fort. En travaillant fort, personne ne peut parier sur ma compétence».

Un parcours académique rigoureux

 Quiconque veut devenir ingénieur doit au préalable remplir un certain nombre de conditions en matière de prérequis. «Au secondaire, ça prend des sciences fortes, les mathématiques, la chimie, la physique, la biologie. Au Cégep, il faut suivre le parcours des sciences de la nature et appliquées», précise Kathy Baig. Une fois le programme universitaire complété avec succès, l’ingénieur junior doit suivre un parcours de travail de 36 mois, à l’issue duquel «il devra passer l’examen professionnel, axé sur les lois et la déontologie», ajoute-t-elle.