Une vue aérienne de l'aéroport Montréal-Trudeau

Dés écoles de pilotage en péril

Il y a quelque 35 écoles de pilotage au Québec, mais elles vivent un problème causé par un imbroglio entre les autorités fédérales et deux ministères québécois. Cela pourrait mettre en péril les écoles du Québec avec des exigences qui n’existe pas ailleurs au pays.

«Près 70 % de la clientèle des écoles privées vient de l’étranger, notamment de la francophonie, car l’attestation de Transport Canada répond aux plus hautes normes internationales. Nous avons développé un créneau qu’il ne faut pas perdre», explique Jean-Marc Dufour, PDG de l’Association québécoise du transport aérien (AQTA).

Parce qu’il faut au moins un an à temps plein pour former un pilote, le ministère fédéral de l’Immigration a modifié les règles en 2014 pour les visas aux étudiants étrangers pour des formations de plus de six mois. Ils doivent obligatoirement s’inscrire dans un établissement désigné par les provinces. 

Les autres provinces canadiennes ont reconnu l’expertise du fédéral dans le secteur du transport aérien et déclaré les écoles de pilotage comme établissements désignés, mais pas le Québec. Le ministère de l’Éducation du Québec a exigé que «les écoles de pilotage voulant être faire partie des centres de formation désignés devait entrer dans le cadre de la formation des cégeps pour émettre une attestation d’étude collégiale. Un non-sens qui nécessite un investissement de 80 000 $ à 100 000 $ pour des PME avec des règlementations qui n’apporte aucune valeur ajoutée à la licence de pilote émise par Transport Canada», affirme M. Dufour.

L’AQTA demande depuis longtemps au gouvernement du Québec de régler le problème administratif en reconnaissant d’emblée les écoles privées de pilotage comme établissement désigné pour satisfaire à la loi fédérale.

«Quelle entreprise peut se permettre de perdre 70 % de son chiffre d’affaires», lance M. Dufour. Pour lui, le Québec se tire dans le pied et n’ajoute absolument rien à la formation de pilote. «On ne demande pas d’argent», clame-t-il. «Ca ne coûte rien de reconnaître la compétence du fédéral dans le transport aérien. Il n’y a aucun risque pour le Québec. Ceux qui veulent l’enseignement en français vont dans les écoles de pilotage au Nouveau-Brunswick et à Cornwall en Ontario. On perd de la compétitivité pour quelque chose qui ne coûtera rien à régler.»

Pour M. Dufour, les règles d’Immigration Canada ne visaient pas les écoles de pilotage, mais les étudiants qui utilisent le visa d’étude pour disparaître dans la nature. «S’ils veulent disparaître dans la brousse, ils ne dépenseront pas 80 000 $ dans une école de pilotage, ils vont plutôt s’inscrire à des cours de céramique.»

Dans la ligne de l’aide à l’industrie régionale du transport aérien, il allègue que la meilleure aide sans coût additionnel serait aussi simple que reconnaître d’emblée les écoles de pilotage comme des établissements désignés pour satisfaire à la loi fédérale. «Je ne vois aucune raison valable à ajouter un fardeau financier et administratif à des PME», conclut-il.