Maxime Thivierge, Guillaume Ouellet et la stagiaire Katherine Bourguignon doivent côtoyer des patients atteints de la COVID-19 à bord des ambulances de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais.
Maxime Thivierge, Guillaume Ouellet et la stagiaire Katherine Bourguignon doivent côtoyer des patients atteints de la COVID-19 à bord des ambulances de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais.

Paramédics prudents pour patients stressés

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Tout en devant sans cesse s’adapter à de nouveaux protocoles, les paramédics Guillaume Ouellet et Maxime Thivierge doivent faire preuve de persuasion auprès de patients qui craignent d’être transportés à l’hôpital en pleine pandémie.

Malgré un certain stress inhérent à la pandémie, Guillaume Ouellet et son coéquipier Maxime Thivierge sont rassurés lorsqu’ils embarquent dans leur véhicule de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, à bord duquel ils ont déjà transporté quelques cas confirmés de COVID-19.

«On est quand même bien protégés, indique M. Ouellet. Dans le fond, le stress, c’est de savoir qu’on a bien nettoyé nos affaires comme il faut pour ne pas se contaminer par la suite. Il faut vraiment enlever nos équipements comme il faut.»

Outre la préoccupation liée à l’utilisation adéquate du matériel de protection, les paramédics doivent s’assurer de suivre à la lettre des protocoles qui changent parfois «chaque jour».

Les deux hommes – des «amis en dehors du travail» – passent une quarantaine d’heures par semaine dans le même véhicule. La confiance entre eux est primordiale pour diminuer les inquiétudes.

Ils ne sont pas les seuls qui doivent composer avec les craintes générées par la pandémie et le caractère sournois de la COVID-19.

Au jour le jour, le travail des paramédics a beaucoup changé.

Les patients sont «très stressés», rapportent les paramédics.

«Il y a beaucoup de gens qui nous appellent qui ont besoin d’aller à l’hôpital et il faut presque se battre avec eux, raconte Maxime Thivierge. Il y a eu deux personnes en infarctus dans le dernier mois qui ont attendu trois à quatre jours avant de nous appeler. Encore là, quand on leur explique […] qu’il faut aller à l’hôpital, ils nous demandent ‘est-ce qu’il faut vraiment que j’y aille?’.»

Au jour le jour, le travail des paramédics a beaucoup changé. Les appels sont classés différemment lorsqu’il y a ne serait-ce qu’un petit doute que le patient ait la COVID-19. Dès qu’un cas est suspecté, les paramédics doivent aviser l’hôpital de leur arrivée. «Selon ce qu’on leur dit, ils nous dirigent vers une zone qui est soit verte, jaune ou rouge», explique Guillaume Ouellet.

Les coéquipiers ont «pris la décision de laver [leur] camion comme si chaque patient était COVID positif», souligne M. Ouellet. Chaque fois, cela représente de 30 à 45 minutes de travail.

Toutes ces précautions font en sorte qu’en quittant le boulot, ils sont moins inquiets pour leurs proches. «On ne veut jamais ramener ça à la maison», insiste Maxime Thivierge, père d’un enfant qu’il ne souhaite évidemment pas contaminer.

Dans le cas de Guillaume Ouellet, sa conjointe travaille à l’Hôpital de Gatineau. Une collègue de cette dernière a d’ailleurs reçu un diagnostic de COVID-19. Le temps que sa conjointe passe le test de dépistage et que le résultat revienne négatif, le paramédic a dû rester à la maison quelques jours.

Stagiaire en pandémie

Étudiante en technique de soins préhospitaliers d’urgence au Cégep de l’Outaouais, Katherine Bourguignon a pour sa part l’occasion d’effectuer son stage en pleine crise de la COVID-19.

Le stage avait été arrêté en mars, mais a pu reprendre au début mai. «On n’aurait pas voulu que ça arrête, confie-t-elle. Mais avec du recul, c’est là qu’on voit que c’est plus stressant qu’on le pense. […] Tout ce qu’on a appris est un peu à désapprendre, parce qu’il y a de nouveaux protocoles qui rentrent en vigueur presque quotidiennement.»

La jeune femme est tout de même rassurée par les précautions prises par le tandem Ouellet-Thivierge. Elle est également consciente qu’un stage dans un tel contexte représente une «belle expérience» qui saura bien la préparer si elle doit à son tour affronter une pandémie lorsqu’elle sera sur le marché du travail.