Kevin Timmermans, son épouse Maïté Lequeux et leurs deux enfants.

Un coup de pouce pour deux Belges «interdits de travail»

Le travail de journaliste devient des plus stimulants quand on peut avoir la chance de faire la différence dans la vie de quelqu’un, plus particulièrement quand on a la chance d’aider quelqu’un à se sortir d’une situation où il doit se battre contre les rouages de la bureaucratie. C’est exactement le genre de dossier qui est atterri sur mon bureau, en octobre 2017, quand j’ai eu à couvrir l’histoire d’un couple originaire de Belgique qui se retrouvait interdit de travail quatre ans après leur arrivée à Québec.

Parents de deux jeunes enfants, Kevin Timmermans, employé chez Latulippe, et son épouse Maïté Lequeux, alors employée chez Opsens, s’étaient vu refuser un renouvellement de leur permis de travail en attendant qu’une décision soit prise sur leur demande de résidence permanente. Le couple avait pourtant l’appui de ses employeurs et se retrouvait en situation précaire, sans emploi pour payer ses factures, dont une somme de 13000$ représentant les frais médicaux pour la naissance de leur dernier-né puisqu’ils n’étaient alors pas couverts par l’assurance-maladie. 

Non seulement la publication du reportage a contribué à amener rapidement le couple à rencontrer François Blais, alors ministre provincial de l’Emploi, le ministre fédéral JeanYves Duclos et le député fédéral Pierre Paul-Hus, mais ces rencontres ont vite fait bouger les choses, de sorte que Kevin était de retour au travail en janvier après avoir reçu juste avant Noël un certificat de sélection du Québec avec un nouveau permis de travail à la clé. Pour couronner le tout, l’histoire du couple avait aussi suscité un élan de sympathie dans la population; plusieurs personnes leur ayant fait parvenir des denrées, des vêtements ou offrant même de payer certaines de leurs factures. 

Aujourd’hui, le couple Timmermans/Lequeux est résident permanent du Canada depuis le 6 juillet 2019. Kevin travaillait toujours chez Latulippe, mais a subi un grave accident de travail entraînant la perte d’un œil, son épouse œuvre toujours dans le domaine de la photonique, mais chez Teraxion. 

«Dans deux ans, nous allons pouvoir faire une demande de citoyenneté canadienne», signalait M. Timmermans dans un entretien récent avec Le Soleil. «On peut dire que tout est bien qui finit bien. Je voudrais vous dire merci à vous et au quotidien Le Soleil, car c’est vraiment ça qui a amené tout le reste. Ça a donné un bon coup de main.»