Le concert The Wall de Roger Waters sur les plaines d’Abraham le 21 juillet 2012

Pleins feux sur The Wall

Automne 2009. The Wall, le célèbre album de Pink Floyd, célèbre ses 30 ans. Connaissant l’intérêt des lecteurs du Soleil pour cette œuvre, je planche sur un papier d’envergure en sollicitant différents collaborateurs du groupe anglais.

Tandis que je m’entretiens avec Gerald Scarfe, à qui l’on doit le visuel et les animations liés au projet, j’apprends que l’ex-chanteur et bassiste de Pink Floyd, Roger Waters, partira à nouveau en tournée mondiale avec The Wall. Mon dossier devra attendre un peu, j’ai soudainement une grosse nouvelle à rédiger! Elle sera publiée le 2 décembre 2009, soit quatre mois avant l’annonce officielle de Waters…

Ce scoop n’est que le début d’une couverture qui sera marquante durant mes 15 ans au Soleil et qui synthétise, à mes yeux, ce qui fait la force de ce journal: être capable de témoigner de ce qui se trame localement sans perdre de vue ce qui se passe autour du globe; offrir aux journalistes une immense liberté, qui favorise un contenu distinctif; abriter différents types de textes, qu’il s’agisse de nouvelles, de critiques, de chroniques ou de dossiers.

Mais revenons à The Wall pour mieux illustrer tout ça. Québec aura sa part de cette tournée mondiale de Roger Waters. Un concert extérieur est en effet prévu sur les plaines d’Abraham le 21 juillet 2012 et pour l’occasion, on bâtira le plus long mur jamais érigé pour cette production.

Afin de souligner ça, je propose un plan audacieux au directeur de l’information de l’époque, Martin Pelchat. Durant la semaine précédant le concert, j’arriverais à chaque jour avec une histoire différente liée à The Wall tandis que sur la Une, on construirait un mur, à l’image de la célèbre pochette, qui grossirait quotidiennement pour être complet le jour du spectacle. Je ne sais trop quels arguments j’ai sorti, mais tout le monde a embarqué dans cette aventure pourtant contraignante!


Vient le soir de la représentation. Pas facile de témoigner d’un événement aussi riche aux plans sonore et visuel. C’est d’ailleurs la seule fois de ma carrière journalistique où j’ai regardé l’heure en me disant que je n’arriverais pas à livrer mon texte à temps. 

Mais l’adrénaline a fait le travail et, avec la complicité du pupitre, dirigé ce soir-là par Michel Samson, ainsi que les photos de l’ami Érick Labbé, la critique a vu le jour pour ensuite voyager à coup de plusieurs dizaines de milliers de partages dans les réseaux sociaux.

Ça ne devait pas se terminer là. À l’automne 2015, Waters décide de lancer un film mi-concert, mi-documentaire, doublé d’un album live immortalisant sa tournée. Comme il n’avait pas été possible d’avoir ses impressions après son passage en ville, je tente ma chance en m’adressant directement à son imprésario. Ça fonctionne au-delà de mes espérances : je suis le seul à qui il accordera une entrevue dans la province.

-Bonjour Roger, comment allez-vous?

-Je vais bien, man, comment tu vas?

Je l’amène à se remémorer le concert des Plaines, puis à me parler de son lien avec le Québec. C’est là qu’il me révèle qu’une version de The Wall pour opéra est en chantier. Celle-ci sera présentée pour le 375e anniversaire de Montréal et c’est un artiste de Québec, Julien Bilodeau, qui se charge des arrangements.

Il paraît que les collègues de Montréal travaillaient à sortir ce scoop. Désolé, c’est au Soleil que Waters s’est confié! Et c’est à partir du papier du Soleil que la nouvelle de cette énième déclinaison du fameux mur a circulé autour du monde…

Le concert The Wall de Roger Waters sur les plaines d’Abraham le 21 juillet 2012