Le sport local à l’international

Novembre 2000, Caroline Brunet vient de se faire coiffer au fil d’arrivée de la plus importante course de sa carrière. En état de choc, elle cherche un coin pour se réfugier, le temps d’encaisser le coup. Des journalistes du Canada et d’ailleurs l’entourent, son regard croisera le mien, le point de presse commence!

La scène ne se déroulait pas à Lac-Beauport, d’où venait la médaillée olympique, mais plutôt à l’autre bout du monde, en Australie. Le Soleil y était, car l’information locale se déroule aussi à l’international. 

Jeune journaliste sportif, j’avais rêvé, bien sûr, d’être un jour affecté à la couverture des Nordiques. J’y rêve encore, d’ailleurs… Mais, en 1994, mes patrons ont eu la bonne idée de m’affecter à la couverture des Jeux olympiques de Lillehammer. 

Fort de mes 29 printemps et rongé par le stress de la mission, je mettais donc le cap sur la Norvège avec le mandat de couvrir les athlètes de la région de Québec, dont Myriam Bédard, qui allait devenir double médaillée d’or en biathlon.

À mon retour, j’avais eu droit à mon petit moment de gloire. Des amis m’avaient remis le « Carlos d’or » ; le rédacteur en chef de l’époque m’avait aussi transmis un petit mot que je conserve toujours à l’effet que « s’il y avait un podium pour les journalistes, tu y aurais ta place ». 

Mais assez parlé de moi, surtout que les réflecteurs ont toujours été tournés vers les athlètes de chez nous. Leur brio ne pouvait pas rester dans l’ombre, il fallait les suivre, peu importe où ils se trouvaient. Atlanta, Nagano, Sydney, Salt Lake City, Athènes, Turin, Pékin, Vancouver, Sotchi, PyeongChang, la distance n’a jamais eu d’importance pour remplir ce même mandat qui n'a jamais changé. 


« Le sport ne change pas le monde, il ne soigne personne, ne décide d’aucune loi. Mais il a cette capacité de nous faire vibrer, de nous divertir, de nous rassembler »
Carl Tardif

Le Soleil a raconté leurs exploits, mais aussi leur peine. Car le sport possède aussi ce petit côté humain qui rend chaque histoire différente et plaisante à raconter, peu importe le résultat. Une médaille d’argent à celle-ci, une de bronze à celui-là. Une quatrième place qui sème l’espoir dans une équipe, une autre qui fait pleurer un fils et son père. Ils verseront plus tard des larmes de bonheur à la sortie de piste du plus jeune devant les siens. 

Chaque fois, Le Soleil y était. Que l’histoire soit racontée par cette plume ou une autre à la retraite ou toujours active, l’objectif a toujours été de faire vivre le moment aux lecteurs, comme s’ils y étaient, eux aussi. Via le Rouge et Or, les Remparts, les Capitales, nous avons aussi vécu notre part de championnats. 

Le sport ne change pas le monde, il ne soigne personne, ne décide d’aucune loi. Mais il a cette capacité de nous faire vibrer, de nous divertir, de nous rassembler, de nous faire oublier, l’instant d’un moment, nos soucis de la vie quotidienne. 

Voilà la mission de notre équipe!

Parfois c'est aussi l'international qui débarque à Québec. Ici, une scène d'une épreuve de la Coupe du monde de ski de fond sur Plaines d'Abraham.