Valérie Brière a été accueillie à sa sortie de prison par son conjoint Patrick Huneault, très heureux de la tournure des évènements.

Fini la prison pour les itinérants

«Valérie Brière est en prison», m’a dit ma source. J’avais interviewé Mme Brière une semaine plus tôt pour un dossier sur les contraventions chez les itinérants. Et voilà que j’apprenais que cette mère monoparentale avait été condamnée à 101 jours de détention pour 2120,88$ d’amendes impayées.

Je savais que Québec emprisonnait encore des itinérants pour des dettes de contraventions, même si des villes comme Montréal et Val d’Or avaient cessé cette pratique depuis de nombreuses années. Mais là, un cas réel venait de se produire et il fallait le raconter. 

Mon reportage sur l’emprisonnement de Valérie Brière a été publié en Une du Soleil le 1er juin 2018. Le maire Régis Labeaume a d’abord défendu la détention de Mme Brière, qui avait reçu des tickets pour avoir mendié, fait du squeegee, avoir uriné dans un endroit public et avoir flâné.

Mais en dehors de l’hôtel de ville, la colère montait. Des citoyens ont offert des milliers de dollars pour faire libérer Valérie Brière et des organismes communautaires ont dénoncé les ratés du programme de justice alternative à la cour municipale de la Ville de Québec, auquel Mme Brière était inscrite.

Puis, un juge de la Cour supérieure a libéré Valérie Brière, affirmant que l’incarcération pour non-paiement d’amende «ressemble quasiment au Moyen-Âge».

Cinq mois après la diffusion du reportage, la Ville annonçait qu’elle cessait l’emprisonnement des personnes qui ont été en situation d’itinérance ou confrontées à des problèmes de santé mentale. Elle se lançait aussi dans une réflexion, avec son service de police, sur l’application du Règlement sur la paix et le bon ordre.

«Le cas de Mme Valérie Brière, c’est devenu une sorte de symbole», a dit le maire Labeaume. «Je regrette de ne pas avoir eu plus d’empathie lorsque l’histoire a été révélée.»