Tout indique que la future usine de fabrication de 245 millions $ érigée actuellement dans l’Espace d’innovation d’Estimauville à Québec entrera dans la danse en 2023.
Tout indique que la future usine de fabrication de 245 millions $ érigée actuellement dans l’Espace d’innovation d’Estimauville à Québec entrera dans la danse en 2023.

Medicago : Bientôt la lumière au bout du tunnel

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Il y a un peu plus de neuf ans, Medicago menait les premiers essais cliniques pour déterminer si son nouveau vaccin contre la grippe saisonnière était efficace et sans danger pour la population.

Vraisemblablement d’ici le mois de juillet, la biopharmaceutique de Québec saura si Santé Canada homologuera son vaccin contenant quatre souches de grippe qui, contrairement à la façon de faire traditionnelle dans l’industrie, n’est pas préparé à partir de virus cultivés sur des œufs embryonnés de poule, mais plutôt de plantes.

S’il reçoit le feu vert, Medicago pourrait produire ses premiers vaccins à temps pour l’automne 2020.

«C’est vrai, la route est longue», avoue Jean-Luc Martre, vice-président exécutif, Marketing et Développement des affaires chez Medicago. Bon an mal an, l’entreprise fondée à Québec et acquise en 2013 par la pharmaceutique japonaise Mitsubishi Tanabe Pharma, investit entre 60 et 80 millions $ dans l’espoir de mener à bon port des programmes de recherche et de développement.

Outre la grippe saisonnière, Medicago planche, à partir de sa technologie innovante, sur la production de vaccins pour combattre la grippe pandémique et des maladies comme le rotavirus et le norovirus ainsi que d’anticorps dédiés, notamment, à la lutte contre le cancer.

«Nous nous penchons aussi activement sur un projet de développement d’un vaccin universel contre l’influenza», souligne M. Martre. «Un vaccin dont la durée de protection sera plus longue et qui s’attaquera aux principales souches circulantes.»

L’utilisation de la plateforme de production sur plante permet notamment à Medicago de fabriquer des vaccins rapidement. Alors que la production traditionnelle à base d'œufs peut prendre de quatre à six mois, Medicago peut produire les siens dans un délai de cinq à six semaines.

Donc, si tous les astres demeurent alignés dans le ciel de l’entreprise de Québec, Medicago espère être en mesure, en 2020, de répondre à l’appel d’offres du gouvernement du Canada qui, bon an mal an, achète 11 millions de doses de vaccins contre la grippe saisonnière. Elle se mesurera au Sanofi Pasteur, GSK et Sequirus de ce monde.

À «brève échéance», la compagnie devrait déposer ses demandes d’homologation aux États-Unis et en Europe. «Nous espérons commercialiser notre vaccin aux États-Unis en 2021 et l’année suivante en Europe», fait valoir M. Martre.

Les premiers vaccins quadrivalents de Medicago seront fabriqués à son usine située en Caroline du Nord aux États-Unis.

Chantier de 245 millions $

C’est vraisemblablement en 2023 que la future usine de fabrication de 245 millions $ érigée actuellement dans l’Espace d’innovation d’Estimauville à Québec entrera dans la danse.

La construction de l’usine, qui aura une capacité de production pouvant atteindre de 20 à 40 millions de doses de vaccins quadrivalents par année, devrait se terminer à la fin de 2021. Il s’en suivra les méticuleuses étapes de validation des équipements de l’usine de 44 000 mètres carrés.

Alors qu’elle prévoyait, au départ, rapatrier dans ses nouvelles installations les activités menées actuellement dans le Parc technologique du Québec métropolitain, Medicago a changé son fusil d’épaule. Elle a plutôt décidé de doubler la superficie de ses installations dans le parc techno.

«Nos besoins en recherche et développement sont importants», informe Jean-Luc Martre en signalant que l’entreprise compte maintenant 306 employés  - deux fois plus qu’en 2015 – dont 200 femmes. D’ailleurs, quatre des huit membres du comité de direction de Medicago sont des femmes.