Alicia Despins, conseillère municipale à Québec, responsable de la culture.

La richesse littéraire de la ville de Québec

Dans la vision du développement culturel de la Ville de Québec en 2013, l’un des projets consistait à déposer un dossier de candidature à l’UNESCO pour faire partie du réseau des villes créatives. Il fallait démontrer la richesse littéraire de Québec comparativement aux autres villes candidates et gagner le titre de «ville de la littérature».

Le premier essai fut couronné de succès le 31 octobre 2017. Puisque la mention est valide pour quatre ans, Alicia Despins, conseillère municipale et responsable du dossier culturel au comité exécutif de la ville, songe déjà aux manières de conserver le dynamisme littéraire de la Capitale pour la prochaine étape.

La zone centrale de la Maison de la littérature.

«Ce titre, en plus d’être une reconnaissance, devient un coup de pouce pour que la ville soit encore plus dynamique. Nous avons rencontré tous les acteurs du milieu pour qu’ils s’approprient cette distinction pour la décliner dans de nombreux festivals et activités tout au long de l’année», précise la jeune femme.

Le choix de la littérature tombait sous le sens puisque les activités littéraires sont nombreuses. Les écrivains dans la ville sont plus de 200. Sans oublier le réseau étendu des 25 bibliothèques publiques dans tous les secteurs de la municipalité. Et la fameuse Maison de la littérature (2015) qui trône comme un joyau au centre du Vieux-Québec avec ses écrivains en résidence, ses spectacles littéraires et autres activités qui contribuent à la vitalité littéraire de la ville.

La Maison de la littérature

«On parle des livres, mais il y a aussi huit festivals littéraires. Il y a l’Institut Canadien qui fête ses 170 ans cette année dans le monde de la littérature. Nous sommes chanceux à Québec d’avoir la Literary and Historical Society of Quebec [Morrin Center] une des plus vieilles sociétés savantes au pays. Tout était là pour que Québec se distingue réellement», expose Mme Despins.

Elle rappelle que la capitale compte de nombreux écrivains, plusieurs librairies indépendantes et une bonne vingtaine de maisons d’édition, comme Alto, Foulire, Septembre Éditeur et Septentrion par exemple. Sans oublier les éditions Hannenorak qui se consacrent entièrement aux écrits autochtones. «Les gens de Québec aiment lire et ils encouragent les auteurs locaux», continue-t-elle.

La Maison de la Littérature trône comme un joyau au centre du Vieux-Québec.

Prêt numérique
Parmi les autres éléments qui ont pesé dans la balance, on note la présence de l’entreprise De Marque connue internationalement pour son apport à la diffusion numérique de la littérature. C’est son système de prêt numérique qui dessert le réseau des bibliothèques municipales. Et Québec servira de lieu d’expérimentation pour le développement d’une application inédite qui simplifiera le prêt de livres numériques permettant aux usagers d’y accéder directement depuis leur appareil mobile, Android ou Apple.

Cela est d’autant plus intéressant que le réseau des bibliothèques de Québec a été le premier dans le prêt numérique. La fréquentation des établissements est à la hausse, le nombre de prêts aussi. Juste du côté numérique la hausse à été de 15 %. Et depuis 2013, les prêts chez les jeunes ont grimpé de 50 %. La littérature jeunesse compte pour un quart des prêts des livres.

«Le livre n’est pas mort, ose Mme Despins. Lorsqu’un jeune met les pieds pour la première fois à la bibliothèque avec les parents ou l’école, ils ne perdent pas l’intérêt. Ceux qui ont 30 ans se rappellent d’être venus à la bibliothèque et ils amènent leurs enfants parce qu’ils se rappellent à quel point c’était intéressant.»

Et la bibliothèque, souligne-t-elle, devient aussi un lieu de rassemblement et de rencontre des jeunes, car ce n’est plus un lieu silencieux, mais une ouverture sur toute une panoplie d’activités et de connaissances.

Au fil des ans, Québec a fait rayonner ses lettres de sorte que la reconnaissance de l’UNESCO amène une notoriété internationale permettant de tisser des liens avec les autres villes littéraires du monde et du réseau des villes créatives. Après le moment de fierté viendra le temps des échanges entre les organismes, les festivals et les auteurs.