À l’été 2015, des francophones de partout étaient à l’Université Laval pour l’Université d’été 2015.

L’art de créer des solidarités francophones

Mars, le Mois de la francophonie, c’est l’occasion de mettre en lumière ce qui se fait dans toute la francophonie, mais aussi du côté des Amériques. Car le Centre de la francophonie des Amériques tisse tout au long de l’année des liens entre les pays francophones, les communautés éparpillées du nord au sud et les groupes francophiles de ce grand continent.

Créé lors des célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec, berceau de l’Amérique française, le Centre de la francophonie des Amériques met en œuvre des moyens, des activités, des rencontres de manière à mettre en contact les communautés francophones entourées par une mer anglophone ou hispanophone.

«Il y a des entreprises qui produisent des biens; nous, nous créons des liens», raconte Denis Desgagné. Il donne l’exemple des petites communautés francophones de la Nouvelle-Angleterre distantes de quelques dizaines ou quelques centaines de kilomètres qui ne se connaissent pas, mais qui prennent contact grâce à des spectacles dans les résidences. De petites soirées qui permettent de remettre le français au goût du jour par la musique et la culture pour réunir les petits Canada ici et là.

Et il se fait la même chose dans différentes provinces canadiennes où les francophones sont éparpillés. Le Centre trouve des moyens pour créer des ponts par diverses initiatives. Le mandat du Centre est de bâtir des solidarités autour des secteurs de la culture et de l’éducation.

«Saviez-vous qu’il y a plus de 21 millions de francophones au Canada et aux États-Unis, que ce soit en Nouvelle-Angleterre, en Floride, dans le Midwest et en Californie?» lance M. Desgagné. «Et il y a un réseau de 144 villes francophones francophiles des Amériques . Le Brésil est francophile et le français est obligatoire dans les écoles du Costa Rica. On estime à 33 millions le nombre de locuteurs de français dans les Amériques, incluant les francophiles. Le gros problème, c’est le manque de professeurs partout dans les Amériques pour les classes de français.»

Toponymie francophone
Même si les communautés de l’Amérique sont dispersées et ne se connaissent pas toutes, tous les yeux ne sont pas nécessairement tournés vers la France, car il y a une francophonie américaine importante, souligne M. Desgagné.

Il suffit de revoir la toponymie au sud du Canada avec Détroit, Saint-Louis, La Nouvelle-Orléans et Lafayette en Louisiane. Ou encore Moncton, Caraquet, Saint-Boniface, Dieppe, Champlain, Saint-Paul, Grande-Prairie, Frédéricton ou Hawkesbury et bien d’autres entre l’Atlantique et le Pacifique.

«Si l’économie a été dans le passé un facteur d’assimilation de la francophonie, précise M. Desgagné, nous faisons en sorte que cette économie devienne maintenant un levier de développement de l’économie. Par exemple, avec le réseau des villes francophones, nous travaillons depuis trois ans au développement économique, touristique, patrimonial basé sur l’histoire et la mémoire de la francophonie des Amériques.»

Dans cette aventure, M. Desgagné n’oublie pas les outils technologiques de communications, notamment le carnet de la francophonie des Amériques. «Vous vous trouvez à New York, il y a moyen de trouver les services en français à partir de l’application mobile qui se sert de la géolocalisation», ajoute-t-il. Et dans la page Web du site, on trouve aussi d’autres outils et les différents programmes comme le programme du parlement francophone des jeunes des Amériques ou celui sur la mobilité des chercheurs pour promouvoir la recherche en français et la coopération entre les scientifiques des Amériques.