Dennis Turpin précise que des membres de la famille Labrie occupent des postes stratégiques au sein d'Endoceutics, l’entreprise biopharmaceutique fondée en 2006 par le Dr Fernand Labrie.

Endoceutics : Poursuivre la mission de Fernand Labrie

«Âgé de 81 ans, le docteur Labrie pensait qu’il était éternel. À le voir mener tous ses projets, nous le pensions aussi», raconte Dennis Turpin.

Admis en décembre 2018 dans un hôpital de Québec pour soigner une infection, Fernand Labrie rendait l’âme, quelques jours plus tard, le 16 janvier 2019.

Arrivé en juin 2018 chez Endoceutics, l’entreprise biopharmaceutique fondée en 2006 par le Dr Labrie, Dennis Turpin a rapidement été désigné par la famille du chercheur et entrepreneur à la suite du décès de ce dernier pour veiller à la poursuite des affaires de la compagnie qui fabrique et commercialise à l’échelle planétaire l’Intrarosa, un traitement à base de prastérone s’adressant aux femmes ménopausées souffrant d’atrophie vaginale.

«Le Dr Labrie avait préparé un plan de relève au cas où un malheur allait lui arriver», explique M. Turpin qui occupe maintenant le poste de président et chef de la direction d’Endoceutics.

Pendant 20 ans, Dennis Turpin avait été à l’emploi d’AEterna Zentaris. Il avait notamment occupé le poste de premier vice-président et chef de la direction financière de l’entreprise des sciences de la vie fondée par Éric et Luc Dupont. En février 2016, il devenait vice-président et chef de la direction financière du Port de Québec.

«Je suis arrivé chez Endoceutics pour faire de la planification stratégique aux côtés du docteur Labrie», expose M. Turpin dont la mission première à la suite du décès du fondateur d’Endoceutics a été de redéfinir la formule de gouvernance de la compagnie afin de clarifier les rôles de chacun des dirigeants et d’assurer le partage de l’information.

«Même s’il contrôlait lui-même beaucoup de leviers au sein d’Endoceutics, le docteur Labrie avait su s’entourer de spécialistes de haut niveau pour gérer les différentes sphères d’activités de sa compagnie.»

Dennis Turpin précise que des membres de la famille Labrie occupent des postes stratégiques au sein de l’entreprise dont Claude (président du conseil et directeur de la recherche scientifique), le fils de Fernand Labrie, et le petit-fils de ce dernier, Olivier Roy (directeur).



« «Même s’il contrôlait lui-même beaucoup de leviers au sein d’Endoceutics, le docteur Labrie avait su s’entourer de spécialistes de haut niveau pour gérer les différentes sphères d’activités de sa compagnie.» »
Dennis Turpin président et chef de la direction d’Endoceutics.

Commercialisation planétaire

L’Intrarosa, que l’on appelait jadis communément le «Viagra féminin», est vendu aux États-Unis et dans plusieurs pays européens. Au Canada, les médecins pourront prescrire le produit à leurs patientes vers la fin de l’année 2020.

Présenté sous forme d’ovule, l’Intrarosa contient de la prastérone, une molécule naturelle qui améliore l’hydratation et réduit l’irritation de la muqueuse vaginale. Il est offert en plaquettes de 28 ovules de 6,5 mg de prastérone avec six applicateurs réutilisables.

«Reste à voir si nous allons le commercialiser nous-mêmes au Canada ou si nous allons avoir recours à des partenaires comme nous le faisons ailleurs dans le monde», indique Dennis Turpin en signalant qu’Endoceutics avait déposé des requêtes en vue de l’homologation de l’ovule vaginale en Chine et en Amérique latine. Le produit devrait être également disponible bientôt disponible en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Les chercheurs d’Endoceutics mènent aussi des travaux pour développer des traitements qui vont s’attaquer aux bouffées de chaleur et à l’ostéoporose chez la femme et au cancer de la prostate chez les hommes.

La compagnie québécoise fabrique actuellement les plaquettes d’Intrarosa dans ses installations situées à Mont-Saint-Hilaire ainsi que dans des usines au Mexique et aux États-Unis.

L’Ancienne-Lorette : un pas à la fois

La direction d’Endoceutics entend réaliser le projet du fondateur qui était de construire un siège social et un complexe de production à L’Ancienne-Lorette. Une affaire évaluée à 80 millions $ qui pourrait éventuellement créer, à terme, jusqu’à 1000 emplois, comme l’avançait le docteur Labrie.

Une première étape a été réalisée avec la construction d’une usine de 24 millions $ qui devrait être en opération d’ici la fin de 2020. On y fabriquera les applicateurs de plastique.

«Notre intention, bien entendu, c’est de continuer le projet», affirme Dennis Turpin qui n’a cependant pas un échéancier précis à proposer pour la réalisation des autres étapes. «Nous y allons un pas à la fois. Nous ne voulons pas nous avancer trop rapidement. La commercialisation de l’Intrarosa commence à peine aux États-Unis et en Europe», précise M. Turpin.

À terme, Endoceutics, qui compte actuellement 120 employés, sera en mesure de produire 300 millions de doses annuellement dans ses installations.