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Autobus Breton: l’art de transporter des passagers

Plusieurs réussites économiques de nos régions sont d’abord des initiatives familiales. À partir d’une impressionnante liste, nous avons choisi huit entreprises, provenant de tous les horizons des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, et de différents secteurs d’activités pour mieux faire connaître la réalité des familles en affaires. 4e de 8

Gaétan Breton a obtenu son premier contrat de transport d’écoliers au moment de la création du ministère de l’Éducation et de l’instauration du système de transport scolaire, au milieu des années 1960. Le premier autobus servait au transport des élèves de Saint-Jean-de-Lalande, village fusionné depuis à la ville de Saint-Georges. 

Ce sera les débuts de l’entreprise, basée aujourd’hui dans le parc industriel de Saint-Georges de Beauce qui continue sa croissance dans le transport d’élèves et de passagers dans le transport nolisé et sur le circuit interurbain entre Saint-Georges et Québec deux fois par jour.

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Groupe Germain Hôtels: conserver la saveur locale et la couleur Germain

Dans la culture du Groupe Germain Hôtels, les clients des hôtels au Québec et au Canada ne sont pas des clients. Ce sont des invités.

«C’est comme si nous invitions des amis à la maison. Nous voulons qu’ils se sentent chez eux», explique Sarah Côté, directrice générale du Germain Québec, rue Saint-Pierre.

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Tout mettre en œuvre pour le client

Être directrice générale de l’hôtel Le Germain Québec, pour Sarah Côté, c’est voir à ce que tout baigne dans l’huile dans chacun des départements. Elle doit voir à tout, même donner un coup de main aux autres membres de l’équipe.

Le Germain Québec offre 60 chambres dans le secteur du Vieux-Port de Québec. S’il y avait 600 chambres à gérer, la tâche de la directrice serait différente.

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Concierge : offrir le meilleur de soi

Le concierge d’un hôtel connait tous les bons restaurants, tous les incontournables à visiter. Il sera le conseiller pour aider les clients dans leurs demandes au quotidien.

Lorsque Antoine Bureau se présente l’accueil du Germain Québec, il arbore deux épinglettes formées de deux clefs d’or au revers de son veston.

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Groupe Germain Hôtels: la troisième génération fait son nid

L’histoire du Groupe Germain Hôtels en est une de famille. D’abord avec Victor et Huguette Germain en 1957, puis Jean-Yves et Christiane qui passent de la restauration à l’hôtellerie. S’ajoute maintenant une troisième génération faisant son nid dans l’entreprise familiale avec Marie Pier, fille de Christiane, Clarah et Hugo, enfants de Jean-Yves.

Même si Jean-Yves et Christiane ont vécu ce passage avec leurs parents, maintenant ils vivent une autre étape avec leurs enfants dans leur entourage. Coup d’œil sur les relations familiales dans le monde des affaires.

«C’est une chance de travailler avec mon oncle et avec ma mère», avance Marie Pier. «Même si ce n’est pas toujours évident, c’est super de les avoir tous les deux comme modèles dans cette proximité du travail.»

Rien d'insurmontable

Après sa graduation en génie mécanique, elle s’est plutôt lancée dans l’enseignement du yoga. «J’ai réalisé qu’il n’y avait pas beaucoup d’avenir. Je suis revenue dans l’entreprise en 2006 dans le secteur du développement en construction de notre nouvel hôtel à Calgary. J’ai trouvé ma place rapidement et j’ai pu évoluer dans l’entreprise.»

Du côté de Clarah, l’arrivée dans le groupe familial s’est effectuée un peu plus tardivement, soit en 2015. «J’ai d’abord travaillé pour de grandes agences de communication où je m’occupais de contenu et des médias sociaux. C’est extraordinaire de pouvoir travailler avec la famille, confie-t-elle. C’est à la fois rempli de défis et de récompenses. Nous avons un produit fantastique et nous sommes une famille où nous sommes tous proches, car nous travaillons tous dans un même but.»

Hugo est arrivé dans l’entreprise familiale en même temps que sa cousine, en 2006. Depuis 1999, il était à Montréal pour sa formation universitaire à Concordia. Après son baccalauréat, il a l’occasion de travailler pour la chaîne Krispy Kreme pendant trois ans. Durant la dernière, il poursuit des études supérieures pour l’obtention d’un MBA. En décrochant son diplôme, une opportunité se présente pour joindre l’entreprise familiale et travailler avec son père Jean-Yves comme chargé de projet.

«Mon premier projet était celui de l’hôtel Alt du quartier DIX30, à Brossard, explique-t-il. On ne savait pas encore que ce serait la bannière Alt, mais nous avions l’opportunité de faire un grand projet. On a participé au développement du concept et je suis devenu directeur général de l’hôtel avant de revenir à Québec en 2009 pour travailler à la direction du développement.»

Des parents actifs

De façon générale, l’expérience semble heureuse pour tout le monde, expose Christiane Germain. «Il y a beaucoup de défi, mais rien d’insurmontable. C’est une chance que nous avons de continuer le développement de la compagnie» avec les trois enfants. «On sent aussi qu’il pourra y avoir de la suite dans l’entreprise. J’ai travaillé avec mon père et parfois la relation a été difficile. Mais ce n’est pas le cas avec ma fille, mon neveu et ma nièce.» Il peut y avoir des différends, mais il n’y a pas de conflits.

Jean-Yves Germain affirme : «Nous sommes choyés», ajoutant avoir vu des expériences moins réussies dans d’autres entreprises familiales. «Si j’avais un enfant musicien, il pourrait avoir beaucoup de talent, mais cela ne se refléterait dans les affaires, car son centre n’est pas le même. Nous avons la chance d’avoir avec nous des enfants qui ont le même centre d’intérêt que leurs parents. Ils travaillent avec nous alors que nous sommes encore très actifs.»

La retraite pour les deux coprésidents n’est pas pour demain de sorte que la transmission de la passion et des connaissances pourra se poursuivre quelques années encore. Le mentorat aussi.

Zone Plan Nord

Innover pour protéger

ZONE PLAN NORD / Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Alors que 50 % des espaces doivent être mis à l’abri des activités industrielles d’ici 2035, le tourisme devient tout indiqué pour mettre en valeur les beautés de la nature. Dernier volet de quatre

D’ici 2020, 20 % du territoire du Plan Nord devra être constitué d’aires protégées selon la cible du gouvernement provincial. Qu’arrive-t-il au 30 % restant pour atteindre la moitié des espaces à l’abri des activités industrielles ? Voilà l’occasion d’aborder la conservation de la biodiversité sous un nouvel angle porteur d’initiatives, mais qui comporte aussi son lot de défis.

Coordonnatrice en conservation et analyse politique chez la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alice de Swarte est membre du groupe de travail sur les mesures de conservation, mis en place par la Société du Plan Nord et qui réunit les intervenants de tous les secteurs concernés.

« Je suis une spécialiste du fameux 30 % », lance-t-elle d’entrée de jeu en entrevue téléphonique.

Sauf qu’il y a plus urgent : l’objectif des aires protégées, qui pour l’heure ne représentent qu’un peu plus de 10 % du territoire. « 2020, c’est demain, presse Alice de Swarte. Les nations autochtones sont très impliquées pour identifier les milieux et les conserver. Il y a de nombreuses initiatives, comme Parcs Nunavik. Les Inuits, les Innus, les Naskapis et les Cris ont ciblé des dizaines de milliers de km2 à protéger. On encourage le gouvernement à aller de l’avant. »

Et pas seulement au nord du 49e parallèle. « Il y a un engagement international de 17 % à respecter. Il faut protéger l’ensemble de la biodiversité, y compris celle que l’on retrouve particulièrement au sud », ajoute la coordonnatrice.

L’envers de la médaille

Alors que les aires protégées représentent une façon éprouvée pour conserver l’environnement, les mesures comprises dans l’autre 30 % le sont moins. « C’est à la fois une menace et une opportunité. C’est intéressant d’aborder la protection d’une nouvelle façon, mais il faut garder des balises scientifiques », indique Alice de Swarte. 

On peut par exemple miser sur le lien des communautés avec le territoire, ce qui comprend les dimensions spirituelle, patrimoniale et alimentaire pour les Autochtones. « Il ne faut pas juste regarder le potentiel économique et protéger le bout qui reste. Il faut une vision plus englobante des usages territoriaux, voir le développement durable dans son ensemble », plaide Alice de Swarte, qui prône l’importance de la planification.

« Il y a plusieurs infrastructures comme les aéroports, les chemins de fer, les barrages hydroélectriques... On doit avoir accès au Nord, mais on ne peut pas tracer des routes partout quand on sait que la fragmentation du territoire est la principale cause du déclin de la biodiversité. »

La recherche scientifique est essentielle, tout comme la concertation entre les intervenants, qui portent tous « des lunettes différentes », selon leurs intérêts.

« C’est beau le 50 % protégé, mais l’autre côté doit aussi avoir de bonnes pratiques. On doit penser le 100 % », croit Alice de Swarte.

Impacts sociaux

La coordonnatrice estime que les projets miniers peuvent réduire leurs effets sur l’environnement, mais qu’il est difficile d’avoir l’heure juste quand les impacts cumulatifs ne sont pas pris en compte. En plus de l’exploitation des gisements, il y a aussi la recherche et la contamination des sites abandonnés.

« On a tendance à voir le Nord comme un milieu intact, mais il y a des traces de l’occupation humaine. Les aînés autochtones pourraient en témoigner », souligne Alice de Swarte, convaincue par les bénéfices apportés par la préservation de l’environnement, sur le plan de l’économie ou celui de la santé.

Caribou sacré

Plus qu’un enjeu nordique, la protection du caribou inquiète dans toute la province. L’animal est sacré pour les nations autochtones. 

« Ce grand mammifère est une espèce parapluie. Si on le protège, on protège aussi d’autres espèces. Le caribou est au coeur de nos actions, et on considère son bien-être comme un indicateur de succès », conclut Alice de Swarte.

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Cultiver des légumes avec des déchets

ZONE PLAN NORD / Un projet pilote ambitieux se met en place à Kuujjuaq, pour lequel le gouvernement provincial a accordé 5 millions $ sur trois ans en 2017. Dans un territoire où disposer des matières résiduelles et faire pousser des végétaux est plus compliqué que ce qu’on connaît au sud, on tente ici de combiner les deux difficultés pour en faire une solution.

L’aide financière servira à concevoir et à bâtir un système de valorisation énergétique de l’huile usée qui a été utilisée dans les centrales thermiques, puis une serre commerciale chauffée grâce à ce procédé. «On apporte beaucoup de matériaux dans le Nord, mais ce n’est pas aussi simple de les faire sortir», résume le responsable des communications Guillaume Lavoie, de la Société du Plan Nord. Cette dernière coordonne les mesures financées par le Fonds du Plan Nord.

Québec a aussi prévu 3 M$ sur quatre ans dans son dernier budget pour le nettoyage des sites d’entreposage et la disposition sécuritaire des matières résiduelles dangereuses. 

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Bâtir un tourisme durable

ZONE PLAN NORD / Longtemps seulement considéré comme un paradis de chasse et de pêche, le Nord québécois se bâtit progressivement une identité touristique basée sur le plein air et la culture autochtone.

« C’est un beau mouvement de voir l’industrie touristique basée sur les pourvoiries se transformer vers un tourisme durable, qui s’appuie sur le plein air et la culture locale », s’enthousiasme la responsable du marketing et du service à la clientèle, Lucile Drouineau, de Parcs Nunavik. 

Comme la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), l’organisation inuite gère quatre parcs nationaux, chacun se distinguant par sa signature, certains encore en développement. À l’extrême nord, le parc des Pingaluit fait rêver avec son critère d’origine météorique surnommé « l’oeil de cristal du Nunavik », rempli d’une eau au bleu envoûtant. Près du Labrador, les parcs Kuururjuaq et Ulittaniujalik fascinent avec les monts Torngat et la rivière George, terrain des caribous. Un peu plus au sud, du côté de la baie d’Hudson, Tursujuq est le plus vaste parc au Québec. 

« Nous sommes une jeune destination, admet Lucile Drouineau en entrevue téléphonique. Il y a aussi une confusion avec le Nunavut, le territoire canadien. Le Nunavik reste un endroit extrêmement riche. Les paysages sont spectaculaires ! »

Des politiques strictes sont appliquées pour protéger l’environnement. Par exemple, dans les excursions où on peut apercevoir loups, ours polaires ou bélugas grâce à l’oeil expérimenté des guides inuits, aucun déchet n’est laissé derrière. Pour un forfait tout inclus de quelques milliers de dollars, les quelque 750 visiteurs annuels ont aussi droit à un séjour privilégié dans la communauté pour découvrir la culture locale avec les aînés, sans compter les activités nécessitant une certaine forme physique comme le kayak, le ski nordique, la raquette alpine ou le paraski.

Les efforts de Parcs Nunavik sont appuyés par la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle, découlant du Plan Nord. Elle cible le développement du tourisme autochtone, de l’écotourisme et du tourisme d’aventure, en mettant en valeur la nature, la culture et le terroir.

Cris

C’est aussi ce que vise Tourisme Baie-James, qui travaille main dans la main avec son pendant cri, la Cree Outfitting and Tourism Association. 

« Dans une région ressource comme la nôtre, c’est bon de diversifier l’économie avec le tourisme, croit le directeur général de Tourisme Baie-James, Mitchell Dion. L’offre touristique aussi se diversifie. Nos trois forces traditionnelles étaient la visite des barrages hydroélectriques, la pêche et la motoneige. On peut maintenant observer que le tourisme autochtone est de plus en plus en demande. Nous voulons aussi axer sur l’événementiel avec des festivals et on travaille à développer une certification pour les entreprises qui ont des pratiques durables. »

Uapishka

Du côté de la Côte-Nord, l’UNESCO a reconnu, il y a une dizaine d’années, la MRC Manicouagan comme une réserve mondiale de la biosphère (la RMBMU), un projet de développement durable porté par la communauté locale, dont les Innus. On y trouve la station d’écotourisme et de recherche Uapishka, au pied des monts du même nom, aussi connus comme les monts Groulx. « Ça représente une balance aux projets industriels », estime Jean-Philippe L. Messier, directeur général.

Lac-Saint-Jean

Même quelques municipalités du Lac-Saint-Jean sont incluses dans la stratégie touristique nordique. À Girardville, par exemple, la subvention de 47 446 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord, donnée au groupe Destination Boréale, a permis d’embaucher une ressource à temps plein pour mettre en place le plan de développement touristique. Une « bougie d’allumage », selon la vice-présidente de l’organisation, Marion Fournier.

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