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Comment devenir pilote

Historiquement, il y a les trois parcours populaires pour devenir pilote que Dany Gagnon, de Chrono Aviation illustre ainsi.

D’abord, il y a l’armée qui évalue ses candidats et qui les forme selon ses besoins. L’avantage est la formation gratuite suivie d’un engagement d’un certain nombre d’années dans les forces armées canadiennes.

Dans le secteur public, il a le cégep de Chicoutimi qui accueille une quarantaine de candidats par année dans les quelque 400 demandes annuelles. (Voir le texte sur le centre de formation en aéronautique)

Les écoles privées pour les cours de pilote privé (environ 12 000 $), ou la licence de pilote professionnel (entre 42 000 $ et 48 000 $) qui permet d’être rémunéré comme pilote. 

Pour travailler dans de grandes entreprises comme Air Canada, Air Transat ou Sunwing, il faut obtenir la licence de pilote de ligne ou ATPL (Airline Transport Pilot Licence) qui comporte deux examens théoriques additionnels et avoir accumulé au moins 1500 heures avant l’examen.

Parmi les obligations les cours portent sur la météo, les règlements aériens du Canada et de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale), la navigation et les volets techniques pour les appareils. Et pour chaque appareil, il faut une formation additionnelle même si cela fait 20 ans que la personne est pilote. 

«C’est de la formation continue pour maintenir ses compétences», souligne Dany Gagnon. «Le pilote n’apprend pas à piloter, mais ce n’est pas comme conduire une nouvelle auto. Chaque avion est différent. Les systèmes électroniques sont propres à chaque type d’appareil. Chaque constructeur à ses particularités, notamment pour les listes de vérification en cas de problème.»

Un jeune pilote qui commence pourrait gagner entre 40 000 $ et 60 000 $ dans les premières années. Quelques années plus tard, en passant dans les girons des grands transporteurs son salaire pourrait facilement atteindre les 200 000 $ et même 300 000 $ comme commandant plus tard dans sa carrière.

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Le CQFA dans une classe à part

Le Centre de québécois de formation aéronautique (CQFA) est dans une classe à part. L’école d’aviation du Cégep de Chicoutimi est le seul programme public au Québec, et cette exclusivité est de plus en plus reconnue par les grandes compagnies aériennes.

Le CQFA est basé à Saint-Honoré, à environ 15 minutes de Chicoutimi. Chaque année, une quarantaine de finissants sont prêts à prendre d’assaut le marché du travail. Un marché qui est d’ailleurs en pleine effervescence, à un point tel qu’on vit une pénurie de pilotes.

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Pilote, une profession d’avenir

Les pilotes d’avion font partie des professionnels les plus recherchés dans le monde entier. Et la pénurie n’est pas causée seulement par le manque de candidats en formation, mais par la croissance fulgurante de l’aviation comme moyen de transport.

Pour les prochaines années, l’industrie aura besoin de 560 000 pilotes dans les 15 ou 20 prochaines années.

Les conditions de travail ont beaucoup changé en 20 ans à peine, souligne Dany Gagnon, pilote de profession et vice-président de Chrono Aviation. Il n’y a pas si longtemps, les jeunes pilotes étaient payés à l’heure de vol, même s’ils étaient en devoir pendant 8 ou 10 heures.

«Pour un vol Québec Ottawa, je partais vers 5h le matin et je revenais vers 20h à la maison. Comme le vol était d’une heure à l’aller et au retour, mon salaire de la journée était de 46 $, soit 23 $ de l’heure de vol», se souvient l’homme d’affaires. Pour augmenter le nombre d’heures vol et passer à une. étape supérieure, il fallait accepter des conditions proches du bénévolat.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les conditions de travail sont meilleures. En général, les pilotes ont un bon salaire de base et des heures de travail assez régulières. Dans certaines entreprises de nolisement comme Chrono Aviation, les pilotes bénéficient d’un régime de retraite. La pénurie de pilotes fait en sorte que les conditions se sont rapidement améliorées.

Ancien journaliste, Dany Gagnon est devenu pilote sur un coup de tête parce qu’il a été mis au défi il y a 20 ans par son ami Vincent Gagnon, aujourd’hui son partenaire d’affaires. En vol avec lui, il dit : «Ça a l’air bien facile de piloter un avion». «Mon ami m’a répondu : «si c’est si facile inscris-toi à un cours.» Un jour sur la route de l’aéroport, il s’est arrêté devant une école. Je me suis inscrit en 1999 à temps partiel et je suis devenu pilote deux ans plus tard.»

Les cours théoriques avaient lieu deux soirs par semaine et les exercices pratiques la fin de semaine. «Je pouvais travailler en même temps et payer mes cours.»

Les conditions sont très favorables pour les aspirants à cause de la demande croissante pour de nouveaux pilotes. Et Dany Gagnon ne changerait pas de métier pour rien au monde même s’il ne vole pas autant qu’avant à cause de ses obligations de gestionnaire, mais il se garde du temps pour pratiquer un métier qu’il adore.

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Un métier sans routine

Pilote de ligne sur un Airbus A330 pour Air Canada, Marc Filliatreault ne changerait pas de carrière pour rien au monde. Il a été attiré par le métier où la routine n’existe pratiquement pas. «D’ici ma retraite dans une quinzaine d’années, je ne me vois pas faire autre chose» affirme le pilote avec la détermination dans la voix.

Son père était dans le monde de l’aviation, du côté administratif. Il a donc baigné dans ce monde rapidement. Plus tard, alors qu’il prend une année de congé pendant ses études, il devient agent de bord pour Air Transat, un travail qui devait durer un été. Il n’a pas quitté le monde de l’avion depuis 30 ans.

«Au départ, le métier me paraissait inatteignable, jusqu’à ce que je passe plus de temps avec les pilotes, raconte-t-il. Le temps de trouver le financement, je me suis inscrit à des cours privés à la fin des années 90. Le marché de l’aviation était peu favorable à l’époque de sorte qu’il fallait beaucoup d’heures vols pour espérer devenir pilote de ligne.»

Pour accumuler des heures, il avait le choix entre être pilote de brousse au Canada où s’expatrier. C’est alors qu’il déniche un poste au Panama pendant un an. Une autre année à Miami, puis dans les Caraïbes deux ans avant une année en Afrique pour revenir aux Caraïbes.

«Je suis revenu au Canada en 2004 alors que l’aviation reprenait de la vigueur. Il s’est passé 10 ans entre ma première heure de vol et mon arrivée chez Air Canada», se souvient M. Filliatreault. «Aujourd’hui, les jeunes comme mon fils qui veut devenir pilote peuvent venir cogner à la porte des grands transporteurs après deux ou trois ans tout au plus.»

Par nature, le pilote n’aime pas la routine, estime-t-il. Mais ils sont très structurés dans leur vie professionnelle comme dans leur vie privée. Le sang froid, la préparation méticuleuse, les entraînements rigoureux, tout cela prépare à réagir à la «chose simple» qui n’est pas couverte dans les manuels, lance-t-il.

Le rythme de vie est atypique, la famille et la conjointe doivent faire preuve de conciliation et de résilience. «Ma femme de dit toujours que j’ai une seule maîtresse, l’avion, de sorte qu’elle ne s’inquiète pas !»

Métier transformé

Au fil des ans, le métier s’est transformé. Il demande plus de connaissance qu’il y a 30 ans à cause de la technologie et de la règlementation. Mais le grand changement, c’est la gestion de la clientèle qui prend plus de place. «Nous prenons le temps de discuter avec les passagers», explique-t-il. «Avant, il fait être un bon pilote en premier et gestionnaire en second. Maintenant, c’est l’inverse. L’avion devient une petite vielle pendant 7 ou 8 heures lors de vol transatlantique. Avec le vieillissement de la population, les problèmes médicaux sont plus fréquents. Cela fait partie de la gestion que nous devons faire. C’est plus simple maintenant pour réagir à une urgence médicale.»

Parmi les événements étonnants qu’il a eu a gérer, M. Filliliatreaut raconte : «Mon chef me demande de faire une annonce après le décollage, un passager veut demander sa femme en mariage. Il voudrait que tu fasses l’annonce et agir comme célébrant comme cela se faisait avant sur les paquebots, mais si tu n’as pas l’autorité de les marier. Je n’aurais jamais cru faire cela.»

L’autre événement dont il se souvient bien c’est passé en Afrique. «L’agent de bord vient me voir et me dit : «Je sais que l’on va vers le dispensaire, mais le bébé va arriver dans 10 minutes». Pourtant la patiente devait accoucher dans deux mois seulement. Le bébé est né à bord.»

Pour lui, ces deux événements sont des moments bien plus plaisants que les journées de mauvaise météo ou les attentes pour une réparation sur la piste.

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Dés écoles de pilotage en péril

Il y a quelque 35 écoles de pilotage au Québec, mais elles vivent un problème causé par un imbroglio entre les autorités fédérales et deux ministères québécois. Cela pourrait mettre en péril les écoles du Québec avec des exigences qui n’existe pas ailleurs au pays.

«Près 70 % de la clientèle des écoles privées vient de l’étranger, notamment de la francophonie, car l’attestation de Transport Canada répond aux plus hautes normes internationales. Nous avons développé un créneau qu’il ne faut pas perdre», explique Jean-Marc Dufour, PDG de l’Association québécoise du transport aérien (AQTA).

Parce qu’il faut au moins un an à temps plein pour former un pilote, le ministère fédéral de l’Immigration a modifié les règles en 2014 pour les visas aux étudiants étrangers pour des formations de plus de six mois. Ils doivent obligatoirement s’inscrire dans un établissement désigné par les provinces. 

Les autres provinces canadiennes ont reconnu l’expertise du fédéral dans le secteur du transport aérien et déclaré les écoles de pilotage comme établissements désignés, mais pas le Québec. Le ministère de l’Éducation du Québec a exigé que «les écoles de pilotage voulant être faire partie des centres de formation désignés devait entrer dans le cadre de la formation des cégeps pour émettre une attestation d’étude collégiale. Un non-sens qui nécessite un investissement de 80 000 $ à 100 000 $ pour des PME avec des règlementations qui n’apporte aucune valeur ajoutée à la licence de pilote émise par Transport Canada», affirme M. Dufour.

L’AQTA demande depuis longtemps au gouvernement du Québec de régler le problème administratif en reconnaissant d’emblée les écoles privées de pilotage comme établissement désigné pour satisfaire à la loi fédérale.

«Quelle entreprise peut se permettre de perdre 70 % de son chiffre d’affaires», lance M. Dufour. Pour lui, le Québec se tire dans le pied et n’ajoute absolument rien à la formation de pilote. «On ne demande pas d’argent», clame-t-il. «Ca ne coûte rien de reconnaître la compétence du fédéral dans le transport aérien. Il n’y a aucun risque pour le Québec. Ceux qui veulent l’enseignement en français vont dans les écoles de pilotage au Nouveau-Brunswick et à Cornwall en Ontario. On perd de la compétitivité pour quelque chose qui ne coûtera rien à régler.»

Pour M. Dufour, les règles d’Immigration Canada ne visaient pas les écoles de pilotage, mais les étudiants qui utilisent le visa d’étude pour disparaître dans la nature. «S’ils veulent disparaître dans la brousse, ils ne dépenseront pas 80 000 $ dans une école de pilotage, ils vont plutôt s’inscrire à des cours de céramique.»

Dans la ligne de l’aide à l’industrie régionale du transport aérien, il allègue que la meilleure aide sans coût additionnel serait aussi simple que reconnaître d’emblée les écoles de pilotage comme des établissements désignés pour satisfaire à la loi fédérale. «Je ne vois aucune raison valable à ajouter un fardeau financier et administratif à des PME», conclut-il.

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Le CELI comme complément

Dans bien des cas, le CELI peut servir de zone temporaire de placement, soit parce que les revenus de la personne ne sont pas assez élevés pour bénéficier d’un bon rabais d’impôt avec l’achat de REER.

On peut le choisir aussi pour plus tard profiter des avantages du REER et du RAP lorsque le projet d’achat d’une propriété se réalisera dans quelques années seulement. «Au moment opportun, les sommes accumulées dans le CELI seront transférées dans le REER et dans le RAP se sorte que les avantages seront plus grands,» explique Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins. Le CELI peut devenir un tremplin le temps d’accumuler des droits de cotisation.

Ce sera un bon outil de placement pour des projets autres que la retraite, que ce soit les voyages, la rénovation de la maison, l’achat d’une automobile.

Pour les gens ayant un fonds de pension avec le régime de retraite de leur employeur, qui savent que leurs revenus futurs seront assez élevés, ils auront avantage à bien regarder les options qu’offrent les REER et le CELI.

«Il faut voir si le taux d’imposition sera moins élevé lors du retrait du REER qu’au moment des cotisations. Si ce n’est pas le cas, des cotisations à un nouveau REER n’auront peut-être pas les avantages de la contribution au CELI. Dans le cas des gens à revenus plus modestes, qui bénéficient du supplément de revenu garanti et d’autres crédits gouvernementaux, le retrait de montant du REER qui s’ajoute au revenu pourrait se traduire par la perte de ces avantages en faisant grimper leurs revenus. Le CELI pourrait être la meilleure option. Il faut une bonne analyse pour prendre la bonne décision. Il faut comparer la situation actuelle avec celle au moment du retrait des REER pour déterminer quel sera le bénéfice le plus intéressant», insiste Mme Iermieri.

Pour les personnes à la retraite qui ne peuvent plus cotiser au REER ou pour celles qui sont proches de la retraite et qui ont cotisé le maximum admissible, le CELI sera un bon complément pour les nouveaux placements.

Chose certaine, il y a tout à gagner à s’informer auprès d’un conseiller financier pour la planification financière, les prévisions budgétaires, les choix de véhicules de placements. «Ce n’est pas seulement pour les gens qui ont de l’argent, mais aussi pour les gens qui en ont peu, car le regard du conseiller permettra de faire des choix appropriés en fonction du profil de l’épargnant,» affirme Mme Iermieri.

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Le CELI, un mode d’épargne à l’abri de l’impôt

Entre le CELI, le REER (épargne retraite), le REEE (épargne étude) et le REEP (régime d’encouragement à l’éducation permanente), il n’y a pas que les lettres qui changent, il y a les fonctions des véhicules de placements et les effets dans la gestion des épargnes.

Une évidence, dites-vous ? Pourtant, l’un peut être plus avantageux que l’autre. Tout dépend de la planification financière et de l’âge du cotisant. De plus, chacun a des limites de cotisations.

Le REER, qui doit servir à préparer des revenus pour la retraite, a une influence dans les déclarations de revenus annuelles, car il fait diminuer le revenu imposable en apportant une diminution des impôts à payer. Mais c’est de l’impôt différé, car il faut payer son dû aux gouvernements fédéral et provincial lors du décaissement. 

Le CELI est un compte d’épargne libre d’impôt où les revenus d’intérêt, les dividendes des actions et les gains en capitaux lors de la vente des actions sont à l’abri de l’impôt. Le total des sommes pouvant y être cotisés a des limites, soit 5500 $ pour 2017, pour un total cumulatif de 57 500 $

«Il faut savoir que l’on peut commencer à cotiser à un CELI à compter de 18 ans, que l’on ait peu ou pas de revenus réguliers et un peu d’argent à mettre de côté, le CELI devient un véhicule de placement intéressant à privilégier, car on peut faire des retraits sans craindre de payer de l’impôt», souligne Angela Iermieri, planificatrice financière au Mouvement Desjardins.

Ainsi, pour un jeune épargnant qui n’a pas encore déterminé ses objectifs à long terme pour la maison, la retraite ou un fonds de réserve, c’est un bon outil.

Par contre, rappelle Mme Iermieri, l’avantage du CELI est de faire croître ses placements à l’abri de l’impôt. Si l’on s’en sert comme un simple compte d’épargne pour amasser l’argent pour payer le compte de taxes, ce n’est pas le meilleur choix.

«L’appellation “compte d’épargne libre d’impôt” peut porter à confusion par rapport au compte d’épargne régulier. On peut déposer dans le CELI tous les placements admissibles au REER pour les faire fructifier. C’est ce qui est rentable à moyen et long terme», continue la planificatrice.

Faire des retraits plusieurs fois par année abaissera la limite de cotisation à cause d’une particularité des règles. Tous les versements sont comptabilisés au fur à mesure par les autorités fédérales pour éviter de dépasser la limite annuelle de contribution. Par contre, les retraits ne sont comptabilisés qu’une fois par année de sorte que cela peut être en défaveur du contribuable à qui l’on reprochera des contributions excédentaires, même si au total ce n’est pas vrai. 

Le problème vient du suivi automatique des contributions au CELI, mais d’une seule comptabilisation des retraits par année. Le ministère fédéral des Finances est au courant de cette incongruité, mais le problème n’a jamais été corrigé.

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Le CELI en quelques mots

La création du CELI comme nouvel outil d’épargne a été annoncée lors du budget fédéral de 2008. Le gouvernement souligne dans son site Web précise que le «CELI permet aux résidents canadiens âgés d’au moins 18 ans, ayant un numéro d’assurance sociale valide au Canada, de toucher un revenu de placement exempt d’impôt tout au long de leur vie.»

Les cotisations sont acceptées depuis le 2 janvier 2009, mais elles ne sont pas déductibles d’impôt contrairement au REER. Par contre tous les revenus générés par les investissements dans le régime et l’argent déposé ne sont pas touchés par l’impôt. Les sommes retirées ne sont pas imposables.

Il faut savoir qu’il y a des limites annuelles de cotisation. Si le total n’est pas atteint une année, les droits de cotisation s’accumulent et sont reportés à l’année suivante.

Une personne n’ayant jamais cotisé au CELI aurait des droits de cotisation de 57 500 $ pour 2018, si cette personne avait au moins 18 ans en janvier 2009.

Plusieurs fiscalistes et planificateurs financiers voient le CELI comme un complément aux autres formes d’épargne retraite.

Comme les droits de cotisations ont varié au fil des ans, voici une liste des montants selon les années : 

• 2009, 2010, 2011 et 2012 : 5000 $

• 2013 et 2014 : 5500 $

• 2015 : 10 000 $

• 2016, 2017 et 2018 : 5500 $

Total de 2009 à 2018 : 57 500 $

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Les stratégies de décaissement

Au moment de la retraite, il faut songer au décaissement pour assurer un revenu intéressant. Les stratégies de décaissement sont aussi importantes que l’ont été les stratégies d’investissement, assure Mme Karine Précourt.

Des stratégies inappropriées peuvent faire perdre des revenus avec un niveau d’impôt plus élevé. «Le but de la stratégie de décaissement est de répartir l’épargne retraite de façon à satisfaire ses besoins financiers pendant toute la durée de sa retraite», insiste-t-elle.

La plupart des retraités considèrent qu’ils feront face à trois risques importants. Le risque de longévité, c’est-à-dire survivre à sa caisse de retraite à cause de l’espérance de vie qui augmente; le risque des fluctuations du marché à cause des faible taux d’intérêt des placements à faible risque. Or pour assurer un bon rendement, il faut aller vers des titres boursiers, mais les risques sont plus élevés, et bien contrôler les décaissements. 

Il y a aussi le risque des revenus excédentaires, c’est à dire trop se priver au début de la retraite et se retrouver avec de gros montants à la fin de sa vie qui laisseraient une facture d’impôt importante à la succession. 

Versement des prestations

Il est aussi possible de retarder le versement des prestations de la pension de la sécurité de la vieillesse du fédéral et de la Régie des rentes du Québec. «Les prestations sont payables par défaut à l’âge de 65 ans, mais depuis juillet 2013, il est possible de les reporter jusqu’à 70 ans, explique Mme Précourt. Les prestations seront bonifiées de 36 % par année pour la pension fédérale et de 42 % pour la RRQ.» On peut considérer que ce sont des rendements sans frais et non assujettis aux fluctuations boursières.

Du côté des REER, le contribuable devra transférer les montants dans un FERR avant la fin de l’année de ses 71 ans ou encore acheter une rente viagère. À compter de ses 72 ans, la personne doit prévoir des retraits selon le minimum prescrit dans les règles.

Souvent à l’âge de la retraite, les couples utilisent la méthode classique où chacun retire de son côté les prestations des pensions, transfère les REER et FERR. «Si cela convient à bien des gens, il y a moyen de faire mieux, illustre Mme Précourt. Une des stratégies pourrait être dès le début de la retraite de transformer les REER en FERR et de retirer les montants en fonction de ses besoins, d’utiliser les options du fractionnement de revenu tout en reportant le début des prestations des pensions jusqu’à 70 ans pour bénéficier de prestations majorées. En même temps, les gens peuvent utiliser les placements dans le CELI pour parer aux imprévus.» Et s’il y a des revenus additionnels, ils seront versés au CELI à l’abri de l’impôt.

Cette stratégie, souligne Mme Précourt, permet un meilleur équilibre de revenus tout au long de la retraite et un meilleur contrôle en fonction des besoins financiers. En plus, le couple s’expose moins longtemps au risque des fluctuations des marchés. Les revenus seront aussi plus stables et plus élevés avec le report à 70 ans des prestations des régimes publics de pension dont les montants sont indexés chaque année.

Chose certaine, si les conseils des planificateurs ont un coût, les consultations ont l’avantage d’établir une stratégie payante à long terme, plus que la simple rechercher de rendements élevés pour ses placements, indiquent Hugo Lehoux, planificateur financier, et Kevin Hamel, directeur régional au bureau de Sainte-Foy pour le Groupe Investors.

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Éviter les mauvaises surprises

Même si les Québécois sont plus nombreux à demander l’aide d’un conseiller ou d’un planificateur financier, la grande majorité des contribuables semblent s’organiser par eux-mêmes. Seulement 38 % des Québécois répondants à un récent sondage ont affirmé demander plus de conseils financiers qu’il y a 10 ans.

Chose certaine, pour bien assurer sa retraite, mieux vaut demander de l’aide et se faire conseiller pour éviter les mauvaises surprises au fil des ans. «Il est très important de planifier ses épargnes. C’est d’autant plus vrai lorsque les REER sont la principale source de revenus au moment de la retraite», insiste Karine Précourt, directrice, planification fiscale et successorale de Placements Mackenzie.

«Une épargne insuffisante pourrait mettre la personne ou le couple à risque au moment de la retraite. Mais une épargne trop importante en début de carrière pourrait amener le couple ou la famille à se priver considérablement lorsque les besoins plus pressants de la vie active sont la maison, les enfants, l’auto ou d’autres projets», continue Mme Précourt.

Les quatre piliers

Avant d’entreprendre une planification, il faut connaître les principes guidant le système canadien de revenu de retraite avec ses quatre piliers dont trois sont coordonnés, lance Mme Précourt.

Le premier pilier comprend la pension de sécurité de la vieillesse, le supplément de revenus garantis et d’autres crédits gouvernementaux accordés aux retraités, comme le crédit pour solidarité au Québec.

Le deuxième pilier comprend le Régime de pension du Canada (RPC) pour les gens hors Québec, la Régime de rentes du Québec (RRQ) qui versent une rente en fonction des revenus gagnés pendant la vie active. Les deux régimes sont financés par l’employé et l’employeur.

Le troisième pilier comprend les régimes à contribution volontaire et à report d’impôt. Ce sont les régimes de pensions agréés à cotisations et à prestations déterminées, les REER individuels et collectifs et les régimes à participations différées aux bénéfices (RPDB) mis en place par les employeurs pour leurs employés.

Le quatrième pilier, qui n’est pas coordonné comme les trois premiers, concerne les placements privés comme les CELI, les placements imposables, les placements immobiliers, les héritages, les produits d’assurance, les sociétés privées et les transferts familiaux entre autres. «L’accumulation des fonds dans ces produits et les retraits comme ceux dans le CELI ne font pas perdre de prestations dans les trois autres piliers», explique Mme Précourt.

Par contre, les revenus dans les trois premiers piliers ont un effet les uns avec les autres. Si les revenus d’un des trois piliers atteignent un certain seuil. «Si je reçois 70 000 $ de mes REER et 40 000 $ du régime de mon employeur, je perdrai le supplément de revenus garanti et je risque de perdre une partie de la pension de sécurité de la vieillesse et d’autres crédits gouvernementaux», indique-t-elle.