Alain Beaulieu, en pleine séance d'écriture
Alain Beaulieu, en pleine séance d'écriture

L’acte d’écrire selon Alain Beaulieu

Matthieu Dessureault
Dans son plus récent livre, Novembre avant la fin, le professeur en création littéraire invite les auteurs de la relève à entamer une réflexion sur leur pratique
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

C’est sur son métier qu’Alain Beaulieu a choisi d’écrire dans Novembre avant la fin. Cette plaquette de 96 pages, qui vient de paraître chez Hamac, est à la fois une fiction et un essai sur la création littéraire, qu’il enseigne à l’Université Laval.

Auteur prolifique, Alain Beaulieu offre matière à réflexion aux auteurs émergents et à tous ceux intéressés par le processus d’écriture. «Ce livre est une façon pour moi de mettre sur papier des choses que je dis habituellement aux étudiants dans mes cours, explique-t-il. Je l’ai écrit avec l’idée de mélanger fiction et essai, sans prétention d’en faire un volume de référence.»

L’histoire est celle d’un écrivain décédé qui vient hanter les séances d’écriture de sa petite-fille. Un peu comme s’il lisait par-dessus son épaule, il lui prodigue conseils et encouragements pour l’aider à avancer son premier roman. Le tout se fait avec humour, empathie et un brin d’autodérision.

L’aspect fictionnel de l’essai permet à Alain Beaulieu de raconter une histoire tout en portant des réflexions sur le travail d’écriture. «Des ouvrages sur la création littéraire, il y en a déjà plein. Dans ma bibliothèque, j’ai des rayons complets de livres qui offrent des conseils d’écriture. Je ne vois pas ce que j’aurais pu apporter d’hyper original avec un énième essai. En mêlant cette forme avec la fiction, cela crée un autre rapport avec le lecteur. En tant qu’écrivain, je suis intéressé avant tout par la fiction et moins porté sur la théorisation.»

Il n’empêche que le livre contient une foule de conseils judicieux pour ceux qui aspirent à une carrière d’écrivain. Entre autres, le narrateur insiste sur l’importance de «sentir avant d’écrire et d’écrire avant de réfléchir». D’une page à l’autre, des thèmes comme l’authenticité dans l’écriture, la discipline que requiert ce processus, la structure du récit et le rythme des mots sont explorés.

«Un texte littéraire doit se lire comme s’il avait été écrit par un compositeur. L’enchaînement des mots et des silences doit produire une sonorité et un rythme puisés à même ta subjectivité. En un mot, écrire, c’est chanter», peut-on lire notamment.

Même s’il n’est sorti que depuis le 15 septembre chez Hamac, Novembre avant la fin a été écrit il y a quelques années déjà. Désireux de comprendre «la machine de l’édition numérique», Alain Beaulieu l’avait publié sur Amazon. C’est à Anne Peyrouse, elle aussi enseignante à l’Université Laval et nouvellement directrice littéraire chez Hamac, que l’on doit cette adaptation au format papier. «Ce n’est pas seulement une republication d’un livre, mais bien une nouvelle version, précise l’auteur. Avec Anne, j’ai retravaillé la structure, déplacé des sections et effectué plusieurs changements. Ce fut très agréable de faire ce travail éditorial avec elle et d’avoir son regard sur le livre.»

Le besoin d’écrire

Alain Beaulieu est l’auteur de quinze romans, dont Visions de Manuel Mendoza, Malek et moi, L’interrogatoire de Salim Belfakir et Le festin de Salomé, en plus de moult nouvelles et textes pour le théâtre. Entre autres récompenses, il a reçu à deux reprises le Prix de création littéraire de la Ville de Québec et du Salon international du livre de Québec. Son œuvre a aussi été finaliste au Prix du Gouverneur général et au prix littéraire France-Québec.

«Pour moi, l’écriture est une manière d’être en vie et de participer à quelque chose de plus grand, répond-il lorsqu’on le questionne sur son besoin d’écrire. C’est un processus qui n’est jamais fini, qui est toujours en mouvement, et c’est ce qui m’anime.»