Deux découvertes de l'Université Laval au palmarès de Québec Science

Jean Hamann
Le magazine de vulgarisation scientifique a retenu des travaux réalisés à la Faculté de médecine et au Département de biologie parmi les 10 découvertes québécoises de l'année 2020
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Une étude associant certaines bactéries au développement du diabète de type 2 et une étude montrant que le phytoplancton arctique croît même dans la quasi-obscurité de la nuit polaire figurent dans la liste des 10 découvertes de l'année 2020 du magazine Québec Science.

Ces deux recherches ont retenu l'attention du jury formé des membres de l'équipe de Québec Science, d'universitaires et de journalistes scientifiques. Environ une soixantaine des quelque 17 000 articles scientifiques publiés en 2020 par des équipes de recherche québécoises a été soumise au traditionnel concours de Québec Science.

Les articles qui figurent au palmarès 2020 ont fait l'objet d'une publication dans une revue savante avec comité de révision par les pairs entre le 1er octobre 2019 et le 31 octobre 2020. Les juges estiment qu'ils constituent des percées ou des avancées majeures en recherche fondamentale ou appliquée.

Diabète de type 2: des bactéries en cause?

Le 9 mars 2020, dans un article publié par la revue Nature Metabolism, une équipe dirigée par André Marette, professeur à la Faculté de médecine, et chercheur au Centre de recherche de l'Institut universitaire en cardiologie et de pneumologie de Québec, rapportait une association entre la présence de certaines bactéries dans le corps humain et le développement du diabète de type 2.

Le responsable de l'étude parue dans Nature Metabolism, André Marette, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche de l'IUCPQ.

Les chercheurs ont analysé des tissus prélevés pendant une chirurgie bariatrique sur 40 personnes atteintes d'obésité sévère. La moitié de ces personnes était diabétique alors que l'autre moitié affichait un état prédiabétique. Les analyses ont révélé que la signature bactérienne du sang, du foie et de certains dépôts graisseux de l'abdomen différait dans les deux groupes.

L'explication la plus probable est que des bactéries ou des fragments de bactéries traversent la barrière intestinale et alimentent le processus inflammatoire qui, ultimement, empêche l'insuline de remplir son rôle métabolique. Pour plus de détails sur cette étude et pour savoir qui en sont les auteurs, relisez l'article d'ULaval nouvelles consacré à cette percée.

Jamais trop noir pour le phytoplancton arctique

Les scientifiques ont longtemps cru que le phytoplancton ne pouvait croître en hiver dans l'océan Arctique. Il leur paraissait impossible que la rare lumière solaire de la nuit polaire qui parvient à traverser l'épais couvert de neige et de glace qui recouvre ses eaux soit suffisante pour permettre la photosynthèse. C'était sans compter sur la prodigieuse capacité d'adaptation du phytoplancton arctique.

Le stagiaire postdoctoral au Département de biologie et premier auteur de l'étude parue dans <em>Science Advances</em>, Achim Randelhoff, sur son terrain de prédilection, l'océan Arctique.

Un article publié le 25 septembre dans Science Advances par une équipe du Département de biologie de l'Université Laval, du CNRS de France, de l'Unité mixte internationale Takuvik et de Québec-Océan rapporte qu'il y a croissance de certaines espèces de phytoplancton dès le mois de février dans la mer de Baffin. Dans cet article, les chercheurs Achim Randelhoff, Léo Lacour, José Lagunas, Gérald Darnis, le regretté Louis Fortier et leurs collègues du CNRS, ont montré, sous la direction de Marcel Babin, qu'en termes absolus, cette croissance est faible, mais qu'elle dépasse la mortalité hivernale, de sorte qu'il y a un gain net de la biomasse.

Cette croissance hivernale pourrait être la clé de la survie du phytoplancton dans ces milieux hostiles et elle pourrait préparer le terrain aux efflorescences de phytoplancton qui surviennent dès la fonte des glaces dans l'Arctique. Pour plus de détails sur cette étude et pour savoir qui en sont les auteurs, relisez l'article d'ULaval nouvelles consacré à cette découverte.

Québec Science invite le public à voter pour la découverte la plus marquante de l'année 2020 parmi les percées figurant dans son palmarès.