Cette carte a été réalisée par Benoit Lalonde et Karine Tessier à partir du tableau de bord sur la COVID-19. Elle fait partie des 12 cartes récompensées lors du concours annuel de cartes, organisé par Esri Canada, la filiale canadienne de la multinationale des systèmes d'information géographique.
Cette carte a été réalisée par Benoit Lalonde et Karine Tessier à partir du tableau de bord sur la COVID-19. Elle fait partie des 12 cartes récompensées lors du concours annuel de cartes, organisé par Esri Canada, la filiale canadienne de la multinationale des systèmes d'information géographique.

745 000 visites pour la carte interactive sur la COVID-19

Jean Hamann
L'outil créé par une équipe de l'Université Laval a répondu à un impérieux besoin dans la population québécoise
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Mi-mars 2020. La presque totalité du Québec est confinée et chacun tente tant bien que mal de trouver ses repères dans le contexte de grande incertitude créée par la pandémie mondiale de COVID-19. Stéfano Biondo, cartothécaire au Centre GéoStat de la Bibliothèque de l'Université Laval, et Benoit Lalonde, géographe de la santé et responsable de travaux pratiques et de recherche au Département de géographie, ne font pas exception. Chacun de leur côté, ils ont la même idée: mettre leurs connaissances des systèmes d'information géographique au service de la population en créant un outil interactif qui génère des cartes permettant de suivre l'évolution quotidienne de la pandémie dans les différentes régions du Québec.

Quelques jours plus tard, après avoir constaté qu'ils avaient eu la même idée, les deux géographes conjuguent leurs efforts pour produire une seule version de cet outil, le Tableau de bord sur la distribution géographique et temporelle de la COVID-19 au Québec. Hicham El Hachemi, professionnel de recherche au Département de géographie, se joint à eux et développe un programme pour faciliter l'automatisation de la mise à jour des données quotidiennes. L'outil fait appel au logiciel ArcGIS pour croiser des données sur la COVID-19 avec des données géographiques et démographiques du domaine public. Il permet aux usagers de sélectionner les paramètres qui les intéressent pour créer les cartes dont ils ont besoin.

Dire que ce tableau de bord a répondu à un besoin dans la population québécoise est un euphémisme. Depuis sa mise en ligne, le 22 mars, jusqu'à aujourd'hui, l'outil interactif a reçu près de 745 000 visites. Dès les premiers jours qui ont suivi sa mise en ligne, le tableau est consulté plus de 2000 fois par jour. À partir de la deuxième semaine, le nombre de consultations quotidiennes franchit la barre des 20 000 visites. «En début de confinement, il existait très peu d'outils de la sorte, rappelle Benoit Lalonde. Il semble que les gens avaient besoin d'information sur la pandémie et sur sa progression géographique. Ces connaissances leur procuraient peut-être une forme d'emprise sur la situation.»

Depuis, le nombre de visites a progressivement fléchi, mais le tableau de bord semble avoir ses fidèles: 8 mois après son lancement, le nombre de consultations se maintient à près de 600 visites par jour. «Plusieurs médias, de même que l'Institut national de la santé publique du Québec, ont maintenant leur propre outil pour présenter les données quotidiennes sur la COVID-19. Ces outils sont bien faits et ils répondent aux besoins de la plupart des gens, constate Benoit Lalonde. Par contre, notre tableau de bord est encore très utile pour ceux qui veulent obtenir des informations géographiques plus fines sur la COVID-19 au Québec. C'est le cas de plusieurs professionnels de la santé, de la santé publique, des ministères et des municipalités.»


« Comme chercheurs, nous publions des rapports et des articles scientifiques qui sont consultés par un nombre très restreint de lecteurs. Le fait que de dizaines de milliers de personnes aient consulté le tableau de bord est très gratifiant. »
Benoit Lalonde

À quoi attribuer ce succès? «À la convivialité du tableau de bord et au fait que nous avons été précurseurs dans la diffusion des données québécoises sous forme d’un tableau de bord réunissant des cartes interactives et des graphiques, analyse Stéfano Biondo. Les nombreux courriels que nous avons reçus laissent croire que nous avons des usagers qui reviennent quotidiennement sur la plateforme, et ce, depuis les tout débuts. J’ai même été invité par la cellule de crise COVID de la ville de Repentigny au printemps dernier afin de participer à leur réunion quotidienne où notre tableau de bord est toujours à l’ordre du jour. J'y ai présenté, un peu comme un bulletin météo, l’état de la situation au Québec et dans la région de Lanaudière.»

La consultation du tableau de bord COVID-19 a largement dépassé les attentes de ses concepteurs. «Au départ, je n'avais pas vraiment d'objectif, admet Benoit Lalonde. J'ai d'abord développé cet outil pour satisfaire ma propre curiosité. Ensuite, j'ai eu envie de partager les résultats. Comme chercheurs, nous publions des rapports et des articles scientifiques qui sont consultés par un nombre très restreint de lecteurs. Le fait que de dizaines de milliers de personnes aient consulté le tableau de bord est très gratifiant. En plus, ce projet a permis de faire connaître l'expertise de l'Université Laval dans le domaine des systèmes d'information géographique.» 

À ce succès populaire s'ajoute un coup de chapeau du monde des systèmes d'information géographique. Esri Canada, la filiale canadienne de la multinationale qui a développé le logiciel ArcGIS, a retenu une carte produite par Benoit Lalonde et Karine Tessier parmi les 12 lauréates de son concours annuel de cartes.

L'équipe du Tableau de bord de la COVID-19 a l'intention de poursuivre son travail et même d'intégrer de nouvelles fonctions à l'outil, notamment des données sur la vaccination lorsqu'elles seront disponibles. «Nous allons continuer aussi longtemps qu'il y aura une demande dans la population, souligne Benoit Lalonde. J'ai tout de même hâte au jour où cet outil ne sera plus nécessaire. Ça voudra dire que la pandémie est derrière nous.»