Formule 1

Voici la monoplace du futur

PARIS — Allure agressive et futuriste, aérodynamique conçue pour favoriser les dépassements et halo mieux intégré, le promoteur de la Formule 1 a dévoilé en marge du GP de Singapour le look des monoplaces pour 2021, après le changement attendu de règlement.

Ross Brawn, le directeur sportif de la F1, a été contraint la fin de semaine dernière de confirmer les grandes lignes du projet des nouveaux propriétaires de la catégorie, les Américains de Liberty Media, après qu’une image présentée à huis clos lors d’un séminaire a fuité sur les réseaux sociaux.

«Quand nous avons commencé à travailler sur les voitures de 2021, le premier objectif était de leur permettre de courir proches les unes et des autres», indique Brawn. «Nous avons établi très vite que les voitures actuelles ont beaucoup de mal à se suivre», ce qui complique et diminue les dépassements, détaille l’ingénieur passé notamment par Ferrari.

«Quand elles se rapprochent, elles perdent 50 % de leurs appuis aérodynamiques et donc substantiellement en performance», explique-t-il. «Nous nous sommes donc attelés à comprendre pourquoi et comment améliorer cela», pour répondre aux complaintes récurrentes des pilotes et du public.

«Un autre objectif était d’imaginer de belles voitures», ajoute Brawn. «Nous voulons des voitures qui ont plus d’allure que dans les jeux vidéo, des voitures que les enfants voudront afficher dans leurs chambres. [...] Elles devraient être sensationnelles.»

En partenariat avec la Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui édicte les règles, et les équipes, les promoteurs de la F1 ont développé tour à tour trois concepts, encore amenés à évoluer dans l’année à venir, avec pour échéance la fin 2019. Il s’agissait d’abord de mieux intégrer le halo, ce dispositif en forme de bréchet protégeant la tête des pilotes dans le cockpit, à l’esthétique très critiquée avant et depuis sa mise en œuvre début 2018. La version 2021 disposerait d’une fixation avant plus fine et serait incurvée au-dessus du cockpit.

La monoplace du futur est d’apparence plus agressive, avec un aileron avant simplifié et plus incurvé, une carrosserie simplifiée, un capot moteur possiblement relié à l’aileron arrière et des roues plus grandes (18 pouces). La question du maintien du DRS, ce volet monté sur l’aileron arrière qui s’ouvre pour gagner en vitesse de pointe afin de favoriser les dépassements, n’est, elle, pas tranchée.

Réactions variées

«C’est de la bonne came!» a réagi le quadruple champion du monde britannique Lewis Hamilton en relayant sur Instagram les premières images des F1 de 2021. «Si les voitures ressemblent à ça, je resterai assurément pour les conduire», a ajouté celui dont le contrat avec Mercedes se termine fin 2020.

Hamilton appelle tout de même à un retour aux moteurs V12 ou V10, quand la F1 prévoit de conserver l’actuel V6 turbo hybride en le rendant plus bruyant pour satisfaire les fans. Son ancien coéquipier allemand, Nico Rosberg, s’est lui fendu sur Twitter d’un message de félicitations à l’attention de Ross Brawn. «J’adore le nouveau concept pour les voitures de 2021!!! Vous aussi?? Bravo Ross», a-t-il posté.

Au contraire, le patron de Ferrari Maurizio Arrivabene, très vocal dans les négociations sur l’avenir de la discipline, a trouvé le projet «un peu décevant». «Ça ressemble un peu à une vieille Champ Car», les voitures de l’ancien championnat américain de monoplaces absorbé par l’IndyCar, a-t-il commenté.

Le directeur technique de Force India, Andrew Green, a lui appelé à ne pas tirer de plans sur la comète au vu des images des futures voitures. «Ce sont juste des dessins», a-t-il rappelé. «Elles ne ressembleront en rien à ce qu’ils ont dessiné.»

Les promoteurs de la Formule 1 espèrent en tout cas que leur projet séduira au-delà des acteurs actuels de la catégorie reine du sport automobile. «Nous voulons créer un environnement dans lequel les gens feront la queue pour venir en F1», clame Brawn.

Capitales

La fin pour Van Stratten et Tissenbaum

La défaite de samedi en finale de la Ligue Can-Am a été très difficile à avaler pour les joueurs des Capitales, mais encore davantage pour Nick Van Stratten et Maxx Tissenbaum, dont c’était probablement le dernier match en carrière.

Pour Van Stratten, un voltigeur utilisé comme frappeur désigné durant les séries en raison d’une blessure à l’épaule, la décision était finale et sans appel malgré la profonde tristesse qu’il ressentait.

«J’ai obtenu ma certification en prévention des incendies et je pourrai donc devenir pompier l’an prochain. C’est le temps d’accrocher mes crampons», affirmait-il, les larmes aux yeux, après la partie.

Résidant à Kansas City, l’ancien espoir des Royals maintenant âgé de 33 ans n’a pas caché que sa blessure à l’épaule avait joué un rôle important dans sa décision.

«J’ai reçu une infiltration de cortisone, mais après le troisième match contre Rockland, je ne pouvais plus jouer en défensive à cause de ma blessure. C’est dur d’essayer de rester en santé à chaque jour.»

«Si ce n’était pas de mon épaule, je pourrais trouver un poste dans une équipe de la Ligue du Mexique et tu peux gagner ta vie à jouer au baseball là-bas», poursuit celui qui avait joué pour les Broncos de Reynosa et les Salaperos de Saltillo en 2015 et 2016.

«Il est maintenant temps de m’installer quelque part pour de bon. Je suis venu ici et je ne gagnais pas beaucoup d’argent. Mes parents me demandaient ce que je faisais là, mais j’ai apprécié chaque jour passé à Québec. C’est une ville fantastique avec des partisans fantastiques», a-t-il poursuivi.

Amertume

Quant à Tissenbaum, il prévoit retourner à New York et tenter de trouver du travail dans le domaine où il a étudié. «J’aimerais trouver un emploi où je pourrais mettre à profit mon diplôme, que ce soit en marketing ou en vente», poursuit celui qui a passé trois saisons comme receveur et deuxième but avec les Caps.

«Je crois que c’était mon dernier match... J’aurais aimé que ce ne soit pas aujourd’hui, mais je crois que c’est le cas, même si rien n’est certain», a-t-il déclaré, lui aussi étreint par l’émotion.

«Je croyais qu’on pouvait gagner, je crois vraiment en ces gars, mais c’est le baseball, tout peut changer avec un lancer, un élan», analysait-il à propos du douloureux circuit décisif de Martin Figueroa des Miners de Sussex County.

«Vous savez, le baseball, c’est tout ce que je connais! Toute ma vie, je me suis rendu au terrain de balle à chaque jour, je me suis entraîné et j’ai joué des matchs», poursuit l’athlète de 26 ans, ayant de la difficulté à réaliser qu’il passerait bientôt à l’après-carrière.

Tissenbaum gardera lui aussi un souvenir positif de Québec et des Capitales. «Vous avez les meilleurs fans qu’on peut avoir. Je ne pourrai jamais remercier suffisamment les Capitales. Quand j’ai été libéré par l’organisation des Marlins de Miami en 2016, ça n’a pas été facile, mais j’ai retrouvé l’amour du baseball à Québec.»

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Scalabrini laissera tomber la neige avant de penser à 2019

Encore sous le choc de sa première défaite en finale de la Ligue Can-Am comme gérant des Capitales, Patrick Scalabrini a l’intention de «laisser tomber la neige» avant de penser à la prochaine saison.

«Je sais que j’aurai du travail avec les départs de Kalian Sams, Nick Van Stratten, Maxx Tissenbaum et (le receveur) Adam Ehrlich. Mais je préfère ne pas penser aux Capitales pour une couple de mois, passer un peu de temps en famille car j’ai été souvent parti récemment», a-t-il affirmé samedi après avoir parlé à ses protégés.

«J’ai pris quelques minutes pour les remercier pour la saison, sachant très bien qu’il y avait des émotions difficiles surtout pour les gars dont c’était le dernier match. J’ai été fier d’aller à la guerre avec eux. Ils ont représenté les Capitales avec beaucoup de classe.»

Dix ans plus tard

La défaite aux mains des Miners de Sussex County survenait dix ans après la seule autre défaite de Scalabrini en finale de la Ligue Can-Am en 2008. Il était alors le joueur de premier but des Capitales qui s’étaient inclinés en trois matchs contre les Skyhawks... de Sussex.

«Il y a beaucoup d’émotions... Certains ont le coeur gros et auraient aimé mieux finir ça d’une autre façon. J’aurais aimé mieux ne pas connaître cette sensation», poursuit celui qui avait remporté toutes ses finales depuis qu’il avait pris la relève de Michel Laplante comme gérant des Caps en 2010.

«On l’avait... on pensait déjà au lendemain, au match cinq, à Jay Johnson, notre meilleur lanceur, qui aurait débuté ce match.»

«C’est un moment dépressif et il faudra s’en remettre. Mais là, on tourne la page, on va prendre un million de bières pour oublier ça», a-t-il illustré. Scalabrini ne mettra cependant pas le baseball totalement de côté. «Non, car j’ai mon programme sport-études de baseball (à l’Académie Saint-Louis) et je retombe là-dedans dès maintenant», reprend-t-il à propos du programme qu’il dirige depuis un an après avoir été associé au programme sport-études des Canonniers de Québec.

Tennis

Eugenie Bouchard a «le syndrome Daniel Brière»

Même classée 111e au monde, Eugenie Bouchard a encore préféré l’Asie à Québec. Mais les organisateurs de la Coupe Banque Nationale ne jettent pas l’éponge pour l’an prochain.

«Eugenie, c’est un peu le syndrome Daniel Brière. C’est difficile de jouer à la maison», a constaté le vice-président de Tennis Canada, Eugène Lapierre, à l’heure de tracer son bilan du tournoi dont l’organisme est propriétaire depuis trois ans.

Lapierre fait référence au petit joueur de centre québécois, qui avait connu l’une de ses pires saisons en carrière lors de sa seule campagne avec le Canadien de Montréal.

«Mais on ne jette pas la serviette pour l’an prochain. Quoiqu’avec ce qui s’est passé à Hiroshima, c’était mieux de se passer là-bas qu’ici», poursuit Lapierre.

Au lieu de Québec, Bouchard participait au tournoi d’Hiroshima, compétition à 250 000 $US en bourses comme celle de Québec. Elle y a été éliminée dès la première ronde par la 138e mondiale, 6-4 et 6-4. Elle s’est ensuite qualifiée pour le tableau principal de Tokyo (800 000 $US), qui commence lundi. La possibilité d’enchaîner plusieurs tournois en Asie joue aussi pour beaucoup.

Bouchard a disputé quatre fois le tournoi de Québec, atteignant la demi-finale en 2013. Mais les trois autres fois jamais plus que le deuxième tour, comme sa dernière visite conclue en queue de poisson, en 2016. Même chose à Montréal, tournoi dont Lapierre est directeur. À part sa troisième ronde en 2016, Bouchard n’a pas gagné d’autre match à la Coupe Rogers quand elle est à Montréal depuis 2012. Et elle y joue chaque année.

Même sans Bouchard, les Canadiennes ont profité de leur présence à Québec cette semaine pour améliorer leur classement. Trois sur quatre ont joué en deuxième ronde et la revenante Rebecca Marino a atteint les quarts, et ce, même si aucune n’était au tableau principal grâce à son classement.

La mission première de Tennis Canada avec ce tournoi demeure donc de «continuer à développer nos joueuses. La saveur locale est très importante», souligne Lapierre.

Elle aide aussi aux guichets. Surtout une vedette comme Bouchard. Ou d’autres visages connus d’anciennes top 10 mondiales. Impossible cette année ni dans un cas ni dans l’autre.

Foules décevantes

Ce qui donne des foules décevantes toute la semaine dans l’amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval. Lapierre admet qu’après 2019, toutes les options restent ouvertes pour la poursuite ou pas du tournoi à Québec.

Il ajoute que l’idéal, «pour être heureux», serait de hausser les revenus de billetterie des 15 % actuels à 25 % dans le futur. «Mais on est à l’intérieur, la plus belle semaine de l’été. On se bat contre ça», dit l’homme de tennis, qui rêve d’une place en février au calendrier de la WTA.

La sortie rapide dès le premier tour de la première favorite et 20e mondiale Aryna Sabalenka n’aura pas aidé, tandis qu’une autre jeune joueuse, Sofia Kenin (67e), cinquième favorite et demi-finaliste, a raté une belle occasion de faire sa marque. Elles ont 20 et 19 ans.

Ce qui prouve, selon le directeur de tournoi Jacques Hérisset, toute la profondeur du tableau encore cette année. «Ceux qui sont venus [voir les matchs] vont revenir», assure Hérisset.

Capitales

Jones rêve encore aux ligues majeures

Le premier championnat de Bobby Jones comme gérant des Miners de Sussex a amené l’ancien artilleur des Rockies du Colorado, des Mets de New York, des Padres de San Diego et des Red Sox de Boston à rêver de nouveau aux ligues majeures.

«Bien sûr que je serai de retour l’an prochain [comme gérant des Miners], à moins qu’on me congédie mais je ne crois pas que ce sera le cas!» a lancé Jones, cigare au bec, durant les célébrations d’après-match samedi. «Mais on ne sait jamais non plus, des opportunités pourraient se présenter», s’est-il empressé d’ajouter.

«Mon but était de gagner un championnat. C’est fait. Et maintenant, le but est de répéter l’exploit l’an prochain, mais mon but ultime demeure toujours d’être un jour gérant dans les ligues majeures», a confié celui qui se sent véritablement dans son élément dans les fonctions qu’il occupe depuis trois ans avec les Miners.

«Je suis heureux ici, j’ai vécu plein de belles choses et l’équipe a de très bons propriétaires. J’adore ce sport, je veux me rendre dans les niveaux les plus élevés en gravissant chaque échelon», indique celui qui ne dirait pas non à un poste dans le baseball affilié. 

Affirmant avoir des amis qui sont gérants ou directeurs généraux dans les majeures, Jones avoue avoir la piqûre de se retrouver à la tête d’une équipe de balle depuis le début des années 90. 

«J’ai toujours voulu diriger une équipe. Quand j’avais 19 ans, je jouais à un jeu [de simulation] qui s’appelle Strat-O-Matic et aussi au jeu vidéo All Star Baseball. J’aime le baseball, j’aime les chiffres et le jeu d’échecs qui se déroule entre les deux gérants.»

Avant de diriger les Miners, Jones avait été instructeur des lanceurs pour les équipes de deux écoles secondaires du New Jersey ainsi que dans des académies de baseball du Garden State.

Affaire de famille

Alors que son fils Breyln entame sa dernière année comme arrêt-court pour l’équipe de son école secondaire, Bobby Jones prévoit aussi avoir davantage de temps à consacrer au sport la saison prochaine.

«Breyln va jouer au baseball à l’Université et, qui sait, peut-être qu’un jour on se retrouvera dans la même équipe? Ce serait bien car, chez nous, le baseball est une affaire de famille.»

Rien de bien surprenant puisque Breyln est né à l’automne 2000, alors que Papa était dans l’abri des Mets de New York, qui affrontaient alors leurs rivaux des Yankees en Série mondiale. 

Le gaucher, qui avait alors comme coéquipier un lanceur droitier nommé aussi Bobby Jones, n’était pas sur la liste des joueurs actifs des Mets mais avait donné un bon coup de pouce aux siens dans le dernier droit du calendrier régulier en septembre. 

«Ça ne s’invente pas, Breyln est né le matin où nous avons gagné notre unique match de la Série mondiale. Pas surprenant qu’il ait grandi dans le baseball», termine-t-il.