Avec sa victoire aux Finales de l’ATP, Alexander Zverev devient l’un des favoris pour le prochain tournoi du grand chelem, en Australie.

Zverev surprend Djokovic aux Finales de l’ATP

LONDRES — Alexander Zverev a surpris Novak Djokovic et a remporté le titre le plus important de sa carrière en s’imposant 6-4, 6-3, dimanche, lors des Finales de l’ATP.

Âgé de 21 ans, Zverev est devenu le plus jeune champion du tournoi de fin de saison depuis le premier des cinq triomphes de Djokovic il y a une décennie. Il est aussi le premier Allemand à gagner ce tournoi depuis 1995.

Djokovic, no 1 mondial, tentait d’égaler le record de Roger Federer de six couronnes aux Finales de l’ATP, mais il a plutôt connu le même sort que la légende suisse, qui avait perdu contre Zverev lors des demi-finales à l’O2 Arena.

«J’ai maintenant un titre (du tournoi de fin de saison) et il en a cinq, a noté Zverev en voulant éviter les comparaisons avec le Serbe. Il a peut-être 148 titres de plus que moi en carrière. J’espère avoir une aussi belle carrière, mais il ne faut pas s’emporter.»

Invincible au service, Djokovic n’avait pas été victime d’un seul bris avant la finale. Zverev y est parvenu une fois en première manche et trois fois en deuxième manche, mettant fin à la rencontre avec un coup gagnant du revers le long de la ligne.

«Il y a des similarités au niveau des trajectoires de nos carrières, a reconnu Djokovic. J’espère qu’il me surpassera un jour.»

Djokovic avait perdu seulement deux de ses 37 derniers matchs, mais il a été le premier à craquer sous la pression. Il a commis deux erreurs consécutives pour offrir une chance de servir pour la manche à Zverev à 5-4.

La foule a bruyamment encouragé Zverev quand il s’est rendu à la ligne de service et il a semblé se nourrir de cette énergie. Il a réussi trois as d’affilée pour s’offrir trois balles de manche. Il a profité de sa deuxième occasion, quand Djokovic a envoyé un coup droit un peu trop loin.

«J’ai commis beaucoup trop de fautes directes, a admis Djokovic. À partir de 4-4 en première manche, je n’ai vraiment pas bien joué.»

Zverev a aussi trouvé le moyen de venir à bout de Djokovic lors des longs échanges, un aspect du jeu qui fait habituellement la force du détenteur de 14 titres du Grand Chelem. Un échange de 26 coups lors du premier jeu de la deuxième manche a permis à Zverev d’obtenir une balle de bris. Même si Djokovic l’a sauvée, Zverev s’est repris quelques instants plus tard au terme d’un autre long échange.

L’Allemand solide... mais nerveux

Avec la victoire la plus importante de sa carrière à sa portée, Zverev a démontré quelques signes de nervosité. Même s’il est le seul joueur actif autre de Djokovic, Federer, Rafael Nadal et Andy Murray à avoir au moins trois titres de la série Masters à son palmarès, le jeune Allemand a atteint une seule fois les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem.

Deux doubles fautes et deux fautes sur des revers ont permis à Djokovic de briser le service de Zverev. Cependant, Zverev a à son tour riposté, brisant une autre fois le service de Djokovic au terme d’un échange de 28 coups.

«J’ai été victime d’un seul bris de service, a rappelé Zverev. Ce n’est pas mal comme statistique, particulièrement quand vous affrontez le meilleur joueur au monde en retour de service.»

Plus calme, Zverev a tenu le coup par la suite, mettant la touche finale à sa victoire avec un coup gagnant du revers alors que Djokovic dictait l’échange.

En larmes

Zverev s’est effondré au sol en laissant couler des larmes, alors que Djokovic a rejoint son rival de l’autre côté du filet pour faire l’accolade à celui qui devient maintenant l’un des favoris pour gagner le prochain tournoi du Grand Chelem, en Australie, dans deux mois.

«Ce trophée représente un exploit particulier, a dit Zverev. Vous ne savez pas combien de fois vous aurez la chance de le gagner. Il faut battre les meilleurs joueurs au monde.»

Plus tôt dans la journée, les Américains Mike Bryan et Jack Sock ont sauvé une balle de match dans le super bris d’égalité avant de battre les Français Pierre-Hughes Herbert et Nicolas Mahut 5-7, 6-1, 13-11. Bryan et Sock ont ainsi triomphé lors de leur première participation aux Finales de l’ATP en tant qu’équipe.

Âgé de 40 ans, Bryan a maintenant gagné ce tournoi cinq fois - les quatre premières fois avec son frère jumeau Bob, qui est blessé à la hanche depuis mai.

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 ZVEREV: «AHURISSANT»

Victorieux dimanche du titre le plus prestigieux de sa carrière au Masters, le jeune Alexander Zverev, 21 ans, a jugé «ahurissant» son parcours dans le tournoi, après avoir battu successivement Roger Federer et Novak Djokovic, ce que personne n’avait réussi à faire dans l’histoire.

Q: Que signifie cette victoire pour vous?

R: «Ça veut dire beaucoup de choses. C’est évidemment le plus grand titre de ma carrière. Ce trophée signifie vraiment beaucoup de choses, pour tous les joueurs. Ici, vous jouez seulement contre les meilleurs. La manière dont j’ai joué aujourd’hui, dont j’ai gagné... pour moi, c’est tout simplement incroyable. C’est ahurissant de remporter ce titre en battant coup sur coup deux joueurs comme Roger (Federer) et Novak (Djokovic), en demi-finale et en finale. Je suis incroyablement heureux et fier. Je n’ai perdu qu’un seul de mes jeux de service aujourd’hui. Je pense que c’est une belle statistique, contre le meilleur retourneur du circuit. Et je l’ai breaké dans la foulée donc ce n’est pas vraiment quelque chose qui va m’ennuyer. En fait, il n’y a rien qui puisse m’ennuyer maintenant : vous pouvez me demander ce que vous voulez (sourire)»

Q: Pensez-vous pouvoir terminer l’année prochaine en tête du classement après avoir battu l’actuel et l’ancien numéro 1 mondial?

R: «Évidemment, ils seront toujours les gars à battre lors des grands tournois. J’espère pouvoir les battre. Je vais faire tout mon possible pour m’améliorer, pour toujours rivaliser avec eux. Mais j’ai encore beaucoup de choses à améliorer. Je suis encore très jeune. J’espère pouvoir jouer encore mieux au tennis l’année prochaine, même si ça a été une bonne année.»

Q: Pouvez-vous nous dire quelle a été la contribution d’Ivan Lendl, votre entraîneur?

R: «Il a analysé le match que j’ai joué contre Novak Djokovic il y a quelques jours et m’a dit quelques trucs que je devais faire différemment. J’étais plus agressif aujourd’hui. J’ai essayé de prendre la balle plus tôt. Ce genre de choses. Mais mon père est celui qui m’a donné la base. Mon père est celui qui m’a appris le tennis. Je lui en suis très reconnaissant. Tout ce que je fais sur le court, c’est grâce à mon père, parce qu’il est là depuis 21 ans. C’est comme ça. Je veux dire, il a construit mes fondations. Il a construit la personne que je suis. Évidemment, l’expérience d’Ivan, sur et hors du terrain, est incroyable. Cela m’a également aidé à jouer les deux matchs que je viens de jouer (contre Federer puis Djokovic).»  AFP

Propos recueillis en conférence de presse

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FEDERER TOURNÉ VERS SA 22E SAISON

Battu, mais pas abattu : le Suisse Roger Federer, éliminé samedi en demi-finales du Masters de Londres, se sent toujours «aussi compétitif à 37 ans» et se projette déjà vers sa 22e saison sur le circuit professionnel où il pourrait remporter son 100e tournoi sur le circuit ATP.

«Je suis impatient de partir en vacances avec ma famille», a quand même concédé la troisième raquette mondiale après sa défaite contre l’Allemand Alexander Zverev, lors de son treizième et ultime tournoi de l’année.

«Mais assurément, le plan est de jouer à nouveau l’année prochaine et d’élaborer un bon calendrier», a affirmé le joueur, qui pourrait une nouvelle fois faire l’impasse sur la saison de terre battue, comme en 2017 et 2018. Sur ce point, Roger a annoncé qu’il prendrait sa décision «dans les prochaines semaines».

Au moment de se retourner sur l’année écoulée, le natif de Bâle s’est dit «très, très satisfait» de ses performances ces onze derniers mois. «Sampras a dit un jour “si tu gagnes un Grand Chelem, c’est une bonne saison”».

Le Suisse applique donc l’adage de l’Américain : victorieux de l’Omnium d’Australie en janvier dernier, il a confié avoir «hâte» d’y rejouer dans huit semaines.

Ce vingtième titre du Grand Chelem lui avait permis de lancer idéalement sa saison, et de devenir, quelques semaines plus tard et après un nouveau trophée à Rotterdam, le N.1 mondial le plus âgé de l’histoire, à 36 ans et six mois, plus de cinq ans après avoir perdu son trône, en novembre 2012.

«Ça a été pour moi un moment très important dans ma vie, car je n’avais jamais pensé y arriver de nouveau». Il n’a pas connu autant de réussite par la suite, malgré deux autres titres à Stuttgart, et chez lui, à Bâle, ses 98e et 99e succès sur le circuit. Il a notamment connu une élimination aussi précoce qu’inattendue à l’Omnium des États-Unis, en huitième de finale, contre le modeste australien John Millman, alors 55e mondial.

«Ma deuxième partie de saison aurait pu être meilleure. J’ai peut-être perdu quelques matchs très serrés qui auraient pu changer les choses pour moi. À Wimbledon ou à Paris.»  AFP