Le voltigeur Yuniesky Gurriel (à gauche) écrira une page d'histoire, mercredi, en devenant le premier cubain à disputer un match de baseball dans une ligue professionnelle nord-américaine avec l'approbation de son gouvernement.

Yuniesky Gurriel fera ses débuts avec les Capitales mercredi

Le voltigeur Yuniesky Gurriel écrira une page d'histoire, mercredi (19h), en devenant le premier joueur cubain à disputer un match de baseball dans une ligue professionnelle nord-américaine avec l'approbation de son gouvernement. Le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini, lui a confirmé la nouvelle pendant la pause du programme double de mardi après-midi contre les Jackals du New Jersey.
«Je suis content de savoir que je vais jouer», avouait le numéro 51 qui a assisté à sa première partie dans l'abri des joueurs au Stade municipal.
«Il y avait de l'émotion, ça m'a permis de mieux connaître les joueurs. Il y a beaucoup de similitudes avec ce qu'on fait dans l'abri, à Cuba, chacun s'entraide à trouver les failles de l'adversaire», racontait Gurriel, qui a discuté pendant de longues minutes avec Yaniel Cabezas,  le receveur cubain des Jackals qui a fui son pays il y a plusieurs années.
Afin de lui faire une place, une recrue perdra son emploi. Le choix se fera entre l'avant-champ Aaron Brill et le receveur Larry Balkwill. Le gérant, lui, se réjouissait à l'idée d'ajouter une carte dans son jeu.
«Nous avons trop de joueurs semblables, qui sont très bons au bâton, mais ordinaires en défensive, alors il apportera une dimension différente de ce qu'on a avec sa vitesse et son jeu défensif», confiait Scalabrini, qui prévoit insérer le nom de Gurriel en bas d'alignement et au champ droit.
Personne ne sait vraiment à quoi s'attendre avec le fils du légendaire joueur cubain, Lourdes Gurriel. Même s'il évolue dans la «Serie Nacional de Béisbol» depuis 14 ans, il est difficile d'estimer l'impact qu'il aura à Québec.
«Depuis le temps qu'on en parle, je suis anxieux de le voir et j'espère qu'il nous aidera. J'aimerais qu'il me force la main et démontre qu'il peut jouer à tous les jours. Chose certaine, je vais lui donner l'occasion de mériter un poste régulier», indiquait Scalabrini, qui devra cependant sa casser la tête pour rédiger quotidiennement son alignement.
Les chiffres disponibles indiquaient que Gurriel serait un frappeur d'environ .270 en carrière. Il ne possède pas de puissance. Cette semaine, à l'entraînement, il frappait surtout au champ opposé.
«Il a le talent pour nous aider dans un rôle pas trop stressant. On dit qu'il est incroyable en défensive. En raison de son expérience à Cuba, je ne sais pas quel est son état d'esprit s'il avait des choses à corriger au bâton», ajoutait Scalabrini.
Yuniesky Gurriel s'est joint aux Capitales dans le cadre d'un partenariat avec la Fédération cubaine de baseball et l'Institut national des sports de l'île communiste. Le respect de la famille Gurriel à l'endroit du gouvernement réduit à néant la possibilité qu'il ne retourne pas à La Havane, en septembre. Il en va ainsi pour son frère Yulieski, qui évolue au Japon.
Chose certaine, la rentrée de Gurriel ne passera pas inaperçue. Le joueur n'est pas nerveux à l'idée de se retrouver sous les feux de la rampe. «Je viens d'une famille connue, j'en ai l'habitude. Peu importe où je jouais, l'attention était sur nous», disait le frappeur droitier par l'entremise de Josué Peley.