Retraité de hockey, Gabriel Renaud s'est rabattu sur le patinage de descente et vise de participer au Red Bull Crashed Ice, l'hiver prochain.

World Skate Cross Series: en attendant la glace et le Crashed Ice

Gabriel Renaud jouait au hockey. Pas facile d'être retraité d'un sport qu'on aime autant à tout juste 22 ans. Le sportif de Québec s'est rabattu sur le patinage de descente et vise de participer au Red Bull Crashed Ice, l'hiver prochain. En attendant que la glace prenne, il s'entraîne à roulettes et profite autant que possible de la compétition au Relais, cette fin de semaine.
La pluie a refroidi ses ardeurs, samedi. Tout comme celles des 31 autres concurrents et de la centaine de spectateurs réunis à la base de la station de ski de Lac-Beauport pour la toute première étape nord-américaine des World Skate Cross Series. Une deuxième tranche était prévue cet après-midi, mais on tentera d'abord de terminer celle de samedi.
Ces Séries mondiales de skatecross consistent en une épreuve de patin à roues alignées sur parcours à obstacles. Les rondes finales se courent à quatre, comme au Crashed Ice. Le tracé de Québec se distingue des autres (cette année : Calgary, Belgique, France, Suisse, Russie et Chine) en étant plus long, 296 mètres, et avec plus de dénivelé, 10 mètres.
Depuis mars, Renaud s'est monté son propre parcours d'entraînement près de son domicile de Brunswick, dans le Maine, où il étudie la neuroscience au Bowdoin College. «J'ai trouvé un petit chemin pavé descendant et j'ai installé quelques obstacles», explique l'ex-défenseur des Polar Bears de Bowdoin. Le produit de l'Académie Saint-Louis de Québec est également passé par Tabor Academy, au Massachusetts. Samedi, il pointait 11e après le premier tour de qualification.
Les joies de l'asphalte
Tyler Roth a pris part au Crashed Ice à Québec et à Saint Paul, au Minnesota, l'hiver dernier. «La différence? Si tu tombes ici [sur l'asphalte], tu ne glisses pas et ça fait beaucoup plus mal», sourit l'Ontarien de 23 ans, ancien hockeyeur lui aussi.
Autrement, il dit que la façon de patiner est très différente entre roues et lames. «Ce n'est pas la même foulée», indique-t-il. Comme plusieurs compatriotes ontariens, le résidant de Brampton est venu à Québec cette fin de semaine expressément pour la compétition de patin à roues alignées.
Anthony Avella est parti de Toulon, sur la Côte d'Azur. Le Français de 30 ans est champion en titre des Séries mondiales de skatecross. Il vit de son art à roulettes depuis quatre ou cinq ans, combinant les emplois d'entraîneur et de compétiteur. «Beaucoup de choses me sont arrivées grâce au roller», affirme celui qui met les pieds au Québec pour la première fois.
Il a entre autres été invité aux Crashed Ice de Helsinki et de Moscou, tenus en février et mars derniers. «Je peux confirmer que je ne suis pas aussi bon sur la glace. Ça n'a rien à voir!» lance celui qui mène encore le classement cette année.
Roulettes en Alaska
Le patin à roues alignées acrobatique a aussi pris le devant de la scène, samedi, à Lac-Beauport. Kevin Lapierre comptait parmi les concurrents. Natif de Lévis, le patineur de 21 ans est le meilleur Québécois en style libre actuellement et sans doute le seul à en vivre. Mi-juin, il a gagné une importante compétition à Atlanta. Outre la bourse de 1000$, des miettes en comparaison avec ce qu'empochent les étoiles du skateboard, Lapierre a mérité une tournée de plus d'un mois dans le sud des États-Unis pour filmer ses exploits en compagnie de huit autres as de la discipline.
Ses patins ont foulé le béton de Dallas, de La Nouvelle-Orléans, du Nouveau-Mexique, de l'Arizona, de Las Vegas, de San Diego et de San Francisco dans les dernières semaines. Celui qui habite dorénavant Drummondville se prépare à décoller pour l'Alaska, où il participera à une série de spectacles du 20 août au 1er septembre. Deux fois dans le passé, fin août, il était du spectacle de patin acrobatique présenté à Expo Québec.