Serena Williams aura fort à faire pour pouvoir prendre un nouvel égoportrait avec le trophée de la gagnante des Internationaux de France, elle qui pourrait se retrouver face à l’une des favorites dès le début du tournoi.

Williams punie parce qu'elle est maman?

PARIS — Pas de traitement de faveur pour Serena Williams! Le parcours de l’ancienne numéro 1 mondiale s’annonce difficile pour son retour à Roland-Garros où elle ne sera pas tête de série, une situation qui fait polémique aux États-Unis à la suite de cette annonce, lundi.

«Roland-Garros punit Serena Williams d’avoir eu un bébé», a titré le journal USA Today, estimant que la championne aux 23 titres du Grand Chelem devait bénéficier d’une exception lors du tirage au sort prévu ce jeudi.

À 36 ans, l’Américaine tente de revenir au plus haut niveau après avoir donné naissance à son premier enfant, une petite fille, en septembre dernier. Éloignée de la compétition pendant plus d’un an, elle n’avait plus de classement à son retour sur le circuit en mars.

Cette année, elle n’a disputé en tout et pour tout que quatre matchs en deux tournois, à Indian Wells et à Miami. Ses résultats, guère probants, ne lui ont pas permis de remonter au-delà du 449e rang avant Roland-Garros.

Classement protégé

Avec un tel classement, n’importe quelle joueuse doit disputer les qualifications pour intégrer le grand tableau. À moins de bénéficier d’une invitation des organisateurs ou d’une autre règle, celle du «classement protégé» qui a permis à Serena Williams d’avoir à passer par les qualifications.

Ce système permet de conserver, durant une période transitoire, son ancien classement à son retour d’une longue absence — de six mois à deux ans — pour cause de blessure, de maladie ou de grossesse.

Mais il ne garantit pas d’être tête de série et ne met donc pas l’Américaine à l’abri de croiser une joueuse du gratin mondial dès le premier tour.

En mars, à Miami, la cadette des sœurs Williams avait croisé d’entrée de jeu l’une des 32 têtes de série du tournoi, la Japonaise Naomi Osaka, titrée le week-end précédent à Indian Wells. Et elle avait été battue.

«Elle a gagné tellement de fois le trophée [huit titres] qu’elle devrait bénéficier d’une protection», avait estimé le directeur du tournoi, l’ancien joueur de l’ATP James Blake, alors que la WTA n’avait pas souhaité faire d’exception. Toutefois, la WTA étudie l’éventualité de faire évoluer ses règles pour les mères de famille.

«Ce n’est pas comme si elle revenait de blessure ou qu’elle avait perdu la passion pour le jeu. Elle a eu un enfant, ce que nous devrions tous saluer. À son retour, il devrait y avoir une période de transition qui lui permette de rester tête de série», avait ajouté Blake.

Azarenka et Clijsters non plus

Par le passé, d’autres mamans du circuit n’avaient pas non plus profité de largesses des organisateurs de tournois.

Pour leur retour en Grand Chelem post-maternité, ni la Biélorusse Victoria Azarenka, à Wimbledon en 2017, ni la Belge Kim Clijsters, lors des Internationaux des États-Unis en 2009, n’étaient têtes de série.

Cela n’avait pas empêché cette dernière, alors bénéficiaire d’une invitation, de s’offrir son deuxième trophée majeur.