Des problèmes de freinage ont complètement ruiné le week-end du pilote québécois Lance Stroll à Monaco.

Williams débarque à Montréal avec ses ennuis

MONTRÉAL — L’équipe Williams n’arrive pas à Montréal dans les meilleures dispositions pour la première escale nord-américaine de la saison de Formule 1. C’est une évidence.

Williams croupit présentement au dernier rang du championnat des constructeurs avec seulement quatre points au classement, grâce à la huitième place de Lance Stroll au Grand Prix d’Azerbaïdjan, fin avril. Le pilote âgé de 19 ans occupe présentement le 16e rang des pilotes, très loin derrière Lewis Hamilton (110), Sebastian Vettel (96), Daniel Ricciardo (72) et compagnie. De plus, son jeune coéquipier, Sergey Sirotkin, est l’un des deux seuls à n’avoir inscrit aucun point en sept épreuves jusqu’ici cette saison.

Stroll se présentera au Grand Prix de Formule 1 du Canada ce week-end avec en tête les agréables souvenirs de sa première expérience devant ses partisans, l’an dernier. Il avait alors marqué ses premiers points de classement en carrière en F1, après avoir terminé neuvième.

Le principal intéressé a toutefois reconnu récemment que la situation sera différente cette fois-ci et il a d’ailleurs tenté de minimiser les attentes.

Sans entrer dans les détails, le pilote de Mont-Tremblant a indiqué qu’il ne faut pas s’attendre à voir Williams progresser d’ici juillet. C’est que pour résoudre les nombreux problèmes de la FW41, ça prend du temps, et qu’en plus, les autres équipes continuent leur progression.

«Notre objectif est de nous battre avec les équipes en milieu de peloton, et nous espérons y parvenir d’ici le Grand Prix d’Angleterre [le 8 juillet] ou le Grand Prix d’Allemagne [le 22 juillet], a déclaré Stroll. Nous voulons nous battre régulièrement pour des points de classement.»

Sirotkin optimiste

Sirotkin, qui a connu une séance de qualifications misérable au Grand Prix d’Espagne avant de réaliser son meilleur résultat de la campagne avec une 14e place, semble cependant plus optimiste que son coéquipier. Il a d’ailleurs confié dans une entrevue accordée au magazine Autosport la semaine dernière qu’il considère que le pire est maintenant derrière Williams.

Selon le pilote recrue, c’est sa performance en qualifications à Monaco — il est parti de la 13e place sur la grille de départ — qui lui permet d’être optimiste pour le reste du calendrier 2018. Il a souligné qu’il avait accédé à la Q2 pour la deuxième fois cette saison, et qu’il aurait probablement pu inscrire des points de classement s’il n’avait pas écopé d’une pénalité parce que l’équipe a bêtement oublié de poser les roues sur sa voiture trois minutes avant le départ.

«C’est très positif, a dit Sirotkin à Autosport. Barcelone était une erreur de parcours, et je voulais vraiment le prouver [à Monaco]. Je ne voulais pas que ça attise la frustration et affecte notre moral, car nous travaillons très fort en piste ainsi qu’à l’usine.

«Nous pouvons maintenant confirmer que Barcelone était une erreur de parcours, a-t-il ajouté. Nous y sommes, nous nous battons, et c’est bien non seulement pour nos résultats, mais aussi pour notre moral.»

Les freins en cause

Stroll, qui a fini 17e au Grand Prix de Monaco, soit un rang derrière son coéquipier, n’était pas aussi confiant après une course cauchemardesque. Son humeur massacrante était d’ailleurs compréhensible; il venait de subir deux crevaisons qui l’ont carrément empêché d’espérer une remontée au classement.

«Ç’a été une journée misérable», a résumé Stroll, irrité.

Le directeur de l’équipe, Paddy Lowe, s’est risqué à une explication pour justifier les nombreux problèmes du Québécois en piste dans la principauté monégasque.

«Lance a été victime d’une crevaison au neuvième tour à cause de la surchauffe de ses freins, ce qui a entraîné une surchauffe de la jante et la crevaison. Nous n’avons pas réussi à régler ce problème sur le deuxième train de pneus et il a subi une autre crevaison. Le problème a été géré pour le reste de la course, mais avec autant d’arrêts et de drapeaux bleus (pour laisser passer les autres pilotes), Lance n’était pas en mesure de progresser.»

Les préoccupations de Williams sont d’autant plus grandes que le cirque de la F1 débarque maintenant sur le circuit Gilles-Villeneuve, reconnu pour solliciter particulièrement les freins des bolides en raison de ses longues lignes droites qui sont suivies de freinages très appuyés.

Il sera donc intéressant d’observer les progrès qui ont été réalisés en deux semaines afin de régler les problèmes de surchauffe au sein de l’équipe britannique, car sinon sa pénible descente aux enfers risque de devenir difficile... à freiner.