Ce n'est pas que la première fois que l'arbitre Carlos Ramos, qui a eu maille à partir avec Serena Williams lors de la finale des Internationaux des États-Unis, samedi, se retrouve sous les projecteurs.

Williams avait raison et tort à la fois, estime Navratilova

NEW YORK — L’ancienne championne Martina Navratilova estime dans un billet signé dans le New York Times, lundi, que Serena Williams, sanctionnée pour son attitude envers l’arbitre Carlos Ramos pendant la finale des Internationaux des États-Unis, a eu «en partie raison» même si elle «a eu tort».

«Serena Williams a en partie raison. Il y a deux poids deux mesures dans le degré de la sanction entre les hommes et les femmes pour un mauvais comportement, et pas seulement dans le monde du tennis», estime Navratilova, la championne aux 18 levées du Grand Chelem, aujourd’hui âgée de 61 ans.

«Mais dans la nature de ses protestations... elle a aussi en partie tort. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de dire : si les hommes peuvent se permettre de tenir certains propos, les femmes doivent aussi pouvoir y arriver.»

Serena Williams a écopé dimanche de 17 000 $ d’amende pour ses trois avertissements reçus pour coaching, bris de raquette, puis insulte lors de la finale qu’elle a perdue samedi contre la Japonaise Naomi Osaka.

«Ramos [l’arbitre de la rencontre], effectivement, n’avait pas d’autre choix que de lui infliger un point de pénalité», écrit Naratilova. «Et c’est à partir de là que Miss Williams a vraiment commencé à déraper».

Au-delà de l’incident lui-même, l’ancienne championne a ensuite jugé sur le fond. «Le fait est que s’il s’avère que l’échelle des sanctions est différente entre les hommes et les femmes pour une même transgression, cela doit être soigneusement examiné et doit être corrigé», a-t-elle souligné.

Souvent sous les projecteurs

Serena Williams n’est pas la première à être en désaccord avec l’application au pied de la lettre du règlement par Ramos, qui a toutefois reçu le soutien de la Fédération internationale de tennis pour avoir agi «dans le respect des règles», avec «professionnalisme et intégrité».

À Roland-Garros il y a deux ans, c’était sa sœur aînée, Venus, qui n’avait pas apprécié d’être avertie pour avoir, selon l’arbitre portugais, communiqué avec son entraîneur. Pas plus que le bouillant Australien Nick Kyrgios, après avoir crié vers un ramasseur de balles.

Aux Jeux olympiques de 2016, Andy Murray avait lui reçu un avertissement après que Ramos l’avait entendu le qualifier «d’arbitre stupide». «Je n’ai pas dit “arbitre stupide”, j’ai dit “arbitrage stupide”. Mais si vous voulez être la star du match, très bien», s’était défendu le Britannique.