William Auclair, à gauche en bas sur la photo, et ses coéquipiers s’entraînent en vue de la Coupe du monde de bobsleigh.

William Auclair s'élance sur la piste de bobsleigh

Aujourd’hui, William Auclair ne regrette pas d’avoir persévéré. Après trois tentatives infructueuses, l’ancien lanceur de poids du Rouge et Or de l’Université Laval et ex-joueur de soccer vient tout juste d’être sélectionné dans l’équipe canadienne de bobsleigh.

«C’est la quatrième année que j’essaie d’être sélectionné. La première, je n’ai pas fait le standard en sprint, la deuxième, je l’ai réussi et j’ai été invité à Calgary, mais je n’ai pas été invité aux tests de poussée. L’an dernier, j’ai été invité aux tests de poussée, mais c’était une année olympique, alors il y avait beaucoup de compétition», a raconté l’athlète de Québec en entrevue téléphonique depuis Whistler, la semaine dernière.

La quatrième fois aura été la bonne. «Après, comme j’avais fini mon baccalauréat en ingénierie, j’ai travaillé un an comme superviseur de production chez Agropur, mais je n’avais pas abandonné mon rêve. Cette année, j’ai réussi les tests de poussée de même que les courses de sélection de Calgary et les courses de sélection de Whistler», a ajouté celui qui a appris le 1er novembre qu’il faisait partie des 14 sélectionnés en vue des épreuves de la Coupe du monde.

Chez les hommes, l’équipe canadienne compte trois pilotes, neuf freineurs et deux substituts. Tous participent aux épreuves de bob à quatre et les plus rapides prennent part aux épreuves de bob à deux.

«Notre place est toujours à assurer même après notre sélection. Deux pilotes vont en Europe dès le 25 novembre pour la Coupe d’Europe et la Coupe du Monde après Noël. Ce sont les pilotes qui décident qui va pousser pour eux. Ça augure bien pour que j’aille en Europe.»

Athlètes convertis

Pour l’instant, William fait partie de l’équipe Canada 2, pilotée par Nick Poloniato, qui a participé aux Jeux olympiques de PyeongChang. L’équipe Canada 1 est pilotée par Justin Kripps, médaillé d’or aux derniers JO.

Comme Auclair, Poloniato et Kripps sont des athlètes convertis. Le premier est un ancien joueur de football qui a évolué à la position de demi de coin avec les Gaiters de Bishop’s alors que Kripps était membre de l’équipe de 4X100 m de l’Université Simon Fraser.

«Au bobsleigh, ce sont presque tous des athlètes qui proviennent d’autres sports. Il y a beaucoup d’anciens joueurs de football. Moi, j’ai joué au soccer de 4 à 20 ans et je faisais les épreuves de lancer du poids en athlétisme», a dit celui qui a joué pour le Royal de Beauport et le Kodiak de Charlesbourg.

Bien sûr, l’athlète de Beauport ne peut s’empêcher de rêver aux JO de Pékin, en 2022. «C’est certain que j’y pense. Si les Jeux étaient aujourd’hui, je serais en bonne position pour y participer. Je veux essayer de rester dans l’équipe canadienne pour faire un cycle olympique complet, mais, chaque année, les gars se développent et deviennent plus forts. Il y a des nouveaux qui arrivent et des anciens qui reviennent alors il faut toujours tenter de s’améliorer.» 

Auclair en sait quelque chose, puisque les départs du double médaillé olympique Lascelles Brown et du médaillé d’argent aux Mondiaux Jesse Lumsden, jumelés à l’année sabbatique du partenaire de Kripps en bob à deux (Alexander Kopacz), lui ont donné l’opportunité de faire son entrée dans l’équipe canadienne.

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ATTIRÉ PAR LE STYLE D'ENTRAÎNEMENT

C’est Gabriel Chiasson, l’autre Québécois membre de l’équipe masculine canadienne, qui a initié William Auclair au bobsleigh. «C’est un ami de mon frère et il avait commencé à s’entraîner pour le bobsleigh à cause de l’ancien olympien Yannik Morin. Il m’a parlé du camp de bobsleigh à McGill.»

Auclair a ensuite lui aussi commencé à s’entraîner avec Morin, qui a depuis quelques années ouvert une piste de poussée à Waterloo. «J’ai vraiment été attiré par le style d’entraînement du bobsleigh. J’ai fait une compétition à Lake Placid et j’ai aimé ça. J’ai aussi fait l’école de pilotage à Calgary, mais je n’ai pas vraiment aimé cet aspect-là. C’est une grosse responsabilité d’être pilote et ça représente aussi d’importants investissements en argent», a expliqué Auclair, dont le frère Vincent est l’entraîneur des boxeurs Vincent Thibault, Clovis Drolet, Terry Osias et Roodsy Vincent.

Comme il n’est pas pilote, Auclair n’a pas non plus besoin d’une piste de bobsleigh dans sa cour arrière pour s’entraîner, les seules au Canada étant situées à Calgary et Whistler. «L’été, je m’entraîne à la piste de Yannik à Waterloo pour développer ma puissance, ma force et ma vitesse ou au PEPS de l’Université Laval, en musculation et sur les pistes d’athlétisme. Maintenant que j’ai été sélectionné par l’équipe canadienne, j’ai quitté mon emploi pour faire ça à temps plein», a précisé celui dont l’intensité de l’entraînement augmentera encore de quelques crans d’ici la Coupe du monde, qui aura lieu en mars à Whistler.