Russell Westbrook pourrait rejoindre le grand Michael Jordan vendredi s'il réalise un septième «triple double» sans un septième match de suite.

Westbrook au triple galop

Russell Westbrook a rejoint cette semaine un club aussi prestigieux que fermé en alignant les «triples doubles». Ses impressionnantes statistiques ne détournent cependant pas le meneur du Thunder d'Oklahoma City de sa mission : faire oublier Kevin Durant, son ancien alter ego qui l'a «trahi» en partant cet été à Golden State.
Contre Atlanta lundi, Westbrook a signé son sixième «triple double» (10 unités et plus dans trois catégories de statistiques) consécutif, un exploit rarissime. Seules trois légendes de la NBA - Michael Jordan, Oscar Robertson et Wilt Chamberlain - avaient réussi une telle série avant lui.
Westbrook (6'3", 200 lb) totalise 11 «triples» en 22 matchs depuis le début de la saison, ce qui le met sur les bases du vieux record de Robertson, qui en avait réussi 41 en 1964-1965. En attendant, vendredi contre Houston, il peut égaler Jordan, qui avait réussi sept «triples» consécutifs lors de la saison 1988-1989.
Jusqu'à maintenant, Westbrook a résolument pris les devants dans la course au titre de meilleur joueur de la saison convoité par LeBron James, Stephen Curry, le double tenant du trophée, ou James Harden. Avant les matchs de jeudi, il était le deuxième meilleur marqueur (31,3 points par match), le deuxième meilleur passeur (11,3 passes par match) et le neuvième meilleur rebondeur (10,9 rebonds par match) de la NBA cette saison.
Au diable les stats
Connu autant pour ses prouesses statistiques sur les terrains que pour son exubérance vestimentaire hors des parquets, Westbrook affiche le plus grand détachement devant ces chiffres «Je ne me préoccupe pas de tout cela, j'aime juste gagner et jouer à mon meilleur niveau, c'est ce que je fais année après année», a balayé le joueur de 28 ans.
Même son de cloche du côté de son entraîneur Billy Donovan. «Ce qu'il réussit est historique, extraordinaire, mais beaucoup de ce qu'il fait ne se voit dans les stats, c'est tout simplement un meneur très complet. Il rend ses coéquipiers meilleurs. Depuis le lycée, saison après saison, il progresse, les gens ne se rendent pas compte de son investissement à l'entraînement.»
Surnommé «Mister Triple Double» ou «Triple Double Machine», Westbrook rêve d'offrir à Oklahoma City le premier titre de champion de la NBA de son histoire, ce qui lui permettrait de reléguer Kevin Durant définitivement aux oubliettes. Ils formaient jusqu'à juillet dernier le duo offensif le plus efficace et spectaculaire de NBA. La saison dernière, ils ont conduit le Thunder en finale de Conférence, où ils ont chahuté les Warriors de Golden State, avant de s'incliner (4-3).
Un aiguillon 
Quelques semaines plus tard, Durant rejoignait les Warriors de Stephen Curry et de Klay Thompson, annonçant la nouvelle par message texte à Westbrook, qui l'a très mal pris. Inutile d'aborder le sujet avec lui.
«Je m'en fous. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui passe ici, j'en ai marre d'en parler», a asséné fin octobre le très flegmatique Westbrook qui a fait toute sa carrière dans la NBA depuis 2008 avec le Thunder. Avant d'envoyer une pique à Durant, qui ne manque pas de souligner l'état d'esprit de sa nouvelle équipe. «Je dois m'occuper des types apparemment égoïstes de mon équipe», a lâché Westbrook.
Son coéquipier Anthony Morrow a reconnu à demi-mot que la «trahison» de Durant était un aiguillon. «Dès cet été, on a senti qu'il était surmotivé, c'est quelqu'un qui aime relever les défis», a-t-il prévenu. «Je prends mon pied en gagnant, c'est ce qui est le plus important à mes yeux», a confirmé Westbrook.
Jordan remet la main sur son nom en Chine
Michael Jordan avait engagé des poursuites contre Qiaodan dès 2012, mais avait été débouté à deux reprises.  Il a finalement remporté la bataille jeudi.
Le légendaire Michael Jordan a remporté une longue bataille en Chine contre un équipementier sportif local accusé d'utiliser abusivement son nom, selon un jugement publié jeudi par la justice chinoise.
L'ancien joueur étoile des Bulls de Chicago est connu en Chine sous le nom de «Qiaodan», la transcription phonétique en mandarin de son nom de famille. Ce même nom a été adopté par le groupe chinois de vêtements et chaussures Qiaodan Sports, qui n'a aucun lien avec le sextuple champion de la NBA. Les produits commercialisés par la marque arborent par ailleurs la silhouette d'un basketteur en plein élan sur le point de marquer un panier. Un logo d'une ressemblance troublante avec celui utilisé par l'équipementier américain Nike pour promouvoir ses produits Air Jordan. L'entreprise ne pourra désormais plus inscrire le mot Qiaodan en caractères chinois sur ses produits, a tranché jeudi la Cour suprême chinoise.
Le groupe chinois pourra toutefois continuer à utiliser le nom Qiaodan en lettres latines, ce mot étant peu évocateur pour les consommateurs chinois.
«Je suis heureux que la Cour populaire suprême ait reconnu le droit de protéger mon nom grâce à son jugement dans ces affaires de contrefaçon de marque», a indiqué Jordan dans un communiqué transmis par ses représentants chinois. Retraité des parquets depuis 2003, il bénéficie d'une immense notoriété en Chine, où le basket est l'un des sports les plus populaires. Il avait engagé des poursuites contre Qiaodan dès 2012, mais avait été débouté à deux reprises.