Après avoir remporté le 400 m des Mondiaux d'athlétisme mardi, Wayde Van Niekerk s'attaquera au 200 m jeudi. Le Sud-Africain pourrait rejoindre Michael Johnson comme seul athlète auteur du doublé 200-400 m, exploit que l'Américain a réussi aux Mondiaux de 1995 et aux JO de 1996.

Wayde Van Niekerk sur les traces de Michael Johnson

Le roi du tour de piste Wayde Van Niekerk est à l'aube d'un véritable exploit, jeudi aux Mondiaux-2017 : rejoindre dans les annales Michael Johnson, seul athlète auteur du doublé 200-400 m.
Le Sud-Africain de 25 ans avait déjà dépossédé l'Américain de son record du monde du 400 m l'an dernier aux Jeux olympiques de Rio (43:03). Cette fois, il s'agit d'imiter le tour de force réalisé par la «Loco de Waco» aux Mondiaux de 1995 et aux JO de 1996. En cas de succès, «WVN» confirmerait son statut de nouvelle tête d'affiche du premier sport olympique, qui sera orphelin de la légende Usain Bolt au terme des Championnats du monde.
Van Niekerk a déjà effectué la moitié du chemin après son sacre aisé sur le 400 m, mardi. Vainqueur tranquille en 43:98, le Sud-Africain s'est baladé et a contrôlé ses adversaires. Mais le plus compliqué reste à accomplir.
Sa quête n'a d'ailleurs tenu qu'à deux petits centièmes de seconde. Mercredi, il a seulement terminé troisième de sa demi-finale (20:28) du 200 m. Le Français Christophe Lemaitre, quatrième de la course en 20:30, est le premier des exclus.
«Je savais que ce serait un rude défi. Cela a été un grand soulagement de voir mon nom en finale. Il faut que je me repose maintenant et que je donne le maximum en finale», a indiqué WVN.
Ce touche-à-tout, premier homme à descendre à la fois sous les 44 secondes au 400 m, sous les 20 secondes au 200 m et sous les 10 secondes au 100 m, est toutefois habitué à explorer des frontières jusque-là inconnues. Quitte à devoir se lancer dans un programme marathon à Londres, avec six courses en six jours, le prix à payer pour marcher sur les traces de Johnson.
«C'est plus facile à dire qu'à faire», avait noté Van Niekerk à propos du doublé 200-400 m. «C'est la compétition et tout est très indécis. Mon corps tient bien, mais maintenant, il faut passer directement de l'endurance à la vitesse.»
Surtout que le 200 m ne sera pas une formalité pour le Sud-Africain, qui retrouvera finalement Isaac Makwala sur sa route. Initialement empêché de prendre part aux séries du 200 m (lundi) et à la finale du 400 m (mardi) en raison d'une maladie infectieuse qui sévit dans un des hôtels de la compétition, le Botswanais a été repêché par la Fédération internationale (IAAF) après un examen médical.
Le meilleur performeur mondial de 2017 (19:77) sur le demi-tour de piste, dont la période de quarantaine a pris fin mercredi a couru seul au couloir 7 et s'est qualifié en 20:20 pour les demi-finales avant de valider son billet pour la finale (20:14).
L'encadrement botswanais n'avait cessé de répéter que Makwala n'était pas malade et était apte à concourir. Le coureur de 30 ans s'était même présenté mardi à l'entrée du stade pour disputer la finale du 400 m, mais en avait été refoulé par des officiels de l'IAAF. La polémique est désormais éteinte.
Avec Makwala, c'est un adversaire de poids qui effectue son retour et peut contrecarrer les hautes ambitions de Van Niekerk.
Taylor grand favori au triple saut
Autre temps fort de la journée de jeudi : la finale du triple saut avec Christian Taylor en grand favori pour un troisième titre. Avec un record personnel à 18,21 m, le champion olympique américain détient la deuxième meilleure performance de tous les temps et il est celui qui s'est le plus rapproché de la marque mythique du Britannique Jonathan Edwards (18,29 m, le 7 août 1995). Avec un saut à 18,11 m cette année, il est resté sur les mêmes bases.
«Ce serait très très savoureux de battre le record sur les terres d'Edwards», a affirmé Taylor, qui envisage de se reconvertir au 400 m une fois le Britannique effacé des tablettes. Johnson, Edwards... Les légendes de l'athlétisme peuvent trembler jeudi.
Allyson Felix égale le record de Bolt et de Ottey
L'Américaine Phyllis Francis s'est immiscée dans le duel annoncé entre sa compatriote Allyson Felix et la Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo en finale du 400 m pour devenir championne du monde du tour de piste, mercredi à Londres. Sous la pluie ininterrompue, Francis a obtenu à 25 ans le premier grand succès individuel de sa carrière, en 49:92, devant la Bahreïnie Salwa Eid Naser (50:06), qui a amélioré son record national pour la troisième fois en quatre jours. «Dans la dernière ligne droite, j'ai essayé de rester calme et de me relâcher, si on peut parler de relâchement quand l'acide lactique monte», a expliqué la lauréate surprise.
Felix a certes complété le podium (50:08), mais a perdu le titre. La Californienne a égalé le record de médailles (14) aux Mondiaux, rejoignant les sprinters Usain Bolt et Marlène Ottey. Quant à Miller-Uibo, la plus vite en action avec Felix, elle a terminé à l'agonie quatrième en 50:49. Aux JO de Rio, en plongeant sur la ligne, la jeune femme avait soustrait l'or à Allyson Felix. Miller-Uibo, si fringante les tours précédents, a probablement payé les prix des efforts répétés, étant également engagée sur 200 m dont elle a disputé les demi-finales la veille.