Ayant peine à retrouver son niveau de jeu d’antan en raison d’une opération au genou, Stan Wawrinka n’a pu soutenir la longue lutte de cinq sets que lui a imposée l’Espagnol Guillermo Garcia-Lopez.

Wawrinka sorti d’entrée de jeu à Paris

PARIS — Après la championne en titre Jelena Ostapenko la veille, c’était au tour du finaliste de 2017 chez les hommes de se faire montrer la porte de sortie dès le premier tour des Internationaux de France, lundi.

Toujours pas au sommet de sa forme après une chirurgie au genou, Stanislas Wawrinka a perdu sa bataille 6-2, 3-6, 4-6, 7-6 (5) et 6-3 face à Guillermo Garcia-Lopez. Décidément, l’Espagnol ne lui réussit pas. En 2014, le 67e joueur mondial avait déjà surpris le Suisse d’entrée à Roland-Garros. 

La différence, c’est qu’il y a quatre ans Wawrinka vivait une période très faste après avoir remporté son premier tournoi du Grand Chelem en Australie, puis son premier Masters 1000 sur la terre battue de Monte-Carlo. Tout est différent cette année.

Opéré deux fois du genou gauche en août dernier, l’ex-numéro 3 mondial, aujourd’hui 30e, peine à retrouver son meilleur niveau. Avant d’arriver à Paris, il n’avait remporté en 2018 que quatre matchs (contre six défaites) sur le circuit et avait même interrompu sa saison pendant près de trois mois, entre février et mai.

«Cela faisait un an que je n’avais pas joué un match en cinq sets. Au quatrième, je commençais déjà à coincer un peu physiquement», a reconnu le Suisse de 33 ans, qui va sortir du top 250 à l’issue du tournoi, son plus mauvais classement depuis près de 15 ans.

«Il n’y a pas de frustration, c’est juste un peu dur», a déclaré Wawrinka. «Mais je suis sur la bonne voie, c’était très proche aujourd’hui.»

Djokovic en fait juste assez

Un peu plus tard en journée, Novak Djokovic a accédé au deuxième tour. «C’est toujours très spécial de jouer ici. Je me sens un peu comme à la maison», a confié le Serbe, qui n’a pas gagné un tournoi du Grand Chelem depuis sa victoire à Roland-Garros, en 2016. 

Ce n’était toutefois pas du grand Djokovic. «J’ai assez bien joué pour gagner. J’ai eu quelques moments vraiment bons au cours du match, et d’autres pas super...»

Opposé au modeste Brésilien Rogério Dutra Silva (134e), il a concédé un bris d’entrée dans les deux premiers sets. Il a ensuite dû sauver une balle de bris alors qu’il servait pour la deuxième manche. Puis il a laissé son adversaire revenir de 4-2 à 4-4 dans la troisième.

Mais le principal, la qualification (6-3, 6-4, 6-4), est là. En à peine plus de deux heures. «Je n’ai pas très bien commencé, mais j’ai gagné en trois sets, c’est ça l’important», a réagi — en français — l’ex-no 1 mondial. 

Djokovic, qui s’est soumis à une opération au coude droit plus tôt cette année, est classé 20e tête de série à Paris, son plus mauvais classement en Grand Chelem depuis les Internationaux des États-Unis en 2006.

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ROLAND-GARROS EN BREF

Pas vraiment au poil

Benoît Paire avait envie de «changer de tête, de passer à autre chose». C’est donc avec une nouvelle coloration de cheveux, blond platine, qu’il a effectué ses premiers pas face à l’Espagnol Roberto Carballes. Si la prestation s’est avérée concluante (victoire en quatre sets), la coupe, elle, n’est pas encore au point. «Je ne m’en sors pas avec mes cheveux. Je suis passé du blanc, au jaune, au gris... J’ai le crâne en feu! La coiffeuse essaie d’arranger tout cela», a dit le Français, qui a trouvé la parade en portant une casquette.  AFP

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Papa Ernests assagi?

Le Letton Ernests Gulbis, papa d’une petite fille depuis mars, veut rattraper le temps perdu. «Les choses ont changé. Je veux faire plus attention à ce que je fais sur le court», a assuré l’ancien demi-finaliste à Paris (2014), retombé au 160e rang, connu pour ses coups de colère et ses commentaires acerbes. C’est lui qui avait trouvé le Big Four (Federer, Nadal, Djokovic, Murray) ennuyeux. C’est lui aussi qui avait passé une nuit en garde à vue en Suède en 2009 pour être tombé sous le charme d’une prostituée. La paternité aurait-elle assagi le trublion de 29 ans?  AFP

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Sale temps pour les mères...

La Luxembourgeoise Mandy Minella et la Biélorusse Victoria Azarenka, deux jeunes mères, ont pris la porte de sortie. La première a mordu la poussière face à l’espoir grecque Maria Sakkari (7-6 (5) et 6-2). L’ex-no 1 mondiale Azarenka a quant à elle chuté face à la Tchèque Katerina Siniaková (22 ans) 7-5 et 7-5. Serena Williams, qui a donné naissance à son premier enfant en septembre, espère ne pas connaître le même sort mardi pour son entrée en lice face à la Tchèque Kristyna Pliskova.  AFP

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De retour... avec mamie

Marco Trungelliti (190e mondial), venu en voiture de Barcelone à Roland-Garros dimanche en compagnie de sa grand-mère presque nonagénaire, a bravé la fatigue pour franchir le premier tour en s’imposant 6-4, 5-7, 6-4, 6-4 face à l’Australien Bernard Tomic, ancien no 17 mondial tombé au 206e rang. L’Argentin de 28 ans a été repêché après le forfait de l’Australien Nick Kyrgios, mais il avait déjà migré vers la Catalogne... Il a choisi de parcourir le millier de kilomètre le séparant de Paris en voiture avec sa mère, son frère et... sa grand-mère de 89 ans qui, vraisemblablement, ne comprend rien au tennis. «Elle ne sait pas comment on compte les points. Et jusqu’à ce que les spectateurs applaudissent, elle n’avait pas compris que le match était terminé.» Il faut dire que Trungelliti n’a pas ménagé sa mamie depuis dimanche matin lorsqu’on lui a appris qu’il était le premier de la liste des lucky losers. «Ma grand-mère était sous la douche quand je lui ai dit : “Bon maintenant on part pour Paris”», a expliqué l’Argentin, rompu aux longues distances en voiture. «Pour nous en Argentine, si vous ne vivez pas à Buenos Aires, 1000 kilomètres, ce n’est rien. Vous pouvez rouler 1000 kilomètres et ne pas croiser une seule ville.»  AFP