L'entraîneur-chef Pascal Clément (à gauche) et son successeur, Gino Brousseau, en conférence de presse au PEPS de l'Université Laval, jeudi

Volleyball Rouge et Or: Pascal Clément prend sa retraite [VIDÉO]

L’heure était à l’émotion jeudi matin sur le terrain de volleyball du PEPS de l’Université Laval. Le plus ancien des entraîneurs du Rouge et Or, Pascal Clément, annonçait qu’il passerait la main comme entraîneur-chef de l’équipe masculine de volleyball à la fin de la présente saison. Son adjoint depuis 12 ans, Gino Brousseau, prendra la relève dès la saison prochaine.

«Je me sens vraiment soulagé. Comme je disais à Gino tantôt, je ressentais avant cette conférence de presse la même émotion que j’avais ressentie avant de jouer le premier match d’un championnat national. Tu sais que tu es prêt, mais tu es nerveux!», a déclaré Clément aux médias. 

Vingt-huit saisons, 533 victoires en 690 matchs, 23 titres provinciaux et deux titres nationaux plus tard, Pascal Clément a donc décidé qu’il était temps de tourner la page, une décision mûrie depuis quelques années. «Ça fait quatre ou cinq ans que j’y pense. J’avais fixé la barre 60 ans, car je commençais à ressentir la fatigue émotive de supporter cette responsabilité. Il y a aussi la solitude du coach : l’entraîneur-chef, c’est lui qui est imputable des décisions prises dans un groupe», a déclaré l’homme de 58 ans qui entend toutefois demeurer associé au Rouge et Or dans d’autres fonctions.

«Mon rôle n’est pas encore finalisé dans les détails et mon titre non plus, mais je veux travailler dans tous les projets qui vont être mis en oeuvre pour aider le club. J’ai encore le goût d’aider pour que plus de gens découvrent notre sport», a-t-il déclaré en soulignant que le volleyball attirait quelques milliers de spectateurs dans certaines universités aux États-Unis et en Europe. 

«J’ai le goût d’être un guerrier pacifique», a-t-il lancé en citant le titre d’un livre de Dan Millman qu’il affectionne particulièrement. «Je suis un peu fatigué. Vous savez, 35 ans de coaching, c’est 35 ans de coaching dans le style de Pascal Clément! Comme joueur, j’étais détestable et comme coach, je suis intense. Je suis plutôt du style de Dale Hunter, je n’ai pas la grâce de Jean Béliveau!», illustre celui quia été nommé 17 fois entraîneur de l’année au Québec et trois fois au Canada.

Une pensée pour Duarte

Clément a aussi eu une pensée pour un autre entraîneur du Rouge et Or, Helder Duarte, qui a dirigé l’équipe de soccer féminine jusqu’à son décès il y a moins d’un an. «Le privilège que j’ai eu de coacher, je l’ai encore aujourd’hui pour faire le choix de me retirer. Ce n’est pas donné à tout le monde, et j’ai une pensée pour Helder... J’ai le privilège de décider quand je vais arrêter et le privilège de passer le flambeau à un Olympien.»

L’aventure de Pascal Clément avec le Rouge et Or avait débuté dans les années 1980 comme étudiant-athlète. En 1986, il a accepté le poste d’entraîneur des Titans du Cégep Limoilou, qu’il a menés à six titres canadiens et 10 finales régionales, avant de revenir au Rouge et Or comme entraîneur-chef en 1992. Il a aussi participé à trois reprises aux Universiades, agi comme chef de mission de l’équipe nationale canadienne senior lors de la Ligue Mondiale de 2014 et a aussi dirigé l’équipe canadienne junior.

Brousseau en relève

Présent à la conférence de presse, Gino Brousseau a avoué que son plan de match n’était pas de devenir entraîneur-chef quand il est devenu l’adjoint de Clément après une brillante carrière de réceptionneur-attaquant avec le Rouge et Or, dans l’équipe nationale canadienne, le Championnat de volleyball masculin de France et la V.League japonaise. «Pascal avait le projet que je devienne entraîneur adjoint à temps plein et, au fil des ans, la collaboration a continué. Maintenant, je prends les rênes, on vient de se qualifier pour les Olympiques... Ça va vite!», a lancé celui qui est également entraîneur adjoint avec l’équipe nationale masculine.

«C’est avec honneur et fierté que je prends le flambeau. J’ai le logo du Rouge et Or tatoué sur le cœur. J’ai joué ici, j’ai gagné ici. J’avais le goût, j’étais prêt et maintenant je me lance», a résumé celui qui prendra les commandes après le championnat canadien. Le Rouge et Or rendra pour sa part hommage à Clément le 14 février, lors du dernier match de la saison contre les Carabins de l’Université de Montréal.