Même si tous ses volleyeurs sont plus petits que lui, l’entraîneur-chef Pascal Clément ne tarit pas d’éloges à l’endroit de son équipe. Il est d’avis que sa troupe a un esprit de groupe incroyable! «C’est dans mon top cinq de carrière en matière d’attitude, d’esprit de corps», lance le coach lavallois.

Volleyball: petits joueurs, grand esprit d’équipe

Le plus grand dans l’équipe, c’est le coach. Et en volleyball, ça ressemble plus à un handicap qu’autre chose. Mais en cette saison de championnat canadien à Québec, le Rouge et Or masculin compense ses petits joueurs par un grand esprit d’équipe.

On avance ici dans le monde des géants. Sur les lignes de côté, lui-même un ancien joueur du club de volley de l’Université Laval, Pascal Clément se dresse à 6’ 6”. S’il lève les bras pour taper dans les mains de l’un de ses protégés ou pour l’engueuler, c’est encore plus impressionnant.

«C’est la plus petite équipe que j’ai eue depuis longtemps. Il y a peut-être Chhav qui est à 6’ 5”, avec des souliers à talons hauts...» rigole l’entraîneur-chef, à propos de son puissant attaquant de 210 lb Chhavanith Ponn.

«Mais on a un esprit de groupe incroyable! C’est dans mon top cinq de carrière en matière d’attitude, d’esprit de corps», poursuit-il. Les gars sont «à leur affaire». Clément ne se pose même pas de question quand vient le temps d’attribuer les chambres d’hôtel lors de matchs loin de Québec.

«Et ce n’est pas vrai que ça arrive toutes les années! Ce qu’ils ont en ce moment est précieux et je leur ai dit : “Chérissez-le! ”», affirme sans détour le pilote.

Reste à voir si ce sera suffisant pour vaincre les Bobcats de l’Université de Brandon, qui viennent disputer deux rencontres hors-concours au PEPS vendredi (18h) et samedi (18h). Les Manitobains effectuent un voyage de reconnaissance en vue de l’ultime tournoi de mars.

Si Clément parle d’«un beau cadeau qu’on se fait», la visite des Bobcats constitue surtout un très grand cadeau avec six joueurs de 6’ 6” ou plus dans l’alignement, dont plusieurs partants. Au premier chef l’attaquant suisse de 6’ 9” Robin Baghdady, doté d’un service puissant. «Il est long longtemps», résume le coach du Rouge et Or.

Quant à l’unité de bloc de Brandon, «ils font de l’ombre aux gars derrière», enchaîne Clément, jamais à court d’images. Il gardera aussi à l’œil l’Australien Elliott Viles, attaquant opposé au passeur de 6’ 4”.

Au quatrième rang

Si les gars de Brandon se classent au deuxième rang canadien après la première session, ceux de Laval n’ont pas à être gênés de leur quatrième rang actuel.

À part un revers contre l’équipe canadienne de développement en match amical, début novembre, le Rouge et Or n’a baissé pavillon qu’à une seule autre reprise cette saison, en match présaison contre McMaster, en septembre, maintenant sixième au Canada.

«Mais ce qui m’a impressionné le plus, c’est notre victoire à l’Université de Montréal [du 9 novembre]. On n’y était pas retourné depuis notre défaite au championnat provincial l’an passé, quand même une première après 12 titres de conférence consécutifs», soulève-t-il.

«On avait aussi perdu notre chien Baba cette semaine-là, alors la préparation n’était pas au top. Et on tirait en plus de l’arrière 2-1! Mais on s’est bien regroupés», se réjouit encore l’entraîneur-chef.

Assurément une victoire émotive qui a resserré encore plus les liens entre joueurs.

Un groupe formé d’éléments arrivés à maturité, comme l’attaquant étoile chilien Vicente «Vicho» Parraguirre, le passeur torontois Ethan Ellison, le transfuge d’UBC Jean-Benoit Gagné et l’Acadien Ponn. Fédérés à une poignée de recrues issues des champions canadiens collégiaux du Cégep Limoilou, Ludovic Martin, Philippe Giroux, Xavier Leblanc-Martin et Victor Grau.

Ajoutez quelques joueurs-clés pour faire le lien entre les deux, comme Alexandre Obomsawin et le libéro Rémi Cadoret. Et le Jell-O prend.

«C’est la rencontre entre un groupe qui ne veut pas manquer son coup et un groupe qui arrive avec les hormones dans le piton! Ça crée une belle énergie», constate avec joie le patron.

Les deux rendez-vous de la fin de semaine au PEPS s’avèrent donc une répétition pour la grande visite attendue du 15 au 17 mars.

«Ce sera la dernière fois qu’on affrontera une équipe haut classée avant le championnat canadien [Montréal est 11e], note Clément. Ce sera du super bon volley avec un profil de l’Ouest canadien qu’on ne voit pas ici. Ça va exposer la qualité globale de notre jeu.»

L’Université Laval accueillera le championnat canadien universitaire de volleyball masculin pour la 12e fois de son histoire. La dernière fois, en 2013, Clément et le Rouge et Or avaient été sacrés grands champions, après avoir vaincu Brandon en demi-finale.

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ROUGE ET OR VOLLEYBALL MASCULIN

  • Entraîneur-chef : Pascal Clément (27e saison)
  • Fiche globale cette saison : 12-2, dont un match amical perdu contre l’équipe canadienne B
  • Fiche en ligue cette saison : 8-0, seulement trois manches perdues
  • Titres canadiens : 1990, 1992, 1994 et 2013
  • Titres québécois : 33 au cours des 37 dernières années, mais pas en 2018
  • Joueurs-clés : Vicente Parraguirre, joueur par excellence au Québec à ses quatre premières saisons, un record ; Ethan Ellison, passeur de quatrième année ; l’attaquant Chhavanith Ponn ; l’opposé au passeur Alexandre Obomsawin