Volleyball masculin Rouge et Or: trouver l’épiphanie [VIDÉO]

Pour gagner le championnat canadien, à Québec, en mars, le Rouge et Or aura besoin d’une dose de magie. Mais l’équipe masculine de volleyball de l’Université Laval ne passera pas le prochain mois et demi à espérer que ça descende du ciel au moment crucial.

«Quand tu arrives avec les meilleurs, il n’y a pas de marge de manœuvre. Dans leur préparation, les joueurs doivent reproduire ça... tout le temps!» s’est exclamé l’entraîneur-chef Pascal Clément, mercredi matin, lors d’une rencontre de promotion tenue à 45 jours du tournoi présenté au PEPS, du 15 au 17 mars.

«Ça doit être comme ça toutes les fois qu’ils mettent les pieds dans le gymnase, toutes les fois qu’ils parlent de volleyball. Même dans leurs propos quand ils jasent [de volley] avec leur blonde, avec leurs amis, ils doivent jaser de la même façon qu’ils le font dans le gymnase. C’est-à-dire avec audace, avec autorité, avec confiance, avec humilité aussi de temps en temps en étant conscients que le défi est grand», fait-il valoir.

«Mais si tu t’écartes sur des chances magiques de pouvoir gagner parce que tu es à la maison... Non, non, non, tu ne peux pas avoir ce propos-là», insiste le coach. «Tu vas avoir un boulot à faire, ce sera de mettre le ballon dans le terrain avec autorité et ça se travaille chaque jour.»

La barre haute

Le Rouge et Or (18-3, 10-0 en ligue) est classé au deuxième rang canadien derrière la puissance manitobaine Brandon (23-4, 16-2 en ligue), venue à l’UL fin décembre pour diviser une paire de matchs.

«On a des styles totalement différents», dit-il des Bobcats, dont la moyenne de grandeur est 6’ 6”, contre 6’ 2” pour Laval. «Ç’a été le meilleur événement pour évaluer notre équipe cette année. Ils nous ont montré en avance ce qu’il fallait qu’on travaille. Ils nous ont mis la barre haute en maudit», admet Clément.

Le Rouge et Or a beau compenser son manque de grandeur par la prise de risques, «au volleyball, quatre pouces, c’est énorme!» constate-t-il. Impossible d’entraîner son attaquant étoile Vicente «Vicho» Parraguirre à affronter des blocs de 6’8 ” et 6’ 9”. «Tu ne peux pas pratiquer avec des gars debout sur un banc, ça ne marche pas!» lance Clément.

«On est coincés. Il y a certaines choses qu’on ne peut pas faire parce qu’on n’a pas les outils. Mais on essaie d’être plus créatifs, de varier davantage, changer le point focal du jeu. Et on ne peut pas dire qu’on n’est pas bons : on est premiers au Québec et deuxièmes au Canada», affirme le pilote.

Comme en 2013?

La dernière fois que le championnat canadien universitaire de volleyball masculin a eu lieu à Québec, en 2013, le Rouge et Or a remporté le quatrième titre de son histoire, son premier en 19 ans. Un triomphe où la magie a véritablement opéré.

«Dès notre premier match, on avait perdu la première manche contre l’Alberta. Puis, la vraie magie est arrivée. Un peu comme une épiphanie, alors qu’on était en train de couler. Tranquillement, on s’est mis à se relever. Et on a battu l’Alberta, et on a battu Brandon [en demi-finale, après avoir encore perdu le premier set], et on s’est ramassés en finale contre McMaster. Et on a gagné!»

Clément maintient l’équilibre au sein de son groupe entre l’objectif ultime et le moment présent. De là l’importance d’aborder les matchs de vendredi (19h30) et de samedi (14h) au PEPS contre les Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick (4-6 en ligue) avec autant de sérieux.